‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 422 sur 552 · GUERRE SOCIALE — GUET · texte numérisé non relu

GUERRE SOCIALE — GUET

priviléges attachés à la qualité de citoyen romain. -Cette réclamation était de toute justice; car les alliés (socii) con- | tribuaient pour une bonne part à la grandeur et à la puis- | sance de la république. Mais elle eut aux yeux des patriciens | le tort d’être présentée au milieu des troubles civils excités | par les Gracques; et en conséquence elle fut rejetée avec | mépris. Les alliés en appelèrent à la force des armes, et | la guerre qui s’ensuivit est aussi appelée quelquefois guerre des Marses, à cause du rôle important qu'y joua cette nation, l’une des plus belliqueuses de l'Italie. Corfinium, ville située sur les confins du territoire des Marses, devint le chef-lieu de la confédération , dont les forces, après avoir remporté d’abord d’assez notables avantages sur les troupes romaines envoyées pour les faire rentrer dans le devoir, furent complétement défaites à Asculum. Toutes leurs villes furent bientôt reprises; et après trois années de lutte, les alliés durent implorer la paix. Instruit par l'expérience, et appréciant toute la gravité des dangers que les menées démagogiques des Gracques avaient fait courir à la domination patricienne , le sénat comprit qu'il était de son intérêt de n'être pas seulement clément, mais généreux. Il accorda alors aux alliés vaincus et humiliés ce droit de cité (an 87 avant J.-C.) qu'ils lui avaient vainement demandé les armes à la main; concession sage et politique, qui déplaçait le levier resté jusque alors aux mains des ambitieux pour porter le trouble dans la cité, devenue corps de nation, tandis qu’elle n'était auparavant qu’une oligarchie bourgeoise, rivale jalouse de l’oligarchie patricienne.

On donne aussi le nom de guerre sociale à une guerre qui eut lieu entre Athènes et ses colonies, de l’an 359 à

Van 356 avant J.-C.

GUERRES PRIVEES. Au temps où le droit du plus fort réglait uniquement les rapports des individus entre eux, et où la justice, représentation de l'autorité du prince, derneurait impuissante pour décider et terminer les litiges entre seigneurs, ceux-ci en appelaient à leur épée, enrôlaient leurs serfs et leurs vassaux, déclaraient la guerre à leurs adversaires, tâchaient de les faire tomber dans quelque embuscade pour les tenir en leur pouvoir et leur imposer les conditions. qu’il leur plairait de leur dicter, ou bien s’en allaient les assiéger dans leurs châteaux. Les querelles, les rivalités de prétentions amenaient ainsi entre les familles des guerres qui se transmetlaient de génération en génération. Ces guerres privées, de particulier à particulier, furent le fléau du moyen âge. Conséquence immédiate du système féodal , elles en suivirent les phases, et cessèrent peu à peu lorsque les progrès de la civilisation, l'apparition dans l’ordre social de l’élément communal d’abord et ensuite du tiers état, eurent réduit la féodalité à n'être plus bientôt que l'ombre d'elle-même et à courber enfin sa tête sous l’inflexible niveau de la loi. Charlemagne fut le premier

-qui dans un capitulaire de l’an 802, légiféra contre les guerres privées, regardées longtemps par la noblesse féodale comme l’un des droits inhérents à son existence même. Mais l’abus était trop ancien et la loi beaucoup trop faille encore pour que ce capitulaire ne tombât pas bientôt en désuétude. Au onzième siècle , l'Église crut arrêter le mal, en prêchant la fréve de Dieu, qui suspendait toute hostilité pendant les jours consacrés par quelque grande s0lennité religieuse. C’est aussi de cette époque que datent la composition et lefredum. La noblese, impatiente de tout frein, ne voulut point reconnaître la {réve de Dieu, non plus qu’admettre qu’une indemnité pécuniaire pt toujours être une réparation suffisante pour l’injure reçue. De

B sétte monotone histoire de meurtres, de vengeances et de brigandages qui composent presque exclusivement les annales des onzème, douzième et treizième siècles ; et ce ne fut que lorsque l'autorité royale eut pris un peu le des- “sus au milieu de l'anarchie féodale, qu’elle put venir æ aide aux humaines prescriptions de l'Église et s’efforcer de restreindre autant que possible cette incessante effusion de sang qui rend si pénible la lecture de l’histoire du moyen âge.

