TEYSSÈDRE
FUNAMBULE. Voyez DansEUR DE CoRDE.
FUNAMBULES (Théâtre des). Ce petit théâtre du boulevard du Temple fut ouvert par tolérance en 1816. On y dansait sur la corde et on y jouait des pant omimes.
La révolution de 1830 lui permit de supprimer les danses
de corde; mais il eut le bon esprit de ne pas renoncer à ses pantomimes, arlequinades où le jeu spirituel et fin de son mime, Debureau, suffit longtemps pour attirer un public nombreux. Bien plus, les dispensateurs de la renommée s'étant épris du célèbre Pierrot, amenèrent à son théâtre les gens désæuvrés et les curieux jaloux de suivre la foule. Cependant, en 1845, le préfet de police menaça l'existence de ce spectacle populaire. On disait alors qu’il y avaittrop de théâtres à Paris : on pensa naturellement à fermer les plus petits; et puis la salle des Funambules n’était pas dans les conditions d'isolement exigées par les règlements. Pierrot eut de bons défenseurs; la mesure fatale fut ajournée. La révolution de Février survint, et l’on n’en parla plus. Mais le thèâtre des Funambules perdit son Pierrot bien aimé, et le jeune Debureau n’hérita que de quelques-unes de; qualités de son père, Ce théâtre a été démoli en 1862.
FUNCHAL, Voyez Manère.
FUNDUCRK, Voyez Foxpoucxk.
FUNÈBRE (Oraison). Voyez ORAISON FUNÈBRE.
FUNÉBRES (Jeux ). Homère et Virgile offrent de belles descriptions de ces jeux. Pline en attribue l'établissement à Acaste et à Thésée, qui fondèrent dans l’isthme de Corinthe des jeux à la mémoire d’Archémore. Les Romains, imifateurs des Grecs, ajoutèrent à la pompe des funérailles des combats de gladiateurs, appelés bustuaires. Les jeux funèbres étaient les seuls qu’on püt faire célèbrer sans être magistrat. On y assistait vêtu de noir; les femmes en étaient exclues. Dans ceux que P. Scipion, le premier Africain, décerna dans Carthage à la mémoire de son père, on vit des individus de haute extraction se présenter pour combattre à la place des gladiatenrs. Deux princes africains, Corbis et Orsus, profilèrent de l’occasion pour décider par la voie des armes à qui la ville d’Ibes, qu'ils se disputaient, serait adjugée , et ils luttèrent à outrance à la vue de l’armée romaine. Les jeux funèbres se nommaient aussi novemdiales, parce qu’on les célébrait ordinairement neuf jours après la mort. Ils étaient militaires, ayant été imaginés dans l'origine pour honorer la mémoire des guerriers, ou snbstitués plus tard aux sacrifices de prisonniers et d’esclaves,
Th. DELBARE.
FUNÉRAILLES (du latin funus, au pluriel funera, ou funes, funiculi, torches, cierges; ou du grec govès, mort). Ce sont les cérémonies dont on entoure le cercueil de l’homme; c’est le dernier devoir rendu à celui qui a cessé de vivre. L'histoire atteste que partout, dans tous les temps, le culte des morts a été consacré par la religion, la morale et les lois. Chez les Égyptiens, à la perte d’un roi le deuil était général pendant soixante-dix jours, on interrompait le cours de la justice, les temples se fermaient ; aucun jeu n'était célébré. Tout le monde s’abstenait de bains, de longs
de sang, 300 personnes, hommes et femmes, parcouraient la ville, remplissant l'air de cémissements et chantant les belles actions du roi. Les mêmes cérémonies s’observaient, sur une échelle plus restreinte, dans les funérailles privées. Il y avait dans toutes cela de particulier que les femmes, séparées des hommes, se couvraient le visage d’ordures, et, suivies de leurs voisins et de leurs proches, erraient , les seins nus, par les rues et les carrefours, se frappant la poitrine et se déchirant les joues. Les Égyptiens embaumaïient leurs momies pour leur faire traverser le lac Achérusie. Auparavant, quarante juges, assis au bord du lac, examinaient les bonnes et les mauvaises actions du défunt. Chacun avait le droit de l’accuser devant les juges et de révéler les secrets qu’il connaissait de lui. Les rois eux-mêmes pouvaient être accusés par le dernier de leurs sujets.
