‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 281 sur 552 · GNOSTICISME · texte numérisé non relu

GNOSTICISME

pant quelques-unes de ses idées, fondèrent des écoles nouvelles, etcommuniquèrent leurs spéculations à une multitude de fidèles. Les mœurs des Tatianistes ou Encratites et celles des Bardesanites étaient d’une pureté qui touchait au rigorisme : leurs théories n’en étaient que plus entratnantes. Bientôt un gnostique d'Alexandrie, Basilides, qui florissait au commencement du deuxième siècle, présenta un système de philosophie religieuse bien plus développé que celui de Saturnin. Au Dieu suprême il adjoignit tout un plérôme d'intelligences célestes, émanées les unes des autres et se réfléchissant les unes les autres, au nombre de 365. Ce nombre est exprimé par ces lettres grecques ABPAZAZ (abraxas),mot mystérieux chez les gnostiques, surtout chez les basilidiens, qui le placèrent sur un grand nombre de pierres gravées. Les moyens d'initiation qu'employèrent les basilidiens, et les riches développements que Basilides etson fils Isidore donnèrent au gnosticisme ; la brillante théorie qu’ils posèrent sur la chute des intelligences pures et la carrière des migrations qu’elles ont à parcourir pour opérer leur purification (l{ytrosis) et leur palingénésie, leur valurent un grand nombre de partisans.

Cependant, un autre théosophe d’Alexandrie, plus savant et plus habile, vint bientôt, en posant la gnose sous sa forme la plus complète, préparer la chute du système de Basilides. Valentin, qui vécut dans les premières années du troisième siècle, donna non-seulement l’arbre généalogique du plérôme céleste et du monde des éons; il expliqua encore les destinées de ces éons et celle des hommes, destinées passées et futures, aussi bien que destinées présentes, et le tout d’une manière si complète, qu'après lui la gnose ellemême n'avait plus rien à enseigner. Ses prédécesseurs s’éfaient attachés principalement au système de la Perse, au dualisme et à la doctrine de l'émanation; Valentin s’attacha surtout à la théogonie égyptienne et à la théosophie kabbalistique. Son plérôme se composait de trente éons, ou de quinze couples, distingués en trois classes, de telle sorte qu'il y en avait quatre dans la première, cinq dans la seconde, six dans la troisième. C'étaient l’ogdoade, la décade et la dodécade de la théogonie égyptienne. Mais les éons dont il composait cês trois classes étaient calqués sur les sephiroth de la kabbale; et comme dans la théogonie égyptienne ce sont quelques agents secondaires qui s’occupent le plus des destinées de l’homme, tels que Horus et Hermès-Psychopompe, dans la pneumatologie de Valentin, ce sont aussi quatre agents secondaires, Horus, le Christ, le Saint-Esprit et Jésus, qui président au sort de l'espèce humaine, Le rôle d’Isis, au contraire, est échu en partie à Sophia Achamoth. La psychologie de Valentin est aussi riche que sa théogonie. Des hommes, il fait trois classes : les pneumatiques, les psychiques, et les hyliques (San, matière]). Le principe pneumatique qui anime les premiers est seul destiné, lors de la grande palingénésie, à rentrer dans le plérôme. Les psychiques s’arrêteront dans la région planélaire. Les hyliques ne sont pas immortels; ils ne sauraient recevoir l'initiation aux mystères de la gnose, et les psychiques ne sauraient obtenir des génies stellaires la permission de traverser la région planétaire pour passer dans la sphère des intelligences supérieures. Valentin exposa ses doctrines en Chypre et à Rome comme en Égypte, et se fit partout de nombreux adeptes,

Une école quise détacha de la sienne, mais dont le fondateur est inconnu, celle des ophites, l'échpsa avec d'autant plus de succès qu’elle employa plus de moyens extérieurs. Dans ses initiations figuraient non-seulement des peintures allégoriques (le diagramme, que nous dépeint Origène), mais des serpents vivants étaient dressés avec soin pour ajouter à la magie de ce culte secret. En Cyrénaïque, la gnose, enseignée par Car pocra te, se présenta avec d’autres séductions, celle des plus licencieux principes de morale, Des théories contraires, théories d’un rigorisme exalté, furent présentées par Marcion et Cerdon, qui vinrent en Italie. L'un et l'autre enseignaient un christianisme

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