FUNERAILLES
vrant le mort de vêtements convenables à sa condition et à sa dignité, ils le plaçaient dans un vestibule de manière à ce qu’il semblât regarder dehors, les pieds tournés vers la porte. Près du lit étaient une cassolette où brûlaient des odeurs, des torches en cire allumées, et un vase d’eau lustrale, Le gardien du mort était un des membres de la famille des /ibitinaires, ou ministre de Zibiline, déesse qui présidait aux funérailles. Des serviteurs en deuil entouralent le cadavre et renouvelaient leurs cris de douleur avec ceux qui arrivaient. On lisait au peuple, ou l’on affichait à La porte de Ja maison , des éloges composés par des poëêtes et des orateurs en l'honneur du défunt. Dès qu’une semaine s'était ainsi écoulée, on invitait le peuple aux funéralles par ces paroles : N. Quiris letho datus est; ad exequias quibus est commodum ire, jam tempus est; Ollus ex ædibus effertur. Le corps était porté sur un lit entouré de somptueuses draperies ; des sonneurs de trompettes le précédaient, mêlant des chants lugubres aux sons tristes de leurs instruments. Ces trompettes étaient regardées comme souillées, et devaient être purifiées deux fois l’an, le 10 des calendes d’avril et de juin, par l’immolation d’une jeune brebis. Puis, venaient les amis, les insignes glorieux, les présents, etc., comme chez les Grecs. Plus il y avait d’affranchis, plus les cérémonies étaient pompeuses.
A fant de choses graves se mélaient malheureusement d’autres choses grotesques : Devant le lit funèbre dansaient les mimes ; l’archimime, représentant le défunt, imitait ses gestes, sa voix, ses manières. Cette danse, souvent indécente, s'appelait sicinna. Des hommes, ordinairement les plus honorables de la cité, portaient le lit du mort sur leurs épaules. Quelques sénateurs et des vestales portèrent Sylla; des envoyés de la Macédoine , Paul-Émile ; Métellus fut porté par ses sept fils, dont trois étaient consulaires, deux avaient triomphé, un avait été censeur, et le dernier exerçait encore la préture. L’héritier du mort, avec ses longs vêtements noirs à franges de pourpre, menait le deuil; derrière suivaient les femmes, marquant leur douleur par les signes que nous avons décrits chez les Hébreux et les Égyptiens ; enfin , le peuple, avec des torches, des cierges, des habits noirs, fermait la marche. Quand on arrivait à la tribune aux harangues, le cortége s’arrêtait pour entendre l’oraison funèbre, faite par un parent ou un ami. Lorsque le corps était arrivé sur le bûcher, ordinairement composé de bois odorants et en général consacrés aux morts, on l’arrosait de divers parfums. Celui qui avait fermé les yeux du mort les lui rouvrait, afin qu’il regardât le ciel, lui versait dans la bouche un breuvage, et lui disait le dernier adieu, qu’on répétait ordinairement ainsi : Vale, vale, vale! nos te ordine quo natura permiserit sequemur. Le reste ressemblait beaucoup aux cérémonies des Grecs, si ce n’est que les Romains avaient de plus que les Grecs des combats de gladiateurs ( voyez Busruaines ), et que le sang humain, qui avait déjà quelquefois coulé sur leurs bûchers, coulait encore après dans des jeux funèbres. Les sacrifices s’appelaient Jeriæ ; ils comprenaient les novemdiales, les denicales , les tertiæ, les trigesimæ , les feralia, et les in- Jeriæ.
Les Gauluis avaient des funérailles presque aussi magni. fiques que les Romains; mais elles étaient de longue durée.
