HANGAR — HANNETON
la plus méridionale de la Finlande, et commande l’entreé du golfe de Finlande au nord, comme l'île de Dagæ la commande au sud. Sur un flot situé en avant du cap s'élève un phare momentanément éteint aujourd'hui, en raison de l’état de guerre actuel de la Russie contre les deux grandes puissances maritimes, et le cap est lui-même dominé par une forteresse appelée Gustafsværn. De chaque côté du cap se trouve une belle rade, mais dont les entrées sont rendues également périlleuses par un grand nombre de récifs placés à fleur d’eau, et entre lesquels il y aurait imprudence à s'engager sans pilote, On donne le nom de baie d'Hange à la rade située au nord du cap et au sud de l'ile de Kimito, et qui peut admirablement servir de station à l'escadre que de bons pilotes y auront fait entrer. C’est à la hauteur du cap d'Hangæ, et non loin des récifs qui le flanquent de lous côtés, que Pierre le Grand gagna sa première victoire navale. A la tête d’une division de sa flotte de Cronstadt, il 3 attaqua, le 27 juillet 1714, la flotte entière des Suédois, composée d’une frégate et de neuf cha- Joupes ou galères portant en tout 116 bouches à feu; et après un combat des plus vifs, qui dura deux heures, il força l'amiral suédois à amener son pavillon. Toute la petite escadre suédoise fut capturée.
HAN-LIN. Ces mots chinois signifient forét de pinceaux. Ils servent à désigner dans le céleste empire un corps lettré, une véritable académie politique et littéraire, fondée dès les premières années du septième siècle de notre ère, par l’empereur Hiouan-Tsong, de la dynastie des Thang. Comme c’est avec le pinceau qu’en Chine on trace l'écriture, on comprend que la dénomination de Han-lin est une allusion à Pinstrument dont se servent constamment les membres de ce docte corps, en possession de fournir ies historiographes de l'empire, ainsi que les censeurs impériaux, dont la juridiction s’étend depuis le plus humble citoyen jusqu’à l’empereur lui-même. Au lieu d’être le fruit d'efforts isolés, tous les vuvrages produits par le Han-lin-y youan (collége des Han-lin) sont des œuvres collectives. Tant de savants y concourent, qu'il est difficile qu’il s’y glisse des fautes ou des erreurs. Cette académie publie chaque année d’excellents livres, et multiplie les éditions avec commentaires des livres anciens, imprimés aux frais du gouvernement et avec magnificence par les presses impériales. lis sont distribués en présents aux ministres, aux princes et aux principaux fonctionnaires publics ou lettrés de l’empire. Vers la fin du siècle dernier, l’Académie des Han-lin avait commencé , par ordre de l’empereur Kien-Loung, une espèce de bibliothèque choisie, qui devait se composer de 160,000 volumes. En 1818 il avait déjà paru 78,731 volurnes de cette collection encyclopédique, qui n’a pas d’équivalent dans les littératures européennes, et dont quelques sections, relatives à la musique et à l’histoire, se trouvent à la Bibliothèque impériale de Paris.
HANNARS , peuplade d’origine slave, fixée dans la partie de la Moravie à laquelle on donne le nom de Hanna, district d'environ 20 myriamètres carrés et l’un des plus fertiles de toùte la contrée. Les Hannaks prétendent être les habitants aborigènes de la Moravie, et se distinguent de leurs voisins par leur dialecte, leur costume et leurs Inœurs. Hospitaliers, grands travailleurs, et dès lors jouissaut d’un remarquable état d’aisance, ils s’enorgucillissent de leur origine et évitent de s’allier avec d’autres races. Ils aiment passionnément la musique et la danse, et leurs mélodies nationales sont remarquables par les tons doux qui y dominent.
