‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 484 sur 552 · CHAMPAGNAC · texte numérisé non relu

CHAMPAGNAC

HAMILTON (Sir Wizram), philosophe anglais, néle 8 mars 1788, à Glasgow, descendait d’une branche collatérale de la famille ducale d’Hamilton. Quoique son père et son grand-père eussent occupé avec honneur la chaire d'anatomie à l’université de Glasgow, il suivit, après avoir pris ses grades à Oxford, la carrière du droit, et se fit inscrire, en 1813, au barreau d’Édimbourg. Sur la présentalion de la faculté des avocats il obtint, en 1821, la chaire d’histoire générale à l’université. Maïs c'était vers l'étude de la philosophie que ses goûts le portaient ; et il fournit, de 1829 à 1832, à la Revue d'Édimbourg, une série d'articles qui attirèrent l'attention sur lui. Aussi, en 1836, fut-il nommé, à la suite d’un brillant concours, professeur de logique à la même université. Ses leçons donnèrent une vie nouvelle à cette branche de l’enseignement; il les continua au milieu d’une affluence d’auditeurs de plus en plus grande, et malgré la paralysie qui le frappa dans ses derniers jours, jusqu’à sa mort, arrivée le 6 mai

1856. Outre les éditions des Œuvres de Thomas Reïd, et de Dugald Steward (1856), on a de lui : Lectures on logic and metaphysics (1859-1861, 4 vol. in-8°), recueil posthume publié par les soins de deux de ses collègues. Hamilton est le dernier représentant de l’ancienne école

DICT, DE LA CONYERS, — Ts Xe

écossaise. Doué d’un remarquable talent d'analyse, il s’appliqua surtout à concilier les théories allemandes avec celles de ses maîtres; c’est un penseur profond, un métaphysicien rigoureux, qui à rajeuni la philosophie du sens commun avec une grande vigueur de style. (Voyez J.-S. Mill, Examen du syslème de sir W. Hamilton; 1865.) P. Louisy.

HAMILTON (Méthode). James Hamizron, inventeur de la méthode propre à faciliter l'étude des langues étrangères qui porte son nom, était né à Londres, en 1775. En 1798 il vint s'établir à Hambourg, où, sous la direction d’un émigré français, le général d’Angély, qui y faisait le métier de maître de langues, il apprit l’allemand d’après une méthode particulière à son professeur, et sans commencer par la grammaire. En 1815 il se rendit aux États-Unis, et se mit à enseigner à New-York les langues anglaise et allemande d’après la méthode qui lui avait servi à lui-même pour apprendre le français, et qu’il avait successivement perfectionnée. Il mourut à Dublin, en 1831

Le caractère distinctif de laméthode Hamilton, c'est que l'élève y est amené à s'approprier d’abord la connaissance des mots, à pouvoir traduire dans sa propre langue des membres de phrase et des phrases entières d’une autre langue, et vice versa, sans que le maître ait fait autre chose que de lui indiquer d’abord le sens littéral des mots; sens qui, dans la connexion des membres d’une phrase ou d’un discours, s’inculque dans son esprit par l’association des idées. D’après cette méthode, l'élève apprend d’abord à traduire; et la forme grammaticale de chaque mot est exactement repraduite par l'équivalent, sans avoir le moins du monde égard à la construction, au génie, à l'élégance et à la clarté de la langue maternelle. C’est la traduction rigoureusement littérale de l’idiome étranger qui doit conduire l'élève à le con. naître à fond. On continue ainsi par degrés, de telle sorte que chaque phrase nouvelle doit être parfaitement comprise et presque gravée dans la mémoire, avant qu’on passe à la suivante, et on revient toujours sur les précédentes. Poar faciliter à l’élève la répétition de cet exercice, on lui met entreles mains le texte choisi pour la leçon, avec une traduction interlinéaire rigoureusement littérale. Aussitôt qu'il est parvenu à trouver la construction des phrases et à pouvoir lire tout seul, on le fait lire le plus possible, afin de lui faire connaître un cercle de mots toujours plus étendu. Quand il en est arrivé là, mais seulement alors, il apprend la classification des mots, la terminologie de leurs différents rapports, les règles de leur association, et la grammaire devient dès lors sa principale étude. Une fois qu’il est initié aux règles de la grammaire, il apprend de la même manière à traduire de sa langue maternelle dans la langue étrangère, et bientôt il n’éprouve plus de difficultés à exprimer ses idées dans la langue qu’il cherche à s’approprier.

