‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 492 sur 552 · HANSE — HANSEN · texte numérisé non relu

HANSE — HANSEN

fa première classe appartenaient les villes wendes et audelà, chef-lieu Lubeck ; à la seconde, les villes du pays de Clèves, des Marches, de la Westpalie, et les quatre villes situées dans la partie orientale des Pays-Bas non soumise à l'autorité de la Bourgogne , chef-lieu Cologne; à la troisième , les villes de la Saxe et du Brandebourg, chef-lieu Brunswick; à la quatrième, enfin , les villes de la Prusse et de la Livonie, chef-lieu Dantzig.

De grands comptoirs ou entrepôts furent fondés par la ligue hanséatique à Londres en 1250, à Bruges en 1252, à Novogorod en 1272, et à Bergen en 1278. Des priviléges émanés des rois consolidèrent la ligue, à laquelle sa charte constitutive, rédigée à Cologne en 1364, donna encore plus de solidité; et on la vit alors développer dans toutes les directions une activité et une politique commerciales, dont pas un souverain de ce temps-là n’avait eu le pressentiment,.

Le but de la ligue était de mettre ses membres, leur industrie et leur commerce à l'abri des déprédations des pirates de mer, comme des brigands qui infestaient les routes de terre, de protéger et d'étendre à l'extérieur le commerce des confédérés, d’accaparer autant que possible tout le commerce extérieur, de maintenir une jurisprudence commerciale identique dans les diverses villes confédérées, de réprimer l'injustice par des statuts, des diètes et des décisions arbitraires, de défendre et autant que possible d'augmenter les franchises et les immunités concédées par les princes. Chaque ville admise dans la confédération était astreinte à entretenir un certain nombre d'hommes d'armes et de navires armés en guerre, ou bien d’y suppléer par des prestations en argent, d’acquitter certains droits et amendes. La ligue exerçait sur ses membres le droit de justice; et dans les comptoirs créés à l’étranger il régnait une discipline presque claustrale, qui allait jusqu’à imposer le célibat aux facteurs, commis et chefs de guiZds. En observant strictement ses divers statuts, la Hanse parvint à jouir d’une grande considération, encore bien que jamais elle n’ait été formellement reconnue par l’empereur ni par l’Empire. C’est ainsi que les villes de la Hanse jouissaient en Angleterre de l'exermption de tous droits d'exportation; en Danemark, en Suède et en Russie, de l’exemption de tous droits d’entrée, alors que les nationaux eux-mêmes de ces divers États ne participaient point à de telles immunités. Les immenses affaires commerciales faites par la Hanse furent la principale source de ses richesses, toujours croissantes, de sorte que bientôt il n’y eut plus en Europe un seul point de quelque importance, qui ne se trouvât compris dans le cercle de ses relations. Ses capitaux et ses armes la rendirent la dominatrice des couronnes, des États et des mers. Elle triompha des rois Érik et Hakon en Norvège, ainsi que du roi Waldemar III en Danemark; elle déposa le roi de Suède Magnus , et disposa de sa couronne en faveur du duc Albert de Mecklembourg. En 1498 elle arma contre la ville de Copenhague une flotte de 248 voiles, portant 12,000 hommes d’armes; et un bourgmestre de Dantzig, appelé Niederhoff, osa déclarer la guerre au roi de Danemark Christian. L’Angleterre elle-même conclut avec la ligue hanséatique des traités ayant pour but de favoriser son commerce maritime. La Hanse faisait la police de la mer du Nord et de la Baltique, où elle avait surtout pour but l’extermination des redoutables pirates si fameux sousle nom de Vitaliens, et elle posa les bases du droit maritime. Elle améliora le cours des fleuves et des rivières, dont elle fit de belles et commodes voies de communication; elle construisit des canaux, et introduisit le même système de poids et mesures parmi tous ses membres,

