‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 442 sur 552 · GUISE · texte numérisé non relu

GUISE

parmi lesquels est surtout célèbre Henri II, duc de Gunse. Paris, le 2 juin 1664. Ses Mémoires sur

GUISE (Louis III pe LORRAINE, cardinal pe), frère du précédent, naquit avec des inclinations plus militaires qu’ec- | clésiastiques. Comme son père, il ne respirait que les armes, | Quoique archevêque de Reims et honuré de la pourpre ro- | maine, il suivit Louis XIII dans l'expédition du Poitou, en 1621. A l’attaque d’un faubourg, au siégede Saint-Jean-d’An- | gély, il se signala comme un des plus braves officiers. 11! mourut quelques jours après à Saintes, le 22 juin 1621, n’é-| tant que sous-diacre , malgré ses hautes fonctions sacerdo-! tales. Guise avait eu avec le duc de Nevers, au sujet d'un | bénéfice , un procès qu’il aurait voulu terminer l'épée à la! main ; il lui fit faire des excuses en mourant. Il laissa plusieurs enfants, entre autres Achille de Lorraine, comte de Romorantin, qu’il avait eu de Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin, à laquelle Moréri donne le nom de son amie, et qui fut une des maîtresses de Henri IV. Charlotte- Chrisline, fille d'Achille et veuve du marquis d’Assy, intenta, en 1688, un prucès pour avoir la succession de la maison de Guise. Elle prétendit que son aïeul avait épousé la comtesse de Romorantin le 4 février 1611, et elle produisit différentes pièces à l'appui de ses prétentions. L’affaire n'eut pas de suite.

GUISE (Henri II pe LORRAINE, duc ne), fils de Charles II de Guise, naquit à Blois le 4 avril 1614, Après la mort de son frère aîné, il quitta le petit collet et l’archevêché de Reims, auquel il avait été nommé, pour épouser la princesse Anne de Mantoue. Le cardinal de Richelieu s'étant opposé à ce mariage, il passa à Cologne, s’y fit suivre par sa maitresse, et l’abandonna bientôt pour la comtesse de Bossut, qu’il épousa. Mais peu de temps après il la délaissa également, et rentra en France. Son génie ardent et incapable de repos, l'envie de faire revivre la fortune de ses ancêtres, dont il avait le courage, le firent entrer dans la révolte du comte de Soissons. I devint l’un des membres les plus actifs de la ligue pour La paix universelle de la chrétienté, dirigée contre Richelisu et soutenue par l'Espagne. Cependant en 1643 il fit sa paix avec la cour.

Il se trouvait à Rome en 1647, lorsque les Napolitains. révoltés contre Philippe IV, l’élurent pour leur chef, et le dé- | clarèrent généralissime des armées et défenseur de la Hberté. : L'Europe, l'Afrique et l'Asie étaient alors en ébullition. | Il ne balança pas un moment, s’embarqua seul sur une felouque, passa à travers la flotte espagnole, et arriva à Naples au milieu des cris de joie de la population. 11 fit des prodiges de valeur ; mais les efforts de son courage, mal secondés par la France, ne produisirent rien. Don Juan d’Au- | triche gagna l’officier qui commandait la porte d’Albe, et, | tandis que le duc sortait de la ville pour marcher à la ren- | contre de l’ennemi, les Espagnols y entraient d’un autre | côté. Une tentative qu’il fit pour rentrer dans Naples fut re. poussée. Obligé de füir dans la campagne, il donna dans une | embuscade aux environs du château de Caserta, fut fait prisonnier et conduit en Espague, où il demeura quatre ans, jusqu’en 1652.

Malgré les vives sollicitations du duc de Lorraine, il n’aurait pas obtenu sa liberté si le conseil de Madrid ne lavait

jugé propre à seconder le prince de Condé dans la guerre qu’il faisait contre la cour. Mais le duc, au lieu de porter les armes contre sa patrie, fit une nouvelle et infructueuse tentative sur Naples avec l'appui d’une flotte française. Guise, de retour à Paris, se consola par les plaisirs du malheur d’avoir perdu une couronne. « Il brilla beaucoup, dit Chaudon (copié en ceci par la Biographie universelle de Michaud), dans le fameux carrousel de 1658. On le mit à la tête du quadrille des Maures; le prince de Condé était chef de celui des Tures, Les courtisans disaient en voyant ces deux hommes : Voilà les héros de l’histoire et de la fable. Le duc de Guise ressemblait effectivement beaucoup à un héros de mythologie ou à un aventurier des siècies de chevalerie, Ses duels, ses amours romanesques, ses profusions, ses aventures, le rendaient singulier en tout! » 11 mourut à

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son entreprise dé Naples ont été publiés en 1 volume in-4° et in-18,

