GLAUBER — GLAYEUL DES MARAIS
fort innocent, qui serait encore plus employé sans l’amertume désagréable qu’il laisse dans la bouche. D° Sanpras,
GLAUBÉRITE, Cette substance saline, ainsi nommée en l'honneur du chimiste Glauber, a été découverte par M. Duméril, et décrite et analysée par Al. Brongniart ; ce qui Jui a valu aussi la dénomination de brongniartine. Elle s’offre en cristaux semblables à ceux de l’axinite. Elle est composée d’un atome de sulfate de chaux et d’un atome de sulfate de soude, tous deux à l’état anhydre, On rencontre la glaubérite dans le sel gemme ou dans les argiles salifères de Villarwbia, près d’Ocaña (Espagne), et d’Aussec et Ischl
{Autriche},
GLAUCUS, dieu marin, dont le nom, tout grec, signifie bleu, dans notre vieux langage, glauque. D'abord simple pêcheur à Anthédon, en Béotie, il bâtit le fameux navire Argo, servit de pilote aux argonautes dans leur expédition à la recherche de la toison d’or, eut le malheur de tomber à la mer pendant un combat, et devint alors une des divinités dont les Hellènes peuplèrent les ondes riantes de leur Méditerranée. Ils en firent un fils de Neptune et de Naïs (une naïade); selon quelques autres, son père fut Polybius et sa mère Alcyone. Le nom de son père justifie en quelque gorte l’immortalité dont jouit depuis Glaucus; car il veut dire Zongue vie. Un jour ce célèbre pêcheur, ayant vidé ses filets sur le rivage herbu de la mer, vit avec stupeur tous les poissons bondir et se rejeter dans les flots. Curieux de connaître par lui-même la vertu de l’herbe particulière qui croissait en cet endroit, il en goûta, et suivit l'exemple et le chemin de sa pêche miraculeuse. Les humides berceaux des naïades lui plurent {ant qu’il y resta. L’Océan et Téthys l’oi gnirent d'ambroisie; limmortalité lui entra par tous les pores, et il respire encore, du moins dans la fable. Nérée, le dieu spécial de la Méditerranée, lui donna l'office de prédire, en sa place, l’avenir aux habitants des ondes. C’est lui qui apparut aux Argonautes pendant leur navigation. Les uns veulent qu’il ait appris d’Apollon la science des choses futures; d’autres, que ce soit le dieu de la lumière qui Pait tenue de ce dieu-poisson. Les Grecs lui élevèrent des temples, dont les oracles furent très-révérés des matelots. Il venait souvent s’ébattre dans la mer de Sicile : ce fut dans ces parages qu'il devint épris de la belle Scylla, qui en eut peur. Le vindicatif Glaucus obtint de Circé qu’elle changeât cette nymphe, célèbre par ses charmes, en un monstre aboyant. Quant à Glaucus, jugez si la nymphe eut raison de s’en épouvanter : voici le portrait qu’en trace un ancien : son corps est replet, quoique nerveux ; ses bras, larges et aplatis, ressemblent, par les extrémités, à des nageoires; au lieu de jambes, une queue de poisson se recourbe au bas de ses reins; ses yeux sont bleu de mer, et mouvants comme les vagues ; sa barbe longue dégoutte d’eau salée; ses cheveux tombent épars sur ses fortes épaules; ses sourcils touffus se touchent et n’en font qu’un; des algues vertes flottent autour de son ventre, et des mouettes rasent les flots autour de lui; enfin, à cela près du nez épaté et d’une conque à la bouche, on dirait d’un triton. On montrait du temps de Pausanias le saut de Glaucus, comme le saut de Leucade.
De la famille du dieu marin sortit un homme historique, célèbre par sa force, par les palmes qu’il remporta et les Statues qu’on lui érigea. Natif de l’Eubée, un de ses poings lui servit d’enclume et l’autre de marteau pour redresser le soc de sa charrue. A la sollicitation de son père, GLaucus se fit athlète, fut une fois vainqueur aux jeux olympiques, deux fois aux jeux pythiens, et huit fois aux néméens et isthmiques. Une ile dans l’Archipel, où il fut enterré, porta longtemps son nom.
