GLOBE IMPÉRIAL — GLOIRE
| M. Warlopf; l’autre, en janvier 1853, par deux fouristes an- | glais, MM. Sharpe et Thompson, favorisés dans leur ex-
romains postérieurs, tantôt avec u 1 gouvernail, tantôt avec une corne d’abondance, plus tard orné d’une figure de la Victoire. Le globe lui-même est tantôt entouré d’une ceinture, tantôt sans ceinture. A la déesse de la Victoire on substitua plus tard le signe de la rédemption, la croix chrétienne, qui passa également aux empereurs romains allemands. Dans les occasions solennelles, le globe impérial était porté devant le souverain par un fonctionnaire spécial, l'écuyer tranchant.
GLOBULE. Ce mot, diminutif de globe, est souvent employé en physiologie. 11 est à remarquer que la forme sphérique exprimée par le mot globe se retrouve d’une manière remarquable dans les matériaux qui concourent à la formation des animaux :, ainsi, la trame du système nerveux se compose d’une série de points globuleux; ce sont aussi des lignes également ponctuées qui forment les fibres dont les muscles se composent; le sane lymphe, etc., contiennent une quantité de globules considérable, que ces liquides semblent en être formés en majeure partie. Il en est de même du lait (voyez GALACTOMÉTRE). La même organisation se retrouve dans les plantes (voyez GiraToiRe [Mouvement]). Quelquefois le mot granule est employé pour globule ; ce dernier mot sert aussi à désigner le conceptacle de certains lichens.
Dans l’homæopathie , le nom de globule a été adopté pour désigner des préparations pharmaceutiques destinées à administrer des substances médicamenteuses à des doses infiniment petites. On prend un grain des substances solides ou une goutte de celles qui sont liquides , et on mêle cetle quantité avec 30 grains de sucre de lait pulvérisé préalablement dans une capsule de porcelaine non vernissée ou dont on a dépoli le fond avec du sable mouillé. Le sucre ordinaire ne peut suppléer le sucre de lait, parce qu’il contient plus ou moins de chaux. Le mélange s'opère d’abord avec une spatule en os, ensuite pendant six minutes ayec un pilon de porcelaine, qui est également déverni : on détache alors la poudre attachée à la capsule et au pilon, et on la laisse reposer pendant quatre minutes; on recommence cette trituration à deux autres reprises, avec les mêmes intervalles ; alors on ajoute 30 grains de sucre de laït aux précédents , et on renouvelle l'opération ci-dessus. Enfin , on ajoute encore 30 autres grains de sucre de lait, ce qui fait 90 en tout. On conserve cette poudre dans un bocal, soigneusement fermé, portant le nom du médicament ainsi divisé avec le signe 100, indiquant que la substance est à son centième degré de puissance : pour porter son énergie à 10,000, on prend un grain de la poudre 100 qu’on ajoute à 90 grains de sucre de lait, comme on l’a détaillé ci-dessus. Pour arriver à un millionnième et plus, on procède de même. Cette extrême division, loin d’atténuer l'énergie des médicaments, l’augmente selon Hahnemann :le changement qu’une trituration prolongée avec une poudre non médicamenteuse ou une longue agitation avec un liquide qui ne l’est pas davantage, produit, dit-il, dans les corps naturels, spécialement dans les sub- Stances médicinales, est tellement considérable, qu'il tient presque du miracle. Quoi qu'il en soit de cette assertion, la poudre qu’on a obtenue avec des soins si minutieux sert à composer des globules d’un volume égal à celui des graines de pavot. Telles sont les pilules de la pharmacie homæopathique. Ces médicaments sont d’un transport si facile, qu'on peut porter toute une pharmacie dans sa poche ; et ils permettent en outre, en raison de leur solubilité, d'adiinistrer en liqueur des substances qu’on ne peut empioyer que sous forme solide. D'° CHARBONNIER.
GLOCESTER (On prononce Gloster). Voy. GLOUCESTER.
GLOCRKNER ou GROSSGLOCKNER, montagne haute de 4,052 mètres-au-dessus du niveau de la mer, et située en Autriche, sur les limites du Tyrol ef de la Carinthie. Elle se rattache au système des Alpes Noriques, et fait partie du groupe principal de ces montagnes. On n’a souvenir que de deux ascensions du Glockner , l’une exécutée au commencement de ce siècle par un géologue autrichien,
pédition par la douceur exceptionnelle de la température
| qui régna cet hiver-là dans ces montagnes, Les plus élevées
qu'il y ait dans tous les États autrichiens.
