V. DE MoLéoN
GROSSE ( Contrat à la) ou PRÊT A LA GROSSE AVENTURE. Voyez PRÊT À LA GROSSE.
GROSSE CAISSE. Cet instrument, qui tient une place inportante dans notre musique militaire, a probablement été connu des anciens. Dans tous les cas, il est indiqué par les auteurs du Bas-Empire. C’est de lui qu’Isidore parle sous le nom de symphonia : il dit en effet que c’est un instrument qu’on frappe alternativement ou en même temps des deux côtés.
La grosse caisse est aussi admise dans certains orchestres. Elle fut introduite à l'Opéra de Paris par Gluck, dans le dernier chœur des Grecs de l’Zphigénie en Aulide. Cet heureux essai fut imité par Spontini dans La Vestale. Mais c’est surtout Rossini qui a donné une grande place à cet instrument. Et malgré des idées critiques, ne faut-il pas reconnaître que, si vulgaire qu’elle soit, la grosse caisse n’est pas indigne d'occuper sa place dans un vaste orchestre?
La grosse caisse doit à sa sonorité et à la facilité de son jeu le privilége d’être l'instrument favori des saltimbanques et des charlatans. Mais comme ces derniers ne travaïllent pas tous sur la place publique, il a bien fallu que, pour les grands faiseurs, la grosse caisse subit une modification : elle est devenue la réclame.
GROSSESSE. Cet état de la femme qui porte dans son
| sein le produit de la conception dure régulièrement 270
jours, se prolongeant parfois un peu au delà ou durant quelquefois un peu moins. Le Code qui nous gouverne admet la légitimité des enfants depuis le cent quatrevingtième jour jusqu’au trois centième.
La grossesse a été distinguée en vruie et en fausse, expression vicieuse qui s'applique aux affections simulant la grossesse ; et aussi en simple et composée (double ou triple), enfin en wtérine et extra-utérine.
La grossesse utérine, celle dans laquelle l'œuf, après s’être détaché par rupture de l'ovaire, est descendu dans la matrice, en parcourant le conduit de la trompe, nous offre comme sujet d'étude et la mère et le fœtus. Dès la conception l’utérus se développe par lui-même : il avait un peu plus de 78 centimètres cubes, il s'élève à un volume de 1000 centinètres cubes environ. En même temps son orifice se resserre au début, du moins dans les premières grossesses; plus tard il perd de sa longueur, s’amincif, et s’efface en s’entr’ouvrant. Abaissé pendant les premiers temps, le corps de l'utérus s'élève ensuite et refou:s is intestins en haut, en arrière, et un peu à gauche; vers !a fin il s’abaisse de nouveau encore un peu; ses parois, à moins de grossesse multiple ou d’accumulation de sérosité, ne perdent pas de leur épaisseur. Des modifications surviennent dans leur texture et la disposition en faisceaux le fibres contractiles se prononce de plus en plus. La Iuembrane séreuse extérieure se soulève et ses replis s’effacent, pendant qu’à l'intérieur la mernbrane muqueuse se développe et adhère tant au placenta qu’à lépichorion, La sécrétion mensuelle dont elle était le siése se supprime, ras non tellement que l’effort hémorrhagique ne puisse 2is-
poser à l’avortement. Unis à l’utérus par une étroite sympathie, les mamelles sont le siége d’une tension douloureuse et commencent à sécréter un fluide lactescent : le mamelon lui-même se développe et brunit, ainsi que l’aréole. La peau distendue offre souvent sur le ventre et sur les seins des vergetures bleuâtres ou brunes, qui après l’accouchement blanchissent en conservant un aspect de cicatrices. Le nombril en même temps devient saillant.
Les fonctions de la femme enceinte éprouvent des modifications nombreuses : la sensibilité s’exalte; toutefois, on a beaucoup exagéré, cela est certain, les modifications apportées par la gestation aux facultés intellectuelles. Quant à la nutrition, elle est le plus ordinairement activée, au moins après le quatrième mois.
Des indispositions nombreuses, souvent même des maladies, résultent de l’état de grossesse : l'utérus devient alors le centre d’action, et ses sympathies s’éveillent. Parfois, dès les premiers jours, les femmes se plaignent de ptyalisme, de nausées, d’inappétence, de dégoût, et sont prises de vomissementes, qui chez quelques femmes résistent à tous les traitements et même peuvent réclamer les moyens les plus énergiques. Ces troubles s’étendent-ils à la sécrétion du foie, sont-ils la cause des taches, du masque qui brunit par plaques la figure de beaucoup de femmes enceintes? Cela est tont au moins douteux. La constipation, si commune daus la grossesse, particulièrement vers la fin, pourrait entraîner de graves inconvénients, si elle n’était pas combattne par un régime doux, des lavements émollients, au besoin par des laxatifs non irritants. Notons que ces dérangements de santé se rencontrent également dans les affections utérines, et pourraient faire porter un diagnostic erroné.
Il existe quelquefois des signes de pléthore, surtout vers le sixième mois, et si l’on n’est point parvenu à les ééarter à l’aide du régime, de l’exercice et en abrégeant le sommeil, il est besoin de recourir à la saignée suivie de quelque repos ét d’une diéte légère; maïs il n’est pas douteux que la pratique usuelle de la saignée soit trop souvent due à une coutume routinière ou à l’esprit de système. Nous ne voulons pas taire cependant que la pléthore unie à d’autres causes puisse produire des accidents graves etentreautres des hémorrhagies, non-seulement des épistaxis généralement alors favorables, mais l’hématémèse, l'hémoptysie et la métrorrhagie, qui compromet la vie de la mère et de l’enfant. Moins que la compression des vaisseaux, la pléthore contribue à leur dilatation et à la production des varices. Celles-ci diminuent et s’effacent après les premières grossesses, mais plus tard elles deviennent une infirmité permanente. Durant la grossesse, il n’est possible de les combattre que par le régime, les petites saignées , le repos au lit et une compression modérée et méthodique. Si la gêne mécanique, la compression motive l’ædème dans une certaine mesure, il n'en est pas moins vrai que, porté à un certain degré, il doit faire craindre une affection plus grave au terme de la gestation, l’albuminurie, et une maladie convulsive très-dangereuse, l’éclampsie. Dans les derniers mois les viscères refoulent le diaphragme en haut, diminuenf par suite la capacité du thorax et causent l’oppression, la dyspnée, particulièrement s’il y a quelque mauvaise conformation ou une maladie , soit du cœur, soit du poumon. Rarement c’est dans la grossesse qu’il faut chercher la cause de la toux généralement opiniâtre et incommode ; aussi convient-il d'en chercher avec soin la cause et de la combattre,
A l'opposé de la pléthore, la chlorose résulte parfois de la grossesce; parfois, dans d’autres circonstances, celle-ci paraît amener la guérison de la chloro-anémie, Par suite de la compression soit du corps, soit du col de la vessie, les femmes se plaignent souvent d’un besoin fréquent d’uriner, on encore de difficulté, de douleur en urinant ; mais souvent un mauvais régime et aussi diverses autres causes contribuent à causer ces Incommodités. 1 faut donc chercher avec soin leurs causes, A quoi altribuer aussi la gène dont se plaignent un certain norabre de femmes et la difficulté dans les mouvements, non-