‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 418 sur 552 · GUERRE — GUERRE DE TRENTE ANS · texte numérisé non relu

GUERRE — GUERRE DE TRENTE ANS

qu’il a avec son neveu Pierre, au sujet de comptes qu’il réclame de lui avec beaucoup d’insistance pour la gestion de ses biens pendant son absence; et Pierre, frappé, plus qu'un autre, des rumeurs provoquées par les récits du lansquenet, fait arrêter son oncle, à qui, sur une autorisation arrachée à Bertrande , on intente un procès criminel. L’embarras des juges fut grand ; car les détails donnés par Arnauld du Thil sur l’enfance de Martin Guerre, sur tousles événements qui avaient précédé et suivi son mariage, étaient si exacts, si précis, répondaient si bien à ce que les membres des deux familes seules pouvaient savoir, qu’il était difficile d'admettre qu’il ne dit pas la vérité. Son signalement était d’ailleurs exactement le même que celui de l'absent; il n’y avait pas jusqu’à une cicatrice au front, un ongle du premier doigt enfoncé, trois verrues sur la main droite, une autre au petit doigt, une goutte de sang à l’œil gauche, qui ne s’y trouvassent à point nommé, Sur cent cinquante témoins entendus, quarante reconnurent dans Arnauld du Thil le vrai Martin Guerre, soixante n'osèrent pas se prononcer, cinquante, au contraire, le signalèrent pour le nommé Arnauld du Thil, dit Panselte, du bourg de Sagres. La perplexité des juges était sans bornes, quand arriva tout à coup de Flandre le véritable Martin Guerre, à qui, malgré sa jambe de boïs, il fut aisé de faire constater son identité. Du Thil, confondu par un retour sur lequel il n'avait guère compté, essaya vainement de soutenir son imposture. Accablé sous le nombre des témoignages, il finit par tout avouer, et fut pendu, le 16 septembre 1560, par arrêt du parlement de Toulouse, devant la porte de la maison de Martin Guerre. Il avait eu de Bertrande une fille, à laquelle l'arrêt adjugea son héritage. GUERRE CIVILE, guerre intestine, guerre qui s’allume entre les citoyens d’un même État. Elle peut éclater aussi entre princes, compétiteurs à une même couronne, ou se combattant pour d’autres motifs, comme la guerre entre les deux Roses d'Angleterre, c’est-à-dire entre les maisons d’York et de Lancastre, et la guerre du bien public en France. Presque tous les pays, d’ailleurs, en ont offert des exemples. Elle a eu lieu encore assez fréquemment entre divers personnages puissan{s , qui se disputaient l’empire, comme entre MariusetSyila, entre César, Po mpéeet Crassus, entre Antoine et Octave; ou qui aspiraient à la fois au premier rang dans un petit État, comme on en a eu de nombreux exemples en Italie au temps des luttes des Guelfes et des Gibelins, des Blancs et des Noirs, des Gherardesca, des Visconti, des Bona: corsi, des Gonzague, des Doria, des Fiesque, etc. ; ou qui en venaient aux mains pour savoir seulement à qui resterait l'influence et le pouvoir,.comme dans la Fronde. D'autres guerres civiles ont divisé souvent des fractions du même peuple, comme celle du Péloponnèse, la guerre anglofrançaise du quinzième siècle, la guerre de la Vendée à la fin dn dix-huitième, celle qui éclata, il y a quelqnes années à peine, entre deux portions du Valais, qui suivaient l'exemple donné par Bâle-campagne et Bâle-ville. Elles ont enfin armé les unes contre les autres certaines classes d’un même peuple, comme dans la Jacquerie et la guerre des paysans. L GUERRE DÉFENSIVE. Voyez Dérexee (Art mililaire).

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