HANNETON — HANOVRE
HANOVRE , contrée du nord de Allen agne, qui formait depuis 1817 un royaume indépendant, lorsqu’en 1866 Ile fut réunie à la Prusse.
À l’est, ce royaume renfermait le duché de Bréme et le pays d’Hadeln, la principauté de Lunebourg, une parcelle du Lauenbourg, le duché de Ver den, les principautés de Kalemberg et d'Hildesheim , et les comtés de Hoya et de Diepholz ; à l'ouest, la principauté d’Osnabruck et le bas-comté de Lingen, le comté de Bentheim, le cercle d’Emsbubren, ci-devant dépendance de l’évêché de Munster, le duché d’Aremberg-Meppen, et la principauté de la Frise orientale avec l'Harlingerland; sa partieméridionale, que le territoire particulier du duché de Brunswick séparait du reste du pays , comprenait les principautés de Grubenhagen et de Gættingue, avecles enclaves d’Elbingerode, Ihlefeld, etc. Sa partie orientale et sa partie occidentale confinaient, au nord, à la mer du Nord, au grandduché d’Oldembourg, au bailliage hambourgeoïs de Ritzebüttel, au Holstein-Lauenbourg, au territoire de Hambourg et au duché de Mecklembourg-Schwerin; à l’est, à la Prusse el au duché de Brunswick; au sud, au duché de Brunswick, à la Hesse-Électorale, aux principautés de Lippe-Detmold, de Waldeck-Pyrmont, et à la Prusse; à Pouest, aux Pays Bas. La partie déta chée au sud était entourée par la Prusse, la Hesse-Électorale et le Brunswick. Sur une superficie totale évaluée à 490 myriam. carrés, ce royaume contenait, d'aprèsle recensement de 1864, une population de 1,923,492 habitants. La province prussienne du Hanovre se compose à peu de chose près des mêmes éléments que l’ancien royaume, et contient (fin de 1871) 1,957,607 habitants. Le Hanovre n’est montagneux que dans sa partie méridionale, où le Harz atteint au Kœnigsberg une altitude de 1066 mètres. Le reste du pays , et c’en est la plus grande partie, est une contrée complétement plate, composée tantôt de sables arides, tantôt de marécages transformés en marches d’un sol fertile, par exemple au voisinage des grands cours d’eau et de la mer du Nord, tantôt encore d'immenses tourbières, s'étendant à perte de vue. La lande de Lunebourg, dont la population vit misérablement de l’élève des moutons et des abeilles, est surtout fameuse par son aridité et son infécondité ; il en est de même d’une grande et haute plaine sablonneuse appelée Auimling , située dans le cercle de Meppen, pays d’Osnabruck, où l’on voit les plus misérables cabanes qu’on puisse rencontrer dans toute l'Allemagne. Les côtes septentrionales sont protégées contre les invasions de la mer et quelquefois aussi des fleuves, par des digues d’un entretien dispendieux et qui souvent n’y peuvent résister, Les principaux cours d’eau sont IElbe, qui sur une étendue de 23 myriamètres forme la frontière septentrionale du pays, avec ses aflluents, le Jelze, l'Illemenau, rivière navigable, la Sève, l'Este, Ja Luhe, l'Oste et la Meden; le Weser, qui ne prend ce nom que lorsqu'il atteint le territoire hanovrien qu'il traverse sur une étendue de 21 myriamètres , avec ses affluents, l’'Oker, la Leine et l'Œrze, la Wumme et l'Hamme, la Geeste et la Hunte ; l’Ems, avec ses afluents, la Hase et la Léda ; et ensuite la Vechte, qui traverse le comté de Bentheiïm dans toute sa longueur. En fait de canaux , il faut surtout mentionner celui de l’'Ems, qui relie Lingen à Meppen ; le canal d’Aurich, qui relie Aurich et Emden; et le canal de Brême, qui relie la Hamme à la Schwinge, puis cette dernière à l'Oste, et qui sert au desséchement des marais, en même temps qu'au transport de la tourbe. Citons encore le goWe de Dollart, près d'Emden, et l'immense marais de Duymelsmoor, dans le duché de Brème.