GUITARE, instrument à six cordes, dont on joue en pinçant. 1] est formé de deux tables parallèles, lune en sapin, l’autre en érable ou en acajou, assemblées par une éclisse, dont la hauteur varie de 8 à 10 centimètres. A l’une des extrémités est adapté un manche divisé par des fouches, sur lesquelles on pose les doigts de la main gauche, tandis qu’on pince avec ceux de la main droite. Ce manche est terminé par un sillet , et garni de chevilles pour monter ow descendre les cordes, qui sont fixées à l’autre extrémité de Pinstrument, sur un chevalet fort bas. Au milieu de la table supérieure est pratiquée une ouverture, appelée rosace ou rosette. Les cordes sont accordées par quartes justes en montant , excepté la quatrième et la cinquième, entre lesquelles il n’y à que l'intervalle d’une tierce majeure, L’accord de l'instrument est donc, partant du grave : mi, la, ré, sol, si, mi. La musique écrite pour la guitare est notée sur la cief de sol.

On ne sait rien de certain sur l’origine de cet instrument (voyez Crrmare). On pense généralement qu'il est aussi ancien que la harpe, et que les Maures l'ont apporté en Espagne, d’où il s’est ensuite répandu en Portugal et en Italie. Du temps de Louis XIV il était fort à la mode en France; mais la vogue qu’il eut fut de courte durée; et après avoir brillé d’un éclat tout nouveau, vers 1829, sous les doigts d'artistes fort habiles, il est actuellement presque complétement abandonné, comme le plus ingrat et le plus monotone de tous les instruments. Que la guitare plaise aux Espagnols et aux Italiens, rien de plus naturel ; mais qu’on en fait chez nous un instrument de concert, je ne connais rien de plus désespérant pour un musicien. On appelle guitariste celui ou celle qui joue de la guitare.

Bécuaen.

La guitare a été perfectionnée de nos jours à Vienne. Les artistes qui se sont le plus distingués sur cet instrumeut sont MM. Sor, Aguado, Huerta et Carcani,

GUITON-MORVEAU. Voyez Guyron-MoRvEAu.

GUIVRE. Voyez Givre (Blason).

GUIZOT (FRANÇOIS-PIERRE- GUILLAUME ) est né à Nîmes, le 4 octobre 1787. Son père, François-André Guizor, avocat distingué, descendait d’une famille ancienne et considérée dans la bourgeoisie protestante du midi, Comme tous ceux de sa religion, que la révolution venait d’affranchir de toute distinction humiliante et de faire rentrer dans le droit commun, il se signala d’abord par son dévouement au régime nouveau ; mais bientôt il paya de sa vie sa résistance aux fureurs révolutionnaires, et le 8 avril 1794 il porta sa tête sur l'échafaud. Sa veuve, Élisabeth-Sophie Bonicet, demeura seuleavec deux fils, dont aîné, François, entrait alors dans sa septième année. Elle quitta sa ville natale, ses parents etsesamis, et alla chercher à Genève, pour l'éducation de ses fils, un système d’études fortes et sérieuses qu'elle n'aurait pu trouver ailleurs dans le reste de la France. Dès son début le jeune François prit un rang honorable dans son gymnase, et les plus brillants succès vinrent bientôt couronner son application; quatre années lui suffirent pour acquérir la connaissance des langues latine et grecque, allemande, anglaise et italienne, 11 avait lu Thucydide, Démosthène et Tacite tout entiers; la littérature grecque surtout avait pour lui un vif attrait. Mais ce fut seulement dans le cours de l'année 1803, lorsqu'il aborda les études philosophiques, qu'un monde nouveau parut s'ouvrir à son intelligence, Soumise jusque là à l'autorité du précepte, sa raison s'essaya et s’affranchit; elle put marcher dès lors dans sa force et sa liberté, M" Guizot à cette époque revint avec ses fils en Languedoc, et François la quitta bientôt pour aller seul faire son droit à Paris.

Le hasard’ jetait M. Guizot dans la société du Directoire; mais la nature de son caractère le défendit sans peine contre les agréments d’un commerce frivole; et la licence de | mœurs qui régnait ne pouvait que biessor les vrincipes et

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les goûts d’un jeune homme austère et romanesque, philosophe et dévot. Des relations nouvelles avec quelques hommes distingués, notamment avec Stapfer, ancien ministre de Suisse à Paris, le firent entrer dans une meilleure voie. Sous les auspices de son ami, de son hôte , car M. Guizot passa chez Stapfer, à la campagne, une bonne partie des années {807 et 1808, il étudia la littérature allemande, la philosophie de Kant, et recommença courageusement ses études classiques en s’occupant de l'éducation des fils de Stapfer, pour lesquels il s’appliqua à trouver une méthode à la fois claire et prompte, qui leur fit retenir plus aisément les synonymes de la langue. Donnant à son travail plus de portée et détendue, il le fit imprimer en 1809, sous le titre de Dictionnaire des Synonymes. Dans ce livre se révèle déjà cette faculté, si puissante chez lui, de s'élever à la loi des faits, et de faire toujours aboutir les détails à des principes généraux.

