HAÏTI
tion reconquise en 1808 par les Espagnols, qui secoua :
même le joug en 1821, et se soumit à Boyer en 1822. L'indépendance du nouvel État, qui avait déjà été reconnue parles autres gouvernements, le fut aussi par la France en 1825, moyennant une indemnité de 150 millions de francs en faveur des anciens colons. Boyer, président à vie de la république , en vertu de la constitution du 2 juin 1816, ne négligea rien, depuis 1822, pour y répandre la civilisation et pour mettre surtout l’agricullure en honneur. S'il ne réussit pas, il ne faut en accuser que le génie de la population, les haines réciproques des mulâtres et des nègres et es charges accablantes imposées à l’État par le traité conclu avec la France. Ces charges , qui dépassaient les forces du pays, provoquèrent des mécontentements et des révoltes. Il est vrai que les sommes qui restèrent dues à la France furent réduites, en 1838, à 60 millions ; cependant depuis le mois de mai de cette même année il y eut de nouveaux troubles, qui aigrirent encore les querelles continuelles du président et de la chambre des représentants, et qui conduisirent enfin à une révolution, en 1843. Au mois de février une armée de 12 à 15,000 hommes se leva comme par enchantement , la guerre civile éclata et se poursuivit au milieu d’horribles excès jusqu’à la fuite de Boyer, qui se refugia à à la Jamaïque (18 mars) et fut déposé. Un comité de salut public fut établi, et un gouvernement provisoire, ayant le général Hérard-Rivière à sa tête, fut institué pour fonder un nouvel ordre de choses. Mais au mois d’août 1843 une contre-révolution jeta le pays dans une complète anarchie, d’où il ne commença à sortir qu’à la fin de l’année. Le 30 décembre Hérard-Rivière fut élu président de lassemblée nationale, qui adopla une nouvelle constitution, calquée sur la constitution des États-Unis. Une des principales disposi-
tions de la nouvelle loi fondamentale portait que seuls les |
Africains et les Indiens avec leurs descendants jouiraient des droits politiques et pourraient posséder des biens-fonds. La tranquillité commençait à se rétablir ; et la France consen-
tait à entrer en négociations au sujet de l'indemnité, lors-
que, le 27 février 1844, une nouvelle révolte éclata dans la partie espagnole de l'ile, où une république se constitua, sous le nom de République Dominicaine. Un des plusriches éleveurs de bestiaux de l’île, Pedro Sanana, en fut élu président. Au mois de mars, Rivière marcha contre les révoltés avec des forces considérables; mais, affaibli par la désertion, il fut battu à Santiago, le 9 avril, et sa défaite replongea plus que jamais le pays dans l'anarchie. Un de
ses généraux nègres, Pierrot, parent de l'empereur Chris- ! tophe, se déclara indépendant au Cap Haïtien ; un autre nè- |
gre, J.-Jacques Acaau, suivit son exemple aux Cayes, et
les partis recommencèrent à s'agiter à Port-au-Prince. Les |
partisans du président eux-mêmes finirent par l’abandonner, et élurent pour le remplacer un vieux général nommé Guerrier. Cette élection, qui eut liea au mois de mai, assura la prépondérance au parti noir. Rivière se retira à la Jamaïque. Dans l'ouest, une insurrection de mulâtres, qui éclata en faveur de Rivière, fut comprimée, et Guerrier étant mort au commencement de 1845, la tyrannie s’accrut sous son successeur Pierrot. Mais son gouvernement dura peu, Il refusa de payer à la France les sommes convenues avant la réunion
de toute la république, et le consul Levasseur quitta Ja |
résidence, Ce départ amena la chute de Pierrot, au commencement de 1846. Il eut pour successeur (en février) Riché, vieillard de soixante-dix ans, qui par sa fermeté, son énergie et sa popularité, rétablit bientôt la tranquillité,
et sut si bien adoucir les haines de races, qu’on permit |
même l'établissement des blancs sur le territoire de la république. Les finances commencèrent à s'améliorer, le corps desofficiers fu! épuré, les traitements furent abaissés, l’impôt des patentes élevé, les loi, contre les contrebandiers furent rendues plus sévères; l'exploitation des forêts de VÉtat, proposée par le président , fut votée par le sénat, Celte dernière mesure amena de nouveau de: contestations avec la France, les forêts de bois d’acajou ayant
été engagées préalablement aux créanciers français.
