HALE -- HALER
cause et un signe de force, car l’action vivifiante de la lumière solaire est aussi utile aux animaux qu'aux plantes : ceux qui en sont privés s'tiolent comme les végétaux cultivés à l'ombre; mais cet étiolement et la blancheur qui en résulte sont considérés dans nos villes comme une beauté; et les femmes de la ville qui se hazardent à braver l’air des champs craignent beaucoup d'y compromettre la blancheur de leur peau. Le seul moyen de la préserver du hâle est de la mettre à l'abri non-seulement des rayons du soleil, mais encore de sa lumière même réfléchie. Quant aux moyens de détruire le hâle, on a proposé un grand nombre de cosmétiques, au moins inutiles ; le seul moyen efficace est de tenir la peau couverte ou à l’abri dela lumière solaire ; elle reprend alors peu à peu sa couleur naturelle, si toutefois le hâle n’est pas trop ancien.
HALEB. Voyez ALEr.
HALECR ET. Voyez HALLECRET.
HALEINE. C’est par ce mot qu’on désigne cette ondée d’air humide et chaud qui, quinze à vingt fois par minute, sort de la poitrine au moment où celle-ci se resserre. L’haleine, c’est l’air chassé des poumons durant l’expiration. Or, cet air composant l’haleine n’est plus ce qu’il était lors de son entrée dans les voies respiratoires : il est plus chaud, plus humide, plus chargé de gaz acide carbonique, et beaucoup moins riche en oxygène, dont une portion vient d’être employée à rougir le sang veineux, à le dépouiller de son hydrogène et de son carbone, et conséquemment à former cette vapeur aqueuse et cet acide carbonique dont l’haleine est comme saturée. Pour condenser l’eau de l’haleine, il suffit de souffler sur des corps froids, comme le verre ou les métaux : la gelée fait apparaître l'eau de l’haleine sous forme de flocons de neige ou de fumée. Voulez-vous y constater la présence de l'acide carbonique, vous n'avez qu’à souffler dans de l’eau de chaux que le filtre a rendue limpide : vous verrez celle-ci se troubler et blanchir incontinent, à cause de la formation d’un carbonate de chaux, sel blanc et insoluble, qui se précipite aussitôt. Notre simple souffle dunne ainsi naissance à de la craie.
Quant à la chaleur de l’haleine, elle varie selon l’âge, selon l’état du pouis, selon l’état des forces , selon l’exercice corporel et la nature des aliments : l’haleine du jeune homme est plus chaude que celle du vieillard; un animal carnassier a l’haleine plus ardente que l’herbivore. Je voudrais juger de l'énergie d’un homme sain, n'ayant ni passion ni fièvre, uniquement d’après l'élévation d’un thermomètre heurté sans effort par l’haleine qu’exhale sa bouche. L’haleine des enfants est douce et chaude comme l’édredon, pure comme le bleu du ciel, balsamique comme l’encens des séraphins. Que de fois j’ai vu des mères tendrement courbées sur la crèche d’un enfant, dont elles aspiraient voluptueusement l’haleine, comme une émanation des cieux ! Ne nous étonnons point si quelques vieillards décrépits et glacés ont quelquefois réclamé la tiède haleine des jeunes gens : le roi David, le bourgmestre de Saardam dont parle Boërhaave, tous ces vieillards, ainsi que Barberousse, étaient d’habiles physiciens. Lors des fouilles de Pompéi, on trouva un tombeau portant le nom d’Hermippus, médecin mort Agé de cent quinze ans. Les érudits s’enquirent avec curiosité quel avait pu être le genre de vie de cet Hermippus, mort si vieux ; et l’on découvrit que durant soixante années il avait desservi un hôpital d'adolescents, cause vraisemblable d’une longévité si rare.
Mais cette haleine qui réchauffe peut l'instant ‘d’après rafraîchir; chacun de nous, comme le rustre de la fable, peut égaiement souffler froid ou chaud : c’est un effet de physique dont la cause est bien simple. Le contact immédiat de l’haleine s’exhalant librement à bouche béante est toujours chaud ou tiède; mais si, rapprochées l'une de l’autre, les lèvres ne livrent plus à l’halcine qu'une étroite issue, alors l’air expiré, ainsi que le vent, prenant un cours plus rapide, pousse devant lui V’air frais de l'atmosphère, el c’est
cet air de l'extérieur, rendu plus froid par le mouvement, qui heurte les corps et les refroïdit, en s’imprégnant de leur propre chaleur.