Les produits du sol ne varient pas moins que sa constitution physique. Dans les marches du pays de Brème, dans la Frise orientale, dans les parties du sud du Hanovre et dans les diverses vallées que forment les cours d’eau, on cultive beaucoup de céréales, le froment notamment; dans les bruyères, du sarrasin et du lin ; dans les marches,
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des plantes oléagineuses et des légumineuses, plus du tabac. Le Harz contient d'importantes forêts , et les forêts d'arbres à feuilles aciculaires du pays de Lunebourg sont d’un bon rapport. L'élève du bétail est surtout pratiquée dans les pays de marches et dans la Frise orientale, où l’on suit la méthode hollandaise ; puis à la mode suisse, dans le Harz où l’on fabrique aussi beaucoup de fromage. Lunebourg, Hoya, Bremen, Kalenberg et surtout la Frise orientale produisent d’excellents chevaux. Des haras existent à Herrenhausen, Celle, Memsen près de Hoya, Neuhaussur le Solting ; et à Behre, près de Celle, on trouve un haras de mulets. L'élève du mouton, dont la race a été partout perfectionnée, a lieu sur plusieurs points du pays, mais plus particulièrement dans les pays de marches et dans le pays de Lunebourg. Les landes de Lunebourg nourrissent beaucoup d’abeilles ; le gibier de toutes espèces abonde dans les grandes forêts, les oies dans la Frise et dans le comté de Hoya, les lamproies aux environs de Lunebourg, et le saumon dans le Weser. Le port d'Emden pratique la pêche aux harengs sur une large échelle. Les produits minéraux sont l’argent (50,000 marcs en moyenne par an), le fer (80,000 quintaux), le plomb ( 100,000 quintaux ), le cuivre (3,000 quintaux }), le soufre, le vitriol, l’alun, le sel de source en quantités considérables (300,000 quintaux environ, par 14 salines ), laouille et surtout la tourbe, la chaux, le plâtre, le marbre , etc. Les sources minérales les plus en réputation sont celles de Rehburg, de Rothenfeld, et les bains sulfureux de Nornheim. Il existe un établissement de bains de mer à Norderney. Les habitants, qui dans les campagnes parlent généralement le plat-allemand, et vers les frontières des Pays-Bas le hollandais, appartiennent généralement à l’Église luthérienne. On compte aussi environ 230,000 catholiques, 90,000 réformés, 492 mennonites et 12,340 juifs. Après l’agriculture, l’élève du bétail et la culture du chanvre et du lin, les principales industries de la population, sont le tissage des toiles, le filage du lin, la fabrication des cuirs, des tabacs, des poteries, des tuiles, des pipes , des verroteries et surtout l'exploitation des tourbières et les travaux d’endiguement ; enfin, l'exploitation des mines, qui n’emploie pas moins de 35,000 individus. Favorisé par plusieurs cours d’eau navigables, de bonnes routes et des voies ferrées, le commerce n’a encore pris que peu de développements; le commerce maritime est aussi sans importance; en revanche, les villes de Harbourg, de Lunebourg, de Minden et de Leer sont les centres d’un commerce d'expédition fort actif. Le cabolage hanovrien est le plus important de ceux de tous les États du Nord. L’émigration périodique en Hvllande, à l’époque de la fenaison, offre aussi de grandes ressources à la partie pauvre de la population; et chaque travailleur rapporte d'ordinaire dans ses foyers une épargne de 75 à 150 francs, faite pendant cette courte campagne.
Il est pourvu aux besoins de l'instruction publique d’une part par la célèbre université de Gœttingue, et de l’autre par dix-sept gymnases, treize progymnases, l'école militaire
de Hanovre, l’école d’Ilefeld, cinq écolesnormales primaires, dont une à Hildesheim pourles catholiques, quarante écoles supérieures d'enseignement industriel, parmi les quelles celle de Hanovre est en grande réputation, le colegium chirurgicum de Celle, etc. Citons aussi les grandes bibliothèques de Gættingue et de Hanovre, la Société royale des Sciences de Gættingue, la Société Historique de la basse Saxe à Hanovre, la Société d’Agriculture de Celle, etc., à Hanovre. En fait d'établissements de répression , il existe des bagnes à Lunebourg et à Stade, deux maisons de correction à Celle et à Emden, trois maisons de détention avec travail obligatoire à Hameln, à Osnabruck et à Peine, des dépôts de mendicité à Moringen, à Hanovre, à Hameln, à Gættingue, à Lunebourg, à Emden et à Hildesheim.
