‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 282 sur 552 · GNOSTICISME — GOBEL · texte numérisé non relu

GNOSTICISME — GOBEL

enfin épuré, disaient-ils, des grossières erreurs dont quelques apôtres, incapables de se détacher du judaïsme, l’avaient entaché. Ils proposaient même un Nouveau Testament entièrement revu ! Présentées à Rome, où prévalaient déjà des doctrines nettement arrêtées, ces idées ne pouvaient qu’échouer ; mais les marcionites furent nombreux en Asie, en Afrique, dans les îles. D’autres gnostiques, les marcosiens, inondèrent le diocèse de Lyon, et les priscillianistes l'Espagne. Mais le temps de la spéculation théosophique et mystique était passé. Au cinquième siècle, la législation impériale, qui ferma les dernières écoles de la philosophie, ferma aussi les dernières écoles de la gnose. Les débris des gnostiques se refugièrent chez les manichéens, les pauliciens et d’autres sectes analogues. On peut suivre les traces de leurs doctrines jusque chez les bogomiles, les catharins, les albigeois, les stadinguiens, etc. MATTER.

GNOSTIQUES. Nous donnons aujourd’hui ce nom à tous ceux qui ont fait partie d’une des nombreuses écoles de la gnose; mais en cela notre langage diffère beaucoup de celui des gnostiques eux-mêmes. Une seule de leurs sectes portait chez eux le nom spécial de gnostiques, et celle-là était loin d’être soit la plus nombreuse, soit la plus célèbre de toutes; les autres se désignaient, comme les écoles des anciens philosophes, d’après le nom de leur chef. Quel qu’i soit, notre langage a peu d’inconvénients; car, malgré les divergences profondes qui distinguaient les diverses doctrines des gnostiques, ces doctrines avaient toutes quelques principes communs, et leur ensemble peut convenablement être dé- Signé sous le nom de gnosticisme, qu'on leur a donné.

GNOU, espèce du genre antilope. Le gnou (antilope gnu, Gm.) vit dans les montagnes, au nord du Cap, en troupes nombreuses. Ses cornes, élargies et rapprochées à leur base, descendent d’abord obliquement en devant et se redressent ensuite brusquement. Son muffle, large, aplati, est entouré d’un cercle de poils. Le pelage est brun, excepté à la base de la crinière et à la queue, garnie de longs poils blancs. Le chanfrein est orné d’une touffe de poils longs, roïides, dirigés vers le front. Une barbe, un fanon avec crinière, complètent les caractères du gnou, dont le corps est assez semblable à celui d’un petit cheval à jambes fines.

GOA., île situéesur la cote occidentale du Dekkan, dans la presqu’ile du Gange, par 15° 29’ 30” de latit. N., et 71° 33' 6° de long. E., s’appelait autrefois Tissouari, et à l'époque où Albuquerque en fit la conquête, en 1503, était habitée par une population d’origine arabe. Le fleuve sacré, Mandava, qui descend des monts Ghattes et se jette par plusieurs embouchures dans le golfe de Goa, la sépare de la terre ferme; et des autres cotés, deux bras de mer l'entourent.

Le gouvernement de Goa actuel, dépendance du royaume du Portugal, et composé des provinces de Salsete et de Bardes , pays de nouvelle acquisition jusqu'au Bonhulo, avec les sous-gouvernements de Damao et de Diu, dans la province de Gouzarate, comprend une superficie de 716 kilom. carrés ef une population totale (1864) de 527,067 âmes. En 1807, les Anglais s’'emparèrent de cette île; mais, à la paix de 1814, ils la restituèrent aux Portugais. Quand dom Miguel usurpa la souveraineté en Portugal, le gouvernement de Goa se déclara en faveur de dona Maria.

La ville de Goa, qui depuis 1559 est le siége du gouverneur général et de l’archevêque primat des possessions portugaises dans les Indes orientales, a le port le plus Spacieux qu'on trouve dans toute lInde, Il est bien fortifié, el l'accès n’en est permis qu'aux navires portugais. Mais il offre peu de sécurité, à la saison des pluies ; on se sert alors d’un port appelé Marmugon, et situé non loin de là. L'air est très-ma! sain à Goa; et on est obligé d'aller chercher sur la terre ferme l'eau douce nécessaire à la consommation des habitants. A l’époque de la domination des Portugais dans l'Inde, et surtout lorsqu'ils eurent perdu Malakka, Goa devint le grand centre de leur commerce. Les édifices publics, en ruines pour la plupart, mais parmi lesquels les

DICT, DE LA CONVERS, — T, x.