Cependant M. Guizot dut encore à l’amitié de Stapfer la connaissance de Suard; sa vocation littéraire fut encouragée par ses rapports fréquents avec les gens d'esprit, dont le salon de Suard était le rendez-vous. L'introduction du premier volume des Vies des Poëtes français ne tarda pas à suivre le Dictionnaire des Synonymes. Il est facile de voir que les études historiques et philosophiques de l’auteur l'ont déjà préparé à traiter de plus grands sujets ; mais on y remarque un défaut de mesure et de distribution qui répand quelque nuage sur un talent dont la lucidité fait aujourd’hui l’un des premiers mérites. 11 s'occupait dès lors d’un grand nombre d’autres publications littéraires; il faisaitparaître une traduction de Gibbon, enrichie de notes importantes ; une traduction de L'Espagne en 1808, par Rehfus ; il donpait d’assez faibles articles à la Biographie universelle de Michaud ; enfin, il préparait de grands travaux sur lhistoire primitive du christianisme; ces dernières études élargirent et affranchirent beaucoup ses idées religieuses, sans en détruire le fond. ‘

Ses occupations littéraires ne l’empéchaient pas de fréquenter le monde ; il se mélait aux réunions où se rencontraient les célébrités les plus diverses, depuis les ruines du monde philosophique de dix-huitième siècle jusqu'aux mattres de la nouvelle école : l’abbé Morellet et Chateaubriand, Fontanes et le chevalier de Boüfflers, M"® d’Houdetot et M°°;de Rémusat. A la fin de l'hiver de 1812, M. Guizot épousa Me de Meulan (voyez plus loin). L'âge des deux époux était loin d’être assortis mais les habitudes graves de M. Guizot pouvaient faire illusion sur sa jeunesse, et M°° Guizot conserva jusqu’à la fin de sa vie une influence remarquable sur son mari.

C’est aussi dans le cours de l’année 1812 que M. Guizot fut acquis à l'université. Fonlanes, après l'avoir éprouvé quelque temps comme suppléant de la chaire d'histoire à la Faculté des lettres, lenomma professeur d'histoire moderne, divisant ainsi l’enseignement dont Lacretelle était auparavant chargé seul. C’est là que commencèrent ses relations avec Royer-Collard, professeur d’histoire de Ja philosophie : il s'établit entre eux une prompte intimité.

Dans le discours d'ouverture de son cours, le nom de l'empereur n’était pas cité ; il y avait bien quelque courage de la part du jeune professeur à refuser ainsi au chef de V'État sa part de l’encens que toutes les solennités publiques lui payaïent régulièrement en tribut. Ce n’est pas que, par ses opinions, M. Guizot eut quelque engagement avec un parti hostile au gouvernement de Napoléon : son opposition était toute philosophique. I1 était resté jusque alors étranger au mouvement de la politique. Un moment pourtant il avait été sur le point d’y prendre part; c'était de 1811 à 1912. M. Pasquier et M de Rémusat le proposèrent pour une place d’auditeur au conseil d'État. Le dnc de Bassano , pour essayer le jeune candidat, lui donna à faire un mémoire sur une question importante qui se débattait alors. II s'agissait de l'échange des prisonniers français retenus en Angleterre. Ce projet n'avait jamais été bien sérieux de la part de l’em-

pereur, qui ne l'effectua pas; il croyait voir dans la nécessité de garder et de nourrir ces prisonniers un embarrag pour l'Angleterre. Quant à lui, les soldats ne lui manquaient pas encore. Le mémoire de M. Guizot fut écrit dans le sens dela prompte conclusion d’une négociation que Napoléon n'étdit pas pressé de terminer. L'épreuve ne fut donc pas favorable au jeune politique; il retourna sans regret à ses études, et ses succès littéraires suffirent à son ambition.