Le Hanovre devint royaume indépendant en 1814. Depuis l’année 1714, époque où l'acte de succession de 1704 appela la maison de Hanovre à monter sur le trône de la Grande-Bretagne, il eut le même souverain que ce
DICT. DE LA CONVERS, — T, X
ce pays. Mais Guillaume IV étant venu à mourir en 1837 sans laisser d'héritier mâle, la souveraineté se divisa de nouveau, et passa en Hanovre, à Ernest Auguste, qui eut pour successeur, en 1851, son fils Georges V. détrôné en 1866. Le Hanovre avait dans le petit conseil de la Confédération germanique une voix, et quatre dans les assemblées plénières. Son armée formait en grande partie le 10° corps d'armée du contingent fédéral. C’était une monarchie héréditaire, avec une constitution d’états, qui avait pour base l'acte constitutionnel publié le 31 juillet 180, après la suppression de la loi fondamentale sanctionnée par le roi Guillaume IV. Elle conférait au roi, qui était majeur à dix-huit ans accomplis, l’exercice sans par= tage du pouvoir exécutif, et les prérogratives de ce prince n'étaient limitées que par la coopération législative des états. La couronne se transmettait de mâle en mâle et par ordre de primogéniture dans la maison royale, et si celle-ci venait à s’éteindre, devait passer à la maison de Brunswick. Depuis l’annexion du Hanovre, ce pays est administré de la même manière que les autres provinces de la monarchie prussienne.
Le royaume était administrativement divisé en six gouvernementfs et une capitainerie générale des mines. La province actuelle a conservé les mêmes divisions sous le nom de cercles; il y en a 6, à savoir : Hanovre (77 myriam. carrés, et 404,970 hab.), Hildesheim (56 myr. carrés, e£ 407,529 hab.), Lunebourg (141 myr. car, et 384,910 hab.), Stade (86 myr. car., et 302,715 hab.), Osnabruck(80myr. car., et 268,730 hab.), Aurich (38 myr. car., et 189,453 hab.) ; plus une capitainerie générale des mines, à Klausthal (8 myr. car., et 34,874 hab.). Depuis 1852 le pouvoir judiciaire a été séparé du pouvoir administratif.
L’assemblée générale des états, formant la représentation du pays, se composait de deux chambres. La première comprenait les princes du sang, le duc d’Aremberg, ie duc de Looz-Corswarezm et le prince Bentheim, le ma= réchal héréditaire du royaume, les comtes de Stolberg- Wernigerode ef Stolberg-Stolberg, plus 4 membres à la nomination du roi, dont deux au moins devaient étre ministres, le commissaire désigné par la première chambre pour les questions de finance et de comptabilité, 37 députés nommés par les grands propriétaires fonciers, 10 députés du commerce et de l’industrie, des députés des églises et des écoles, 4 députés de l’ordre des jurisconsultes. Les membres élus de la première chambre se renouvelaient tousles trois ans par moitié. La secondechambre se composait de 2 ministres désignés par le roi, d’un commissaire élu par l'assemblée pour les questions de financés et de comptabilité, de 38 députés des villes et bourss, et de 44 députés des communes rurales. Les élections n’étaient valables que pour chaque session. Il existaiten outre 7 assemblées provinciales pour les principautés de Kalenberg, de Gættingue et de Grubenhagen, pour la principauté de Lunebourg, pour le comté de Hoya, pour les duchés de Bremen et de Verden, pour les principautés d'Osnabruck et d’Hildesheim, et pour la Frise orientale. La représentation politique du Hanovreest depuis 1866 organisée comme dans les autres provinces de la monarchie prussienne. |
Le budget de 1865-1866, qui a été le dernier du Hanovre en tant qu’État indépendant,fut fixé à 20,786,895 thalers (77,950,856 fr.) pour les recettes, et à 20,745,190 th. pour les dépenses. L’effectif de l’armée était de 19,542 hommes, dont 13,054 faisaient partie du contingent fédéral. Les seu les places fortes du pays sont Sfade, etle fort Wilhelm, près Bremerhafen.
