P. GAUBERT
FUMIGATION. On désigne par ce substantif, tiré du verbe latin fumigare, réduire en fumée, une médication appliquée sous la forme de vapeur ou de gaz, et qui est très-usitée, soit pour prévenir des maladies, suit pour les guérir. Les fumigations qu’on emploie dans un but préventif se composent de diverses substances dont les modes d’agir sont très-variés ; la plus simple est la fumée engendrée par la combinaison du bois, de la paille, elc. Elle était employée et recommandée anciennement dans les villes où des épidémies pestilentielles se manifestaient : d’abord, ces fumigations favorisent le renouvellement le l’air ; elles peuvent ensuite ayoir de l'efficacité, en atténuant l’activité des miasmes par la division; elles peuvent encore agir chimiquement, car la fumée, surtout celle du bois, recèle des principes actifs, l'acide pyroligneux et la créosote. L'eau réduite en vapeur peut également atténuer les miasmes en les divisant, mais elle peut aussi plus probablement leur servir de moyen d'expansion, et ce fluide est vraisemblablement le véhicule qui entraîne dans l’air, par le concours de la chaleur, des émanations putrides proyenant de substances animales et végétales; les fièvres intermittentes, la fièvre jaune, n’ont peut-être point d'autre source. Une fumigation pratiquée communément dans la chambre des malades est celle qu’on forme en brûlant des baies de genièvre sur des charbons ou sur une pelle rougie au feu : elle n’a cependant pas la propriété d’assainir l'air, elle fournit seulement un arôme agréable, mais tout à fait inefficace : elle est aussi inactive que les fumigations qu’on produit avec du sucre, des clous fumants, de l’encens et différents parfums qui affectent même péniblement plusieurs individus. Le vinaigre n’est pas beaucoup plus convenable.
Les fumigations usitées comme moyen de traiter un grand nombre de maladies sont aussi nombreuses que variées : on les emploie surtout sous le nom de bains de vapeur, et divers appareils ingénieux ont été inventés pour
appliquer cette médication, soit locaiement, soit généralement, même dans un lit, sous forme humide ou sous forme sèche, Les fumigations humides sont fournies par divers liquides, habituellement par l’eau bouillante, seule ou chargée de différentes substances. L'alcool est souvent aussi employé à cet effet. Les fumigations sèches sont fournies par l'air échauffé dans des espaces plus ou moins circonscrits, et auquel on mêle diverses substances, notamment le soufre, le campbre, le benjoin , quelquefois le mercure. Sous l'une ou l’autre forme, la médication est appliquée dans une sorte d’étuve où les individus sont entièrement placés, ou seulement jusqu’à la tête. Ces fumigations sont fréquemment employées pour le traitement des maladies cutanées et pour un grand nombre d’affections internes; comme elles exercent sur la peau, même par le calorique seul, une excitation puissante, on parvient par ce moyen à dévier des affections internes et chroniques,
Les fumigations qu’on administre localement sont encore simples ou composées, humides ou sèches ; ainsi on dirige sur telle partie une colonne d’eau en vapeur ou d’air échauffé. Un procédé banal pour agir sur la tête est de la couvrir avec une serviette, tandis qu’on la tient au-dessus d’un vase rempli d’eau bouillante. On y a recours très-fréquemment pour remédier aux rhumes de cerveau ou coryzas : cette fumigation produit une excitation très-vive, et dont l’action nous paraît être plutôt nuisible qu’utile. On a plusieurs fois tenté de diriger dans ja poitrine des fumigations, afin de combattre les affections pulmonaires; expérience n’a jamais confirmé les espérances fondées sur cette médication, qui paraît d’abord très-rationnelle, et qu’il est facile d’administrer. D' CHARBONNIER.
FUMISTE, ouvrier qui s'occupe du soin et de la cons< tructiondescheminées, poëles, fourneaux et calorifères. Le fumiste construit les âtres, pose les rideaux, les tuyaux, place les grilles, ramone les cheminées, etc. Ses outils sont le marteau-hachette des maçons, avec lequel il taille surtout la brique, la truelle, un petit râteau à main avec lequel il gratte l’intérieur des cheminées, une échelle et des cordes. Il commande en général à un tôlier les objets de tôlerie dont il a besoin. Il marche sur les toits, grimpe dans les cheminées avec l'adresse d’un chat; mais en général il est routinier. Du reste, il faut le dire, les savants se sont peu occupés des moyens de découvrir et de faire disparaître les causes qui rendent les cheminées fumeuses ; et quoique les sciences physiques et chimiques aient fait des progrès extraordinaires, l'art du fumiste est encore très-imparfait ; à Paris, la plupart des fumistes sont italiens.
FUMIVORE ( de fumus, fumée, et vorare, dévorer ). Ainsi qu'il a été dit à l’article Fumée, si le combustible était complétement brûlé, il ne monterait dans le tuyau de la cheminée que des fluides invisibles et point salissants. Comme il est impossible d’atteindre ce but dans les foyers ordinaires, on s’est livré à la recherche de systèmes de calorifères dans lesquels la fumée, traversant de haut en bas la masse du combustible, puisse sortir débarrassée de toute impureté salissante, Dalesme est le premier qui, en l’année 1686, ait tenté ayec quelque succès une expérience de ce genre : son appareil était simplement un tuyau composé de trois parties, une horizontale et deux verticales. Le tuyau horizontal était échancré en son milieu et portait un bout de tuyau qui servait de foyer. C’est là que Dalesme plaçait le combustible, lequel produisait de la fumée à l'ordinaire quand les orifices supérieurs des tuyaux verticaux étaient fermés; mais si l’on ouyrait un de ces orifices, la fumée plongeait dans le combustible, s’y brûlait, et il ne sortait par lorifice ouvert que des fluides invisibles, pourvu que le feu fût alimenté par deux petites bûches; car, chose singulière, sitôt qu’on retirait une de ces bûches, la fumée paraissait, elle disparaissait quand on remettait la même büûche. Les combustibles qui répandent naturellement certaines odeurs les perdaient dans cet appareil, mais seulement au moment où le feu était bien aliumé, Il ne se produisait pas de fumée
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