‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 313 sur 552 · GOURDAN · texte numérisé non relu

GOURDAN

dans cette espèce d’enseigne, n'avait jamais consenti à admettre à la fois plus de quatorze pensionnaires dans son établissement, où les places se retenaient à l'avance et se payaient même fort cher. C'était sans aucun doute à cause des chances qu’avaient les femmes perdues d’y rencontrer des protecteurs généreux, magnifiques. Et de fait on retrouve dans le cours des Mémoires du cynique Gil Blas vénitien plusieurs femmes à qui le lecteur a déjà été présenté par Casanova dans le somptueux lupanar du faubourg du Roule, et qui n’en occupent par moins quelques années plus tard, dans le vrai monde, des positions auxquelles ne semblaient guère les destiner leurs honteux antécédents.

Ce qu’il y a de plus extraordinaire, selon nous, dans tout ce détail, c’est que le fameux vers de Virgile avait été, sur ses instances pressantes, fourni à la Gourdan par Voltaire... Oui par Voltaire, qui avait eu la curiosité de vouloir apprendre par lui-même à quoi s’en tenir sur les merveilleux récits qu’il entendait faire de tous côtés de la Gourdan et de sa facile hospitalité, Du reste, la visite furtive qu'il y fit serait restée à jamais inconnue sans l’indiscrétion posthume du chevalier d'industrie auteur de ces Mémoires. Quant au nom de Gourdan, c'était probablement, selon l'usage, un nom de guerre, pris successivement et même à d’assez longs intervalles par différentes entremetteuses, en possession, sous Louis XV, de pourvoir aux infâmes plaisirs d’une classe profondément pervertie et de racoler pour le service du Pare aux Cerfs.

GOURDE , nom donné à une espèce de bouteille faite d’une calebasse séchée et vidée, dont les soldats, les pélerins , etc., se servent pour porter de l’eau ou du vin.

GOURGANNE ou FÈVEROLLE. Voyez FÈvE.

GOURDJISTAN ou GOURGISTAN. Voyez GÉORGIE et Caucase , tome IV, page 689.

GOURGAUD ( Gasrarp, baron ), aide de camp de Napoléon et l’un des compagnons de sa captivité à Sainte-Hélène, naquit, le 14 septembre 1783, à Versailles, où son père était attaché, en qualité de musicien, à la chapelle du roi Louis XVI. Reçu en 1799 élève de l'École Polytechnique, il en sortit au bout de deux ans pour aller passer quelque temps à l'École militaire de Châlons. Il fut alors adjoint au prolesseur de fortification à l'École de Metz, puis entra, avec le grade de lieutenant en second, au 6€ régiment d’artillerie à cheval, avec lequel il passa en Hanovre. Son corps ayant été désigné pour faire partie du camp de Boulogne, il y devint aide de camp du général d’artillerie Foucher. Pendant l’immortelle campagne de 1805, il eut occasion de donner de nombreuses preuves de courage et d'intelligence, et fut blessé dangereusement d’un éclat de mitraille sur le champ de bataille d’Austerlitz. Comme dans ce temps-là on était avare de la croix de la Légion d'Honneur, il n’obtint cette distinction que deux années plus tard , dans la campagne de Prusse, à la suite des affaires de Saalfeld et d’Iéna. A Friedland, il passa capitaine. Envoyé en Espagne en 1808, avec le 5° corps , il se distingua au siége de Saragosse; mais il ne tarda pas à être rappelé de la Péninsule, avec son régiment, pour faire partie de la nouvelle armée que les armements de l'Autriche obligeaient Napoléon à réunir en Allemagne, et il prit part alors à la campagne de 1809, payant largement de sa personne aux affaires d’Abendsberg, d'Eckmubl, d'Essling et de Wagram. Chargé, en 1811, par l'empereur, d’aller reconnaître l’état véritable de la place de Dantzig, pour le cas où une guerre nouvelle viendrait à éclater entre la France et la Russie, et d'y préparer en secret des équipages de pont et de siége, il s’acquitta de cette mission avec tant d’intelligence et en présenta le rapport en termes si nets, que Napoléon l'en récompensa en l’attachant à sa personne, avec le titre d’officier d'ordonnance, et en l’'emmenant dans son voyage de Hollande,

Envoyé, vers la fin de la même année, .inspecter nos côtes de l'ouest, ses rapports et ses observations lui valurent le titre de chevalier de l'empire, avec une dotation annuelle de 2,000 francs. Après avoir accompagné l'empereur au con-

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