GRIMPEURS — GRIPPE
chesse, les Heures de Notre-Dame; mais les registres du parlement constatent que l'autorisation de faire paraître ce livre fut refusée, le 28 août 1525, par ce corps et par la Sorbonne. Il en fut de même de sa paraphrase des Psaumes de David. On lui attribue divers autres ouvrages, dont il est douteux qu’il soit l’auteur : tel qu'un volume de Rondeaux et les Cent Proverbes dorés, la Complainée de la cilé chrétienne et les Visions de Mère Sotte, qui paraissent aujourd’hui perdus. M. Onésyme Leroy, dans ses Études sur les Mystères, a publié de lui des fragments d’une composition dramatique relative à saint Louis : M. Villemaïn en a parlé avec détail dans le Journal des Savants (1838). Gringoire vivait encore en 1544 , et avait alors plus de soixante ans.' On croit qu’il mourut en 1547 ou 1548. M. Victor Hugo a révélé son nom aux hommes de nos jours, en plaçant le poëte au nombre des personnages de Notre-Dame de Paris; mais l’amoureux d’Esmeralda est un être d'in vention, fort différent du compositeur, historien et fac teur de mystères. G. BRUNET.
GRIOTTIER. Voyez CERISIER.
GRIPPE, A côté des pestes ou épidémies graves, on vit sans doute de tout temps régner épidémiquement des maladies légères, dont les chronologistes ne daignèrent même pas faire mention. Ce n’est guère qu’au seizième siècle qu’on commence à trouver des descriptions de maladies peu meurtrières comparativement aux pestes, et qui ont régné épidémiquement. Nos annales en contiennent des exemples recueillis en 1510, 1557, 1574, 1580, 1658 et 1676. En 1729 une épidémie du genre de celles qui nous occupent ne fut pas signalée comme pestilentielle : elle fut cependant si grave, qu’elle détruisit à Londres plus de monde que la peste n’en avait fait mourir dans cette ville en 1665. Dans les années 1734 et 1735, une maladie légère régna épidémique. ment en Europe, et même en Amérique ; elle se renouvela en 1742, 1743, 1775, 1779, 1780 et 1782. Plusieurs de nos contemporains peuvent se rappeler qu’en 1802 Paris fut le théâtre d’une affection semblable. En 1830 et 1831, l’invasion du choléra fut précédée chez nous d’une maladie analogue.
Ta source de ces épidémies n'étant point connue, elles furent d’abord désignées par le nom vague et général d’influenza. On ne fut pas longtemps satisfait de cette dénomination ; la promptitude et l’activité avec lesquelles sa cause agit firent appeler la maladie grippe, substantif dérivé du verbe gripper. Cette dénomination française date de 1743, et fut même employée dès lors dans le langage médical. Comme elle arrivait à l'adresse de chacun ainsi qu’une lettre mise à la poste, des plaisants l’appelèrent le petit courrier ou la petite poste. On la nomma aussi fo/lette, par allusion à un feu follet. Ces dénominations devinrent plus ridicules encore, car l'épidémie de 1802 fut appelée cocotte, et celle de 1830 et 1831 la girafe.
Quelle que soit la cause qui engendre les maladies appelées grippes, elles se réduisent, à peu de difiérence près, à des irritations des membranes muqueuses qui tapissent les voies aériennes et digestives, notamment près les cuvertures des surfaces par lesquelles l'homme est en rapport avec le monde extérieur, Ce sont des maladies ou des fièvres catarrhales en d’autres termes. Elles présentent les altérations de la santé qui caractérisent les rhumes de cerveau ou de poitrine, les inflammations des yeux ou ophthalmies , des maux de gorge, etc. Cus accidents sont plus on moins accompagnés de fièvre ou de malaise; la vie peut mème ètre compromise chez les personnes affectées de maladies chroniques, et même par suite de la fièvre, qui, une fois excitée, détermine une perturbation dont on n’est pas toujours maitre. En définitive, on retrouve dans la grippe le début d'un grand nombre d’affections fébriles : elle n'en diffère que par son peu de durée; mais les fièvres typhoïdes commencent de même. La cause qui les produit est connue : elle provient probablement d’une condition particulière de l'air oue nous respirons; car c'est après des changements