La force ou l'étendue de l’haleine a toujours paru l'indice de l'énergie corporelle ainsi que du courage et du génie. Mais s’il est indubitable que la force des membres et la rapidité de la course nécessitent de vastes poumons, il est bien rare qu’une constitution athlétique soit le partage des âmes fortes et des esprits supérieurs. Ulysse, le plus sage et le plus intelligent des Grecs, était certes beaucoup moins robuste qu’Ajax, son concurrent; et s’il remportait sur lui le prix de la course, c’est que, plus économe de ses forces, plus sage et plus prudent, pour mieux ménager son haleine, il restait silencieux jusqu’à la fin, n'invoquant les dieux qu’à voix basse, Plus d’un ouvrage de longue haleine a eu pour auteurs des hommes énervés , haletants d'émotion et n’ayant qu’un souffle. Sans prendre à la lettre l’injurieux diagnostic de Figaro , s’adressant à Basile, on peut dire qu’il suffit souvent de l’haleine pour faire augurer de la santé d’un individu, de son régime habituel, de sa pénurie comme de ses excès, de ses mœurs, et quelquefois de ses vices.
D' Isidore Bournox.
HALEN (Don Juan van), comte pe PERACAMPOS, général espagnol, d’origine belge, né à l’île de Léon, en 1790, entra dès l’âge de quinze ans dans la marine espagnole, assista au combat de Trafalgar, et fut ensuite appelé à Madrid par l’administration supérieure de la marine. Après l'insurrection de mai 1808, il prit du service dans l’armée des patriotes espagnols ; mais il ne tarda pas à faire sa soumission au roi Joseph, dont il fut nommé officier d'ordonnance, ce qui ne l'empêcha pas plus tard de passer aux insurgés, à qui il livra diverses places, service qu’on récompensa par le grade de capitaine,
En 1815 il fut arrêté, sous prévention de conspiration contre Ferdinand VII; mais on le relâcha bientôt aprés, et il fut même fait lieutenant-colonel. Compromis dans laffaire de Torrijos, il parvint à s'évader; il prit alors du service en Russie, et alla en 1820 faire la guerre dans le Caucase ; mais dès la même année il était de retour en Espagne, afin de mettre son épée au service de la constitution. Après le rétablissement du pouvoir absolu, il passa à la Havane, puis aux États-Unis, pour revenir se fixer à Bruxelles, où en 1830, à la suite de la révolution belge, il reçut le commandement des forces dont disposaient les insurgés. Des mésintelligences survenues entre lui et M. de Polter le firent bientôt renoncer à cette position; mais en le mettant en disponibilité, le gouvernement belge lui accorda le grade de lieutenant général. Accusé quelque temps après d’orangisme, il fut arrêté, puis acquitté faute de preuyes. En 1836 il fut appelé en Espagne. Le gouvernement lui confia le commandement d’une division, à la têle de laquelle il battit les insurgés carlistes dans la Navarre. Arrété de nouveau pour conspiration, mais remis bientôt après en liberté, il alla en 1539 en Angleterre acheter des fusils, et en 1840 on le nomma Capitaine général de la Catalogne. Fidèle partisan d’Espartero, il combattit l’insurrection qui éclata en 1842 à Barcelone, et bombarda cette ville le 3 décembre. Cependant, une levée générale de boucliers ayant eu lieu, en 1843, en Espagne, contre Espartero, Barcelonne fut le théâtre d’une nouvelle insurrection ; et cette fois les moyens les plus vigoureux ne réussirent pas à la comprimer. Van Halen se vit obligé d'abandonner la Catalcgne, et finit par s’embarquer, le 30 juillet, à Cadix, pour l'Angleterre, avec Fspartero. La révolulion de 1854 lui permit de rentrer en Espagne, mais on ne Je vil plus reparaître dans les fonctions publiques,
HALÉPONGE. Voyez ÉPONGE.
HALER. Ce mot ne s'emploie guère que dans la marine : son sens littéral est tirer horizontalement (toujours de haut en bas), ou à peu près, et à bras, un cordage ou un objet quelconque à l’aide d’un cordage.
