‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 462 sur 552 · HACHETTE — HACHISCH · texte numérisé non relu

HACHETTE — HACHISCH

grand nombre d'articles de mathématiques et de physique dans le Journal de l’École Polytechnique, le Journal de Physique, le Bulletin de la Société d'Encouragement, etc. Il'avait écrit, en 1814, 1815 et 1816, d'excellentes notices pour la Correspondance sur l'Ecole Polytechnique, dont Poisson racontait ainsi la création : « Partout où il croyait découvrir quelque germe ou quelque espoir de talent, M. Hachette allait au-devant et faisait tous ses efforts pour le développer. C’est dans cette vue qu’il eut l’heureuse idée de publier, sous le titre de Correspondance sur V'École Polytechnique, un recueil où les élèves consignaient leurs aperçus, où les professeurs ne dédaignaient pas d’insérer des articles utiles aux sciences et à l’enseignement. » Cette sollicitude éclairée aïda les premiers pas d’Arago, de Fresnel, de Petit, de Poisson et de tant d’autres, qui, bien différents de certains savants de nos jours, se montrèrent dignes de l’attachement de Hachette en lui vouant cette touchante affection à laquelle il fut trop tôt enlevé, le 16 janvier 1834. E. MERLIEUX.

HACHISCH où HATCHICH, nom d’une préparation particulière qui produit chez l’homme un genre d'ivresse tout spécial et des sensations aussi singulières qu’inattendues. L'usage en est depuis longtemps répandu dans une grande partie de l’Orient, et surtout parmi les Arabes, pour lesquels cette substance est devenue un besoin presque aussi impérieux que l’opiu m chez les Chinois et les Turcs, ou les boissons alcooliques parmi les Européens. Dans les auberges de la Perse, on en sert aux voyageurs pour les reposer des fatigues de la marche. Dans ces derniers temps, les fantaisistes littéraires se sont beaucoup occupés des effets du kachischk, et surtout du soin de nous les décrire, Leurs feuilletons, complaisants comme des réclames, ont engagé quelques intrépides amateurs à vérifier leurs dires ; et voici en quels termes un expérimentateur rend compte des effets qu’il a eu occasion d’observer sur lui-même : « La première impression physique qu'on reçoive distinctement est celle-ci : un grand coup de bâton qu’on vous assène sur la nuque; c’est l'initiation, et il faut convenir qu’elle est passablement turque. La transition de létat normal à l’état d’extase consiste à sentir sa tête se détacher doucement du corps et prendre joyeusement une ère séparée de ce grossier amas de matières qu’elle n’a plus besoin de gouverner. La tête se soutient en l’air d’une façon fantastique, comme celle des chérubins dans les églises au milieu des nuages. Après quoi tout est bouleversé, et le désordre s'empare de l'esprit plus ou moins, selon les tempéraments et en raison de l'habitude. » Kæmpfer, dans ses Amœænitates exoticæ, rapporte qu’en ayant pxis avec quelques amis, leur raison fut si troublée, qu’ils se crurent pendant toute la nuit entourés d’arcs-en-ciel et emportés sur des chevaux qui les entraînaient à travers le monde, Outre son action enivrante sur le cerveau, cette substance a encore une propriété spéciale bien connue des Orientaux, et qui donnne fréquemment lieu parmi eux à des accidentsterribles,

Notre savant collaborateur Virey n'hésitait pas à reconnaître dans lenepenthès dont parle Homère le hachisch des Orientaux modernes : opinion qui tendrait à prouver que les effets produits par cette substance sur l’économie animale étaient connus dès la plus haute antiquité.

On obtient le kachisch d’une espèce de chan vre (cannabis indica ), offrant au point de vue botanique une analogie presque complète avec le chanvre de nos contrées européennes. Il est probable toutefois que la haute température sous laquelle il se développe exerce une influence particulière sur la composition de ses sucs végélaux ; car des exvérimeutations multiples et rigoureuses ont démontré que le chanvre qui croît en France (cannabis saliva) ne jouit d'aucune propriété analogue. Voici comment on prépare le hachisch en Arabie. On fait bouillir les feuilles et les fleurs du cannabis indica, avec une quantité d’eau donnée, en y ajoutant du beurre frais. On réduit jusqu’à consistance sirupeuse ; on passe, et on obtient pour résidu de

