GOULBURN — GOURDAN
à l'opinion tory la ptus avancée, et qu’il compte au nombre des champions les plus ardents de l’Église dominante, il à toujours fait partie de l'administration, lorsque les tories ont été aux affaires. C’est ainsi qu'il fut pendant quelque temps secrétaire général pour l'Irlande, puis ministre de l'intérieur, chancelier de léchiquier de 1828 à 1830, secré« taire d’État en 1835, et encore une fois chancelier de léchiquier en 1841, lors de la rentrée au ministère de sir Robert Peel, avec lequel il s’est retiré des affaires quand la majorité a passé aux whigs. En 1852 l’université de Cambridge l’a de nouveau choisi pour son représentant à la chambre basse. Il est mort en 1856,
GOULES ou GHOLES, êtres surnaturels et malfaisants, appartenant à la mythologie des Arabes, des Persans et de quelques autres peuples musulmans, dans laquelle ils jouent le même rôle que les vampires dans les traditions populaires de la Hongrie, de la Pologne, de l’Esclavonie et des îles de la Grèce. Les goules habitent des lieux souterrains, d'où elles ne sortent qu’à l'heure de minuit, pour nuire aux pauvres mortels et les tourmenter de mille façons. Les Afchans croient que chaque solitude, chaque désert de leur pays, est habité par un démon qu’ils appellent Gowti- Binbau, ou le spectre de la solitude. Ils désignent souvent la férocité d’une tribu en disant qu’elle est sauvage comme Gouli-Binbau , c’est-à-dire comme le démon du désert. Dans les contes arabes, la goule est représentée se repaissant des lambeaux de cadavres qu’elle a exhuméss
GOULETTE (La), port de Tunis.
GOUM. nom que l’on donne en Algérie à une sorte de milice arabe que les bachagas, les agas et les caïds lèvent à notre réquisition dans toutes les tribus où ils commandent. Les goums forment une sorte de société militaire placée sous l’action incessante des bureaux arabes. D'abord employés comme auxiliaires de l’armée et attirés surtout par l’ardeur du butin, les goums font aujourd'hui isolément des expéditions im portantes sous la con-
duite de leurs chefs dirigés par nos officiers, et ils ont puissamment contribué à assurer la tranquillité de l’Algérie et la soumission des autres Arabes. L. LOUvET.
GOUNOD (Fnançois-CnaRLes), compositeur célèbre, est né à Paris le 17 juin 1818. 11 interrompit ses études
classiques an collège Charlemagne pour passer au Conser vatoire, où il eut pour maîtres Lesueur, Paër et Halévy. Après avoir eu le secon d prix de Rome, il oblint le premier en 1839 et se livra surtout en Italie à l’élude de Ja musique religieuse . De retour à Paris, il fut chargé dediriger Ja chapelle à l’église des Missions étrangères. Un penchant marqué vers le mysticis me le portait vers l’état ecclésiastique ; plusieurs fois on anno nça qu'il avait embrassé les ordres, mais il secontenta d’en porter l’habit ou de s’enfermer dans quelque retraite ignorée où il s’efforçait de racheter par un redoublement de ferveur ses œuvres mondaines. Le 16 avril 1851 M. Gounod fit jouer à l'Opéra Sapho, qui ne réussit pas malgré des heautés de premier ordre. Les chœurs qu’il écrivit pour Ulysse, tragédie de Ponsard (1852), furent loués pour leur caractère et leur puissante facture. La Nonne sanglante, grand opéra, représenté le 18 octobre 1854, marqua ses progrès dans la conduite des idées et dans le coloris instrumental, En 1858 il arrangea pour le Théâtre-Lyrique le Médecin malgré lui, de Molière. Le 19 mars 1859 eut lieu Ja première représenlation de Faust. « Le cachet de l'originalité, dit Fétis, est empreint sur cette production : il n’en faut pas davantage pour donner la certitude qu’elle passera à la postérité comme une des belles créations de l’école française. Le rôle de Marguerite est d’une beauté achevée. Quelques parties du premier acte sont de véritables inspirations de génie. » Cet opéra, transporté du Théâtre-Lyrique à l’Opéra, n’a pas cessé d’être au répertoire. Il y a de helles choses dans Philémon et Baucis (1860), dans la Reine de Saba (1862), dans Mireille (1862), mais d’une valeur trop inégale pour être rangées à la même hauteur
