GRAIN — GRAINS
GRAINE D’ECARLATE, Voyez Cocnenirre.
GRAINE DES MOLUQUES. Voyez Croxox.
GRAINES DE PARADIS. On donne ce nom aux graines anguleuses et noirâtres contenues dans le fruit d’une espèce du genreamome, l’amomum granum paradisi, indigène de la Guinée et de Madagascar. Ce fruit est une capsule arrondie, triloculaire, Les Indiens font des graines de paradis un commerce considérable. Ils én mêlent avec le bétel. Ils les vendent débarrassées de leur coque. L’amande est très-blanche, et produit sur la langue une sensation de brûlure comme le poivre; aussi s’en sert-on pour falsifier cette denrée.
GRAINES DE PERROQUET, Voyez CanTHAME.
GRAINS. Ce mot, synonymedecéréales , en diffère cependant en ce qu'il ne s’entend guère que des graines farineuses eruployées à l’alimentation de l’homme, tandis que céréales peut se dire à la fois des graines et des plantes qui les produisent. C’est surtout au point de vue économique que nous en traiterons ici.
La France est un des États qui produisent la plus grande quantité de grains ; on les cultive sur 15 millions et demi d'hectares, dont environ 7,500,000 en froment. La production moyenne était évaluée en 1841, par la statistique du ministère du commerce , à 182,500,000 hectolitres, dont 70,000,000 en froment, 10,000,000 en méteil ou épeautre, et 23,000,000 en seigle, semences déduites; mais ces évaluations paraïissaient inférieures à la réalité. En 1846, le ministre du commerce évaluait au chiffre de 100,009,000 d’hectolitres la quantité de grains (froment, méteil et seigle) nécessaire à l'alimentation ordinaire des habitants, et à 20,000,000 la quantité employée à la nourriture des animaux, aux semences et aux divers usages industriels, et il disait : 1° que dans les bonnes années 30 à 35 départements avaient une récolte excédant leur consommation, 25 à 30 une récolte égale, et 20 à 25 une récolte insuffisante ; 2° que le maïs, le sarrasin et les châtaignes entraient pour plus de 1/10° dans la consommation générale ; 30 que dans les plus mauvaises années, la France n’empruntait au dehors que de 25 à 30 jours de nourriture, soit environ 6,000,000 d’hectolitres. On sait que le déficit laissé par les mauvaises récoltes de 1845 et 1846 a été de plus du double; c’est du reste le plus grand dont la France ait gardé le souvenir depuis longtemps; ainsi, en 1846 nous achetions à l'étranger pour 100 millions de céréales, et en 1847 pour plus de 200,
. D’après l'enquête agricole faite en 1862 les céréales réunies occupaient les 29 centièmes du territoire français : 15,620,821 hectares sur 54,305,141. La production moyenne était estimée, à la même rate, à 264,164,906 hectolitres de grains et à 283,298,196 quintaux métriques de paille, ayant ensemble une valeur brute de 4,875,000,000 fr. La production totale des grainsse divisait ainsi: 109,457,000 hect. de froment, 81,118,000 d'avoine, 24,897,000 de seigle, 20,514,000 d'orge, et 28,177,000 de sarrasin, maïs, etc.
Selon M, Dezeimeris, la France récoltait dans la seconde moitié du dix-septième siècle près de 90,000,000 d'hectolitres de blé, et au commencement du dix-huitième siècle elle n’en récoltait plus que 50 à 60,000,000, par suite de son mauvais système de culture. M. Moreau de Jonnès dit que cette production était réduite à 40,000,000 en 1784, Depuis 1815 nos progrès dans la culture des céréales ont été considérables, surtout au profit du froment et de l’avoine. Ainsi l’on récoltait, en 1840, 69,558,000 hectol. de blé; en 1852, 95,262,000; en 1862, 109,457,000. Le rendement s'est donc accru pendant cette période seulement de plus d’un tiers. Néanmoins les progrès d notre agriculture ne sont pas encore suffisants, Jusqu'à ces derniers temps l'Angleterre récoltait 25 à 40 hectol, de blé par hectare d’un sol moins fertile que le nôtre; nos cultivateurs n’en recueillent que 14 à 30 sur la même étendue de terrain.
La production des diverses céréales attribuait à chaque