La méthode d'Hamilton fit sensation, non-seulement à New-York et en Amérique, mais encore en Angleterre, en Allemagne et en France. Cependant, elle y rencontra d’ardents adversaires, qui lui reprochèrent de trop se préoccuper du but matériel de l’étude des langues et de tout à fait négliger le développement et l'exercice de la faculté de penser, ainsi que la connaissance fondamentale de la grarmimaire; reproches vrais jusqu’à un certain point. La méthode d’Hamilton n’en a pas moins trouvé d’ardents prôueurs, partout où l'étude des langues étrangères a été placée sous son invocation. Seulement, il est à regretter que de tous côtés le charlatanisme se soit empressé d'exploiter un nom qui faisait du bruit et de tromper le public en l’appliquant à de prétendues méthodes qui n’ont rien de rationnel. A maintes reprises, les adversaires de la méthode Hamilton ont fait observer avec raison qu’au fond elle n’avait absolument rien de nouveau; mais ce ne saurait être là un motif suffisant pour infirmer la valeur qu’elle peut avoir. Parmi les juifs 1 y a des siècles que l’hébreu s’enseigne de la sorte. Il y a aussi plus de deux cents ans qu’il existe d' ivres latins avec traduction interlinéaire , destinés à seconder le maître das

«on enseignement. La méthode de Jacotot a, il est vrai, |

quelques rapports avec la méthode d’Hamilton; mais elles diffèrent toutes deux essentiellement dans les détails. HAMISE, rivière de l'Algérie, qui prend sa source dans le petit Atlas et vient se jeter dans la rade d’Alger, non loin du cap Matifou, presque en face d'Alger, Formée de deux bras se réunissant près de la route d’Alger à Constantine qui passe par le camp du Fondouk, elle traverse la route d'Alger à Boudouaou, près de la ferme du Bey (haouch el Bey), et va se perdre, après quelques détours, par une échancrure percée dans les collines qui bordent la mer. L. LOouvEr.

HAMLET, prince danois fabuleux, dont il est fait mention dans les anciennes chroniques, notamment dans Saxon le Grammairien, et qui jouit aujourd’hui d’une immense renommée, grâce à une tragédie de Shakspeare. On prétend qu'il vivait 500 ans avant J.-C., suivant les uns en Séelande, où l’on montre encore aujourd’hui son tombeau, dans le pare du château de Marienlust, près d’Elseneur, ainsi que la petite rivière dans laquelle Ophélia se précipita, et suivant les autres en Jutland. Les noms des personnages qui figurent dans cette légende varient beaucoup : ainsi le prince y est appelé tantôt Aminth, tantôt Amleth, l’usurpateur tantôt Claudius Fago, tantôt Fengo, etle père de Hamlet tantôt Hervondillus et tantôt Hornwendel , etc. Le récit des faits diffère peu de celui dont Shakspeare a formé sa fable ; seulement la catastrophe finaleest tout autre. Dans la légende, Hamlet épouse Hermuntrut, princesse écossaise; mais comme sous-roi de Jutland il est vaincu par le roi des Danoïis, Viglet, dans les landes du Jutland; alors Hermuntrut manque au serment qu’elle a prêté de partager la destinée de Hamlet, et même de mourir avec lui, et elle épouse le roi danois Viglet. Ce sujet, qui, sauf la démence simulée de Hamlet, ne comporterait que peu de détails intéressants pour un observateur vulgaire, Shakspeare l’a développé avec une originalité et une hardiesse pleines de génie. I] lui a servi à composer une tragédie où, renonçant à ne traiter que l'élément purement romantique, il osa le premier aborder les questions philosophiques et les subtilités métaphysiques. C’est de toutes les tragédies de ce poëte celle à laquelle la critique a donné le plus d'importance et d'attention, sans jamais parvenir à l’élucider complétement. Le rôle d'Hamlet surtout embarrasse le commentateur. 1l en est de même pour l’acteur chargé de le représenter, et qui pour le bien saisir devra attentivement étudier l’analyse critique, si ingénieuse et si profonde à la fois, bien qu’elle ne soit pas acceptable sur tous les points, que Gœthe a donnée de l’œuvre de Shakspéare dans son Wilhelm Meister.

