GLOIRE — GLOSE
tholiques ortodoxes conservèrent seuls la première, Saint Basile pourtant essaye de justifier la seconde,
Du reste, la formule elle-même des catholiques n’a pas toujours été uniforme. Le quatrième concile de Tolède, tenu en 533, ajouta au mot gloria le mot honor, et omit les paroles aujourd’hui et depuis longtemps reçues : Sicut eral in principio, et nunc, et semper . Cette forme n’était point d’ailleurs particulière à l’Église d’Espagne ; l’Église grecque s’en était servie quelquetemps, comme il résulte du traité de saiut Athanase Sur la Virginité. Plus tard, elle a dit : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et nunc, et semper, el in Sœcuia sæculorum. Amen. Mais on ignore l'époque de ce changement. Au second concile de Vaison, près de Vaucluse, tenu en 529, it paraît que les mots Sicuf era in principio n'étaient pas encore universellement adoptés pard'Église gallicane, puisqu'on y proposa de les introduire dans le Gloria Patri, pour prémunir les fidèles contre l'erreur dés ariens, qui prétendaient que le Fils n’avait pas existé de toute éternité.
GLORIEUX,, qui s’est acquis, qui mérite beaucoup de gloire, beaucoup de louange et d'honneur. Substantivement, ce mot sert à désigner celui qui est plein de vanité, de bonne opinion de lui-même, qui se donne personnellement ce qu’il devrait attendre et mériter des autres. Ce n’est pas tout à fait le fier, ni l’avantageux, ni l’orgueilleux. Le fier tient de l’arrogant et du dédaigneux et se communique peu. L’avantageux abuse de la moindre déférence qu’on a pour lui. L’orgueilleux étale l’excès de la bonne opinion qu’il a de lui-même. Le glorieux est plus rempli de vanité, il cherche plus à s’établir dans l'opinion des hommes; il veut réparer par les dehors ce qui lui manqueen effet. L’orgueilleux se croit quelque ee le glorieux veut paraître quelque chose. Les parvenus sont ordinairement plus glorieux que les autres.
GLORIOLE, C’est en quelque sorte une parodie de la gloire; c'est une excessive vanité, appliquée à de mesquines choses, La gloriole est florissante dans les villes de troisième et quatrième ordre; elle s’épanouit dans les ciasses moyennes et bourgeoises ; c’est aussi le péché mignon des rimeurs subalternes et des vaudevillistes. Paris est pavé d'hommes incompris que la gloriole étouffe. Cette manie douloureuse en a conduit et en conduira beaucoup à Charenton. C’est aussi une cause fréquente d'apoplexies foudroyantes. Quand , après de longues années d’attente, une faveur du pouvoir tombe subitement sur un de ces hommes si satisfaits d'eux-mêmes, les familles ne sauraient trop redoubler autour d’eux d’attention et de vigilance,
GLOSE. Ce mot dérivé du grec y\ôcoa, langue, a plusieurs acceptions différentes, tant au point de vue littéraire que dans l’usage familier. Il signifie l'interprétation de quelques mots obscurs d’une Jangue par d’autres mots, plus intelligibles , de la même langue. Les gloses dans les ancien nes éditions des classiques grecs ou latins étaient ou mar ginales ou placées dans des n au bas des pages. Fort souvent ces gloses n'élaient pas plus claires que le texte : c’est ce qu'on a prétendu de la glose du droit romain faite par Accurse. On disait dans ce sens la glose d'Orléans, pour indiquer un méchant commentaire plus obscur que le texte, parce que dans l’université de cette ville l'interprétation des lois était plus difficile à comprendre que le texte, Sous ce rapport, les gloses latines qui sont au bas des éditions Variorum ad usum delphini, et même dans les classiques Lemaire, méritent souvent la qualification de gloses d'Orléans. La glose diffère du commentaire en ce qu’elle: est plus littérale et se fait presque mot à mot, Il est assez ordinaire aux glossateurs, ainsi qu'aux commentateurs. d'être diffus sur ce qui s'entend aisément, et de garder lesilence sur les endroits difficiles. Montesquieu a été jusqu'à dire que ces gens-là peuvent se passer de bon sens. Quelquefois la glose d’un auteur ne s'étend pas à certains passages, elle comprend le texte tout entier, Ainsi nous avons des éditions de Virgile, d’Horace gt de Juvénal avec des