HABITUDE
| tardèrent pas à adopter. Seul, le clergé ne crut pas devsir suivre les modes des vainqueurs, ét changer d’habit comme de maître. La diversité de ceux des ordres religieux s’ex- | plique par un motif analogue, le respect de chacun de ces ordres pour le vêtement de son fondateur. S'ils paraissent extraordinaires, c’est que les ordres religieux n’ont pu changer comme les mœurs, ni suivre les modes que le temps fait naître. Dès les premiers temps de l'Église, l’évêque était revêtu d’une robe éclatante, aussi bien que les prêtres et les autres ministres de l’autel. Ce n’est pas que ces habits fussent d’une figure extraordinaire , dit Fleury : tout au contraire, la chasuble était Vhabit vulgaire du temps du saint Augustin. La dalmatiq ue était en usage dès le temps de l’empereur Valérien. L'é£{oLe était un vétement commun même aux femmes. Enfin, la manipule n’était qu’une serviette que les ministres de l'autel portaient sous le bras pour servir à la sainte Table. L’uube même, c’est-à-dire la robe blanche de laine ou de lin, n’était pas à l’origine un habit particulier aux clercs, puisque l'empereur Aurélien fit au peuple romain des largesses de ces sortes de tuniques. Mais du moment où les clercs se furent accoutumés à porter continuellement l’aube, on recommanda aux prêtres d'en avoir qui ne servissent qu’à l'autel, afin qu’elles restassent plus blanches. Il est dès lors à supposer qu’à l’époque où ils portaient constamment la chasuble et la dalmatique , ils en avaient de particulières pour l'office divin, de même forme sans doute que les communes, mais d’étoffes plus riches et de couleurs plus éclatantes, afin de frapper le peuple par un appareil majestueux.
Plusieurs auteurs ont donné des explications mystiques de la forme et de la couleur des habits sacrés. Saint Grégoire de Nazianze nous représente le clergé vêtu de blanc, imitant les anges par son éclat. Saint Chrysostome compare l’étole de linge fin que les diacres portaient sur l'épaule gauche pendant les saints mystères, aux ailes des anges. Saint Germain, patriarche de Constantinople, est celui qui s’est le plus étendu sur ces explications. Suivant lui, l'éfole représente l'humanité de Jésus-Christ, teinte de son propre sang ; la tunique blanche marque l'éclat et l’innocence de la vie des ecclésiastiques ; les cordons de la tunique figurent les liens dont Jésus-Christ fut chargé. Le pallium, qui est fait de laine, et que le prélat porte sur le cou, signifie la brebis égarée que le pasteur reconduit au bercail, ete. , etc. Bingham, qui, dans ses Anliquilés, s’est beaucoup occupé de la forme des habits que portaient les prêtres de l'Église primitive, faitencore mention du birrum, du pallium, du colobium, de la dalmatique et de l'hemiphorium. Le birrum, ou tunique commune, était l’habit des séculiers : mais les clercs s’en revêtaient également. Le pallium ou manteau était une ample pièce d'’étoffe que les anciens endossaient par-dessus la robe, et qu'ils retroussaient sur le bras gauche ; les cleres, les ascètes eux-mêmes , le portaient aussi bien que les gens du monde, Le colobium était une tunique courte, avec des manches courtes aussi et serrées : c'était l’habit de dessous des anciens Romains, et les cleres s’en servaient également. La dalmatique était une tunique plus ample, trainant jusqu'aux talons, avec des manches fort longues. Nous avons raccourci la dalmatique, et d’un habit commun nous avons fait un ornement majestueux. L'hemiphorium, qu'il ne faut pas confondre avec l'omophorium, ornement particulier aux évêques, était une courte tunique de dessous, ou un demi-manteau, que probablement les clercs portaient comme les laïcs,
HABITUDE (Morale). Quand une faculté s’est longtemps exercée sur un même objet, quand l'âme s’est trouvée longtemps dans un certain état , il résulte de cette répétition fréquente de la même modification qu'elle a une très-grande facilité à se reproduire , qu’elle se reproduit d'elle-même, c’est-à-dire sans que nous fassions le moindre effort poux aller au-devant d'elle, souvent même malgré les efforts que nous faisons pour la fuir, Cette disposition de l'âme par la quelle des modifications souvent éprouvées tendent à se re-