En fait d'ordres de chevalerie, il existait en Hanovre : 1° l'ordredes Guelfes, civil et militaire, partagé en quatre classes et fondéen 1815; 2° l’ordrede Saint-Georges, fondé en 1839, et qui n’a qu’une seule classe; plus, la médaille de l’ordre des Guelfes, pour les sous-officiers et soldats ; la médaille de Waterloo ; la médaille de Guillaume, en or ou e,,
argent, pour les sous-officiers et soldats ayant vingt-cinq ans ou seize ans de service; la médaille commémorative des campagnes de 1813 et 1814; la médaille du mérite; le signe d'honneur général, la médaille d’honneur en or, pour les savants et les artistes; la médaille de mérite, qui se confère à ceux qui sauvent leur semblable d’un danger.
Histoire.
Les contrées qui forment aujourd’hui le royaume de Hanovre étaient habitées autrefois par des peuplades saxonnes, que, à la suite d’une lutte opiniâtre, prolongée par le courage de leur chef, Wittikind, Charlemagne finit par subjuguer et à quiil fitembrasser le christianisme. Elles appartinrent dès lors à la monarchie des Francs, jusqu’à ce que, sous le règne de l’empereur Louis PAllemand , elles reçurent un duc particulier, Ludolf, père du margrave Egbert de Misnie ; et alors elles firent partie du duché de Saxe. Là aussi la puissance des seigneurs, tant laïcs qu’ecclésiastiques, s’accrut à mesure que la décadence de l'autorité impériale devint plus grande. C’est vers cette époque que les mines du Harz et les salines du pays de Lunebourg furent découvertes, et leur exploitation donna lieu bientôt à un commerce considérable. Le duché de Saxe resta dans la famille d'Egbert, qui monta sur le trône impérial en la personne de Henri 1‘, jusqu’à ce que le fils de ce prince, l’empereur Othon 1°, le concéda en 951 à titre de fief à Hermann Billung. Quand la race de celui-ci s’éteignit, en 1106, il passa à Lothaire de Supplinbourg, qui fut également élu empereur d'Allemagne ; et ensuite, par mariage, dans la maison des Guelfes. Sous le gouvernement de Henri le Lion, fils de Henri le Superbe, le pays prospéra beaucoup, grâce à l’activité industrielle et commerciale qu’il s’efforca de favoriser dans les villes. Mis au ban de l’Empire par l’empereur Frédéric I‘, Henri perdit son duché de Saxe, et dut s’estimer heureux de récupérer ses domaines héréditaires de Brunswick et de Lunebourg. Son petit-fils, Othon l'Enfant, fut obligé, en 1235, par l'empereur Frédéric If, de reconnaître tenir ses États héréditaires de Lunebourg, de Brunswick, de Kalenberg, de Grubenhagen et Gættingue à titre de fiefs relevant de l’Empire; il prit alors la qualité de prince de l'Empire, et la rendit héréditaire dans sa famille, sous le nom de duc de Brunswick-Lunebourg.
Pendant que différents partages affaiblissaient successivement celte maison, les villes, dont l’industrie et la richesse faisaient de constants progrès, arrivaient à exercer de plus en plus d'influence, Mais lors de la décadence de la Hanse, dont faisaient partie treize villes du royaume actuel de Hanovre, les princes s’efforcèrent d’y faire prévaloir leur autorité, en même temps que tous leurs efforts tendirent à leur susciter des rivales en commerce et en industrie dans celles de leurs villes demeurées sous leur obéissance immédiate.
La réformation fut tont d’abord accueillie avec les plus vives sympathies par les populations des villes et des campagnes; mais elle rencontra une assez vive résistance de la part de certaines corporations municipales et de quelques gentilshommes ; de là des guerres civiles, qui ne cessèrent que lorsque le duc Ernest 1°‘ de Lunebourg, qui avait embrassé la nouvelle doctrine, la fit prévaloir dans le pays.