Haler à la cordelle, c’est faire marcher un bateau le long d’une rivière ou d'un canal, au moyen d’une corde tirée par des chevaux et quelquefois à bras (voyez Ha- LAGE).
Les marins disent encore se Aaler dans le vent, pour se diriger vers le point d'où il vient.
Il ne faut point confondre ce verbe Aaler avec Adler, qui s’emploie en parlant de l’action du soleil et du grand air surle teint (voyez HALE).
HALES (Enenwe), physicien distingué, né le 7 septembre 1677 , à Beckeshourne, dans le comté de Kent, fit ses études à l’université de Cambridge , et prit ensuite les ordres. Pendant son séjour à Cambridge , il se distingua par l’ardeur avec laquelle il se Jivrait à l'étude des diverses branches de l'histoire naturelle, notamment de la botanique et de l’anatomie. En 1710 il obtint lacure perpétuelle de Teddington, dans le comté de Middiesex, à laquelle se joignirent plus tard quelques autres bénéfices, moins imporfants. En 1717 il fut élu membre de la Société royale de Londres, et lut l’année suivante à cette compagnie un mémoire sur diverses expériences auxquelles il s'était livré à l'effet d'évaluer les effets de la chaleur du soleil, pour faire monter la séve des végétaux. La série d’expériences qu'il continua de faire encore sur cet important sujet lui fournit les matériaux du remarquable traité qu’il publia, en 1727, sous le titre de : Séatique végétale, ou compte-rendu de quelques expériences de statique sur la séve des végétaux, etc. Dans cet ouvrage, considéré à bon droit comme un modèle d'investigation expérimentale, et qui est du pelit nombre de ceux qui vivront éternellement, il commence par établir quelle vaste quantité de matière aqueuse les plantes s’assimilent, quantité qui égale souvent ensuite la force avec laquelle elles attirent le suc nutritif par leurs tubes capillaires, et examine la nature du mouvement latéral dece suc, du tronc aux branches, et vice versa. Il nie que ce fluide ait une circulation propre; mais il établit son ascension pendant le jour, et sa descente pendant la nuit. Il démontre que les feuilles sont des organes aspiratoires d’air et d’eau tout à la fois. On y trouve en outre une foule de remarques curieuses sur le système végétal, ainsi que sur la constitution de l’air atmosphérique , sujet dont il est l’un de ceux qui sesont le plus occupés. Une seconde édition de son livre parut en 1731; et en 1733 il y publia une espèce de suite, sous le Litre de : S{alicul Essays, containing hæmastalics, où il discute quelques questions fondamentales relatives à la physiologie, par exemple à la forceet à la célérité avec laquelle le sang est poussé dans les artères, à son retard dans les vaisseaux capillaires, à la surface du cœur et au poids du sang qu’il tient en suspension , aux effets de la respiration, et à la corruption de l'air par suite de la respiration.
On doit aussi une mention spéciale à un petit traité que -<omposa Étienne Hales dans un but tout philanthropique, et qu’il publia sous le voile de l’anonyme. Il est intitulé: Avis amical aux buveurs de vin, d'eau-de-vie, el autres liqueurs spiritueuses. Réimprimé maintes et maintes fois, et répandu gratis dans les classes pauvres, il contribua beaucoup à leur moralisation. En 1739 il fit paraître : £xpériences physiquessur l’eau de mer, le blé, la viande et autres substances, à l'usage des navigateurs. Un mémoire sur l’art de rendre potable l’eau de mer, et sur le broiement de la pierre dans la vessie, lui fit obtenir la même année la médaïlle d'or de la Société royale. L'une de ses plus utiles inventions fut sans contredit celle des ventilateurs, appareils destinés à renouveler l’air vicié dans les mines , prisons, hôpitaux , et à bord des navires; invention qu'il soumit en 1741 à l’examen de la Société royale. Les résulfats obtenus de l'application du ventilateur de Hales à assainissement de tous les lieux où un grand nombre d'hommes se trouvent réunis frappèrent le publie de surprise et d'admiration. C’est ainsi que dans l’une des prisons de Londres il fut constaté qu’au lieu de cent cinquante indi-
HALER — HALEVY
vidus qu’y enlevait régulièrement chaque année la fièvre des prisons , le chiffre de la mortaité se trouva ré‘uit à quatre dès qu’on eut pourvu cet édifice d’un ventilateur construit d’après les principes exposés par ce savant. En 1753 notre Académie des Sciences l’élut au nombre de ses associés étrangers.
