‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 316 sur 552 · GOURMAND — GOURVILLE · texte numérisé non relu

GOURMAND — GOURVILLE

valet de bord chargé de toute espèce de travail, surtout du nettoyage du bâtiment et du service de l'équipage.

GOURNAY (Mani LE JARS'nE), née à Paris, en 1366,

d’une famille distinguée. Elle était encore toute jeune lors- Ju’elle vint à perdre son père, qui était trésorier de la maison du roi. Son esprit ferme et sérieux l’attira de bonne heure vers des études toutes viriles. Elle apprit le latin sans maître. Les Essais de Montaigne lui étant par hasard tombé entre les mains, elle conçut pour l’auteur un vif enthousiasme. Et lorsque Montaigne, en 1588, se rendit aux états de Blois, où il était député, elle quitta sa terre de Gournay pour venir avec sa mère rendre hommage au philosophe. A Paris elle ne vit que lui, et Montaigne, charmé-de L'aventure et de son esprit, lui voua une réelle affection. Il ne l’appelait que sa fille d'alliance. M"° de Gournay avait alors vingtdeux ans, et Montaigne cinguante-cinq. Elle l’'emmena avec elle à Gournay, et il y séjourna trois mois. De son côté M'° de Gournay s’éprit de plus en plus du vieux philosophe, qu’elle appelait son second père, et à qui, disait-elle, eke avait autant d'obligations qu’au premier.

Dans ses Essais, cependant, Montaigne parle rarement de M'° de Gournay : « Il faut, disait-il, craindre d’éveiller la méchanceté toujours en quête auprès des femmes. » Mais il lui donna une grande preuve d'estime et d'attachement en lui léguant ses manuscrits. Voici ce que Pasquier rapporte à ce sujet : « Uette vertueuse demoiselle, avertie de la mort du seigneur de Montaigne, traversa presque toute la France, tant par son propre vœu que par celui de la veuve de Mentaigne et de M”® d’Ehisac, sa fille, qui la convièrent d’aher mêler ses pleurs et ses regrets, qui furent infinis, avec les leurs. » Plus tard, ayant perdu elle-même sa mère, ellereviat habiter Paris, où sa maison devint le rendez-vous des savants et des gens de lettres.

Elle eut des amis illustres, les cardinaux du Perron, Bentivoglio, Richelieu, saint François de Sales, Godeau, Dupuy, Balzac, Maynard , Hensius, etc. Le roi lui fit une pension. Elle prit parti mal à propos dans une querelle pour le père Cotton, et publia à ce sujet l’Adieu de l'ami du roi pour la défense des pe er (Paris, in-8°, 1610), auquel on répondit par un libelle intitulé : Remerciement des beurrières (Niort, 1610 }, et par l’Anti-Gournay, qui né vaut guère mieux. Les adversaires des enfants de Loyola la firent, du reste, cruellement repentir de son intervention intempestive. L

Après la fondation de l’Académie française, elle reçut chez elle une partie. des membres de cette compagnie, et lorsqu'ils annoncèrent l'intention d'élaguer de la langue un grand nombre de mots vieillis, M!° de Gournay protesta contre cette réformation. Elle disait des puristes, « que leur style était un bouillon d’eau claire, sans impureté et sans substance. » Elle a publié deux éditions de Montaigne : la première en 1595; la seconde, qui lui est bien supérieure, en 1635. Celle-ci est dédiée au cardinal de Richelieu, qui en fit les frais. Elle est enrichie d’une préface curieuse où Pascal a pris cette idée ingénieuse de la Divinité : « C’est un cercle dont la circonférence est partout, et le centre nulle part, »

M'e de Gournay, surnommée par ses galants contemporains a Sirène française et la dixième Muse, a composé Le Promenoir de M. de Montaigne, par sa fille d'alliance ; une traduction en vers du second livre de l’Énéide; Le Bouquet poétique; des versions de fragments de Virgile, Tacite et Salluste; un Discours pour la défense de la poésie; L'Égalitédes Hommes et des Femmes ; L'Ombre de la Die de Gournay; Les Avis et les Présents de la Dle de Gournay. On trouve dans ce dernier ouvrage sa vie, racontée par elle-même avec une grâce et une naïveté qui rappellent quelquefois son père adoptif, Elle mourut à Paris, le 13 juillet 1645, à soixante-dix-neuf ans, et fut inhumée à Saint-Eustache. Elle avait légué sa bibliothèque à Lamothe-Le-Vayer. h

GOUR VILLE (Jean HÉRAULD, sieur pe), auteur de carieux Mémoires sur l’histoire de son temps, qui vont de

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