‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 392 sur 552 · GRIPPE — GRISETTE · texte numérisé non relu

GRIPPE — GRISETTE

subits ou extrêmes dans l'atmosphère qu’on les voit se manifester : tantôt c’est après un refroidissement rapide, tantôt après des brumes épaisses , etc. Aa du

Quand on n’a pu se soustraire à cette influence invisible, il convient de se conduire comme dans les rhumes de poi-

trine : le repos, la diète sont les premières conditions curatives. Quand la bronchite est intense, on obtient du soulagement par l'application d’un cataplasme chaud et émollient sur le sommet de la poitrine ; une infusion de fleurs pectorales, dans laquelle on ajoute 15 grammes de sirop diacode, procure aussi un allégement notable, etces moyens simples, dont chacun peut faire emploi sans un avis doctoral, favorisent el hâtent des sueurs, qui ordinairement terminent ces légères affections. Mais si la fièvre est intense, si la respiration devient très-pénible et difficile, il peut être utile de recourir à l’application des sangsues.

GRIS (Frères), GRISES (Sœurs), désignation commune sous laquelle on comprend les religieux et les religieuses de l’ordre de la Miséricorde et autres associations charitables, à cause de la couleur de leurs vêtements. On appelle

plus particulièrement sœurs grises les filles ou sœurs de la Charité, réunies en 1634 par saint Vincent de Paul et la veuve Legras pour le soulagement des malades.

GRISAILLE, espèce de peinture de couleur grise, et

imitant un bas-relief. On comprend quelquefois sous la même dénomination d’autres peintures d’une tout autre couleur, mais également monochromes (voyez CAMAÏEU).

GRISAR (ALBERT), né en 1808 à Anvers, fit ses études

musicales au Conservatoire de Paris et débuta par un recueil de romances, l’une desquelles intitulée Za Folle obtint une grande vogue. Les premières partitions qu’il donna au théâtre, Sarah et l’An mil, révélèrent en lui un talent gracieux et facile. En 1838 parut l’Eau merveilleuse, joyau musical qui est resté au répertoire. Malgré le succès de cet ouvrage, qui fut suivi des Travestissements et de Lady Melvil, Grisar, jugeant son éducation incomplète. se rendit à Naples, où il la recommença avec patience sous la direction de Mercadante. C'est alors qu’il écrivit Gilles ravisseur, joué en 1849 à l’Opéra-Comique, charmant badinage auquel il a donné pour pendant, en 1852, Bon- Soir, monsieur Pantalon. Entre deux, la même scène représenta ses Poreherons (1850), son œuvre la plus considérable et aussi l’une des plus élégantes. Citons encore le Chien du jardinier (1855), qui figura longtemps parmi les pièces à recette. Cet artisle ingénieux et fin est mort le 14juin 1869, à Asnières.

GRISELIDIS. Griselda, ou, comme nous disons en France, Grisélidis, devenue de pauvre paysanne marquise de Saluces, soumise par un mari bizarre aux épreuves du cœur les plus cruelles pour une mère et pour une épouse, est probablement un personnage de l’invention de Boccace, qui termine par cette touchante nouvelle la dernière journée de son célèbre Décaméron. Écrit en italien, cet épisode, lu par Boccace à Pétrarque, attendrit jusqu'aux larmes Vamant platonique de Laure, qui le traduisit immédiatement en latin, et le fit ainsi connaître à tous les peuples de l'Europe. En Angleterre, en France surtout, où Pétrarque avait tant de relations, Grisélidis eut un immense succès et fournit le sujet d’une multitude de romans et de pièces de théâtre. Dès la fin du quatorzième siècle, en 1395, vingt ans après la mort de Boccace, un poëte anonyme composait et faisait jouer le Mystère de Grisélidis, marquise de Saluces, et de sa merveilleuse constance, appelée le Miroir des dames mariées, par personnages et ryme. Ce drarne fut imprimé dans le siècle suivant. Plusieurs fabliaux le redirent sous divers titres, et toujours avec succès. Depuis le quatorzième siècle, le sujet de Grisélidis a été reproduit sur tous les théâtres, sous toutes les formes, en prose et en vers. Louis Du Bois.