Guillaume le jeune, né en 1535, fils d’Ernest, devint à la mort de son père (1546) la souche de la ligne de Brunswick-Lunebourg, qui fleurit encore aujourd’hui, représentée par la maison royale de Honovre, après avoir, en 1569, effectué avec son frère aîné, Henri, souche de la ligne ducale actuelle de Brunswick, le partage des domaines paternels, Comme il résidait à Celle, il est souvent désigné dans l’histoire sous le nom de duc de Celle, 11 mourut en 1592, laissant sept ls, Mais pour prévenir tout morcellement ultérieur de ses États, il décida que l'aîné seul hériterait , et qu'un seul des six autres se marierait pour perpétuer la race. Le sort décida que ce serait le sixième, Georges. C’est ainsi que lui succéda son filsaîné, Ernest 11, mort en 1610. Celui-ci €ut pour successeur son frère cadet, Christian, né en 1566,
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qui mourut en 1633, et eut à son tour pour successeur le troisième fils de Guillaume, Auguste, né en 1568, qui mourut en 1636, Le quatrième fils de Guillaume, Frédérie, né en 1574 , lui succéda, et mourut en 1648. Sous le règne de ces derniers souverains, qui coïncida avec la guerre de trente ans, le pays tint tantôt pour l’empereur, tautôt pour Gustave-Adolphe. Georges, qui dans le cours de cette guerre s’était fait un nom, et qui était mort en 1641, laissa quatre fils, entre lesquels il partagea à l’avance son héritage, partage qui fut l’origine des lignes de Celle et de Hanovre ou de Kalenberg. Mais la première se confondit par mariage avec la seconde, en 1705. Celle-ci eut pour souche, en 1648, Georges-Guillaume, qui y passa la meilleure partie de sa vie, et par convention passéeen 1665 abandonna le gouvernement du Hanovre à son frère cadet, Jean-Frédéric (né en 1625), qui en 1649 s'était converti au catholicisme. Ce prince prit une part très-importante aux grands événements de son siècle, fut longtemps à la solde dela Hanse contre l’empereur, et mourut sans laisser d’héritier mâle, en 1679. Il eut pour successeur le plus jeune de ses frères, Ernest-Auguste (né en 1629), qui introduisit en Hanovre la loi de primogéniture, et fut créé par l’empereur Léopold Ier, en 1692, électeur de l’Empire, en récompense des services qu’il avait rendus à ce prince en 1686 dans la guerre qu’il eut alors à soutenir contre la France, et plus tard encore contre les Turcs.
L’electeur Ernest-Auguste mourut en 1698 , et eut pour successeur son fils Georges-Louis, qui en 1708 fut admis dans le conseil des électeurs, obtint en 1710 la charge d’archi-trésorier de l’Empire; et en 1714 il monta sur le trône de la Grande-Bretagne, sous le nom de Georges Ier, comme arrière-petit-fils du roi Jacques Ir et le plus proche parent protestant de la reine Anne. Sous le règne de ce prince, qui mourut en 1727, le Hanovre s’accrut des duchés de Bremen et de Verden, achetés au Danemark. Il eut pour successeur sen fils Georges II, mort en 1760. A ce prince succéda son petit-fils Georges III.
Les dernières années du dix-huitième siècle furent l’époque d’une grande prospérité pour le Hanovre, qui eut sa part de l'immense mouvement commercial développé par la guerre d'Amérique et plus tard par les guerres de la révolution française dans les pays du nord de l'Europe. A partir de 1793 un corps de troupes hanovriennes avait, il est vrai, pris part aux guerres de la coalition contre la république française; mais c’était l'Angleterre qui le soldait, l’armait et l’équipait. On vit néanmoins avec plaisir le gouvernement hanovrien se rattacher en 1795 au système de neutralité de la Prusse, puis conclure sa paix avec la France et s'engager à protéger par la force des armés la neutralité du nord de l'Allemagne. Cette politique eut &n effet les plus heureux résulilats pour le commerce du pays. Toutefois, lorsqu’en 1801 des difficultés s’élevèrent entre l'Angleterre et les puissances du Nord, la Prusse refusa de reconnaître la neutralité du Hanovre et le fit même occuper comme territoire ennemi. La mort de l’empereur de Russie Paul Ier changea la face des choses ; et par suite des préliminaires de paix signés le 1er octobre 1801 entre l’Angleterreet la France, les troupes prussiennes évacuèrent le territoire hanovrien. Puis, quand la guerre éclata de nouveau, en 1803, Napoléon portatout d’abord son attention sur le Hanovre, qu’il fitenvahir dès la fin de cette même année par un corps d'armée aux ordres du général Mortier. Mais une partie des troupes hanovriennes réussit à passer en Angleterre, où elles formèrent la légion allemande, qui rendit tant de services à cette puissance pendant la guerre d'Espagne. Le traité d'alliance conclu en 1806 contre la France entre l'Autriche, la Russie, la Suède et l'Angleterre, fit un instant espérer aux populations hanovriennes qu’elles allaient être délivrées du joug de la France; mais le 1r avril 1806 on apprit que le Hanovre avait été cédé à la Prusse par la France, en échange des territoires d'Anspach, de Clèves et de Neufehâtel , et était incorporé à ce royaume, Toutefois, il retombuit dès l'aunce sui
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gente au pouvoir des Français. Napoléon en incorpora une partie, en 1809, au royaume de Westphalie, qu’il venait de créer en faveur de son frère Jérôme, et fit gouverner le reste par un gouverneur général. IL remania de nouveau tout ce territoire en 1810, et tirant une ligne droite au sud-ouest, à travers le royaume de Westphalie, il en détacha toute la partie située au nord de cette ligne, et l’incorpora à l'Empire avec les villes hanséatiques, le duché d’Oldenbourg, etc., sous 1e nom de département hanséatique. La bataille de Leipzig, en octobre 1813, eut pour résultat de rétablir dans toutes ces contrées l’ancien état de choses. Par décision du congrès de Vienne, l'électorat de Hanovre fut érigé en royaume.