GLOGAU, appelée aussi Grossglogau (Grand-Glogau), pour la distinguer d'Oberglogau (Haut-Glogau), dans la Haute-Silésie, place forte importante de Silésie (Prusse), dans l'arrondissement de Liegnitz, sur la rive gauche de l’Oder, compte 17,697 habitants, dont 10,300 protestants et 1,000 juifs, et est le siége dé l'administration supérieure de la province, mais n’a point d'importance commerciale ou industrielle : un embranchement du chemin de fer de la Basse- Silésie la relie, à Hansdorf, au grand chemin de fer de la Marche et de la Silésie. Elle est le siége d’une cour d’appel; il y existe un collége catholique et un collége protestant, une école pour les sages-femmes, une école primaire et un beau château.
Glogau, autrefois capitale d’une principauté indépendante, joua un rôle important dans la seconde partie de la guerre de trente ans. En 1741 Frédéric le Grand la prit d'assaut, dans la nuit du 9 au 10 mars, el ajouta alors par des travaux considérables à son système de fortifications. Après la bataille d’Iéna, Glogau fut investie par un corps wurtembergeois aux ordres des généraux Vandamme et Seckendorf; et après une courte résistance elle ouvrit ses portes à l'ennemi. Depuis lors Glogau ne cessa d’avoir une garnison française qu’au 14 avril 1814, jour où, en vertu d’une conventien signée par le comte d’Artois, elle fit retour à la Prusse.
GLOIRE. Qu'est-ce donc la gloire, cet attribut de la Divinité, que l’homme a voulu rapetisser à sa taille mortelle, elle, dont la majesté et la durée n’a point de limites? Consiste-t-elle seulement dans un concert unanime d’estime et de louanges, ainsi que le dit le Dictionnaire de l’Académie? ou bien est-ce quelque chose de plus indéfinissable. La gloire est plus que dela célébrité; car la célébrité est éphémère, contestable, et s’attache aux bonnes comme aux mauvaises actions; et la gloire, qui serait passagère, contesfable, ou établie sur des bases contraires à la morale, cesserait de porter ce beau nom ; la gloire est plu. qu'un concert de louanges et d’estime, qu’une admiration enthousiaste , car elle pourrait alors êtrel’ouvrage d’une camaraderie adulatrice. La gloire d’un citoyen, c’est-à-dire cette renommée inatiaquable qui donne durant des siècles une puissance prodigieuse et un noble retentissement à son nom, doit être pure et brillante comme le disque du soleil : que l'œil y découvre une tache, quelque minime qu'elle soit, et tout son prestige tombe soudainement; elle a cessé d’exister dès ce moment. Où se trouve donc ce mobile puissant, dont le nom a tant de fois été blasphémé? Dirons-nous, avec le savant, qu’elle est dans une science étroite; avec le poëte , qu’elle est dans ses vers; avec l'artiste, qu’elle est sur la toile, ou dans la pierre, qu’il a animée; avec le navigateur, qu’elle est dans ces découvertes qui ont transporté sur d’autres continents les vices de notre civilisation ? Dirons-nous avec les guerriers et les conquérants qu’elle est dans le sang qu’ils ont vainement répandu? Aucun d’eux n'y atteint cependant; car, ainsi que la fortune, la gloire accompagne rarement {a mémoire de ceux qui ont usé leur vie à la chercher, et elle vient s’asseoir sur la tombe modeste de celui qui l’a fuie. Sanction de toutes les vertus utiles, de toutes les actions désintéressées, qui ont signalé un citoyen à la postérité, la gloire individuelle ne saurait être renfermée dans la ville, dans le pays qui lui a donné la jour : elle est cosmopolite. Aussi est-il peu de mots que Von devrait être plus jaloux d'appliquer à propos, car c’est proslituer la gloire que de la prodiguer.