Riché mourut le 27 fév'ier 1*47, et eut pour successeur le général nègre Faustin Soulouqg :e, qui se mit promptement en mesure de soumettre les Dominicains, Au mois de mars 1849, il marcha contre eux à la tête de 20,000 hommes, et obtint d'abord des succès signalés; mais quelques-uns de ses subordonnés, entraînés par leur ardeur, commirent des fautes stratégiques qui faillirent compro-
! mettre le succès de cette campagne. Heureusement le gé-
néral Soulouque s'était mis d'accord avec le président de la république Dominicaine, Ximenès. Celui-ci provoqua une diversion heureuse ménagée par la politique de Soulouque, et qui força Santana à revenir sur ses pas et à mettre le siége devant Saint-Domingue. La ville se ren lit le 24 mai, et Ximenès ayant pris la fuite, Bonaventure Baez fut élu président, sur le refus de Santana,
Pendant quelque temps la paix fut rétablie entre les deux republiques. Bientôt le général nègre se fit proclamer empereur sous le nom de Faustin 1er, et fut sacré le 27 avril 1852, par le représentant du saint-siége, vicaire apostolique. Ce souverain, prétex{ant que les Dominicains méditaient une attaque contre l’empire haïtien, envahit leur territoire à la fin de 1855; mais son armée fut mice en déroute, et il se vit obligé de conclure, avec la médiation de l’Angleterre et de la France, une suspension d’armes de trois ans. Vers la fin de 1858, il se preparait à une nouvelle expéiition, lorsque les Haïtiens, lassés de sa tyrannie, te:tèrent de s’en délivrer. Le général Geffrard, de la race griffe, c'est-à-dire issu d’un mulâtre et d’une négresse, se mit à la tête de la conspiration; le 22 décembre 1858, il proclama la république aux Gonaïves. Les adhésions lui arrivèrent de toutes parts. Soulouque, obligé de s'enfermer le 10 janvier 1859 dans Port-au-Prince, fut abandonné par ses troupes, et le 15 jaivier Geffrard se trouva maître de la capitale, sans avoir eu un coup de fusil à tirer. Soulouque abdiqa et se retira à la Jamaïque.
Geffrard montra au pouvoir une grande modération; il maintint daus leurs emplois la plupart des fonctionnaires du gouvernement déchu, et composa son cabinet d’hommes de toutes les nuances. Ilchargea les envoyés de la république de traiter avec des professeurs français pour la réorganisation de l’instruction publique à Haïti, il envoya des jeunes gens étudier d.ns les colléges de Paris, créa de nouvelles écoles primaires, établit des lycées dans les willes principales, fonda à Port-au-Prince une école normale, des écoles de droit, de médecine, des arts et métiers, ete. Cependant il se trouva en butte à des conspirations sans cesse renouvelées. La première fut fomentée par le général Délice Espérance ; les suivantes eurent pour auleurs : le général Guerrier Prophète (sept. 1859); le général Léon Legros (sept. 1861); le général Salomon (mai 1862); Aimé Legros, fils de Léon (mai 1863); Ogé Longuefosse (juin 1864); Turin Salnave (mai 1865). Voyant sa popularité sérieusement compromise par ces tentatives insurrectiounelles, auxquelles il avait dû opposer daus plusieurs cas des mesures sévères, Geflrard essaya de la sauver, en abandonnant quelque chose de son pouvoir, et proposa aux chambres de transformer la présidence à vie qui lui avait été déférée en une présidence de cinq ans. Cette proposition fut accueillie le 8 septembre 1866, mais les complots se renouvelèrent, el le 8 mars 1867, un gouvernement provisoire installé à Saint-Mare proclama la déchéance de Geffrard. Celui-ci, voyant ses propres troupes passer à l'insurrection, abdiqua, et s’embarqua le 13 mars pour la Jaraïque, d'où il se rendit bientôt en France.