HAMMAN-MEZ-RHOUTINE (Eaux minérales de), en Algérié, situées à seize kilomètres de Ghelma. Elles ont été visitées ou décrites par MM. Ch. Sédillot, Baudens, Ernest Boudet, Bégin, Malle, etc., peu de temps après la conquête de Constantine ; plus tard MM. Tripier, Millon, O, Henry, les ont analysées. Ces eaux sont très-remarquables à plus d’un titre. D'abord, ce sont les premières eaux minérales dans lesquelles, grâce à M. Tripier, la présence d’un sel arsénical ait été constatée. Elles ont une température très-élevée et même brûlante (76 degrès R. ou 95° cent.) : c’est-à-dire qu’il ne manque que cinq degrés centigrades pour qu'elles soient bouillantes, ce qui les différencie de toutes les sources de l’Europe : celles de Chaudes-Aigues, les plus chaudes de la France, ont seize degrés de moins (79° cent.). Une troisième singularité pour le moins aussi étonnante, c’est que, quoique renfermant de l'arsenic, les habitants non superstitieux du pays y font cuire des légnmes, s’en servent sans inconvénient comme boisson et pour les usages domestiques. Les sources en question sont des chaudières toujours disponibles, et sans cesse utilisées, sans que jamais il en résulte d'accidents, 11 y a plus : bien que quasi bouillantes et quoique arsénicales, ces eaux sont remplies de poissons dont on ne dit point l'espèce, mais qui paraissent s'y plaire et y prospérer : quatrième singularité.

HAMILTON — HAMMAN-MEZ-KHOUTINE

Les eaux d’Hamman-Mez-Khoutine sont en outre inœustantes, comme celle de Saint-Allyre en Auvergne. Des jets d’eau invisibles déposent des sels calcaires composant des cônes d’un blanc tacheté de jaune, qui servent de conduits à ces jets d’eau. Ces cônes calcaires, qui livrent passage à l'eau par un canal creusé à leur centre, sont progressivement accrus par les sels que cette eau dépose dans sa chute en se refroidissant. Mais le liquide minéral prend une autre direction, et va produire ailleurs un nouveau cône calcaire, dès que le sommet de l’ancien cône est oblitéré ; et c’est le fait de cette oblitération qui décide de l’élévation et da la multiplicité de ces dépôts salins. Déjà les six sources (car tel en est le nombre) sont entourées d’environ 70 de ces pyramides blanchâtres el calcaires, dont plusieurs s'élèvent de 3 à 5 mètres au-dessus du sol, formé là de travertin.