Les funérailles des Hébreux étaient moins longues, mais presque aussi solennelles. Elles duraient sept jours pour les deuils privés, et se prolongeaient quelquefois jusqu’au trentième jour pour les princes et les rois. Pendant ce temps, les Juifs jeünaient, s’arrachaient les cheveux ou se les rasaient en forme de couronne. Ils marchaïent pieds et tête nus, et couchaient sur la cendre , se revêtaient d’un cilice tissu de poil de chèvre et de chameau. Leur douleur s’exprimait par des Zamentations et des hymnes funèbres en l'honneur du mort dans le genre des plaintes de David sur Saül et Abner, ou de Jérémie sur le roi Josias; des femmes, appelées Zamentatrices, chantaïent ces hymnes. L'Évangile nous apprend en outre qu'il y avait des joueurs de flûte, loués pour mêler le son de leurs instruments aux bruits de la foule dans la maison du mort. Le corps, embaumé d’aromates et de parfums précieux, était enveloppé de linceuls ; un suaire couvrait la tête, et on le portait ainsi au milieu des cris de douleur, dans le monument. Quelques passages du Livre des Rois, des Paralipomènes et de Jérémie nous apprennent qu'on brûlait aussi quelquefois les corps.
Les anciens peuples pratiquaient, en général, des funérailles longues et solennelles ; il en faut peut-être excepter les Perses, qui, au dire de Diodore de Sicile, de Quinte-Curce, de Sextus Empiricus, de Strabon, avaient d’étranges cérémonies : à la mort de leur roi, par exemple, ils éteignaient partout le feu sacré, et pendant cinq jours se livraient à toutes les sortes de débauches. Les Thraces riaient et jouaient
| aux funérailles : ils n'avaient de pleurs que pour les enfants
à leur naissance, regardant sans doute la mort comme le terme des maux qui commencentavec la vie. Les Troglodytes attachaient la tête du mort à ses pieds et lui jetaient des pierres, avec de grands éclats de rire, jusqu’à ce qu’il en fût tout couvert; alors, sur le monceau, ils plaçaient une corne de bouc, et se retiraient joyeux dans leurs antres. Bien des fables ont été inventées sur les funérailles des peuples anciens les moins civilisés. Les Massagètes, quelques tribus de l'Asie, les Sidoniens, les Indiens, les habitants du Pont et du Caucase, les Hircaniens, auraient, à en croire ces récits, dévoré leurs parents, ne sachant mieux les honorer qu’en leur servant de tombeau. Quelques nations alors presque sauvages, entre autres les Ethiopiens, les jetaient aux poissons, qui en faisaient leur nourriture habituelle, voulant leur rendre ce qu'ils en avaient reçu, comme nous rendons à la terre les corps qu’elle a formés.