Le prince régent d'Angleterre, investi au même titre de l'autorité souveraine en Hanovre, par suite de l’état de démence de son père, Georges III, au lieu d'accorder au pays ia constitution représentative objet des vœux universels des populations , le fit gouverner par une commission que présidait le comte de Munster, qui maintint scrupuleusement toutes choses sur l’ancien pied. Sous l'administration du duc de Cambridge, nommé gouverneur général à partir de la fin de 1816, on entra dans la voie du progrès et des améliorations ; et une patente royale, en date du 5 janvier, accorda au Hanovre une constitution représentative, qui fut mise en activité le 7 décembre de la même année, Cette constitution maintenait les anciennes assemblées provinciales, mais y introduisait des membres de la haute noblesse et äes députés des villes, en même temps qu'elle établissait deux chambres, qui restèrent sans influence sur la direction des affaires du pays. Pendant tout son règne, Georges IV négligea complétement ses États de Hanovre. Aussi la misère y était-elle grande lorsque, le 26 juillet 1830, le roi Guillaume IV fut appelé à lui succéder. La fermentation générale produite dans les esprits par la révolution de Juillet provoqua en 1831 des troubles graves à Osterode et à Gœttingue. Pour donner satisfaction à l'opinion publique, le premier ministre, comte de Munster, fut renvoyé et le duc de Cambridge nommé vice-roi. D'accord avec l'assemblée des états, ce prince arrêta les bases d’une constitution nouvelle, maäis conçue dans un esprif guère plus libéral que celui de la précédente, et que le roi Guillaume IV confirma par un ordre de cabinet en date du 26 septembre 1833.
Les ministres avaient cru pouvoir se passer de l’assentiment de l'héritier présomptif de la couronne, quand ils donnaient au pays cette constitution. À la mort de Guillaume IV, arrivée en 1837, le duc de Cumberland, son frère puiné, qui monta alors sur le trône de Hanovre et prit le nom d’Ernest-Auguste, ne se crut point lié par un pacte sur lequel il n’avait pas été appelé à donner son avis ; et son premier acte fut de déclarer qu’il le considérait comme nul. En même temps il annonça la convocation prochaine d’une assemblée d’états, élue d’après les bases électorales fixées par la constitution de 1819, et qui serait appelée à délibérer sur une constitution nouvelle. Ces mesures amenèrent des protestations de la part de divers fonctionnaires publics, et notamment de la part d’un certain nombre de professeurs de Gættingue, qui tous furent privés de leurs chaires et dont quelques-uns furent même expulsés du pays.