Les eaux d’Hamman-Mez-Khoutine vont finalement se perdre dans la Seybouse, rivière que la majorité des Arabes considèrent comme insalubre, et dont ils se gardent de boire, et fort judicieusement; car si l’eau minérale prise aux sources mêmes ne renferme que de très-petites quantités d’arsenic, il n’en est pas ainsi de la rivière, dans les eaux froides de laquelle s’amassent et se précipitent depuis des siècles, les dépôts insolubles et arsenicaux des sources thermales d’'Hamman-Mez-Khoutine. Les six sources jaillissent au pied d’un plateau élevé dont le plan s'incline. Be loin ces sources sont signalées par des flots de vapeurs épaisses, qui s’exhalent de ces eaux presque bouillantes, par les nombreuses pyramides calcaires dont nous avons parlé, et qui ressemblent aux tentes d’un camp, de même que par les bosquets touffus et peuplés d'oiseaux que forment près de là des lauriers-roses magnifiques, des oliviers sauvages, des jujubiers et des lentisques d’une belle venue. IL sy rencontre même des smilax et des graminées assez vigoureuses, productions phénoménales au voisinage de sources qui passent pour être soufrées. Près de là sont les débris d'anciens édifices thermaux, qui furent sans doute élevés par les Romains. L'eau minérale d'Hamman-Mez-Khoutine fournit, après évaporation, { gramme 77 centigr. de principes fixes, savoir : chaux et soude sulfatées ; soude et magnésie chlorurées ; chaux, soude et magnésie carbonatées; silice et silicate en petites quantités ; zinc carbonaté; barégine et matière organique, comme dans les eaux sulfureuses des Pyrénées ; et enfin des traces très-évidentes d’arsenie (arséniate de chaux ou de baryte). Ce sont surtout les dépôts formés par ces eaux qui offrent les traces d’arsenic les plus distinctes , puisqu'on a pu non-seulement en former des taches sur porcelaine au moyen de l'appareil de Marsh, mais en composer un anneau métallique, ainsi que l’a prescrit l’Académie des Sciences de Paris pour, les expertises de médecine légale.

Tout porte à croire que les sources d’Hamman-Mez-Khoutine sont des eaux sulfureuses dégénérées, ainsi que semblent en témoigner les sulfates subsistants. A l'égard des dépôts calcaires que nous avons dit s'élever en cônes d’une dimension inégale, et quelquefois géminés , dont plusieurs portent à leur sommet (sans doute à l’occasion des graines apportées par les vents), des grenadiers et d’autres arbustes, nous avons ajouté qu'il existe de ces dépôts dont la hauteur ne dépasse pas un mètre , et qui fort nombreux , rangés commeen cercle, et laissant entre eux des espaces assez réguliers, ont laissé dans l'esprit de quelque observateurs des doutes quant à leur origine, qu'ils inclineraient à attribuer à la main capricieuse de l’homme. Le fait est que beaucoup d’Arabes voient dans ces concrétions pittoresques un effet de la colère divine, Ce serait, suivant eux, une foule impie et joyeuse, subitement transformée en pierres funéraires propres à frapper d’un salutaire effroi quiconque aurait la tentation de transgresser les ordres du prophète, Quelques personnes ont pensé que le nom de Bains maudits, qu'ont reçu les sources d’Hamman-Mez-Khoutine, pouvait se rapporter à l’arsenic que renferment ces eaux minérales, et

HAMMAN-MEZ-KHOUTINE — HAMPDEN

peut-être aux accidents qu’elles ont pu occasionner autrefois, Cependant ceux qui en usent aujourd’hui sans préjugé, soit en breuvage, soit sous forme de bains, ou pour les soins culinaires, n’en éprouvent aucune incommodité, Il y a plus, les habitants du voisinage, loin d’être maladifs et souffrants, jouissent de la santé la plus expresse; et d’ailleurs les médecins de nos jours ne se font aucun scrupule d'employer l’arsenic à petites doses dans un certain nombre de maladies, en particulier pour couper les fièvres intermittentes, dans le traitement de quelques maladies de la peau, etc. Les liqueurs de Fowler et de Pearson, qui sont arsénicales, ne sont pas d'invention très-récente ; il y a de longues années, et bien avant le docteur Bondin, que les médecins font usage de l’arsenic, Rappelons, en outre, que l’arsenic a été retrouvé tout dernièrement en Europe dans un très-grand nombre d’eaux minérales fréquentées, dont l’arsenic expliquerait en partie l'efficacité , efficacité dont leurs autres principes fixes ne rendraient qu’un compte insuffisant. Des malades visitaient déjà PAlgérie dans le but de se préserver de la phthisie pulmonaire ou pour arrêter les progrès de cette maladie si grave; on pourra s’y rendre aujourd'hui pour quelques engorgements d’entrailles et quelques dermatoses, afin de prendre de l’arsenic préparé à petites doses par la nature elle-même, qui a, dans le sein de la terre, au centre mystérieux des montagnes, des laboratoires si actifs et des procédés si impénétrables.