HANNETON, genre d'insectes coléoptères pentamères, famille des lamellicornes, tribu des scarabéides phyllophages, établi par Fabricius aux dépens des scarabées de Linné, L'Europe seule fournit vingt-trois espèces à ce gen-
re, et le nombre de celles des autres contrées de la terre s’élève actuellement à cent quatorze, décrites et placées dans les cabinets d'histoire naturelle. Les caractères génériques des hannetons sont les suivants : Deux antennes courtes,
en masse, de dix articles; la bouche munie d’une lèvre supérieure et de mandibules ; cinq articles aux tarses. Quelques espèces sont très-velues, et d’autres, au contraire, tout à fait lisses; mais ce qui les différencie principalement, c'est que les unes sont assez rares pour n'être connues que d’un petit nombre de curieux, tandis que d’autres ne le sont que trop, par leur multiplication excessive et les dégâts qui en sont la conséquence inévitable. Toutes celles dont on a pu observer les métamorphoses passent dans la terre le premier temps de leur existence, et n’en sortent que dans l’état d’insecte parfait. Les larves se nourrissent aux dépens des racines des plantes, changent plusieurs fois de peau jusqu’à leur entier accroissement, passent plus ou moins de temps dans l’état de chrysalide, sous une enveloppe de forme globuleuse et assez solide. Elles sont très-sensibles au froid, et s’enfoncent dans la terre jusqu’à la couche dont la température ne varie point; elles ne la trouvent quelquefois, sous le climat de Paris, qu’à 17,65 de profondeur. Comme les larves du hanneton vulgaire (melolantha vulgaris) passent trois années sous terre dans l’état de larves, et huit à dix jours au plus dans l'air et sur les arbres, les ravages silencieux que font ces insectes durant la plus longue partie de leur existence sont ceux qu’il nous importe le plus d’arrêter, et par conséquent on n’a presque rien fait si les femelles, après la fécondation, continuent à déposer leurs œufs dans la terre. Après l’œuvre de la fécondation et de la ponte, la vie des hannetons cesse de nous être préjudiciable; ils ont fait alors tout Le mal que nous pouvions en attendre. C’est à leur première sortie hors de terre qu’il eût fallu les saisir; et il est très-inutile d'arrêter les femelles à leur seconde apparition. Quant aux mâles, leur vie ne dure pas plus d’un jour au delà de l’accouplement. Les encouragements donnés à la destruction de ces insectes ne sont pas d’un grand effet.
On prétend avoir constaté la reparition bisannuelle d’une variété du hanneton vulgaire; elle est reconnaissable par son corselet velu ; d’ailleurs, elle n’en diffère ni par la grandeur, ni par la forme ou la couleur. Elle vient en même temps que l’espèce principale, au mois de mai. Nous ne sommes pas encore débarrassés de ces rongeurs du feuillage printannier lorsqu'on voit apparaître le kanneton solsticial (rhizotrogus solsticialis de quelques classificateurs), plus petit, d’un brun moins foncé, et qui ne vole pas aussi haut. Une autre espèce plus grande, mais beaucoup plus rare, le Aanneton foulon (melolantha fullo), devance de quelques jours la venue de l'espèce commune, et se maintient un peu plus longtemps. L'été a aussi son Lanneton estival, peu différent du sosticial. Enfin, une espèce équinoxiale, distinguée par sa poitrine velue, termine, pour les climats tempérés, le passage annuel de ces coléoptères, et le renouvellement de leur race confié à la terre. La vigne, ce végétal doté si libéralement par la nature, est affectée malheureusement à la subsistance d’une espèce particulière, assez petite, d’un vert luisant en dessus et bronzé en dessous. La fécondité de cette race maudite égale quelquefois celle de l'espèce commune, au grand dommage des vignerons, dont elle détruit les espérances au moins pour une année.
Parmi les autres espèces européennes, les entomologistes ont-ils satisfait à ce qu’exigent l'exactitude et la clarté scientifiques en admettant les dénominations de ruricole, agricole, horticole, pour désigner trois espèces de hannetons, peu différents l’un de l’autre, et assez semblables au hanneton de la vigne ? Quant au Lanneton écailleux, il est assez bien nommé; car des écailles d’une finesse admirable le couvrent partout, et contribuent à réhausser l’éclat du beau bleu de cet insecte.
Nous ne dirons rien des hannetons étrangers, dont aucune espèce ne semble l'emporter, soit par les dimensions, soit par la couleur, sur celles que l’Europe peut lui comparer : pour cette sorte de richesse, le Nouveau Monde n’a rien qui puisse être envié par ‘Ancien, et notre Europe n'adresse aucune demande à Ja vaste et opulente Asie, non
plus qu’à l’Afrique, où le règne animal est si plein de merveilles. FERRY.