Ses importants travaux scientifiques ne détournèrent jamais Hales de accomplissement de ses devoirs sacerdotaux. Doué d’uue admirable sérénité d’ésprit, de la piété la plus éclairée, il s’eut pas un seul ennemi. Pope parle du bon curé Hales, cemme du modèle de la vraie piété; Haller nous le représente comme «un homme pieux, modeste,
‘ardent au travail, et né pour la découverte de la vérité. »
Hales mourut le 4 janvier 1761, dans sa cure de Te Idington, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. 1l fut enterré sous la tour de l'église qu’il avait fait reconstruire à ses frais: La princesse de Galles, dont il avait été le chapelain ordinaire, lui fit élever un monument dans l’église de Westminster; l'inscription latine qui le décore omet de rappeler les services qu’il rendit à la science, et ne mentionne que son titre de chapelain ordinaire de S. A. R. Heureusement les ouvrages de Hales , traduits dans la plupart des langues de l'Europe, suffiront à perpétuer son nom parmi les physiciens.
HALESUS, Lapithe qui fut égorgé par le centaure Latreüs. aux noces de Pirithotüs. C'était aussi un ancien héros italique, fils d’un devin, au rapport de Virgile, ou fils naturel d’Agamemnon et tué par Évandre suivant une autre version. D’autres le représentent comme étant venu en Italie après le meurtre de son père Agamemnon, et y ayant fondé la ville de Falisques , ou, suivant Silius Italicus, celle d’Alsium.
HALEVY (Jacoues-FRomMENTAL-ELIE), l'un de nos com= positeurs les plus distingués, est né à Paris, le 27 mai 1799, et suivit dès l'âge de dix ans les classes de chant du Conservaloire. Bientôt il montra des dispositions pour le piano ; mais sa vocation pour la composition l’emporta décidément, et il en apprit les secrets sous la direction de Berton et surtout de Cherubini. En 1819, sa cantate Herminie lui valut le grand prix de composition musicale ; et avant de partir pur Rome, où suivant l’usageil devait passer deux années, on le chargea de mettre en musique , à l’occasion de la mort du duc de Rerry, le texte hébreu du De Profundis. Pendant son séjour à Rome, il se livra avec ardeur à létude de l'ancienne musique italienne, sous la direction de Baini. Déjà, bien avant son départ pour l'Italie, il avait composé la musique d’un‘opéra intitulé Les Bohémiennes ; mais les cabales et la concurrence empéchèrent la mise à l’étude de cette partition ainsi que de deux autres encore. A son retour en France, cependant, il parvint à faire représenter en 1827, à Feydeau, L’Artisan, opéra-comique , ouvrage dont le succès fut médiocre et que suivit Le Roi et Le Batelier, pièce de circonstance composée à l’occasion du sacre de Charles X, en société avec Rifaut. Son premier grand opéra, Clari, parut en 1829, au Théâtre-Italien. M°° Malibran y jouait le principal rôle, et la partition obtint un succès de vogue qui se soutint pendant longtemps. M. Halévy fit alors successivement paraître plusieurs petits opéras-comiques et diverses partitions de ballet, notamment Le Dilettante d'Avignon, La Tentation, Yella, La Lanque musicale, Les Souvenirs de Lafleur, qui ne firent que consolider de plus en plus sa réputation dans le public.
Cependant l’occasion favorable pour complétement populariser son nom et son talent lui avait toujours manqué jusque alors, quand H érold étant venu à mourir laissant inachevée la partition de Ludovic, pièce déjà à l'étude, l’administration confia à M. Halévy le soin de la terminer. Quoique le nom d’Hérold figurât seul sur l'affiche et eût été seul proclamé sur la scène, on ne tarda pas à savoir que la plus grande partie de cette partition, et notamment les morceaux les plus brillants, étaient dus au continuateur. Le succès de cet ouvrage fut grand, même à l’étranger, etins-
HALEVY — HALIFAX
pira à M. Halévy ie courage nécessaire pour entreprendre la composition de La J'uive (1835), opéra qui-mit le sceau à sa réputation et qui, malgré les vives et nombreuses cri ciques dont il a pu être l’objet, n’en obtint pas moins un succès européen. Depuis, la brillante partition de Guido et Ginevra a pu être accueillie aussi favorablement par le public; mais sous le rapport de la science elle est restée bien inférieure à ce grand ouvrage. Six mois plus tard, M. Halévy faisait représenter à l'Opéra-Comique L’Éclair, ouvrage dans lequel il a traité le genre léger avec autant de bonueur que de facilité ; depuis, Les Treize, Charles VI, La Reine de Chypre, Les Mousquetaires de la Reine, Le Val d'Andorre, La Féeauxroses, La Dame de Pique, La Tempesta, Le Juif errant, ont encore ajouté à la juste réputation de ce compositeur, dont il existe aussi de remarquables morceaux de musique d'église.