l'opération un extrait gras, de couleur verdâtre, qui n’est autre que le beurre chargé du principe actif de la plante. On emploie peu cet extrait à l’état de pureté; on en fait surtout usage dans la confection de confitures, de nougats, etc., etc. La préparation la plus employée, celle qui est même assez agréable au goût, lorsqu'elle est fraîche, a reçu le nom de dawamesc; c’est aussi celle qui se conserve le mieux, et que l’on peut dèslors se procurer le plus facilement en Europe. Les Arabes y ajoutent souvent certains aphrodisiaques, comme la cannelle, la gérofle, l’opium, le datura ou même la poudre de cantharides. La dose qu’il faut employer pour déterminer des effets appréciables chez l’homme est loin d’être toujours la même ; elle varie en raison de l’âge, du tempérament et de la constitution des individus qui en font usage. Il n’est même pas rare de rencontrer des organisations qui s’y montrent complétement réfractaires.

Le Aachisch doit être pris à jeun ou quelques heures seulement après le repas ; sans cela ses effets sont à peu près nuls. Trente grammes de dawamesce suffisent en général pour produire l'effet auquel on a donné l'expression pittoresque et caractéristique de fantasia. Le plus souvent l'ivresse produite par l’emploi du kachisch dure quatre heures, dans toute sa force ; elle décroît ensuite d’intensité, et n’est complétement dissipée qu’au bout de vingt-quatre heures. Pendantles douze dernières heures, on ne conserve guère qu’une extrême propension à la gaieté. Dans le naroxysme de Ja

. crise, on croit jouir des objets ordinaires de ses vœux, et on

goûte une félicité qui coûte peu, mais dont l’usage trop souvent répété altère l’organisation animale, dégrade jusqu’à la poltronnerie les individus doués auparavant du plus noble caractère, les conduit au marasme et bientôt à la mort. Pris au contraire à de longs intervalles, trois ou quatre fois par année, le hachisch n’a pas de suites fâcheuses, et produit rarement des accidents apoplectiques. Il n’est pas moinsrare après avoir pris du kachisch de conserver la tête lourde et l’assoupissement comateux, résultat ordinaire des plus légers écarts de régime. Ajoutons encore que, parmi les propriétés les plus merveilleuses de cette substance, on remarque

que tout en modifiant profondément, en désorganisant même -

(du moins momentanément) les divers pouvoirs intellectuels, elle laisse parfaitement intacte la conscience de soimême, et permet ainsi à celui qui est soumis à son influence d'étudier sur lui-même les troubles au’elle suscite au sein des facultés morales, et d'être toujours maître de chasser les hallucinations en prenant une limonade très -acidulée.

La plupart des écrivains qui jusqu’à ce jour se sont occupés du hachisch et de ses singuliers effets n’ont pas manqué de remarquer que notre mot assassin est dérivé de l'arabe hachischin, nom que les Arabes donnent à ceux qui ont l’habitude de manger del’extrait de chanvre, et dont la prononciation s’est altérée par l'usage. À ce propos Le vieux de la Montagne et les fanatiques qu'il chargeait d'exécuter ses sentences de mort sont toujours rappelés avec complaisance (VUyeZ ASSASSIN ).

Le docteur Moreau, médecin de l’hospice de Bicêtre, qui s’est livré à l'étude approfondie des effets physiques du hachisch, dont il avait reconnu l’analogie avec les principaux phénomènes du délire chez les aliénés, expérimenta sur lui-même la substance qui nous occupe, et fit pour l’étude de l’intelligence malade ce que les philosophes de toutes les époques ont fait pour l'étude de l'intelligence à l’état sain, c’est-à-dire qu’il appliqua la réflexion, ou, si l’on veut, l’observation intérieure aux faits de psychologie morbide, Du livre qu’il a publié sur cet intéressant sujet, il résulte qu'il n’y a pas seulement analogie, mais identité parfaite entre les effets développés par cette substance et les symptômes qui caractérisent l’aliénation mentale, A cet égard nous ne pouvons que renvoyer le lecteur au savant ouvrage dans lequel il a consigné le résultat de ses observations personnelles, ef qui a pour titre : Du Hachisch et de l’Aliénation mentale (Paris, 1845). F. BERTRAND.