que Faust. Après un long silence M. Gounod écrivit un pendant de cet ouvrage, Roméo et Julielte (avril 1867), grand opéra joué au Théâtre-Lyrique et qui eut le plus grand succès, Parmi ses dernières productions on cite Gallia, cantate exécutée à Londres, où l’auteur s'était retiré pendant la guerre franco-allemande, et les morceaux de musique adaptés au drame de Jeanne d'Arc (1873). N'oublions pas non plus le recueil de ses romantces, dont plusieurs sont de véritables chefs-d’œuvre de grâce et de sentiment, En 1866 il a été élu membre de l’Académie des beaux-arts à la place de Clapisson. GOUPIL (Aucusre), médecin distingué de Paris, où il naquit, en 1796, fut reçu docteur-médecin dès 1818 à l’âge de vingt-deux ans. Fils et gendre de praticiens distingués il s’'adonna Jui-même sans partage et avec zèle, avec de vrais succès, à Ja médecine pratique. N’accordant à la science que les courts moments dont l'art ne disposait pas, dans le jour il n’écrivait jamais que des ordonnances; et lorsqu’il fallait enrevistrer ou publier quelque fait curieux ou important liré de sa pratique, il ne l’écrivait que pen-
dant la nuit, On à de lui des opuscules sur la Coqueluche
(thèse), La Goutte, le Rhumalisme; des dissertations sur l’Acupunclure, le Nitre (azotate de potasse) à hautes doses ; le Seigle ergoté, etc. Nos lecteurs ont pu apprécier les excellents mais trop rares articles, dont le docteur Goupil a enrichi ce Dictionnaire.
GOUPILLON, aspersoir depuis fort longtemps en usage dans l'église catholique, petit bâton au bout duquel il y a des soies de porc, retenues par des fils d’archal, et qui sert , dans les cérémonies de la liturgie chrétienne, à prendre de l’eau bénite, ou à la présenter à quelqu'un, ainsi qu’à l'aspersion. C’est aussi un instrument destiné au même usage, Consistant en uneboule de métal creuse, percee de petits trous et placée au bout d’un manche de même métal, ou de bois. Ily en a d’argent, de cuivre, d’argent doré et de cuivre argenté, La littérature portugaise possède sous ce titre un poëme héroï-comique, de Diniz da Cruz e Silva, égal et supérieur peut-être au Zutrin.
Goupillon se dit dans certains arts de brosses qui res. semblent au premier de ces instruments. Les cartiers et les chapeliers surtout en font un fréquent usage.
GOUR, nom d’une variété du bœuf ordinaire, propre à l’ilede Ceylan. Le gour se distingue de notre bœuf commun par de plus grandes proportions, et encore mieux par la forme de la crête occipito-frontale qui se porte en avant, et par le grand développement des apophyses épineuses de ses vertèbres dorsales.
GOURA. Voyez CoLoure.
GOURBI, cabane en pisé ou en pierre aes berpèéres. La réunion en un point de plusieurs gourbis appartenant à une même tribu constitue le kebila, d’où on a fait le nom de kabyles, donné aux peuples d’Afrique qui vivent sous des gourbis.
GOURDAN (La). Nous sommes en pleine fange , ou plutôt en plein Louis XV. La Gourdan, dont le nom joue un si grand rôle dans les Mémoires secrets du dix-huitième
| siècle, et revient à chaque page dans les romans orduriers
qui servaienf de pâture à une génération corrompue, tenait, de 1745 à 1755, dans le faubourg du Roule, une de ces maisons consacrées à la débauche que de tout temps la police a tolérées dans les grandes villes. Casanova, le chevalier Casanova de Seingalt, dans ses Mémoires, consacre un chapitre entier à décrire le mystérieux hôtel, caché au fond d’ombreux jardins, où la Gourdan consentait à recevoir les amis de ses amis et à les présenter à ses trop faciles pensionnaires. Il ajoute que sur une plaque de marbre noir, placée au-dessus d'une seconde porte intérieure, apostée là comme mesure de précaution, à l’extrémité d'une avenue conduisant à l'hôtel, on lisait en lettres d’or ce vers de Virgile :
Sunt mihi bis septem præstanti corpore aympheæ ;
et que la dame du lieu, fidèle observatrice de la règle posée