Professeur de musique au Conservatoire dès 1827, et
accompagnateur pour le piano au Théâtre-Italien , il fut nommé en 1829 directeur du chant au Grand-Opéra; en 1833, professeur de composition au Conservatoire, en remplacement de Kétis; et en 1836, l’Institut de France l’élut au nombre de ses membres, en remplacement de Reicha. On peut dire de M. Halévy qu'il a moins su ouvrir des routes nouvelles que parfaitement répondre aux exigences et aux caprices de son siècle. Moins original que Auber et Hérold, il l'emporte sur eux sousle rapport de la science et de la diversité; son instrumentation est riche et pleine d'effet. Nommé, en 1854, secrétaire perpétue] de l’Académie des Beaux-Arts, en remplacement de R. Rochette, il fit preuve dans ces fonctions d’un remarquable talent d'écrivain : ses notices , où il raconte la vie et apprécie le mérite de Blouet, Fontaine, David (d'Angers), Adam, attestent autant de science que de goût. Il travaillait à un grand opéra, qui avait pour sujet le Déluse, lorsque l’affaiblissement de sa santé inquiéta tellement sa famille qu'il se rendit à Nice pour y passer l’hiver, Mais il était trop tard, et la maladie de poitrine dont il souffrait avait fait de grands progrès. C’est là qu’il mourut, le 17 mars 1862. Son corps fut rapporté à Paris, et on lui fit les plus belles funérailles que puisse ambitionner un artiste,
Son frère cadet, Léon HALÉvy, né le 14 janvier 1802, à Paris, fit de brillantes études au collége Charlemagne, Obligé de renoncer, à cause de sa religion, à la carrière de l’enseignement qu'il aura it voulu embrasser, il étudia le droit et fut reçu avocat. Comme suppléant d’Arnault il professa, de 1831 à 1834, la litterature française à l’école Polytechnique; puis , en 1837, il entra au ministère de Pinstruction publique , devint chef de bureau, et fut mis en disponibilité en 1853, Comme la plupart des écrivains de ce siècle, M. Halévy a cultivé à peu près tous les genres de littérature. En poésie nous citerons ses deux recuvils de Fables (1843 et 1853, in-12), couronnés par l’Académie française; la Grèce tragique (1846-68, 3 vol. in-8), choix de traductions que la mêie compagnie a évalement distingué; les drames de Macbeth, de Luther et d’Électre. Il aussi fourni au théâlre un certain nombre de vaudevilles.
HALÉVY (Lupovic), fils du précédent, né à Paris en 1834, s’est fait une réputation dans le monde dramatique en écrivant pour les scènes de genre, en collaboration avee Meilhac ou Crémieux, des bouffonneries qui ont eu le plus grand succès; telles sont par exemple : Orphée aux Enfers (1861), le Brésilien (1863), la Belle Heiè.e (1865) la Vie parisienne (1866), La Grande D chesse (1867), Froufrou (1869), les Brigands (1870), Le Réveillon (1872). Employé au ministère d’'É tat, puis rédacteur au Corps législatif, il a donné sa démission en 1864. |
BALICARNASSE, jadis capitale de la Carie, dans l'Asie Mineure, et résidence des rois de cette contrée, fut fondée par une colonie dorienne sur la côte méridionale du solfe céramique, Cette ville jouissait dans l'antiquité d’une £rande réputation, tant pour avoir donné le jour aux deux
DICT. DE LA CONVERS. — T, x.