. GRISETTE. Une mode, aussi ruineuse qu’immorale, s'était établie en France, et surtout à Paris, depuis la minorité de Louis XV jusqu’à l’année 1789, qui vit naître la

fois devait son nom et sa triste célébrité.

| révolutivn. C’était celle pour les seigneurs, c’est-à-dire les hommes nobles, riches, et qui allaient à la cour, d’avoir pour maîtresse une femme attachée à quelque théâtre, à la dépense de laquelle ils fournissaient publiquement, ce qui ne les empêchait point d’éprouver ou de feindre un attachement pour quelque dame leur égale, et d'entretenir des relations fort intimes avec quelques jeunes et pauvres filles de la classe du peuple. L'actrice ou la danseuse s’enorgueillissait si dans son antichambre on reconnaissait la livrée d’un homme que l’on rencontrait à Versailles ; mais la grande dame et la petite ouvrière s’en effrayaient également. Afin que les billets fussent portés et reçus sans que l’on eu causât à l'œil de bœuf, ou dans les maisons d'apprentissage, on habilla de gris les laquais destinés à ces fonctions, toutes de confiance, et le nom de grison ieur fut donné , comme on le voit dans les comédies et romans de l’époque. Les grandes dames avaient des titres ; on n’imagina point de les désigner particulièrement, mais les ouvrières en mode, en couture, en lingerie , qui recevaient le laquaïs ainsi travesti furent, par analogie, nommées grisettes, ce qui signifiait filles jolies pauvres et séduites. Trèsinjustement on a étendu cette dénomination à toutes les filles qui vivent du travail de leurs mains. Dans ce temps-là même quelques magasins de mode, presque fous les magasins de couture et de lingerie, ainsi que les maisons où l’on apprenait à raccommoder la dentelle, occupaient des filles parfaitement sages et vertueuses. La lingerie était surtout l’état que l’on faisait apprendre aux filles nobles ruinées , et l’on distinguait facilement l’apprentie lingère par la décence et la simplicité de son costume. C'était donc aux seigneurs et aux riches financiers que la griselte d’autre-

Aujourd’hui la grisette, plus sensible qu’avide, reçoit les vœux de l’étudiant; moins circonspecte, elle se montre avec lui au spectacle , dans les bals champêtres et chez les restaurateurs de la banlieue; mais, sans être aussi avilie,. elle est aussi misérable qu’au temps passé; car l'étudiant, ses cours finis, se met en quête d’une dot, et n’épouse que la fille qui lui en apporte une. Si l’on considère l’âge de ces filles, qui sortent à peine de l'enfance, la sincérité de leur attachement, leur séduction si facile, par des jeunes gens qui leur sont intellectuellement supérieurs en tous points, on ne pourra s’empêcher de plaindre ces créatures laborieuses, destinées à augmenter le nombre des courtisanes ou à terminer leurs jours par le suicide. Il est peu de grisettes qui ne finissent ainsi, car, nous le répétons, le nom de grisette ne convient pas aux jeunes personnes qui ne quittent les magasins et les ateliers où elles sont occupées que pour retourner auprès de leurs mères : le nom honorable d'ouvrières peut seul leur être donné. Celles-là épousent des artisans, et offrent ordinairement le modèle de toutes les vertus que l’on exige des femmes. Le nombre de griseltes qui s’asphyxient, se noïent ou s’empoisonnent est effrayant ; il ne faut l’attribuer qu’au premier choix que font ces pauvres enfants. On a blâmé, avec autant de justice que d’indignation, les hommes d’un nom élevé qui corrompaient cette classe de la société en l’enrichissant : pourquoi blämerait-on moins ceux qui leur ont succédé? La pauvreté justifie-t-elle le vice, la perfidie, l’abandon? Il est encore plus facile à un étudiant de séduire une ouvrière que cela ne pouvait l’être à un maréchal de France, à un premier président, à un fermier général; car de ceux-là une fille indigente savait tout d’abord ce qu’elle pouvait attendre, tandis que les habitudes économiques de l'étudiant n’établissent aucune différence apparente entre la grisette et lui. Enfin, si la grisette devient mère, quel héroïsme ne lui faut-il point pour garder l’enfant aux besoins duquel il faudra qu’elle pourvoie seule ? Les romans, les vaudevilles, nous peignent la griselle de Paris gentille, gaie, revêtue d’une grâce particulière. Qu'ils nous la représentent donc à trente ans, flétrie dans son quartier, méprisée de ses voisines , huée des hommes de sa classe... Le lendemain de

ce Jour, ce sera à la morgue, ou dans un lieu plus affreux encore, que sa mère viendra la reconnaître. CSse pe Brant.