Les personnes qui ont cru trouver dans la froideur de M. Guizot pour le régime impérial un secret attachement à la maison de Bourbon ont mal connu les temps et les faits. Loin de songer à tirer Le moindre parti des grands événements qui se préparaient entre Dieu et la France, mais dont nul n’avait le secret et ne pouvait se vanler d’être le complice, M. Guizot ne passa pas même à Paris le temps de la dernière lutte impériale. Au mois de mars 1814, la Restauration le trouva à Nimes, auprès de sa mère, qu'il était allé visiter après une longue absence; et quand il revint à Paris, s’il fut désigné par Royer-Collard au choix de l’abbé de Montesquiou pour remplir auprès de lui les fonctions de secrétaire général du ministère de l’intérieur, ce : était point à titre de récompense. Le gouvernement de Louis XVII, en même temps qu'il mettait à la tête des affaires un grand seigneur, un ecclésiastique, un ancien royaliste, voulait faire preuve d’impartialité en plaçant près de lui un bourgeois, un protestant, un libéral. Telle fut la vraie origine politique de M. Guizot. C'était un représentant des intérêts de la France nouvelle dans une administration dont l’ancienne France était le principal élément. Aussi le parti ultraroyaliste ne vit pas sans défiance cet homme nouveau, pur, il est vrai, de tout antécédent républicain ou bonapartiste, mais qui prétendait servir dans l’intérieur du gouvernement la cause constitutionnelle contre l’ancien régime, le vœu national contre les tendances de la contre-révolution. D'autre part, les libéraux, qu’indignait le rétablissement de la censure, s’étonnaient surtout de voir M. Guizot accepter les!fonctions de censeur royal.

Après le retour de l’île d’Elbe, M. Guizot reprit ses fonctions à la Faculté des lettres, et s’occupa paisiblement de ses travaux. Vers la fin du mois de mai seulement , quand il fut évident que l’Europe ne traiterait pas avec Napoléon et très-probable que Louis XVIII rentrerait en France, des royalistes constitutionnels jugèrent indispensable que Louis XVIII fût bien informé de la nécessité pour lui d’adhérer plus fortement que jamais à la charte et d’éloigner Ge sa personne M. de Blacas, regardé comme le chef du parti de l’ancien régime. M. Guizot se chargea de cette mission ; il se rendit à Gand, où le roi résidait depuis plus de deux mois, eut avec ce prince une longue conversation, et lui transmit les sages avis qu’il avait recueillis ; mais jamais il n’a rédigé le Moniteur de Gand, comme on l’a tant de fois faussement avancé. Il n’y a jamais écrit une seule ligne; c’est lui-même qui l’affirme, et on peut l'en croire sur parole.

Quand Louis XVIII rentra en France un mois après, M. Guizot, rentré avec lui, devint secrétaire général du ministère de la justice. Dans cette nouvelle fonction il fut encore plus en butte qu'auparavant aux attaques du parti ultra-royaliste, et n’en soutint qu'avec plus de persévérance et d’ardeur les principes et les actes de la minorité de la chambre de 1815. Cependant, la majorité introuvable triomphait; un ministre qui lui était particulièrement antipathique, Marbois, fut renversé : M. Guizot se retira avec lui. Le roi le nomma alors maître des requêtes au conseil d’État pour faire partie du comité du contentieux: 4 peu près à cette époque parut sa première brochure politique : Du Gouvernement représentatif et de l’État actuel de la France. C'était la réfutation d’un écrit spirituel et insidieux de Vitrolles. Presque en même temps, dans son Essai sur l'Instruction publique, M. Guizot défendait l'éducation publique contre l'invasion des jésuites. Bientôt l'ordonnance de dissolution du 5 septembre 1818

viat renverser les espérances de la contre-révolution; mesure hardie, à laquelle M. Guizot contribua, par un mémoire politique, remis à propos à Louis XVIII , et que M. Decazes fit-prévaloir, en s'appuyant de l'avis et de l'influence de MM. Pasquier, Royer-Collard, Camille Jordan , de Serre, chefs de la minorité de la chambre, et déjà connus sous le nœn dedoctrinaires.

En 1818 M. Guizot fut nommé conseiller d'État, et lorsque M. Decazes devint ministre de l’intérieur, il fit créer pour lui la direction générale de l’administration communale et départementale. Mais l'assassinat du duc de Berry fit éclater une réaction funeste. Le parti national perdit ses plus fermes appuis dans le gouvernement. Royer-Collard, Camille Jordan , de Barante, furent destitués de leurs fonctions au conseil d’État, M. Guizot alla de lui-même au-devant de cette destitution, bien que nul engagement public ne le rendit solidaire de l'opinion qui venait d'éprouver une défaite ; il refusa même, pour ne conserver aucun lien qui enchaïnât son indépendance, les offres de pension qui lui furent faites. De 1520 à 1822 il publia une série d’écrits politiques du plus grand intérêt : Du Gouvernement de la France depuis la Restauration; Des Conspiralions et de la Justice politique; Des Moyens de Gouvernement et d’Opposition dans l’état actuel de la France ; Sur la Peine de Mort en matière politique. Tous ces écrits eurent un trèsgrand succès, une action puissante ; ils durent surtout la faveur qui les accueillit au caractère même de l'opposition que faisait l’auteur. Son opposition en effet était éminemment constituante et gouvernementale; il ne flattait pas, comme tant d’autres, les passions du parti révolutionnaire; partout il se séparait avec une égale probité de l'anarchie et du despotisme, Le gouvernement poursuivit M. Guizot dans sa chaire, où il développait l’histoire du gouvernement représentatif dans les divers États de l’Europe depuis la chute du monde romain. Il punit à la fois par l'interdiction de son cours et le professeur rebelle, qui n'avait pas étouffé sous la robe universitaire l'indépendance du citoyen, ét l'auditoire, dont les bravos étaient une nouvelle offense ajoutée à tous les torts d’un écrivain séditieux.