Par un singulier revirement des choses et de l'opinion, le vieux roi, à la suite des événements de 1848 et de la me- Raçante agitation qu’ils avaient provoquée en Hanovre comme dans le reste de l'Allemagne, était devenu l'espoir de ceux qui espéraient voir de sages réformes, opérées d'en haut, répondre aux besoins des temps et imposer silence aux mauvaises passions que les agitateurs s’attachaient à exploiter dans les bas-fonds de la société. Sa mort, arrivée le 18 novembre 1851, fut donc d’autant plus généralement regrettée, que son fils, appelé à lui succéder, passait pour un des champions du vieil ordre de choses. Et de fait, les premiers actes du règne de Georges V semblèrent légitimer ces apprélhensions, puisque fout aussitôt le nouveau roi s’empressa de congédier le ministère libéral et éclairé dontson père s'était entouré en dernier lien, et le remplaça par de Nom-
mes appartenant à l'opinion contraire. Maïs l'assemblée des états, convoquée aussitôt après le changement de règne, exprima de la manière la plus franche lespoir qu’elle conservait de voir l’œuvre de la réforme administrative et‘judiciaire se poursuivre, de même que l’appréhension que les ministres investis de la confiance du nouveau roi ne fussent pas propres à en assurer le succès. Le gouvernement, en présence de ce conflit, fit preuve de plus de sagesse et de modération qu’on ne s’y attendait. Il chercha à tomber d’accord avec la première chambre, à l'effet d'éviter toute intervention de la diète; et en donnant leur démission au mois d'avril 1852, les hommes réprouvés par l’opinion facilitèrent l’œuvre de la réforme et de la conciliation. Effectivement, dès le mois de mai une loi nouvelle réorganisa le système judiciaire et le système de procédure. Par contre, après ces concessions, le désappointement fut grand en voyant le pouvoir essayer encore de revenir sur les modifications apportées en 1848 à la constitution de 1839, modifica tions coupables à ses yeux de tendances trop libérales. C’est ainsi qu’il proposa formellement aux états qui se réunirent alors de rétablir la prérogative royale dans tous les droits que lui donnait le pacte de 1839, de même que de restituer à l'aristocratie la part excessive qu’il lui faisait dans la législature; mais les deux chambres refusèrent de s’associer à cette politique réactionnaire.
Néanmoins les tendances absolutistes de la cour s’accusèrent de plus en plus : la chambre des députés ne parvint pas, malgré sa modér ation, à obtenir du gouvernement la promesse de faire réviser les lois sur la presse et le droit d’association, ni même à faire adopter l'expression de ses vœux par la chambre haute. Conservateur opiniâtre le roi manifesta ses tendances pour l'Autriche au moment où éclata, en 1866 , le grand conflit entre les cabinets de Vienne et de Berlin. La Prusse lui adressa des observations sévères, et l’obligea à faire une déclaration de neutralité; mais dans la séance où la diète de la Confédération germanique eut à se prononcer sur la proposition autrichienne, le Hanovre vota la guerre contre la Prusse, Un mois plus tard il était envahi par un corps d'armée prussien. L'armée hanovrienne, au nombre de 15 à 16,000 hommes, n'ayant pu faire sa jonction avec les troupes fédérales, se porta sur Gœttingue, et y resta dans l’inaction depuis le 17 jusqu’au 21 juin. Ce jour-là elle s’avança du côté de Gotha, dans l'espoir de se réunir aux Bavarois ; mais près du village de Langensalza (27 juin 1866) un combat meurtrier s’engagea, dans lequel les Prussiens ne tardèrent pas à avoir l’avantage. Entourée de toutes parts, l’armée hanovrienne se rendit le 29, et fut aussitôt licenciée. Un décret royal du 20 septembre suivant réunit le Hanovre à la monarchie prussienne.