Sa décadence successive, puis sa dissolution finale, duknt arriver lorsque les voies de terre et de mer devinrent lus sûres, et que le maintien général de l’ordre à l’intérieur,

au moyen d’nne police active et vigilante, offrit des garanties suffisantes pour la securité de tous ; quand les princes eurent compris l'importance des intérêts commerciaux pour leurs propres États et commencèrent à se préoccuper de la

création d’une forte masime ayant pour base le commerce maritime; quand les villes continentales s’aperçurent qu'elles avaient en réalité des intérêts tout autres que les villes maritimes, par qui elles avaient fini par être dominées ; quand les villes maritimes cessèrent de régner exclusivement sur la Baltique, et lorsque l’idée vint aux princes de soumettre complétement à leur autorité Les diverses villes continentales et de tirer le parti le plus avantageux possible, dans leur intérêt prepre, du commerce dont elles étaient le centre; enfin, quand la découverte de l'Amérique et de la route maritime des grandes Indes amena une révolution complète dans les relations du commerce. La dernière diète hanséatique, où la plupart des villes vinrent se délier de la ligue, fut tenue à Lubeck en 1630. Les seules villes de Hambourg, de Brême et de Lubeck contractèrent alors entre elles une alliance à laquelle Dantzig adhéra quelquefois ; mais elles cessèrent dès lors de prendre la qualification de villes hanséaliques.

HANSEATIQUE (Ligue), VILLES HANSÉATIQUES.

Voyez HANse.

HANSEMANN ( Davin-Jusrus-Lupwic ), né en 1790, à Finkenwerder, île de l’Elbe, près de Hambourg, embrassa la carrière commerciale, et par sa loyauté et sa ponctualité en affaires, par son activité et sa prudence, parvint à se faire comme négociant en laines, à Aix-la-Chapelle, une honorable position. Élu membre du tribunal de commerce de cette ville, il fut appelé, en 1832, à faire partie de la députation à la diète provinciale; mais le gouvernement refusa de ratifier cette élection, parce qu’il ne pouvait pas justifier de la possession décennale d’une propriété foncière. Les loisirs que lui laissaient ses affaires et ses fonctions judiciaires, il les consacra à traiter les grandes questions financières ou politiques, au fur et à mesure qu’elles se présentaient, dans une série de brochures substantielles, où il faisait preuve d’un grand esprit pratique en même temps que de connaissances étendues en économie politique, et qui toutes produisirent une profonde impression. En 1845, les suffrages de ses concitoyens l’appelèrent de nouveau à faire partie de la diète provinciale; toutefois, ce ne fut qu’en 1847, lors de la convocation de la diète, qu’il commença à jouer un rôle important en politique, comme représentant énergique et convaincu des idées constitutionnelles. Aussi en 1848 M. Hansemann fut-il un des hommes que l'opinion appela tout aussitôt à la direction des affaires. Quoique ses intérêts personnels exigeassent alors impérieusement sa présence à Aix-la-Chapelle, il n’hésita point à les sacrifier à l'intérêt général, et accepta le portefeuille des finances dans le ministère Camphausen. Ce cabinet ayant perdu la confiance de l’assemblée dut donner sa démission le 10 septembre 1848. M. Hansemann, dans une série de brochures publiées en 1849 a prouvé que, s’il aimait la liberté, il ne ta confondait point avec la licence et l’anarchie. A sa sortie du ministère, il fut appelé au gouvernement de la banque de Prusse; mais aux prises avec le parti réactionnaire il ne tarda pas à résigner ses fonctions (mars 1851). Esprit positif, intelligence prime-sautière, ayant fait lui-même son éducation, doué d’un calme imperturbable et d’une sagacilémerveilleuse, il appliqua quelques-unes de ses idées favorites en fondant une société d’escompte et de crédit, qui parvint en peu de temps à une situation florissante. M. Hansemann fit partie de la Chambre des députés jusqu'à sa mort, arrivée le 4 août 1864, pendant quil prepaïit les eaux à Schlangenbad.

HANSEN (PeTER-ANDREASs), astronome distingué, né en 1795, à Tondern, en Schleswig, fut d’abord attaché à l’observatoire d’Altona, et en 1825 fut appelé à la direction de l’observatoire de Seeberg, près Gotha, qu'il occupe encore aujourd’hui. Indépendamment de nombreuses dissertations sur des questions d’astronomie insérées dans les Nouvelles astronomiques de Schumacher, dans les Memoirs of the Royal astromonical Society et dans le recueil de la Sogiété des Sciences de Saxe, on a de lui une Méthode pour faire

des observations avec l'héliomètre de Fraunhôüfer (Gotha, 1827), des Recherches sur les perturbations réciproques de Jupiter et de Saturne (Berlin, 1831), et Fundamenta nova investigationis orbilæ veræ quam luna perlustrat (Gotha, 1838). On a encore de lui des Tables du So.

leil (1854), calculées en société avec Olufsen de Copen-

hague, et des Tables de La Lune (1857), ainsi que des Re-

cherches géodésiques (1865).