M. Guizot renonça pour le moment à la politique, et ne s’occupa plus que de grandes publications historiques ; d’abord parurent sous sa direction : la Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de la révolution d’Angleterre, et la Collection des Mémoires relatifs à l’ancienne Histoire de France. Vers le même temps aussi furent publiés tes Essais sur l'Histoire de France, qui répandaient sur les origines de la France une nouvelle lumière et rendaient accessibles à toutes les classes de la société les mystères de l’histoire nationale, à peine connus des savants. Il fut suivi d’un livre du plus haut mérite, la première partie de lHistoire de la Révolution d'Angleterre, comprenant tout le règne de Charles 1. Des travaux de pure littérature occupaient encore ses loisirs; c’est alors que parurent avec la Traduction des principales Tragédies de Shakespeare, des Essais historiques sur Shakspeare, sur Calvin, et qu’il fonda la Revue française.

C’est dans cette sphère d’activité que s’écoulèrent pour M. Guizot les années de 1822 à 1827. L'organisation de la fameuse société Aide-toi, le ciel l’aidera date de cette époque; M. Guizot fut un de ses fondateurs et de ses membres les plus actifs. Elle n’avait d'autre but que de défendre hautement contre les menées souterraines du pouvoir l'indépendance des élections ; ce but était légal, avoué, public, En 1828, le ministère conciliateur de M. de Martignac lui permit de reprendre à la Sorbonne son cours, depuis longtemps interrompu ; la même autorisation fut donnée à MM. Villemain et Cousin, Rien ne peut rappeler aujourd’hui leffet produit alors par le concert admirable de cet éloquent triumvirat, dont chaque leçon était un livre, Le cours de M. Guizot surtout aftirait une foule immense dans sa vaste enceinte; la nature même de son sujet, sévère et positif; les habitudes de sa pensée, haute et profonde; la

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puissance de sa parole, pleine et limpide; la dignité de son caractère, mâle et réservé, donnaient à son enseignement une physionomie particulière. Il occupa presque tout son temps de 1828 à 1330. °

A la fin de 1828 M. Guizot s’était uni en secondes noces à M'* Élisa Dillon, nièce de M'*° de Meulan, qui en mourant avait entrevu, désiré et presque préparé pour son mari ce nouveau bonheur. Au mois de mars 1829 on lui rendit sa place au conseil d’État; mais l'avénement du ministère Polignac l’empêcha de se rapprocher du pouvoir. Il prit part alors à la rédaction du Journal des Débats et du Temps, et fut porté par l'opposition candidat à la représenfation nationale. En janvier 1830 il fut élu pour la première fois membre de la chambre des députés. 11 avait alors quarante-deux ans, et fut choisi par arrondissement de Lisieux, où il possède le domaine de Vai-Richer, voisin de la terre de son ami le duc de Broglie,

M. Guizot dans la discussion de la fameuse adresse des 221 monta à la tribune : « La vérité, dit-il, a déjà assez de peine à pénétrer jusqu’au cabinet des rois : ne l’y envoyons pas faible et pâle; qu’il ne soit pas plus possible de la méconnaître que de se méprendre sur la loyauté de nos sentiments. » Et il vota contre tout amendement au projet de la commission. Après la dissolution de la chambre, il fut réélu à Lisieux pendant qu'il était allé à Nimes exercer ses droits électoraux. Durant cet intervalle, son opposition devint de plus en plus vive, et il fit inscrire des premiers son nom dans l'association pour le refus de l'impôt non voté par Jes chambres. Enfin, il arriva à Paris pour y apprendre les premiers effets des ordonnances de juillet, le 26, à quatre heures du matin : à dater du même jour il prit une part active à tous les actes de la réunion des députés jusqu’au 7 août : « Il n’y a pas eu, a-t-il dit lui-même, une des réunions de députés, grande ou petite, nombreuse ou peu nombreuse, à laquelle je n’aie assisté. J'ai eu l’honneur de rédiger la première protestation des députés et la proclamation par laquelle la chambre a appelé Mer le duc d'Orléans à la lieutenance générale du royaume. La commission municipale qui siégeait à l'hôtel de ville m’a fait honneur, le 31 juillet, de me confier le ministère de l'instruction publique, et celui de l’intérieur le lendemain. Je suis done aussi engagé, aussi compromis que personne dans la révolution. »