On connaît encore en Algérie les eaux minérales d’'Hanman-Berda (près de Ghelma) et celles d'Hamman- Rhiza (près de Miliana). D' Isidore BourDoN.

HAMMERFEST, chef-lieu du bailliage de Finmark (Norvège), la ville située le plus près du pôle nerd qu’il y ait au monde, bâtie dans une contrée sauvage, entièrement dépourvue d’arbres, au fond d’une baïe, dans l’île de Qvaaoe (Iles des Baleïnes), se compose d’une rue unique, qui s’étend au pied d’un rocher à pic, et ne compte guère que 1,125 âmes. Elle est pourvue d’un bon port; on y trouve une église, plusieurs grands magasins, un bureau de douanes et deux auberges. En été cette petite ville offre l'aspect le plus animé ; car dans l’espace de quelques mois on y voit arriver jusqu’à deux cents bâtiments, soit norvégiens, soit étrangers, surtout russes, qui viennent y échanger des farines, des chanvres, etc., contre des poissons secs, de l'huile de baleine, des peaux de renne, de renard, de l’édredon

et du cuivre. Le mouvement de ce port avec l'étranger ne laisse pas d’être considérable : en 1856 il avait atteint 11 millions de fr. Il est fréquenté par 250 à 300 bâtiments par an.

HAMMER-PURGSTALL (Joserx, baron DE), célèbre orientaliste, est né en 1774, à Grætz, en Styrie. Après avoir pris partà la publication du Dictionnaire arabe-persanturc de Meninski, M. de Hammer devint, en 1796, secrétaire du baron de Jenisch, référendaire à la section orientale du ministère des affaires étrangères. A cette époque déjà il traduisit un poëme turc sur la fin des choses. En 1799 il alla à Constantinople en qualité de jeune de langue attaché au savant internonce, baron de Herbert, qui l’envoya bientôt après en Égypte avec une missionrelative aux consulats; etil y acheta pour la bibliothèque de Vienne un grand nombre de manuscrits arabes. Après avoir fait la campagne d'Égypte, en qualité d’interprète et de secrétaire sous Hut- Chinson, Sidney-Smith et Jussuf-Pacha, contre le général Menou, il se rendit vers la fin de 1801 en Angleterre par Malte et Gibraltar. L'année suivante il alla de nouveau à Constäntinople remplir les fonctions de secrétaire de légation auprès de l'internonce baron de Sturmer, et en 1806 il fut envoyé en qualité de consul en Moldavie. Nommé en 1814 interprète près la chancellerie secrète de l'empire, puis conseiller aulique en 1817, il hérita en 18335 des biens de la comtesse de Purgstall, et fut alors élevé à la dignité de baron, sous le titre de Hammer-Purgstall. En 1842 il prit sa retraite, et depuis lors il vit tout entier à la science, dans les propriétés qu'il possède en Styrie, Voici la liste

de ses principaux ouvrages : Constitulion politique el administrative de l’Empire Olhoman (2 vol., 1816); Histoire des Assassins (1818); Constantinople el Le Bosphore (2 vol., 1821); et surtout Histoire de l’Empire Othoman (10 vol., 2° édit., 1835-36); Histoire de la Poésie Othomane (4 vol., 1836-38); Histoire 'e la Horded’Or (1840-43); Histoire de la Liltérature Arabe (Vienne, 1850-1857, 4 vol.). Ces publications abondent en matériaux curieux sur l’histoire et l’état intellectuel de lOrient. On estime moins les éditions qu’il a données de différents monuments littéraires orientaux, attendu qu’elles manquent de l’exactitude philologique nécessaire. Enfin, c’est àälui et à Rzewuski qu’on doit le recueil des Mines d’Orie € (Vienne, 6 vol. , 1810-19). Il est morten 1856.