On conçoit dans combien de cœurs l'amour de la gloire a dû germer, ne füt-elle, comme tant l'ont dit, qu’une illusion d'autant plus chère qu’elle est plus insaisissable. Malheur à qui n’y a pas rêvé une fois dans sa vie! car
son ème est sècne et égoïste; malheur aussi à qui s’est somplu à la rêver sans cesse! car chez lui ce beau mobile de toutes les grandes choses a dégénéré en ambition : ce nom troublera sans relâche son bonheur, C’est presque toujours un excessif désir de gloire qui a engendré tous les fanatismes ; et les partis, il faut l’avouer, n'ont pas peu contribué à lui enlever son éclat en s’en faisant les distributeurs. Qu'on ne pense pas, d’après ce que nous venons de dire, que la gloire ne puisse être l'apanage que de quelques hommes privilégiés : elle est aussi la récompense de peuples entiers. Leurs succès dans les batailles, leur moralité dans la paix, leurs progrès dans les sciences et les arts, constituent en leur faveur une gloire qui est pour une nation ce qu’est l’honneur pour un particulier.
Gloire se prend quelquefois pour l'honneur et les hommages que l’on rend à Dieu, pour la béatitude céleste dont on jouit dans le paradis. Cette gloire aérienne a été représentée par les peintres et par les sculpteurs. Les premiers ont appelé gloire la représentation du ciel ouvert, avec les êtres divins, les anges et les saints; les derniers ont donné ce nom à un assemblage de rayons divergents, entourés de nuages, et au centre desquels on aperçoit un triangle, symbole de la Trinité. °
Enfin, les machinistes des théâtres ont désigné ainsi une machine suspendue, entourée de nuages, sur laquelle se placent les acteurs qui doivent monter aux cieux, ou en descendre, Ces gloires massives s’enlèvent ou s’abaissent à l’aide de contre-poids. :
GLOIRE DE LA MER. Voyez Coxe ( Histoire naturelle). :
GLORIA IN EXCELSIS, ou grande doxologie.
C’est une hymne que, dans la liturgie catholique, on chante à la messe. Les premières paroles sont celles du Cantique des Anges dans l'Évangile selon saint Luc. II les adressèrent aux bergers en leur annonçant la naissance de Jésus-Christ. On ne sait à qui en attribuer la suite, qui est fort ancienne. Quoiqu’on désigne l’ensemble sous le nom d’Aymme angélique, les Pères de l’Église s'accordent à reconnaître que cette seconde partie est l’œuvre des hommes. Suivant saint Chrysostome, les Ascètes chantèrent cette hymne à l'office du matin; mais de toute antiquité on l’a chantée principalement à la messe, avant la lecture de lépiître, non pas cependant tous les jours : on ne la chantait que le dimanche, à Pâques et aux autres fêtes les plus solennelles. Encore aujourd’hui, dans l’Église romaine, on ne la dit point à la messe les jours de férie et de fêtes simples , non plus que dans l'Avent et depuis la Septuagésime jusqu’au samedi saint exclusivement.
GLORIA PATRI, ou petite doxologie, verset par lequel, dans l’Église catholique, on termine le chant ou la récitation de chaque psaume durant l'office divin. Ce sont des paroles de gloire, deglorification ; c’estune prière célébrant Ja grandeur de Dieu et la majesté de la Trinité divine. Elle a en outre pour but de confirmer les fidèles dans la foi du dogme le plus important du christianisme et de les prémunir contre les hérésies. Philostorge, historien du quatrième siècle, donne trois formules du Gloria Patri : la première est Gloire au Père, au Fils el au Saint-Esprit; la seconde, Gloire au Père par le Fils dans le Saint-Esprit; et la troisième, Gloire au Père dans le Fils et le Saint-Esprit. Sozomène et Nicéphore en ajoutent une quatrième : Gloire au Père et au Fils dans le Saint-Esprit.
La première, qui est en nsage dans les églises d'Occident, fut instituée, selon certains auteurs, vers 350 par les catholiques d’Antioche; maissaint Basile, dans sonlivre DuSaint- Esprit, remarque que cet usage était beaucoup plus ancien, quoiqu'il ne fût pas universel. Les trois autres furent composées par les ariens. La seconde était commune à Eunomius, à Eudoxe et à Philostorge, Toutes trois furent rédigées, vers l’aa 341, au concile d’Antioche, où les ariens, qui commençaient à ne plus être d'accord entre eux, voulurentavoir des formules conformes à leurs divers sentiments, Les ca-