historiens Hérodote et Denys, qu’à cause du magnifique monument que la reine Artémise y avait fait lever à la mémoire du roi Mausole, monument qui a élé retrouvé en 1857. Sur les ruines d'Halicarnasse s’elève aujourd’hui le petit village de Boudron ou Bodion,
HALICZ ou HALITSCH, ville du district de Stanislæu, en Gallicie, dans une contrée fertile, sur les bords du Dniester, est le siége d’un tribunal de district, a une église greco-catholique, deux synagogues et compte 2,500 habitants, la plupart juifs caraïtes, qui fabriquent des savons et exploitent les sources salées des environs. À quelque distance de la ville, sur une colline escarpée, on remarque les ruines du château fort de Halicz, où les souverains du grand-duché et du royaume de Halicz (d’où vint plus tard le nom de Gallicie) et depuis 1375 les archevèques firent leur résidence jusqu'à la réunion, en 1416, de cet archevêché avec celui de Lemberg. La ville, bâtie au commencement du douzième siècle, a eu beaucoup à souffrir des guerres du moyen âge.
HALIFAX, ville très-industrieuse du comté d’York , située dans une vallée étroite, bordée de jolies collines et coupée par le bras oriental du Calder, que l’on traverse sur un pont de six arches de 200 mètres de long, et qui est mis en communication avec le canal de Rochdale par un tunnel et deux viaducs. Les rues d'Halifax sunt en général étroites et irrégulières ; mais on y trouve quelques beaux monuments, entre autres une église gothique, une autre dans le
style grec, un théâtre, la halle aux draps (Piece-hall), bàtiment simple, mais très-spacieux, et un magnifique hôtel-de-ville, terminé en 1862. Halifax, qui en 1433 n’était encore qu’un misérable village au milieu d’un désert, possède plusieurs écoles et sociétés savantes, et compte (1871) 65,124 habitants, occupés dans un grand nombre de fabriques de laines, de draps, de mérinos, de chalons, de serge, de point d’Angleterre, de cardes. Halifax fait un commerce étendu, singulièrement favorisé par les canaux et les chemins de fer qui la relient à Hull, Manchester, Liverpool, Lancaster, Leeds, Wakefield, etc.
HALIFAX, place forte et chef-lieu de la Nouvelle- Écosse (Conféd, du Canada), dans le comté de son nom, sur la côte orientale de la presqu'ile, est le siége du gouneur, du conseil et de l’assemblée, ainsi que d’un évêque anglican. Son port, un des plus beaux du monde, en fait un des entrepôts les pius importants du commerce de lempire britannique. Une baie d'environ 9 kilomètres de profondeur, rétrécie au milieu par une île, s’élargit ensuite et forme le bassin de Bedford, qui peut facilement contenir 1,000 grands vaisseaux. Ce port est regardé comme un des boulevards maritimes de l'Océan; il est une des principales stations des paquebots transatlantiques, et en temps de guerre ii peut offrir aux croiseurs et aux navires marchands un abri d'autant plus sûr que l'entrée en est parfaitement fortifiée. Fondé en 1749, Halifax a été fréquemment ravagé par des incendies; mais il est toujours sorti plus beau de ses cendres. Sa population s'élève (1871) à 25,026 hab., et sa prospérité ne peut que croître. Un canal unit le port aux baies de Cobequid et de Fundy. Le Dockyard ou magasin maritime occupe une surface de 560 a:es, et forme le principal entrepôt pour les colonies,
HALIFAX (Georces SAVILLE, marquis p’), fidèle partisan de la maison des Stuarts à l’époque de la révolution, né dans le Yorkshire, en 1630, contribua activement à la resfauration de Charles II, qui en 1668 le nomma lord Saville d'Eland; en 1672, membre du conseil privé; en 1679, marquis d'Halifax, et en 1682, garde des sceaux. Jacques Il Payant éloigné du ministère après lavoir fait président du conseil, il entra dans l'opposition ; et lors du débarquement du prince d'Orange, Guillaume Ill, fut un des premiers à se déclarer en sa faveur, en 1689. Nommé par le nouveau roi secrétaire du sceau privé, il fut derechef disgracié, et se jeta encore une fois dans les rangs de l'opposition, qu'il ne quitta plus qu'à sa mort, arrivée en 1695. Homme d’es-
prit, il a laissé quelques écrits satiriques, entre autres les Mémoires d'un homme qui nage entre deux euux, le Caractère de Charles II, et les Maximes politiques.