églises de Saint-Cajetan, de Saint-Pierre et de Saint-Dominique, le couvent des Dominicains et le palais de l’Inquisition sont core en assez bon état, et témoignent de la grandeur et de la prospérité aujourdhui disparues de cette ville, où indépendamment du vice-roi, auquel obéissaient toutes les possessions portugaises depuis le Cap de Bonne-Espérance jusqu'à Macao, siégeaient aussi toutes les autres autorités supérieures. La juridiction du tribunal de l'inquisition établi à Goa, supprimé définitivement en 1815, après avoir déjà été l’objet de restrictions successives, s’étendait sur tous les Indiens convertis au christianisme et sur tous les Portugais établis aux Indes, le vice-roi, l’archevéqueet son coadjuteur seuls exceptés. Une fois la plus grande partie des possessions portugaises dans les Indes tombées au pouvoir des Hollandais et des Anglais, la décadence de Goa fut rapide; et une épidémie qui la ravagea au comment cement du dix-huitième siècle la réduisit à n'être plus qu’un désert. La plupart des Portugais l’abandonnèrent pour aller fonder à l'embouchure du Mandava Ja Nouvelle-Goa, Villa nova de Goa, appelée aussi Pandgim, de sorte que la Vieille Goa, comme on appela dès lors cette ville, ne contient plus guère aujourd’hwi que quelques centaines d’Hindous catholiques et un petit nombre de moines et de religieux ; tandis que la nouvelle Goa, ville parfaitement bâtie et devenue la résidence du vice-roi des possessions portngaises dans les Indes et de toutes les autorités supérieures, ainsi que la cour suprême de justice (Casa de relaçao) , compte environ 20,000 habitants. Ses distilleries d’arak sont en grand renom. Quant au primat des établissements portugais, il réside actuellement à San-Pedro, ville située à peu de distance.

GOBBE. Voyez EcAGROPILE.

GOBBO. Voyez ARTICHAUT.

GOBBO (IL). Voyez Bowzi.

GOBEL (JEAN-Bapnisre-JosePx), premier évêque constitutionnel de Paris, naquit à Thann (Haut-Rhin), le 1°" septembre 1727. Il fut élevé à Rome, au collége germanique, où il se distingua par son application et sa conduite. L'évêque de Porentrui se l’attacha, et le nomma chanoine de son chapitre. Le 27 janvier 1779, il devint évêque de Lydda, in partibus , et suffragant de l’évêque de Bâle pour la partie française de ce diocèse. Il résidait en France en cette qualité, lorsque, en 1789, le clergé de Belfort le députa aux états généraux. Il prêta le serment à la constitution civile du clergé. Élu à la fois aux évêchés du Haut-Rhin, de la Haute-Marne et de la Seine, il choisit ce dernier, et en prit possession le 27 mars 1791.

Bon pasteur peut-être dans des temps calmes, Gobel, à qui le courage manquait, devait servir d’instrument de désordre au milieu des orages. Le jour de l’Ascension, en 1793, on le vit installer comme curé de Saint-Augustin, ou des Petits-Pères, Aubert, prêtre marié, dont la femme assistait à la cérémonie. Brugière, curé de Saint-Paul, et trois autres curés de Paris, Beaulieu, Lemaire et Mahieu, vengèrent contre leur évêque la discipline violée. On sait le scandale du 7 novembre suivant. Comme les fautes de Gobel sont assez graves sans qu’on les exagère, écoutons Grégoire, qui a recueilli les circonstances atténuantes. « La veille, Clootz et Pereira vont, à onze heures du soir, chez l’évêque de Paris, qui était couché et qui se lève pour les recevoir. Ils lui proposent de se rendre à la Convention et d’abjurer ses erreurs. Il répond : « Je ne connais point d’erreurs dans ma religion, et je n’en ai point à abjurer. — II ne s’agit pas, lui dirent-ils, de discuter vos principes, mais de vous sacrifier à la chose publique, de céder au vœu du peuple, en abdiquant vos fonctions, dont il ne veut plus. — Si tel est, répond-il, le vœu du peuple, c’est lui qui m’a élu , c’est lui qui me renvoie, Mais je demande à consulter mon conseil. » Au conseil tenu le lendemain matin se trouvent dix-sept votants, dont quatorze opinent pour la démission, et trois s’y opposent. D'après la majorité, on se rend à l'Hôtel-de-ville, où Chaumette expose les motifs sur lesquels il prétend fonder la nécessité d'abdïiquer. Là Gobel, subjugué par la terreur, est traîné, plutôt

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