Un autre GLaucus, dont parle Virgile, vécut dans les temps héroïques. Fils de Sisyphe, roi d’Éphyre, depuis Corinthe, il fut mis en pièces par ses cavales furieuses d'amour, excitées par Vénus elle-même, auxquelles il refusait des étalons. 11 était père de Bellérophon, dont un troisième Glaucus, fils d'Hippolochus, fut le petit-fils. L’un des chefs lyciens, sous les ordres de Sarpédon, il vola à Troie
DICT, DE LA CONYERS, — T, X
au secours de Priam. Homère le peint comme un guerrier plein de générosité , issu d’une famille si estimée dans toute la Grèce, qu’il avait partout le droit d’hospitalité. Diomède, qui le reconnut dans la chaleur d’une bataille, abaissa sa pique devant lui; ils se jurèrent de s’éviter l’un Pautre dans la mêlée, et ils échangèrent leurs armes. Celles du Lycien étaient d’or, celles du Grec d’airain. De là le proverbe chez les anciens, lorsqu'un échange était défavorable : « C’est le troc de Diomède et de Glaucus. » Ce généreux guerrier fut tué par Ajax.
Un autre GLaucus, fils et successeur d’Épytus, roi de Messénie, vers le dixième siècle avant J.-C., fut célèbre par sa piété, et releva le culte de Jupiter. Un autre, artiste à Chio, inventa le soudage du fer. Un autre, qui était médecin d'Alexandre le Macédonien, fut mis en croix par l’ordre de ce prince, pour n'avoir pu sauver les jours d'Éphestion , celui de ses généraux auquel il portait la plus d’affection.
DENNE-BARON
GLAYEUL, genre de plantes de la famille des iridées. Son nom (en latin gladiolus, petit glaive) est justifié par la forme des feuilles de ces végétaux, assez semblable à celle d’un sabre. On compte plusieurs espèces de glayeuls, remarquables par l'élégance de leur port ainsi que par la variété et l’éclat de leurs couleurs. Leurs caractères génériques sont : Racine bulbeuse; fleurs sessiles, disposées en épi terminal, munies chacune d’une spathe lancéolée, persistante ; le tube de la corolle très-court, découpé en six divisions profondes, inégales, les trois divisions supérieures droites et souvent conniventes, les trois inférieures étalées et rabattues; trois stigmates; capsule trigone.
La plupart des glayeuls sont originaires du Cap de Bonne- Espérance. Cependant le glayeul commun (gladiolus communis, Linné) est indigène dans les contrées méridionales de l’Europe. C’est en mai et juin qu’il montre ses fleurs roses, carnées, blanches ou ronges, suivant la variété.
Les espèces exotiques que recherchent les amateurs demandent de la terre de bruyère ou une terre légère mêlés de bon terreau de feuilles. On les plante en pleine terre dans le courant de mars ou d’avril. Leur floraison a lieu en juillet ou en août. On relève les oignons en octobre, et on les conserve dans du sable fin et sec, à l’abri de la gelée, jusqu’au printemps suivant. Parmi ces espèces, les plus belles sont le glayêul cardinal (gladiolus cardinalis), dont les épis donnent plus de quarante fleurs d’un écarlate vif et brillant, avec trois pétales marqués dans leur milieu d’une grande tache blanche oblonge ; le g/ayeul tricolore (gladiolus versicolor ), où le bas du tube de la fleur est jaune, les divisions rouge écarlate, ces deux couleurs étant séparées par du pourpre noir; le glayeul magnifique (gladiolus pulcherrimus), à fleurs rose lilacé, à pétales inférieurs marqués au centre d’une tache blanche entourée d’azur; le glayeul rose (gladiotus blandus), un des plus hauts de tous, puisque sa hampe atteint jusqu’à 1°,50 ; le glayeul perroquet (gladiolus psiltacinus), aux nombreuses fleurs jaunes marquées de taches mordorées; le glayeul de Gand (gladiolus Gandavensis), l'un des plus beaux de tous, à fleurs d’un vermillon brillant, nuancé de jaune, d’amarante et de vert; etc.