: Par une ordonnance qu'on appela Quarantaine,le roi saint Louis décida que pendant les quarante jours qui suivraient l’offense il y aurait {réve de par le roi, pendant laquelle l’agresseur ou le meurtrier pourrait être arrêté ou puni; mais que si pendant ce délai quelqu'un de ses parents venait à être tué, l’auteur du meurtre serait déclaré traître, et comme tel puni de mort, En 1353 le roi Jean renouvela encore dans les termes les plus formels l’ordonnance de saint Louis. Plus forte désormais, l'autorité royale se trouva en mesure de faire mieux respecter les édits qu’elle avait rendus déjà depuis plusieurs siècles, mais inutilement, contre les guerres privées, dont les grandes compagnies et leurs brigandages furent le dernier terme et comme la transformation.

De même que la France, l’'AHemagne du moyen âge eut aussi beaucoup à souffrir des guerres privées, dites en allemand fekde, et qui à diverses reprises attirèrent également l’attention des empereurs. La Bulle d’Or, les édits de Rodophe 1°", etc., consacrent la légitimité des guerres privées, mais exigent pour cela que tout autre moyen de satisfaction soit préalablement demeuré inutile. Des zssaciations isolées, telles que la confédération de Souabe ex celle du Rhin, avaient pour règle primordiale que chacun de ceux qui s’y affiliaient s’engageait à renoncer à l’usage du droit de fehde, et à s’en rapporter pour le jugement des litiges qui pourraient survenir entre lui et quelqu'un des associés à la décision d’arbitres, dits austrèques. L'idée éminemment humaine et progressive qui était le fond de ces associations spéciales gagna de plus en plus de l'influence, et à partir du commencement du seizième siècle les plus grands efforts furent faits simultanément sur tous les points du territoire commun pour faire cesser un abus devenu trop intolérable pour pouvoir durer longtemps encore.

GUERRES PUNIQUES. Voyez CARTHAGE, tome IV, p. 552.

GUERZE. Voyez Coupée.

GUESCLIN (Du). Voyez DUGUESCLINe

GUET (de la basse latinité guatare, regarder), troupe chargée, avant la révolution de 1789, de veiller spécialement à la sûreté intérieure de la capitale et des principales villes de France. L'origine du guet de Paris remonte à la plus haute antiquité. Les Romains l'avaient introduit dans les Gaules : c'était un des premiers besoins de la civilisation. Le plus ancien document sur le guet de Paris date du règne de Lothaire II (575), et l’on trouve dans les Capitulaires une ordonnance relative à ce sujet. Une autre, de Charlemagne, de 813, porte que ceux qui, chargés de faire le guet, manqueront à leur service, seront condamnés, par le comte ou premier magistrat, au payement de quatre sous d'amende. Nul doute que dans l’origine le guet ne fut fait par des habitants non payés. IL est certain toutefois qu’avant le treizième siècle une troupe soldée par l'épargne royale était chargée du guet, et spécialement de faire des patrouilles et des rondes de nuit. Ce service avait été réglé par une ordonnance de Louis IX (décembre 1254), qui divisait le guet en deux classes : le guet royal et le guet assis, ou guet des mestiers. Le premier, qui était chargé de parcourir les divers quartiers de la ville, se composait de 20 sergents à cheval et de 40 sergents à pied, dent le chef s’ap. pelait le chevalier du guet. Le second, composé des bourgeois et gens de métiers stationnait dans les corps de garde, et prôtait au besoin main forte au guet royal, sur sa première réquisition. Il suffit de lire l'ordonnance de Louis IX pour se faire une idée juste du déplorable état de la capitale au treizième siècle. Cette ordonnance avait été rendue sur la demande des gens de métiers qui avaient offert de faire ee service « pour la sûreté de leurs corps, de leurs biens et marchandises , pour remédier aux périls, aux maux et accidents qui survenotent toutes les nuits dans Fa ville, tant par les vols, larcins violences et ravissements de femmes, enlèvement de meuples par locataires , ete. » Les gens de métiers s’étaiert chargés de ce service à leurs

dépens, les uns après les autres, de trois semaines en trois semaines , à tour de rôle. Le guet assis n’était autre chose que la milice bourgeoïse; et, suivant l’ancien usage, les citoyens ne faisaient ce service que dans leur quartier. A l’avénement de Louis XIV, le guet n’était encore composé que de cent archers; Colbert y ajouta une compagnie d’ordonnance et quarante-cinq cavaliers : ces deux compagnies avaient leur commandant particulier ; le ministre Turgot en ajouta une autre, spécialement chargée de la garde des ports, quais, remparts et faubourgs de Paris,