LA

HACRERT (Pmuppe), célèbre paysagiste, né le 15 septembre 1737, à Prenzlau, dans l’'Ukermark, jouissait déjà d'une certaine réputation, lorsqu’en 1765 il vint à Pa. ris, où qu’lques gouaches qu’il plaça avantageusement le mirent bientôt à même d'entreprendre, avec son frère Jean-Gotllieb, le voyage traditionnel d'Italie. Pendant son séjour à Rome, l’impératrice de Russie, Catherine, lui commanda deux tableaux destinés à représenter, avec autant d’exactitude que possible, le combat naval de Tschesmé (5 juillet 1770) et l'incendie de la flotte turque qui en fut le résultat. Afin de mettre notre artiste en état de représenter en toute vérité l'effet produit par Pexplosion d’un navire, le comte Orloff, qui se trouvait alors avec une

artie de la flotte russe dans les eaux de Livourne, fit sauter une de ses frégates; et le bonheur avec lequel Hackert s’acquitla de la tâche qui lui était confiée fut le fondement de sa brillante réprtation. Présenté au roi de Naples par l’ambassadeur de Russie, il obtint un emploi lucratif à Naples; et il continua d’y séjourner jusqu’au moment où la révolution le força de se réfugier à Florence, où il mourut, le 28avril 1807. Hackert excella dans l’art de reproduire la for::e et les circonstances exterieures des objets.

HACRLÆNDER (FRÉDÉRIC-GUILLAUME), romancier allemand, est né le 1** novembre 1816, à Borcette, près d’Aix-la-Chapelle. Orphelin à quatorze ans et sans aucune ressource, il fut d’abord employé dans une maison de commerce el servit ensuite comme simple soldat dans l’armée prussienne. Étant au servie» il fit paraître à Stultgard son premier ouvrage, intitulé : Scènes de La vie de garnison (1841). Plusieurs éditions de ce livre, agréablement écrit, se succédèrent rapidement ; il passa même dans quelques langues étrangères; mais ce qu’il en adv nt de plus heureux pour l’auteur fut la protection d’un riche seigneur, le baron de Taubenheim, qui l’emmena avec lui en Orient et le présenta à son retour auroide Wurtemberg. Nommé secrétaire du prince royal (1843), il conserva cet emploi pendant six ans, et fut appelé, en 1859, à la direction des travaux et des jardins publics de Stutigard. Hacklænder, qui aime le métier des armes, a assisté en amäteur à plusieurs guerres de notre Lemps, entre autres à la campagne du prince de Prusse dans le pays de Bade, et à celle de l'es pereur d'Autriche en Italie. Cette nouvelle face dela vie militire lui a fourni le sujet des Scènes de guerre (1859-60). Après la mort du roi de Wurtemberg, son bienfaiteur (1864), il rentra dans la vie privée. Parn iles romans de cet écrivain, remarquables par la franchise et la bonne humeur, nous cilerons : Légendes et Contes (1843), Pélerinage à la Mecque (1847), Contes humoristiques (1847), Scènes de la vie réelle (1850), Hisloires sans nom (1851), les Esclaves de l'Europe (1854), un Hiver en Espagne (1855), le Nouveau don Quic/otle (1858, 5 vol.), (es Heures sombres (1863). On a aussi de lui quelques comédies.

HACQUEBUTE, Voye: ARQUEBUSE. k

HA DDINGTON ou EAST-LOTHIAN, comté de l'E cosse méridionale, borné par le Forth, la mer du Nord, le comté de Berwick etle Mid-Lothian Sa superficie est de 770 kilom. carrés, el sa population (1871) de 37,770 habitants. A l’exceplion des Lammermuir-Hills, chaîne de montagnes couverte de bois et de pâturages, qui s'étend sur la frontière méridionale, et dont les points culminants sont le Spartleton-Hill (566 mètres) et le Sontra-Hill (500 mètres), le pays n'offre qu'une riche plaine qui s’incline doucement vers la mer et qui n'est interrompue que par quelques collines isolées. Les rivières qui la coupent vont toutes se décharger dans la Tyne. Ce comté est un des plus fertiles et des plus riches de l'Écosse, La chaux s’y rencontre partout ; la partie occidentale est riche en excellente houille; on y trouve même des eaux minérales. Les habitants des côtes s'occupent de la pêche, de la préparalion du sel et de la récolte des varechs, qu'on emploie

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