Les ordonnances du 2 novembre 1830 mirent fin au premier ministère de M. Guizot; il combattit le cabinet Laffitte, qui lui succéda, et soutint ensuile de toutes ses forces celui de Casimir Périer. formes agressives et hautaines de M. Guizot lui attirèrent l’animadversion de la gauche; c’est lui qui inventa les expressions malheureuses de quasi-légitimité et de pays légal; il parlait trop souvent d’écraser l'anarchie et prêchait surtout lPadoption de mesures d’intimidation. Dans le cabinet du 11 octobre 1832, M. Guizot redevint ministre de l'instruction publique. La prise d'Anvers, l'arrestation de M°* la duchesse de Berry, la répression des troubles d'avril et les lois de septembre 1835, tels furent les principaux actes de ce ministère, dans lequel M. Guizot avait une très-grande influence. De nombreuses réformes et d'importantes améliorations furent en même temps accomplies dans son département, et la loi du 28 juin 1833 sur l'instruction primaire , une des créations les plus libérales de notre temps, demeurera l'éternel honneur de l’homme dont elle fut l'ouvrage. Lorsqu'une manœuvre du tiers parti amena la dissolulion du cabinet le 22 février 1836, M. Guizot, se retranchant dans le silence, ne prit la parole que très-rarement et seulement par nécessité, jusqu'au moment où il fut rappelé avec le même portefeuille dans le nouveau ministère présidé par M. Molé. Lorsque M. de Gasparin se retira, M. Guizot demanda aussitôt pour lui le département de l'intérieur, auquel il visait depuis longtemps; mais rencontrant des obstacles, il consentit à s’effacer devant M. Thiers, qui allait bientôt devenir son redoutable rival et son infatigable adversaire, à condition pourtant que les affaires étran-

GUIZOT

gères seraient données à M. le duc de Broglie, son ami, et un des principaux doctrinaires. Cependant toutes ces négociations échouèrent, et le ministère Molé, constitué le 15 avril 1837, demeura pur de tout élément doctrinaire. De là des griefs personnels, que la ligne politique suivie par les nouveaux ministres ne tarda pas à envenimer. L’amnistie proclamée par eux rejetait sur leurs prédécesseurs tout l’odieux des mesures de rigueur qui avaient signalé leur passage aux affaires : M. Guizot et ses amis se jetèrent alors dans l'opposition. C’est l’époque de la fameuse coalition. M. Guizot se retrouva encore une fois, comme à la fin de la restauration, sous le même drapeau que ses adversaires politiques les plus déclarés. Sa conduite en cette circonstance fut sévèrement blâmée par le parti conservateur ; « Vous aurez peut-être quelque jour notre appui, lui disait alors le Journal des Débats, mais notre estime jamais ! » Mot cruel, que M. Guizot feignit depuis de ne pas avoir entendu. Royer-Collard se sépara de lui avec éclat. Après le triomphe de la coalition, M. Guizot accepta des mains de M. Thiers l'ambassade de Londres; mais sa mission ne fut pas heureuse, et le traité du 15 juillet 1840 se conclut en dehors de la France et contre elle. L'histoire lui reprochera aussi de s'être montré trop oublieux de la dignité de son pays en signant le traité qui consacrait l'extension du droit de visite. Sur ces entrefaites, le ministère de M. Thiers tomba, et M. Guizot devint le chef réel du cabinet du 29 octobre, ce long ministère qui devait enterrer la monarchie constitutionnelle ; il se chargea du portefeuille des affaires étrangères. L'histoire des dernières années du règne de Louis-Philippe est une triste page de l’histoire de la France; M. Guizot retomba dans la faute de toute sa vie : il se fit l’homme de la résistance. Cherchant à augmenter la puissance royale, voulant relever l'autorité, il crut qu’il lui suffisait d’avoir une majorité dans le pays légal, et il fit tout pour se l’assurer. Il y réussit, et une majorité compacte et violente se constitua. Les intérêts matériels absorbérent les âmes; on vit dans la députation un moyen de faire fortune ; les concessions publiques, les places, les promesses de toutes sortes devinrent des appâts pour les électeurs : la chambre des députés regorgea de fonctionnaires. La corruption infecta le monde politique. Enrichissez-vous ! avait dit M. Guizot à ses électeurs, et il avait été pris au mot; mais sil avait entendu dire par là seulement que la richesse devait être le seul signe de capacité politique, il dut bientôt s’apercevoir qu’il avait fait fausse route et que ce besoin de s'enrichir poussait la nation à sa perte. C'était sans doute à ce culte des intérêts matériels que cédait le gouvernement de Louis-Philippe quand pour conserver la paix, après être rentré dans le concert européen par le traité de 1841 qui fermait les détroits du Bosphore, il signait le traité du droit de visite, désavouait l'amiral Du petit-Thouars et consentait à payer l’indemnité Pritchard; quand, de peur de prolonger une guerre qui eût pu agrandir nos possessions en Afrique aux dépens du Maroc, il faisait déciarer que la France était bien assez riche pour payer sa gloire! Cependant, le ministère voulut trouver quelques compensetions : une expédition contre Madagascar fut projetée, la chambre l’arrêta. Bientôt Louis-Philippe indisposa l’Angleterre par les mariages espagnols : la guerre pouvait être au bout de cette question, purement dynastique ; la famine pesa sur la France, la bourgeoisie devint mécontente, et M. Guizot crut plus que jamais à la force de résistance. Il résista même à ses amis, qui tout en le désavouant n’osaient l’abandonner. Les banquets s'organisèrent ; il pensa que l’armée suffirait pour en triompher. Sans doute il se faisait peu d'illusions sur l'assistance de la garde nationale : appelée au dernier moment, elle précipita la chute de fa monarchie le 24 février 1818, en ne croyant jeter par terre que le ministère Guizot. Mis alors en accusation, il s’échappa de Paris déguisé en ouvrier. L'accusation finit devant la cour d'appel par un arrêt de non-lieu, et M. Guizot put rentrer en France en 1849. Dans l'exil ie vieux roi garda, dit-on, pour lui quelque éloignement. DICT, DE LA CONVERS. — T, x,