HANOVRE, capitale de l’ancien royaume du même nom, chef-lieu de province aujourd’hui, est située dans l’ancienne principauté de Kalenberg, sur la Leine, qui y devient navigable, dans une contrée plate et bien cultivée: elle se compose de la ville propre et de ses faubourgs, et compte 87,641 habitants (1871). Elle est généralement
bien bâtie, et possède un grand nombre de larges et belles rues se coupant à angle droit. Les plus remarquables d’entre ses places publiques sont celles de Waterloo, de Frédéric, de Neustædt, de Georges, du Théâtre et de l’Embarcadère du chemin de fer. Dix ponts sont jetés sur la Leine, et deux sont surtout remarquables par leurs belles proportions, le pont du Château et le pont de la Porte-de-Pierre. Le chàteau royal est l'édifice qui frappe le plus l’attention des voyageurs. Construit de 1636 à 1646 par le duc Georges, transformé en caserne à l’époque de la domination française, il a été complétement réparé et notablement embelli en 1817: Dans la chapelle on voit un beau tableau de Lucas Kranach, et on y conserve un curieux reliquaire rapporté de Palestine à Brunswik, en 1172, par le duc Henri le Lion. Il faut ensuite mentionner parmi les constructions monumentales le Palais-Royal, situé dans la Leine-Strasse, en face du
les casernes de la place de Waterloo, le nouvel hôpital militaire, le grand hôpital, l’hôtel de ville, l'École Polytechnique, le nouveau théâtre, inauguré en septembre 1852 ; l’embarcadère du chemin de fer qui, par divers embranchements, relie la capitale aux villes de Minden, de Brème, de Harbourg, de Brunswick et de Cassel. En fait de monuments, citons la colonne de Waterloo, haute de 53 mètres 33 c., pourvue à l’intérieur d’un escalier à colimaçon de 190 marches, et construite de 1826 à 1832 sur la place de Waterloo; la statue en bronze du général Alten, près le bâtiment des archives. Dès 1826 une société anglaise s'était formée pour éclairer la ville au gaz, et depuis lors cette compagnie a étendu ses opérations à un grand nombre de villes. La découverte d’une riche mine d’asphalte aux environs de Hanovre a eu pour résultat de faire recouvrir tous ses trottoirs d’une couche de cette matière. Une machine hydraulique en bois, construite de 1527 à 1535 pour fournir d’eau la ville, a été remplacée dans ces dernières années par une nouvelle machine, pourvue de tuyaux en fonte qui distribuent l’eau de la Leine dans toutes les rues de la capitale.
Hanovre, résidence des diverses autorités supérieures du royaume, est le siége d’une cour d’appel (la cour suprême siége à Celle), de l'assemblée générale des états, et de l’'assemblée provinciale des principautés de Kalenberg, Grubenhagen et Gættingue. On ÿy compte dix églises, dont la plus ancienne est celle dn Marché, construite en 1238. La ville possède 25 établissements d'instruction publique pour la jeunesse, un séminaire et une école normale, une école de chirurgie, une maison centrale d’accouchement, une école vétérinaire , un école polytechnique, une école commerciale et industrielle et une institut de jeunes aveugles. Parmi les collections scientifiques et artistiques, on remarque la bibliothèque particulière du roi, riche de 20,000 volumes ; la bibliothèque royale (100,000 volumes et 2,000 manuscrits ); la bibliothèque de la ville, riche en manuscrits rares ; la collection royale des médailles, la collection royale de gravures, la galerie publique de tableaux, le muséum d’histoire naturelle, etc. La ville possède des fabriques de galons d’or et d’argent, de toiles cirées, de papiers peints et d’articles en plaqué, de liqueurs, d’outils et de machines. Quelques-unes de ses brasseries sont fort importantes. Non loin de Hanovre se trouvent les châteaux de Monbrillant et de Herrenhausen, propriétés de la couronne. La seconde de ces demeures royales touche au parc de Georges ( ci-devant jardin Wallmoden), où se trouve également un château de plaisance.
HANSARD (Luc), imprimeur anglais, né en 1748, à Norwich, y fit son apprentissage, et entra en 1772, comme compositeur, dans l’officine de Hughs, imprimeur de lachambre des communes, qui en 1799 le prit pour associé, et lui céda sa maison en 1800. Hansard mit à profit ses relations multiples avec les plus célèbres écrivains de l’époque pour étendre de plus en plus le cercle de ses affaires; et il satisfit tellement le parlement par la manière dont il exécuta les différents travaux typographiques qu’il fut chargé d’exécuter, qu’en 1828 l'assemblée lui vota une récompense nationale. 11 mourut peu de temps après, en 1828. II a fondé me institution de bienfaisance pour les ouvriers imprimeurs qui arrivent à la vieillesse sans avoir pu se mettre à l'abri lu besoin.
Son fils aîné, Thomas-Curson Hansanp, qui dès 1805 avait fondé à Londres une imprimerie distincte de celle de son père, est connu par un ouvrage intitulé : Typogra-
phia, an historical sketch of the origin and progress of |
printing (Londres, 1825). 11 mourut en 1833. Les frères cadets de Thomas, James (mort en 1849), et Luc Hansanb, continuèrent à être chargés des impressions du parlement, En 1852 leur maison a fait paraître le tome 121* de la gollection des Parliamentary Debates.
HANSE ou LIGUE HANSÉATIQUE, Elle eut pour