Dans les temps modernes, comme sous la domination romaine, comme chez tous les peuples du monde, à de rares exceptions près, les derniers devoirs rendus aux morts ont constitué un culte solennel et poétique. Ceux qui ne l’observaient pas étaient regardés comme des sacriléges, comme des infämes. Les peuples les plus féroces oubliaïent leur cruauté à ces moments suprêmes. Les Cannibales se réunissaient pour pleurer un jour et une nuit; et, comme la plupart des nationssauvages, ils emportaient avec eux les os de leurs pères. Les voyageurs dans la Nouveau Monde nous ont révélé l’histoire de bocages de la mort, les femmes suspendant leurs enfants morts aux branches couvertes de fleurs et de Yerdure, coutume que pratiquaient, du reste,
aussi, bien auparavant, quelques peuplades scythes, qui suspendaient au tronc des arbres les corps de leurs pères; les habitants de la Colchide, qui les plaçaient aux branches les plus élevées ; les Goths, qui attachaient dans les branches leurs morts, mais aux chênes seulement. Chez plusieurs nations antiques, comme chez les Égyptiens, c'était se rendre coupable d’une impiété monstrueuse que de laisser un cadavre sur un chemin sans le couvrir de terre; et le plus grand des sacriléges était de renverser des tombeaux ou de répandre çà et là les cendres et les os des morts, La religion catholique, en s’emparant de certaines cérémonies grecques et romaines, offre quelque chose de plus grave et de plus profondément douloureux dans ses chants lugubres du De profundis, du Dies iræ, du Miserere, où la crainte et l'espoir luttent sans cesse, nous montrant les récompenses éternelles ou les châtiments qui n'auront pas de fin. Mais on regrettera toujours qu'une religion d'égalité ait des funérailles qui diffèrent pour les riches et pour les pauvres; on regrettera surtout ces fosses communes où les os des pauvres, ces amis de Jésus-Christ, dorment pêle-mêle confondus, tandis que tout près se pavanent orgueilleusement les tombeaux des riches. Les lieux des sépultures, placés aux portes des villes, ont de profondes terreurs et de salutaires enseignements. La ville des morts se trouve à la sortie de celle des vivants. Le pèlerinage est court; la vie est un chemin battu; et les tombeaux qu’on voyait çà et là le long des voies romaines offraient également une sublime image à méditer, Victor BorEau.
FUNFRKIRCHEN (en hongrois Pécs ), siége d’évêché et chef-lieu du comitat de Baranya, est une des villes les plus belles et les plus agréablement situées de la Hongrie, quoique construite sans aucune régularité et avec une extrême confusion, comme c'était l'usage jadis. Ses édifices publicsles plus remarquables sont : la cathédrale, vaste église ornée d’un grand nombre d’autels en marbre; le palais épiscopal, bâfi dans le styleitalienet restauré depuis peu; l'hôtel de ville etdu comitat, le lycée catholique, le gymnase etle séminaire. Funfkirchen possède en outre de belles églises, une riche bibliothèque publique, une école industrielle, et un théâtre sur lequel on joue alternativement en hongrois et en allemand, La population, où domine l'élément magyare, et forte de 19,500 ames, s'occupe surtout de commerce et d'industrie, dont les produits en tous genres sont vivement recherchés dans le pays. Les vastes vignobles qui entourent la ville de tous côtés et produisent un vin compté au nombre des meilleurs qu’on récolte en Hongrie, forment aussi une branche importante d'industrie.
Funfkirchen, ville forte ancienne, était autrefois bien plus considérable qu'aujourd'hui, et ses écoles jouissaient d’un grand renom. D’après des renseignements dignes de foi, plus de 2,000 étudiants de Funfkirchen prirent part à Ja bataille de Mohaecz et 300 environ y périrent,.
FUNGINE, partie essentielle des champignons, La fungine est blanchâtre, molle à l’état humide, fibro-celluleuse, d'une odeur et d’une saveur fades, A la distillation sèche, elle donne de l'ammoniaque. Quand on la traite par l’acide nitrique, on obtient du tannin, de l'acide prussique, de l’acide oxalique et une matière grasse.
FURCULAIRE (Os). Voyez CLAVICULE.
FURET, espèce du genre marte. C'est le mustela furo de Linné. Très-voisin du putois, le furet est long d'environ 0,38 quand il a acquis tout son développement ; sa queue a0",13. La couleur du poil est jaunâtre, et ce poil est assez touffu, Les yeux sont roses, la tête très-étroite, le museau fin et légèrement prolongé vers l’orifice des narines, dont le bout est coupé obliquement, Les oreilles sont courtes, larges et droites, Quelques naturalistes ont pensé que le furet n’est qu'une espèce de putois ; mais outre que la forme et les proportions du corps sont sensiblement différentes, le furet a quinze côtes de chaque côté, tandis que le putois n'en a que quatorze, et d'ailleurs ces deux espèces ne s'accouplent point ensemble, La femelle du furet,