HANSE PARISIENNE, association de marchands pour le commerce de la haute et basse Seine, plus ancienne quela hanse teutonique : son origine date du onzième siècle, sous le titre de marchands de l’eau hansée de Paris. L'une et l’autre avaient eu pour objet la sûreté du transport des marchandises, celle du Nord contre les pirates de la Baltique, celle de Paris contre les pillards armés, commandés par des nobles, et qui se croisaient sur toutes les routes, etsurtout aux abords de la Seine. La Hanse parisienne pouvait associer les marchands étrangers à son privilége. Elle avait fait construire un port pour le déchargement des bateaux et le dépôt des marchandises hansées. Les dépenses pour la construction de ce port et du dépôt avaient été soldées au moyen d’un impôt spécial sur les marchandises à leur entrée. Elle acheta, en 1220, de Philippe-Auguste, et moyennant une rente annuelle de 320 livres: 1° les criages ou criées des marchandises dans la ville ; 2° le droit de nommer et de révoquer les crieurs et de déterminer les mesures. Le chef de la Hanse reçut en 1228 le titre de prévôt des marchands; les autres membres de l'association furent appelés jurés de la confrérie des marchands de Paris ou éc hevins. Ainsi, la Hanse devint bientôt le corps municipal de Paris et ce qu’on appelle bureau de la ville, municipalité.

On a aussi donné le nom de anse à certains droits de péage sur les marchandises. Durex (de l'Yonne).

HANSTEEN (Curisropne), professeur d’astronomie à Christiania, né dans cette ville, le 26 septembre 1784, vint en 1802 suivre les cours: de l’université de Copenhague, avec l'intention d'y étudier le droit, mais ne tarda pas à s'y consacrer exclusivement à l’étude des sciences mathématiques. Placé d’abord comme professeur au collége de Frédericksborg, en Séelande, il s’y livra avec une sagacité peu commune à des recherches ayant pour objet le magnétisme terrestre. L'Académie des Sciences de Copenhague ayant mis au concours une question sur cette matière, le mémoire de M. Hansteen remporta le prix et devint le fondement de sa réputation. En 1814, on l’appela à remplir une chaire de mathématiques dans la nouvelle université qui venait d’être fondée à Christiania. Ses Recherches sur le Magnétisme terrestre (1 vol., avec atlas, 1819) produisirent une grande sensation, notamment en Angleterre, et eurent ce résultat que dans presque tous les voyages de découvertes entrepris depuis lors des observations magnétiques ont été recueillies d’après les procédés qu'il avait indiqués. 11 exécuta lui-même dans ce but divers voyages à Londres, à Paris, à Hambourg, à Berlin, en Finlande, ainsi que sur une foule de points de son propre pays; ét pendant les années 1828 à 1830 il put enfin réaliser le plan qu’il avait soumis au storthing et exécuter, aux frais du trésor public, un grand voyage à travers la partie ouest de la

Sibérie (jusqu’à Irkoutsk et Kiachta), 11 n’en publia la relation qu'en 1854 et les résultals scientifique: qu'en 1863; la première a été traduite en français. A son retour, le storthing vota les fonds nécessaires pour construire un observatoire à Christiania. Cet éuifice fut élevé à peu de distance de la capitale, sur une hauteur au bord de la mer d’après les plans dressés par M. Hansteen, qui l’habita depuis 1833. En 1839, un observaloire magnétique fut aussi élevé à sa demande et adjoint à l'observatoire céleste. Il ne fut pas seulement professeur à l’université de Christiania, mais il occupa aussi une chaire de wrathématiques appliquées à l'école d'artillerie et du génie, et depuis 1837 dirigea seul les opérations trigonométriques de la carte

Page 1