La charge de chevalier du guet ayant été supprimée en 1733, tout le guet à piedet à cheval, et les compagnies d'ordonnance , furent réunies sous le commandement d’un seul chef. Le guet se composait en 1789 de deux compagnies de 69 hommes, qu’on appelait également archers ; de 111 cavaliers, et d’une troupe de 852 fantassins. Ce corps était assez mal composé, et n’inspirait à la population parisienne ni considération ni confiance. Il en était à peu près de même dans toutes les grandes villes, Lyon, Bordeaux, etc., qui avaient aussi un guet. L’uniforme de ces soldats semblait avoir été dessiné sur celui des gardes du corps ; et le guet, comme les gentilshommes de ces compagnies, portait

le baudrier barivlé de galons. [la disparu avec la première ré- |

volution, et l’on peut dire qu’actuellement le guet royal est remplacé par la garde de Paris el le guet assis par la garde nationule. Avaut cette époque, on appelait gue{ du roi le service de nuit que faisaient les gardes du corps près de la personne du roi el dans les appartements du palais. Depuis la suppression du guet, les différentes acceptions de ce mot, dans le sens naturel comme au figuré, ont vieilli : on a bien encore l’œil et l'oreille au guet, mais on ne fuit plus le guet, et l'on ne donne plus le mot du guet à personne, Durey (de l’'Yome),.

GUET-APENS, Suivant les uns, ce mot vient de guet appensé, prémédité; suivant les autres d’appensus, suspendu. C'est, aux termes de la loi pénale, l’action d’attendre plus ou moins de temps, dans un ou divers lieux, un individu, soit pour lui donner la mort, soit pour exercer sur lui des actes de violence, Le guet-apens ne constitue pas une infraction par lui-même, il ne peut prendre un caractère criminel que par ses résultats, Mais il devient aussi une circonstance aggravante de toute action qualifiée crime ou délit à laquelle il s'applique; car il dénote dans le coupable une intention criminelle bien arrêtée. La loi punit donc plus sévèrement les coups et blessures commis avec guetapens; en outre elle qualifie ass assin at et punit de mort lemeurtre accompagné de la circonstance de guet-apens, et qui sans elle n’eût été passible que de la peine des travaux forcés à perpétuité. E. DE CHaABroL.

GUÊTRE, sorte de chaussure qui sert à couvrir la jarobe et le dessus du soulier, et qui se ferme ordinairement avec des boutons d’étoffe ou de métal. Au commencement du premier empire, l'infanterie de ligne et les dragons, quand ils mettaient pied à terre, portaient la guêtre montante audessus du genou, assujettie par des boutons de cuivre quand elle était de drap noir, par des boutons de même lorsqu'elle était de toile. L’infanterie légère ne la portait qu’à mi-jambe, coupée en cœur sur le devant, avec un gland et une houpe de couleur, tranchant sur le fond. A l’arrivée de l'impératrice Marie-Louise, les guêtres de l'infanterie de ligne descendirent au-dessous du genou.

Aujourd’hui l'infanterie de ligne française porte des guêtres de cuir en hiver, des guêtres de toile en été, Ces dernières ont été également adoptées pour l'infanterie de ligne de la garde impériale,

On retrouve les guêtres, hors de l’armée, aux jambes des paysans, des voyageurs, des pèlerins, des chasseurs, des valets de pied, des touristes anglais. Étre venu en guétres à Paris se dit proverbialement d'un homme parti de très-bas pour arriver à une grande fortune, On retrouve encore des guêtres aux jambes de plus d'une petite maîtrese ; souvent elles les lacent au lieu de les boutonner,

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