GOBERT — GODEFROID DE BOUILLON
On le nomma alors plénipotentiaire à Berlin; mais le gouvernement prussien ne l'ayant point agréé, il fut envoyé en 1837 à Lisbonne en la même qualité, Les services importants qu’il rendit dans ce poste à la reine dona Maria déterminèrent cette princesse à lui conférer le titre de comte d'Alviella. Sous le ministère Nothomb, le ministère des affaires étrangères lui fut encore une fois confié, Depuis
1845 il vit dans la retraite. On a de lui des Mémoires
(1864, 2 vol.).
GODDAM, abréviation des mots god damn (que Dieu damne!), et que la personne qui la profère applique soit à elle-même, soit à une autre. Le puritanisme britannique regarde ce mot comme un épouvantable blasphème; les gens moins religieux y voient seulement un juron populaire, et n’y attachent pas plus d'importance qu’on n’en met chez nous au dicton familier : Ze diable m'emporte! C'est Beaumarchais qui a fait en France la réputation du goddam, et qui l’a francisé en quelque sorte par sa tirade si connue du Mariage de Figaro ; aussi, concluant, d’après son assertion, que ce terme est le fond de la langue chez nos voisins, le peuple ne manque guère, surtout à Paris, d’affubler de ce sobriquet tout habitant de la Grande-Bretagne, à moins que celui-ci ne l’éblouisse par son faste. Dans ce dernier cas, c’est un mylord anglais ; dans le premier, ce n’est qu'un goddam. Oury.
GODDARD (Gouttes de). Voyez Gourre.
GODEAU (ANTone), évèque de Grasse et de Vence, naquit à Dreux, en 1605, et mourut à Vence, le 21 avril 1672. Sa vie se divise en deux parties distinctes. Pendant la première période, il fut le type de ces petits-collets si communs dans le temps où le clergé était une puissance. Il débuta fort jeune en province par des pièces de vers qu’il envoyait à Paris à Conrart, son parent. Celui-ci leslisait aux amis qu’il réunissait. Ces vers furent merveilleusement goûtés; on l’engagea à venir à Paris. Là, il fut accueilli comme devait l'être un poëte qui chante Jris : on l’admit à l'hôtel de Rambouillet, où il gagna la faveur de tous ceux qui le fréquentaient. « Il y a ici, dit dans une de ses lettres à Voiture Julie d’Angennes, un homme plus petit que vous d’une coudée, et je vous jure mille fois plus galant. » Cette phrase inquiéta sérieusement Voiture, qui craignit d’être supplanté dans l'amitié de Me de Rambouillet : en effet, la faveur de Godeau était devenue si grande dans cette noble maison, qu’on ne l’appelait plus que Ze nain de Julie. Un jeu de mots enleva Godeau à cette position : Ayant composé une paraphrase du Benedicile, il en fit lhommage à Richelieu : « Monsieur l’abbé, lui réponditgracieusement le cardinal, vous m'avez donné Benedicite, et moi je vous donnerai Grasse. » Il fut en effet promu à l'évêché de cette ville, et dans ce poste élevé il se fit remarquer par ses vertus chrétiennes. 11 donna tous ses soins à son diocèse, abandonnant encore quelques heures aux lettres, mais aux lettres sacrées. II composa un grand nombre d'ouvrages religieux, où l'on trouve toujours des idées saines et justes, mais exprimées avec diffusion. Quant à ses poésies, elles sont presque toutes oubliées, et l'on ne se souvient de quelques-unes que par leur étrangeté et leur mauvais goût ; il faut cependant en excepter quelques odes. Godeau fut l’un des premiers académiciens,.