GRISI (GiuLra), cantatrice célèbre à bon droit par son

talent et sa beauté, est née en 181 2, à Milan, et dès l’âge de douze ans se fit remarquer par la pureté de sa voix et par les plus heureuses dispositions musicales. A l’âge de seize ans elle débuta sur le théâtre de Bologne, dans la Zelmira, de Rossini, et réunit tous les suffrages, par la justesse de ses sons et par la grâce ainsi que la sensibilité qu’elle déploya dans son jeu. Deux années plus tard, ‘elle parut sur un théâtre plus vaste, celui de Florence, et n’y obtint pas moins de succès. Il y avait longtemps qu’une aussi belle et aussi gracieuse personne n’avait paru sur les planches , et on peut admettre, sans rien enlever à son talent, que ses avantages physiques furent pour beaucoup dans l'admiration frénétique dont la jeune artiste ne tarda pas à être l’objet. Tous les théâtres de lItalie se la disputèrent, et les représentations qu’elle donna à Za Scala furent pour elle autant d'éclatants triomphes. 11 ne manquait plus désormais pour classer définitivement Giulia Grisi parmi les grandes cantatrices qui cessent d’appartenir exclusivement à un pays pour être la gloire commune de l’Europe musicale, que de voir son talent reconnu et consacré par les suffrages des dilettanti de Londres et de Paris. Ses débuts sur notre Théâtre-Italien eurent lieu k 13 octobre 1832, dans la Semiramide, rôle dans lequel le souvenir de l’inimitable M€ Pasta était encore récent, et par suite bien dangereux pour la débutante. Giulia Grisi se tira de cette redoutable épreuve avec son bonheur accoutumé : un triomphe d'enthousiasme fut le prix de la noble confiance qu’elle avait eue dans son talent, et il n’y eut qu’une voix parmi les critiques pour reconnaitre les intonations toujours justes et fermes de son éclatant mezzo soprano, la noblesse de son maintien, la grâce et la vérité de ses gestes. A Paris aussi, la rare beauté de la cantatrice n’aida pas peu à son succès ; et depuis lors Giulia Grisi fit alternativement les délices des opéras de Londres et de Paris. Longue serait la nomenclature des rôles dans lesquels elle a charmé et ravi ses auditeurs. Il nous suffira de dire que Rossini, Donizetti, Bellini, Mozart, etc., n’ont jamais eu de plus heureux interprète.

En 1835, Giulia Grisi, cédant aux obsessions d’un de ses plus fervents admirateurs, M. Gérard de Melcy, contracta un mariage qui ne tarda pas à être rompu judiciairement. Cependant sa voix s’altérait; elle n’en lutta pas moins contre la froideur de plus en plus marquée du publie, fic une excursion aux États-Unis en compagnie de Mario à qui elle avait associé son sort, revint en Angleterre, et mourut à Berlin, le 28 novembre 1869, au retour d’un voyage en Russie.

GRISONS (Pays des), en allemand Graubünden, le plus grand canton de la Suisse, d'une superficie évaluée à 7,185 kilom. carrés, confine au sud à l’Italie, à l’est au Tyrol, au nord aux cantons de Saint-Gall et de Glaris, à l’ouest à ceux d’Uri et du Tessin. Sur les 91,782 habifants qu’on y compte (1870), 40,000 professent la religion catholique et le reste la religion réformée; 42,000 parlent a'lemand, 13,000 parlent italien, et le reste la lan descend des anciens Rhétiens. Le sol de ce canton est hérissé de montagnes formant tantôt des groupes puissants et isolés, tantôt des chaînes se prolongeant au loin, et entre lesquelles se trouvent des vallées généralement fort étroites. Beaucoup de pics, notamment dans la chaîne de Bernina, atteignent une altitude de 3,500 mètres et peuvent se comparer à ceux de l’Oberland Bernois. Le climat est extrêmement varié; et si dans certaines localités règne un hiver de huit mois, en revanche, au sud, quelques vallées ont tous les caractères des contrées italiques. Les cours d’eau qui y prennent leur source coulent les uns au nord, comme le Rhin, les autres à l’est, comme l’Inn, ou encore au sud, comme le Rham, le Posuavino, la Maira et la Mæsa, qui vont se jeter, le premier dans l'Adige, les deux autres dans l'Adda, et le dernier dans le Tessin, Ce canton ne pos-

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