‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 423 sur 552 · GUET — GUEUX · texte numérisé non relu

GUET — GUEUX

GUEULARD. Voyez Fourneav ( Haut).

GUEULE , 10m qu’on donne à la bouche de la plupart des quadrupèdes carnassiers et des poissons. Il se dit également, par analogie, de l’ouverture de plusieurs choses : a gueule d'un canon. 11 s'emploie encore, dans le langage

| trivial, dans des acceptions toujours désagréables.

Dans le vieux langage ce mot a aussi signifié bourse, vraisemblablement parce que la mode du temps avait donné au fermoir, des aumônières la forme d’une gueule

GUEULE (Blason). Voyez Émaux.

GUEULE DROITE. Voyez Doucne.

GUEUSE. Voyez Fonre.

GUEUX,, indigent, nécessiteux, qui est réduit à mendier. Il est familier et marque plus de mépris que de pitié. Gueux sert à désigner particulièrement une personne qui n'a pas de quoi vivre selon son état ou selon ses désirs : l’avare est (oujours gueux, parce qu'il se refuse jusqu’au nécessaire, Gueux signifie substantivement l'homme qui demande l’aumône, qui fait le métier de quémander, On appelait autrefois gueux fieffé un mendiant qui se tenait toujours à la même place, gueux de l’ostière celui qui allait de porte en porte, et enfin gueu.r revélu une homme de rien qui ayant fait fortune était devenu arrogant. Gueux signifie quelque-

| fois aussi coquin, fripon ; et gueuse, mot vieilli dans l’ac-

ceplion de mendiante, s’applique encore bassement à une femme de mauvaise vie.

Ainsi s'exprime l’Académie; mais, nonobstant ces décisions suprêmes, lesindigents, lesnécessiteux, les gens rédnits à mendier ne sont pas des gueux, ce sont des pauvres, des mendiants, Les gueux sont des misérables qui mendient par fainéantise ou par libertinage, qui font métier de mendier, qui ne voudraient pas travailler si on leur offrait de l’onvrage. Il n’y a que la légèreté ou l'importance qui traite de gueux les indigents et les malheureux.

Parmi les compositions les plus célèbres de Callot on cite les Gueux, et les Misérables gueux, dont la première porte une enseigne sur laquelle on lit : capitano di Baroni. Une des chansons les plus populaires de Béranger a relevé de beaucoup cette expression en lui donnant une acception nouvelle. Populairement la gueusaille, c’est la canaille, c’est une multitude de gueux. Gueuser, c’est mendier, faire métier de demander l’aumône; on dit aussi gueuser son pain. Gueusailler, c'est faire métier de gueuser. On disait jadis : un gueux gueusant, une gueuse gueusante. Le gueusard, dans un style très-famiher, est un gueux, un coquin ; la gueuserie est l'indigence, la misère, la pauvreté.

GUEUX. C’est le nom que prirent dans les Pays-Bas, au temps de Philippe II, les gentilshommes confédérés et autres mécontents. Le roi d’Espagne ayant envoyé dans les Pays-Bas neuf inquisiteurs pour y mettre à exécution les décrets du concile de Trente, et ayant provoqué par cet acte la plus vive irritation aussi bien parmi les catholiques que parmi les protestants, la noblesse, à la tête de laquelle se placèrent les comtes Louis de Nassau et Heuri de Brederode, déclara dans un acte qu’on appela Le compromis, el rédigé par Philippe de Marnix, lequel le remit le 5 avril 1566 à la gouvernante générale Marguerite, que Jamais elle ne consentirait à comparaître devant ces inquisiteurs. Mais au lieu de prendre cette courageuse démarche en considération, on n’accueillit les pétitionnaires qu'avec mépris et la princesse pendant cette audience ayant montré quelque embarras, le comte de Barlaimont, président du conseil de finances, lui dit à voix basse qu’elle ne devait pas avoir peur de ce ramassis de queux. Ce propos avait été entendu par quelques-uns des confédérés ; et dans un repas qui eut lieu le soir même à l'effet de délibérer sur le nom à donner à la confédération, ce fut précisément cette qualification injurieuse de gueux dont on fit choix. Comme signe de ralliement , les gueux portaient ce qu'on appelait le denier des gueux, médaille en or ou en argent et de forme ovale, sur l'avers de laquelle se voyait l'image de Philippe H, avec cette inscription : £n {out fidèle, au roy; et sur le revers

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