Cependant, M. Guizot revint bien vite à la polémique. Sa brochure intitulée de La Démocratie en France (1849) fit une grande sensation. On y lisait cette phrase curieuse échappée à la plume du doctrinaire, qui a toujours été en théorie l’homme le plus libéral du monde : « Pour contenir et pour régler la démocratie, il faut qu’elle soit beaucoup dans PElat, et qu’elle n’y soit pas tout; qu'elle puisse toujours monter elle-même, et ne ja ais faire des-" cendre ce qui n’est pas elle; qu’elle trouve partout des issues, el rencontre partout des obstacles. » Aux élections générales de 1849 et plus tard, lorsqu'il s'azit de remplacer Victor Grandin, des amis de M. Guizot mirent en avant sa candidature; mais il les désavoua formellement. A près la mort de Louis-Philippe, il était devenu avec son ancien co Ilègue M. de Salvandy, quoique avec moins d’ardeur etde confiance que celui-ci, l’un des promoteurs de la fu sion. Après le coup d'Etat du 2 décembre, qu’il laissa passer sans protestation, il se remit au travail avec une ardeur toute juvénile, et employa les loisirs de sa verte vieillesse à la révision de ses ouvrages historiques. On lut de lui quelques articles de revue, tels que Cromwell serat-il roi? (1852), Nos mécomptes el nos espérances (1855), la Belgique en 1857 (1858); il y récriminait conlre la république qui l'avait renversé du pouvoir, ou justifiait quelqu'un des actes de sa politique passée. Bientôt il sortit de son isolement pour se mêler d’une façon plus ou moins directe aux questions du temps; c’est ainsi que dans l’Académie française il prononça des discours où de plus en plus il s’enfonçait dans les voies de la réaction. Comme protestant il devint le chef du parti orthodoxe et autoritaire, et en 1861 il alla jusqu'à déplorer, en présence de ses coreligionnaires assemblés à l’Oratoire, l’affaiblissement du pouvoir temporel du pape. Dans les dernières années de l'empire M. Guizot marifesta ses sympathies pour M. OIlivier, devenu ministre, et accepta de lui la présidenced'une commission supérieure, qui devait s'occuper des réformes à apporter dans l'instruction publique. Au mois de mai 1869, à propos du plébiseite, il se déclara pour le vote affirmatif, en ajoutant que ce vote serait pour le gouvernement impérial « un principe de force et un gage de la sympathie nationale ». Cette erreur de sa vie privée, il la racheta, en octobre 1870, en écrivant au Times que la France n’avait pas voulu la guerre, et en conseillant une défense énergique contre l’envahisseur. Outre les écrits cités il faut noter parmi les derniers ouvrages de cet illustre écrivain : Histoire de la Révolution d'Angleterre (2e partie), l'Amour dans le Mariage (1855), Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps (1858-1868, 9 vol. in-8), l’Église et la société chrétienne (1861), Histoire parlementaire de France (1863, 5 vol.), recueil de ses discours politiques; Méditalions sur l'essence de la religion (1864), Médilations sur l’état actuel de la religion chrétienne (1865), Mélanges biographiques el liltéraires (1868), et Histoire de France racontée à mes petits-enfants (1870-1872, 4 vol. in-8). En 1872 M. Guizot, qui avait obtenu de PAcadémie le prix Gobert pour ce dernier ouvrage, en a consacré le capital à des fondations littéraires.