GLAYEUL DES MARAIS, nom vulgaire de l'iris pseudo-acorus. Cette plante commune orne les bords des rivières, des ruisseaux, des fossés, des étangs, et de tous les lieux aquatiques en général : les feuilles, en forme de glaive, larges de 3 centimètres environ, s’élèvent à la hauteur de 0m,60 à 1 mètre. La tige, qui acquiert la méme élévation , est feuillée et fléchie en zig-zag ; elle se termine par trois ou quatre fleurs d’un jaune vif et agréable. Ji leur succède une enveloppe triangulaire, renfermant un nombre considérable de graines plates, appliquées les unes contre les autres dans trois divisions séparées par des cloisons. On attribue à la racine une propriété purgative, mais elle est inusitée. Le glayeul des marais n’est aujourd’hui considéré que comme une décoration agréable des localités humides où il prend naissance, maïs sans utilité pour
es agronomes ni pour les médecins; cependant, sous Île règne de Napoléon [°° on essaya de lutiliser, A cette époque, il fallait remplacer les produits des colonies, que le système continental avait fait monter à un prix excessif; c'était le café surtout qu’on s’efforçait de suppléer, et ce fut alors que la racine dechico rée torréfiée prit un crédit qu’elle n’a point encore perdu : mais s’il avait été pos sible d'obtenir une décoction dont la couleur rappelle celle de lhypocrène de Voltaire, comme disent les poëtes , il n’en était pas de même de l’arome ou parfum qui fait le charme principal de cette boisson. On désespérait de trouver aucun végétal indigène qui pût fournir une telle émanation odorante ; cependant, on y parvint au moyen du glayeul des marais. On découvrit que 1es graines , après leur maturité, et étant torréfiées, exhalent un arome qui rappelle celui du café; mais les organes de l’odorat seuls en profitent, la saveur ne rappelant nullement celle des fèves exotiques ; toutefois, on en fit usage pour aromatiser le café de chicorée et pour joindre l'odeur à la couleur. On s’en servit aussi pour composer une boisson assez agréable au goût. Voici quelle est cette composition, dont peuvent se servir , soit à l’eau, soit au lait , les personnes que le café incommode : on torréfie et on réduit en poudre la graine de glayeul suffisamment mûre, tout à fait comme le café, mais seulement à mesure qu’on a besoin de l’employer, parce que l’arome se perd facilement : on en prend une quantité égale à celle du café et on la fait bouillir, suivant le procédé ordinaire, dans une décoction d’avoine; cette céréale, bien lavée et mondée, communique à l’eau un goût de vanille assez prononcé pour être agréable, et de plus charge l’eau de principes nutrilifs. D° CHARBONNIER.
GLA YEUL PUANT, nom vulgaire de l'iris fetidissima.
GLÈBE (du latin gleba, dérivé lui-même du celtique gleb, ou plutôt de globus, motte de terre). En droit, cette acception a pris une plus grande extension: elle a désigné le fonds d’une terre, la terre elle-même. Chez les Romains, il y avait des esclaves nommés servi glebæ adscriptilii (attachés à la glèbe) : c'étaient ceux qui étaient attachés à une métairie, à un domaine; l’usage de vendre ces esclaves avec le fonds auquel ils étaient incorporés passa du droit romain dans le nôtre, et les serfs de la glèbe suivaient le sort de l’héritage auquel ils appartenaient. Le propriétaire de la glèbe jouissait des droits de justice et de patronage. La révolution abalayé de chez nous le droit de glèbe, avec tous les autres droits féodaux ; mais, il faut le dire à honte de l’humanité, ce droit humiliant a existé jusqu’à ces dernières années dans nos colonies, et existe encore chez les Russes, les Allemands et les Américains.
GLEICHEN (Caances-Henri, baron DE ), envoyé de Danemark à Paris de 1763 à 1770, période pendant la durée de hiquelle son nom se trouve souvent mêlé au récit des petits événements dont se préoccupait alors la société française, fut lié avec tous les hommes remarquables de cette époque, et réussil notamment à se faire admettre et compter pour quelque chose dans la coterie philosophique, alors tonte puissante, et où d'habitude on n’admettait et on ne comptait pour queique chose que des gens d'esprit. Né en 1733, à Remersdorf, dans le pays de Baireuth, il avait fait de solides études à Leipzig ; et à peine sorti de l’université, il était entré au service du margrave de Baireuth, son souverain, Il était venu ensuite, en 1754, à Paris ; et pendant son séjour dans cette capitale il lu avait été donné de vivre dans le cercle élégant et spirituel dont le salon de M° de Graffigny était le centre. L'année d’après, il alla voyager en Italie, où il retourna encore en 1756, chargé par la margrave de Baireuth, sœur afnée de Frédéric le Grand, d'y faire pour elle l'acquisition de divers objets d’art. C’est à cette occasion qu'il se lia avec M. de Choisenl, alors ambassadeur de France à Rome, qui l'invita à venir passer les tleux derniers mois de l'été à la villa qu'il habitait à Frasati. Il arrivait parfois à l'ambassadeur, que des raisons