HANNON. Ce nom a été porté par plusieurs personnages remarquables de Carthage. Les plus connus sont :
HANNON, riche et puissant citoyen, qui voulut asservir sa patrie et conçut le dessein d’empoisonner tous les sénateurs dans un repas. Cet affreux projet ayant échoué, il arma 20,000 esclaves, et se retira avec eux dans. une forteresse, cherchant à former contre Carthage une redoutable coalition des rois de la Mauritanie. Mais ayant été battu et fait prisonnier, il fut livré au plus horrible supplice, et toute sa famille fut exterminée.
HANNON, amiral qui commandait la flotte battue aux îles Ægades par le consul Lutatius.
HANNON , chef du parti opposé à la faction barcine, combattit, dans le sénat, Amilcar et son fils Annibal. Partisan de la paix, il fit refuser à celui-ci les secours d’hommes et d’argent dont il avait besoin pour se maintenir en Italie, et lui fit perdre ainsi le fruit de ses victoires. Magon ayant fait un grand étalage des succès d’Annibal, et finissant par demander au nom de celui-ci des hommes, des vivres et de l’argent, Hannon s’écria : « Que demanderait-il donc s’il eût été vaincu ? » Il montra ainsi, en toute occasion, un tel acharnement contre Annibal, qu’on le soupçonna d’avoir été acheté par l’or des Romains.
HANNON , navigateur célèbre, fut chargé par le sénat de Carthage de faire le tour de l’Afrique, pour y fonder des colonies et accroître ainsi la domination et les richesses de sa patrie. Nous avons encore le journal de son voyage, ou le Périple, qu’à son retour il déposa dans le temple de Saturne; mais ce n’est qu’une traduction grecque faite trèsanciennement. N'oublions pas que Strabon a traité de fabuleuse la relation d’Hannon, parce que ce géographe ne se trouve point d'accord sur la position des lieux avec Pline, Athénée, Aristide et quelques autres. Dodwell en a fait autant. 11 paraît néanmoins qu’à part quelques exagérations, que l’on peut attribuer au traducteur, le Périple est regardé comme un monument authentique. Il est antérieur à Van 300 avant J.-C. Pline dit que l’époque de Hannon répond à célle de la plus grande puissance des Carthaginois ; mais ce n’est point donner une date certaine. Parti avec une flotte de soixante vaisseaux, chargés de nombreux passagers destinés à former des colonies plus ou moins lointaines, il entra dans l'Océan. Le second jour, après avoir passé le détroit, il débarqua et fonda la ville de Thymiaterium ; de là, faisant route à l’ouest, il arriva au cap Soloé, sur la côte de Libye, où il bâtit un temple à Neptune. A une demi-journée de distance, il découvrit un lac bordé de roseaux, autour duquel paissaient des éléphants et des animaux féroces. A une journée au delà, il établit un antre comptoir, et ensuite quatre autres : celui qui était voisin du lac fut nommé Caricus murus où mur du soleil; le suivant, en avançant vers le sud, Gylte; etles autres, 4cras, Melitta, et Orambys. De là les Carthaginois arrivèrent à l'embouchure du Lyxus, fleuve qui vient du milieu de la Libye. Ils y trouvèrent des pâtres nomades. Hannon vogua ensuite pendant deux jours sur une côte déserte, qui se détourne à l’est pendant une journée de navigation : il découvrit plus loin, au fond d’un golfe, une île à laquelle il donna le nom de Cerné, et où il laissa des colons. Il poussa ensuite sa navigation jusqu’à un golfe, qu’il nomma la Corne du midi, et que l’on croit être aujourd’hui le cap des Trois- Pointes. Les vaisseaux n’allèrent pas plus loin, le manque de vivres ayant forcé Hannon de revenir sur ses pas.
Nousavons sous le nom de Périple plusieurs anciens voyages, celui d’Hannon est le plusancien. Bougainvilleena donné une traduction, accompagnée de notes savantes. On ne connaît qu'on seul manuscrit de l'original; c’est celui qu'a décrit Sylburg, qui a existé à la bibliothèque Palatine, a passé à celle du Vatican, et a appartenu momentanément à la Bibliotheque impériale de Paris. On en doit aussi una traduction à Chäteaubriand, Alexandre Du MÈGE.