HALIFAX (Cnarces MONTAGUE, comte p°), homme d’État et poëte anglais, né le 16 avril 1661, à Horton, dans le Northamptonshire , fit ses études à l’école de Westminster et à Cambridge. Par un poëme qu'il composa en 1695 sur la mort de Charles JL, il attira sur lui l'attention du comte de Dorset, qui le fit entrer dans la diplomatie. Plus tard, comme membre du parlement, il contribua à appeler le prince Guillaume d'Orange au trône d’Angleterre. Un second poëme sur la bataille de la Boyne lui valut du nouveau roi une pension de 500 livres sterling. Il fut ensuite nommé commissaire de la trésorerie, membre du conseil privé, et en 1694 chancelier de l’échiquier. En cette qualité, il fit fabriquer, jusqu’en 1696 , de la monnaie de fort mauvais aloi, présenta le plan d’un fonds de réserve que Walpole utilisa plus tard pour Pétablissement de son fonds d'amortissement, et en 1697 émit pour deux millions sterling de bons du trésor, à l'effet de suppléer à l’absence du numéraire; mesures qui lui valurent le surnom de Machiavel anglais. En 1698 Il fut nommé premier commissaire du trésor et membre de la régence instituée pendant l'absence du roi. En 1700 on le créa pair du royaume, sous le titre de baron de Hadifaxæ. Quoique la reine Anne l’eût éloigné du ministère, il s’employa en 1706 dans le parlement pour faire prononcer Ja réunion de l'Écosse avec l'Angleterre; et après la mort de la reine ce fut lui qu’on chargea d’aller porter à Georges I* l’acte du parlement qui appelait la maison de Hanovre à monter sur le trône d’Angleterre. Georges I* le nomma comte, lui donna l’ordre de la Jarretière, et l’appela à remplir de nouveau les fonctions de premier commissaire de la trésorerie. Mais, trompé dans son espoir d’être nommé premier lord de la trésorerie, il passa dans les rangs de l’opposition, formée alors par les tories, et y lutta jusqu’à sa mort, arrivée le 19 mai 1715. La même année on publia ses poésies et des matériaux pour sa biographie. Johnson a inséré dans ses Ænglish Poets les productions poétiques d’'Halifax, qui contribuèrent bien moins à lui faire un nom dans le monde littéraire, que la généreuse protection qu’il accorda aux gens de lettres, entre autres à Addison, à Pope et à Swift,
HALITUS, mot latin qui signifie souffle, exhalaison : on l’emploie quelquefois dans le langage médical pour désigner la transpiration à l’état de vapeur qui s’exhale de la peau, et l’on dit que la peau est halitueuse quand elle offre au toucher cette chaleur moite qu’on observe surtout dans les maladies jimflammatoires du poumon.
HALL (Base), marin et voyageur anglais, était fils de sir James Hall (1760-1832), qui s’est fait connaître par ses travaux scientifiqnes et surtout par son Æssai sur l'origine, les principes el l’histoire de l'Architecture gothique (Édimbourg, 1813). Né en 1789, le jeune Hall entra, en 1802, comme midshipman dans la marine royale, servit en Amérique, dans les Indes orientales, dans la Méditerranée, et traversa rapidement les grades inférieurs. Lorsqu’en 1816 lord Amherst fut envoyé en Chine avec une mission diplomatique, Hall reçut le commandement du sloop La Lyre, attaché à l'expédition. Il profita de son séjour dans les mers de la Chine pour visiter les côtes de la Corée et les îles Lieu-Khieu, sur lesquelles il a publié les renseignements les plus précis et les plus détaillés qu’on possède, dans son Account of a Voyage of discovery to the west coast of Corea and the Great Loochoo Island (Londres, 1818). Élevé au grade de capitaine de la flotte, il fit sur les côtes de l'Amérique du Sud une campagne qu'il a décrite dans ses £xtracts from a Journal written on the coast of Chile, Peru and Mexico in 1820-1822 (f824, 2 volumes). A son retour, il se retira du service actif, En 1825, il épousa une fille de sir John Hunter, avec qui fl entreprit, en 1827 et 1828, une excursion dans les États- Unis, Le livre qu’il publia sur ce voyage (Travels in North-