Comme écrivain, M. Guizot a eu beaucoup à souffrir de la critique de ces derniers temps; Gustave Planche, dans la Revue des deux Mondes, l'a traité de pesant rhéteur; à son exemple, une nuée de tirailleurs de la pelite presse ont salué d’un long feu chaque production nouvelle de l’ancien homme d’État. On ne saurait lui refuser pourtant de posséder au suprême degré une qualité, bien rare en ces temps-ci, l'autorité; son style, aux formes roides, impérieuses, graves et tristes, commande l’attention, presque le respect. 11 domine tout d’abord son lecteur, jamais il ne cherche à le séduire.

Cette qualité, illa portait aussi à la tribune; sa phrase, toujours enlachée de dogmatisme, est froide, incisive: elle semble (tomber de ses lèvres, iamais elle ne sort de

son âme; doué d’un sang-froïid inaltérable, on l’a vu, sans qu'un muscle de sa physionomie tressaillit, braver les tumultes les plus orageux : « Vos insulles, dit-il une fois à la chambre ameutée, n° arriveront jamais à la hauteur de mon dédain. » Et dans une autre circonstance : « On peut épuiser ma force, on n’épuisera pas mon courage. » M. Guizot quand il étail ministreétait, à proprement parler, le seul orateur du parti ministériel ; il était fier de suffire à cette tâche immense. La lutte était son existence, le pouvoir sa passion dominante, son élernelle préoccupation : il lui a constamment tout sacrifié. On a beaucoup vanté les vertus privées de M. Guizot, et l’on a dit de lui, comme de Walpole : « Ce ministre corrupteur est un homme incorruptible.» Est-ce bien là un éloge?

Le fils de M. Guizot, Maurice-Guillaume Guizor, né le 11 janvier 1833, à Paris, après avoir fait d'excellentes études au collège Bourbon, a débuté dans la carrière des lettres par une Étude sur Ménandre, la comédie et la société grecque, ouvrage couronné par l’Académie française en 1853. Appelé en 1866 à suppléer M. de Loménie dans la chaire de littérature française au Collége de France, il échoua complétement dès sa première leçon et fut obligé d'interrompre le cours. En 1870 il fut nommé par M. Ollivier sous-directeur des culles non catholiques au ministère de la justice. Au mois d'août 1871 M. Thiers

l’envoya en Grèce avec les fonctions de ministre plénipotentiaire; mais 11 les résigna, le 15 mai suivant, entre les;

mains de M. Jules Ferry, son successeur.

| GUIZOT (Éusaseru-CHARLOTTE-PAULINE DE MEULAN,

Mme), première femme de l'ancien ministre de Louis- Philippe, naquit à Paris , le 2 novembre 1773, d’une famille considérable dans la finance. Son père était receveur général de la généralité de Paris. Ce ne fut guère qu’à l’âge de vingf ans qu'éclata l’énergie féconde de sa nature; la révolution vint renverser la fortune de son père, et réduire à une extrême gêne sa mère, demeurée seule avec quatre enfants. M'e de Meulan se mit à l’œuvre pour tous les siens. Encouragée par Suard, ancien ami de sa famille, elle se décida à écrire pour le public. Elle mit au jour deux romans : Les Contradictions (1799) et Za Chapelle d'Ayton. p=G

M'e de Meulan ne continua pas à écrire des romans : le journal Le Publiciste et plusieurs recueils littéraires l’attachèrent à leur rédaction. Au commencement de l’année 1807 un chagrin domestique, la mort du mari de sa sœur, vint gravement altérer sa santé; elle ne pravait sans danger continuer les feuilletons du Publiciste. Cependant les embarras de la situation et son indifférence naturelle pour a souffrance allaient l'emporter sur toute autre considération, lorsqu'elle reçut, d’une personne qui ne se nommait pas, l’article qu’elle avait à faire; elle accepta sans hésiter la responsabilité de cet article. Pendant quelque temps cette singulière correspondance continua sans que Mlle de Meulan connût son correspondant; mais elle voulut enfin savoir à qui elle la devait, et M. Guizot se nomma.

Ce fut là l’origine de leurs relations : cinq ans après, malgré la grande différence d’âge de M. Guizot, plus jeune de quatorze ans, le mariage les unit, Dans sa nouvelle existence Mue Guizot tourna bientôt toutes ses pensées vers l’éducation. Les Enfants, les Nouveaux Contes et l’Écolier furent ses premiers essais dans cette voie. Les deux premiers ouvrages s'adressent directement à l’enfance ; et sans jamais quitter le ton simple qui convient à ces intelligences si vives et si faibles, elle a su mettre non-seulement à leur portée, mais à leur usage, les principes les plus élevés et toutes les idées, tous les sentiments d’une nature supérieure, Z'Écotier est une œuvre plus variée, destinée presque autant aux hommes qu'aux enfants, ou plutôt destinée à faire comprendre aux enfants les devoirs des hommes, à leur peindre leurs vertus à venir, Un autre ouvrage de Mie Guizot, qui n’a pas été achevé, Une Famille, vré-

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