HAMMIRSMITH. Voyez Lonores.

HAMON (Jean Louis), peintre français, est né le 5 mai 1821, à Plouha (Côtes-du-Nord). Fils de pauvres cullivateurs, il appritle dessin chez les frères de l'école chrétienne, et entra ensuite dans leur institut en qualité de novice. L'usage du pinceau lui ayant été interdit, il quitta le froc et s’en vint à Paris, où il fut admis dans l'atelier de Paul Delaroche. De 1848 à 1852 il fut attaché à la manufacture de Sèvres. Ses débuts au Salon datent de 1848; mais ce n’est qu'à celui de 1852 qu’un charmant tableau de genre, a Sœur n'y est pas, le fit sortir de pair. Après l'exposition universelle de 1855, il fut jugé digne de la croix d'honneur. Toutes ses œuvres sont conçues avec un sentiment exquis, une grande habileté d'exécution, un coloris harmonieux et léger ; on lui a reproché cependant d'être terne et de tomber dans la monotonie. M. Hamon se plaît à imiter les anciens, et on a qualifié sa peinture

e genre pompéien. k i

HAMPDEN (Joux), célèbre patriote anglais, naquit à Londres, en 1594, et alla étudier le droit à Oxford. En 1625 il fut envoyé à la Chambre des Communes par le bourg de Grampound, et y vota avec ceux des membres de cette assemblée qui se prononcèrent contre le mariage de l’héritier du trône avec l'Infante d’Espagne, et qui conseillèrent au gouvernement anglais de prendre la défense du protesfantisme en Allemagne. Toutefois ces votes ne lui attirerent point encore les méfiances particulières de la cour. C’était un esprit ferme et modéré. Son intelligence supérieure lui fit deviner un grand homme dans Cromwell, son parent, alors que le futur protecteur du royaume m'était qu’un de ses obscurs collègues à la chambre des communes.

Charles I avait établi sans le parlement un impôt connu sous le nom de {axe des vaisseaux. En 1636, les magistrats du comté qu’habitait Hampden, dans la répartition de cet impôt, le firent contribuer pour une somme modique, pour la somme de vingt schellings (25 francs). Hampden refusa de payer la taxe, et demanda des juves. J1 soutint devant la cour du Banc du Roi l'illégalité de l'impôt, mais avec réserve, et en conservant du respect pour la couronne. Il futcondamné. Cette résistance légale lui acquitune grande popularité, et bientôt il devint l’un des chefs les plus importants du parti républicain. Cependant il y eut un moment de découragement pour cette âme héroïque; il désespéra de la liberté, et forma le projet, avec son cousin Cromwell et d’autres, de passer en Amérique. Mais les destinées devaient s’accomplir. Ce fut sur l’ordre exprès de Charles 1°* que des empêchements absolus furent mis au départ des émigrants. Hampden fut alors réélu au parlement dont la session commenca en 1640, et ne tarda pas y être regardé comme lun des chefs de l'opposition. En 1642 Charles 1°* voulut le faire arrêter avec quatre autres membres influents de la chambre des communes , Pym, Hollis, Strode et Hasleris. Le roi se rendit lui-même à la chambre pour assurer P’arrestation de Hampden et de ses amis. Ils quittèrent la salle, et Charles I*° fut accueilli par un morne silence, suivi bientôt du cri : privilége ! Dès cette année commença la guerre civile; Hampden y prit une part active. Il était, sons le comte d’Essex, l'homme le plus important de l'arme.

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