Les Grecs et les Romains ne le cédaient en rien dans le deuil extérieur aux Égytiens et aux enfants des patriarches, Dès que les Grecs avaient fermé les yeux du mort, mis dans sa bouche la pièce d’airain pour Caron, l'obole, le Gava- #n, ils le lavaient avec de l’eau tiède mêlée de vin, versaient de l'huile sur tous ses membres, et le déposaient sous le vestibule de la maison, revètu de ses plus beaux habits, couronné de fleurs, couché sur un lit, à côté duquel on déposait un vase plein d’eau et un pinceau formé de cheveux. La religion catholique a conservé de ces usages. Des hommes
repus, de vin, même de nourriture cuite, Une fois cha- * chantaient oe que les Grecs appelaient laeuot, Après eux,
les femmes, tour à tour, à commencer par les plus proches parentes, s'avançaient, et, tenant d’une main la tête du mort, donnaient avec l’autre tous les signes d’une vive douleur, déchirant leurs vêtements et leurs seins, répandant “eur le cadavre leurs cheveux coupés, souvent même arralchés. Les hommes se coupaient la barbe et les cheveux, ne lconservant qu'une petite couronne comine les Hébreux. Alexandre, qui pour les funérailles d'Éphestion dépensa environ sept millions de notre monnaie, fit raser non-seulement les hammes, non-seulement les chevaux et les mulets, mais |encore plusieurs villes. Dans les principales contrées de la Grèce, ces cérémonies duraient neuf jours; le dixième, on |brûlait le cadavre et l’on en recueillait les cendres. Cepenà dant, l'inhumation y fut plus usitée que partout ailleurs. Quand on brûlait le corps, des hommes, vêtus de deuil, la tête voilée, | précédaient le défunt, que suivaient des femmes sous les mêmes vêtements lugubres, mais le visage découvert et les cheveux épars. On marchait au bruit des flñtes et des cymbales. Des chants tristes s’élevaient çà et là; tous les assistants jetaient des fleurs sur le cercueil, et l’on portait les armes, les vêtements et les bijoux du mort, avec les présents deses proches et de ses amis. Le cadavre était déposé sur lebücher, qu'on avait couvert de fleurs. Les prêtres immolaient des victimes, dont ils versaient la graisse sur le corps, | afin qu’il bralât plus vite; ils plaçaient encore autour, des vases pleins de miel et d'huile. Si le défunt était un grand général, douze captifs étaient égorgés, comme des animaux, pour lui servir d'esclaves chez les morts, et le feu consumait les victimes, les présentset les rameaux verts qu’on | jetait au bûcher, en signe de la victoire remportée sur les peines de la vie. On se retirait en prononçant à haute voix le nom du trépassé, auquel on disait un éternel adieu; puis . le lendemain on enfermait dans des urnes mortuaires les cendres et les os. Les cérémonies funèbres étaient encore | suivies de sacrifices commémoratifs, de libations, de fes- | tins, de jeux, d’apothéoses.
Les funérailles des Romains ressemblaient beaucoup à celles des Grecs : elles variaient suivant l’âge, la condition, le lieu et le genre de mort. Les enfants qui n'avaient pas encore de dents ne pouvaient «aspirer à l'honneur ni d’une oraison funèbre ni d'un bûcher : les parents les suivaient avec des ! torches. Nous voyons dans Ovide que les mères elles-mêmes portaient leurs petits enfants. Pour les jeunes filles qu’une mort prématurée enlevait à leur famille, les funérailles | étaient éumultuaria, c'est-à-dire faites à la hâte, en quelque | sorte improvisées. Les joueurs de flûte assistaient aux fu-
nérailles de ceux qui mouraient dans un âge moyen; la } trompette précédait les morts dans un âgé plus avancé. On | portait les femmes à bras, les hommes sur les épaules. Les | pauvres et les plébéiens étaient livrés à quatre vespilles pour ! être brûlés ou inhumés sans pompe, tandis que rien n’éga- | Jaitla magnificence etlasomptuosité des funérailles des riches, : Ceux qui mouraient à l’armée ou en exil, étaient privés des cé- | rémonies dont ils auraient été l’objet dans leur patrie; car : la loides Douze Tables défendait de recueillir les os d’un mort pour lui faire ensuite des funérailles. Mais on permettait de couper un membre d’un guerrier mort, et de lui rendre les
| | | honneurs funèbres, en l’absence du reste du corps. Les |
cendres pouvaient aussi être rapportées dans la patrie. Les cérémonies différaient enfin selon le genre de mort : ceux qu'avait frappés la foudre étaient confiés aux aruspices, qui les couvraient seulement de terre. Mais on violaquelquefois la loi de Numa à ce sujet : ainsi, nous lisons que Pompée Strabon, père du grand Pompée, obtint des funérailles publiques , quoiqu'il eût été Lué par la foudre. Comme c’était une honte de se suicider, les Romains avaient coutume, en convoquant leurs amis pour les obsèques, de les avertir que le défunt ne devait la mort ni à la violence, ni à un meurtre, ni au poison,
Leur deuil public et particulier était, à peu de chose près, eelui des Égyptiens et des Grecs. Comme ces derniers, ils avaient et embaumaient les corps, Comme eux aussi, cou-