Une assemblée constituante fut élue, et nomma le {4 juin 1867 Salnave président de la répubiique pour une durée de quatre ans. À peine cette nomination fut-elle connue que le drapeau de l'insurrection fut levé par le général Nis-age-Saget, qui finit par s'emparer de Port-au-Prince le 20 décembre 1869, Salnave s'enfuit vers la frontière ;
* mais, livré par les Dominicaius, il fut condamné à mort et
fusillé. Nissage-Saget fut élu, le 19 mars 1870. à la presque unanimité des voix. IL était âgé de 62 ans. Homme de couleur, il avait passé dix année: en prison sous le règne de Soulouque, et avait rendu des services à la cause de l'ordre sou. le gouvernement de Geffrard.
HARIM, c'est-à-dire sage ou philosophe. C’est chez les Turcs ie titre des médecins et aussi des juges quand on y ajoute un mot destiné à en compléter le sens. Ainsi, le premier médecin du sérail prend le titre de hakim-bachi, et hakim-cheri signifie magistrat. Les Persans donnent le nom de kakims aux gouverneurs des districts, subdivisions de leurs diverses provinces ou divisions administratives.
HARKRLUYT (Ricarp), célèbre géographe anglais, naquit en 1553. Nonmé professeur de cosmosra hie, il introduisit dans les écoles d'Angleterre l’usage des globes et de quelques autres moyens propres à faciliter l'étude de la géographie. Des commerçants, des corporations, des villes même, le consultèrent souvent au sujet de leurs entreprises maritimes. A Paris, où il accompagna, en 1584, en qualité de chapelain, l'ambassadeur Staflord, il fit imprimer à ses frais l'Histoire de La Découveite des Florides, par Laudonnière, restée manuscrite jusque alors. De retour en Angleterre, il commença, avec l'appui de Walter Raleigh, à réunir les matériaux de l’histoire des expéditions maritimes des Anglais. 11 publia le résultat de ses recherches sous le titre de Principal navigations, voyages and discoveries of the English nation (1589, in-fol.; nouv. édit. in-4°, 1809), résumé de plus de deux cents voyages, contenant une foule de documents et de renseisnements que sans lui on eût probablement perdus. Le gouvernement le récompensa par une prébende à Westminster et une cure dans le comté de Suffolk.= Hakluyt, mort le 23 octobre 1616, fut enterré dans l’abbaye de Westminster.
HAKRODA DIE, port du Japon, sifué au fond d’une baie magnifique de l’île d'Yéso, avec 30,000 âme,, est une ville très-commercante , qui offre un point de relâche et d’approvisionnement aux baleiniers. Elle a été ouverte aux Européens en 1854. Les Russes y ont construit un hôpital, de vastes magasins et une grande usine de fer.
HALAGE. C'est l'action detirer un bateau, soit à bras, soit à l’aide de chevaux. Halage vient de haler, terme de marine qui veut dire éirer.
Un autre mode de halage, d’une invention plus récente, est aujourd’hui appliqué sur la Seine et sur le canal de VOurcgq ; il s'effectue à l’aide d’un bateau remorqueur dont la machine à vapeur fait mouvoir un arbre horizontal autour duquel s’enroule une chaîne dont les deux extrémités sont fixées, l’une au point de départ, l’autre au point d’arrivée du remorqueur, qui à l’aide d'une très-petite dépense peut ainsi entraîner plusieurs bateaux pesamment chargés. Avec une machine de la force de dix chevaux, on obtient une vitesse de dix kilomètres à l'heure, Ce système offre donc l’avantage d’une grande économie.
HALAGE (Chemins de). Ce sont des chemins de servitude publique, pris sur la propriété d'autrui pour le service des fleuves et rivières navigables. Toute propriété riveraine d’un fleuve ou d’une rivièrenavigable doit laisser d’un côté un chemin de 7",79 de largeur pour le passage des chevaux destinés à la remonte des fleuves, et de l’autre un chemin seulement de 3°,24, que l’on nomme particulièrement le marche-pied. Cette servitude pèse même sur les îles qui divisent un fleuve en plusieurs bras; seulement, elles ne doivent que le marche-pied. Ces dispositions de la loi sont malheureusement très-mal observées. Il n'est pas une rivière qui, au grand préjudice de la navigation, ne Montre soit des constructions, soit des plantations, qui en- Vahissent et le chemin de halage et le marche-pied.
HALALI où HALLALI, cri de victoire dans la chasse à courre, annonce donnée par le son du cor que lecert aux abois va devenir la curée des mentes acharnées à sa