‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 314 sur 552 · GOURGAUD · texte numérisé non relu

GOURGAUD

grès de Dresde, il le suivit, avec le grade de chef d’escadron, dans son expédition de Russie, entra le premier au Kremlin, et fut assez heureux pour y découvrir quatre cents milliers de poudre destinés par Rostopchin à anéantir, d’un seul coup, par leur explosion le quartier général. Au milieu de Lincendie qui dévorait la ville, ou put encore mettre en lieu de sûreté ce terrible dépôt ; et Napoléon paya ce service signalé par la collation du titre de baron de l’empire. Pendant la fatale retraite dont il partagea toutes les fatigues et tous les périls, il traversa, à deux reprises, la Bérézina, avec son cheval, pour y présider à la construction du pont sur lequel devaient passer les derniers débris de la grande armée. Au terme de ce grand désastre, Napoléon lui conféra le titre de son premier officier d'ordonnance, fonctions qui lattachaient directement au service de son cabinet particulier. Pendant l'armistice de Pleswitz, conclu à la suite des batailles de Bautzen et de Lutzen, il fut préposé à la surveillance du matériel de l'artillerie. Le rapport qu’il adressa à Napoléon pour démontrer qu’on pouvait tenir dans Dresde, rapport à la suite duquel l'empereur, au lieu de marcher sur Kænigsberg, comme il en avait l'intention , changea de direction et arriva assez à {emps sous les murs de la capitale de la Saxe pour empêcher les coalisés d'enlever cette ville, lui valut une nouvelle dotation de 6,000 francs et le brevet d’officier de la Légion d'Honneur. A la bataille de Brienne, il sauva encore une fois la vie de Napoléon en tuant d’un coup de pistolet, au moment où il tenait déjà sa lance levée sur l’empereur, un Cosaque faisant parlie d’un détachement qui, à dix heures du soir, se rua à l’improviste sur la colonne au milieu de laquelle Napoléon regagnait son quartier général à Mézières. L'empereur, à cette occasion, lui fit présent de l’épée qu’il avait portée dans toutes ses campagnes d'Italie.

Gourgaud ne se sépara de Napoléon que le 20 avril 1814, jour de son départ pour l’île d’Elbe ; et la Restauration le nomma chef de l'état-major de la première division militaire. Pendant les cent-jours, il reprit son service auprès de l’empereur en qualité de premier officier d’ordonnace ; et à la suite de Ja bataille de Fleurus, Napoléon le nomma son aide de camp et le fit général. Après le désastre de Waterloo, où les derniers coups de canon furent tirés par son ordre, il obtint de l’empereur la permission de l'accompagner à Sainte-Hélène, où il resta jusqu’en 1818; mais à cette époque une maladie à la suite de laquelle les médecins ordonnèrent son prompt retour sous le ciel natal, ou , suivant une autre version , une mésintelligence fâcheuse survenue entre lui et l'un des compagnons d’exil du grand homme, le ramena en Europe au moment où les souverains alliés étaient réunis en congrès à Aix-la-Chapelle, Un mémoire qu'il leur adressa pour leur exposer l’état misérable dans lequel se trouvait l’homme que naguère encore ils s’honoraient tous de pouvoir appeler leur frère, fut suivi de quelques adoucissements apportés à la rigoureuse captivité de Napoléon, A son retour de Sainte-Hélène, Gourgaud avait été réduit à s’asseoir aux foyers du peuple brilannique , à cause de l'interdiction mise à sa rentrée en France par le gouvernement de la Restauration. Une brochure qu’il publia à Londres sur la bataille de Waterloo , brochure où se trouvent des détails de stra= tégie alors inconnus ou niés, blessa profondément l'amourpropre du duc de Wellington, à la demande de qui application de l’alien-bill fut faite par le ministère anglais à Gourgiud, dont on saisit les papiers et qu’on transporta sans autre forme de procès à Cuxhaven,

Le général y résida jusqu'en 1821, époque où enfin il obtint la permission de revoir le sol de la patrie, Fidèle à ses rancunes, le gouvernement de la Restauration maintint rigoureusement contre lui l'exclusion des rangs de l'armée dont on avait puni en 1815 son dévoûment à l'égard de Na= poléon. 11 se serait dès lors trouvé dans une situation financière très-précaire, sans les nobles libéralités contenues en sa faveur dans le testament de l'empereur. 1 publia, avec le général Montho lon, unouvrage écrit en commun à Sainte- Hélène sous la dictée de Napoléon lui-même, et intitulé :

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