HAOUSSA — HARALD
| Cipaux cours d’eau qui traversent le territoire d'Alger. L’Ha-
de l’'Haoussa paraissent être beaucoup plus civilisées que leurs voisins. Elles pratiquent l’art de la teinture, fabriquent des marchandises en cuir, et professent généralement l’islamisme. Leur langue, riche et expressive, d’ailleurs assez facile à apprendre, est répandue dans une grande partie de l'Afrique centrale. On l’a surnommée le français du Soudan, et on la comprend et la parle dans les villes commerçantes des peuplades voisines, qui d’ailleurs ont une langue à elles. La langue des Haoussas possède une écriture qu'on écrit à la façon des caractères des langues sémitiques, avec lesquelles elle n'a pourtant aucun rapport; et on a reconnu la fausseté de l’opinion qui autrefois rattachait ces populations aux populations puniques. Leur langue est même complétement éloignée de la famille des langues berbères, qui ont du moins plus de rapports avec les langues sémitiques.
La! capitale du royaume d’Haoussa est Sakkatou, ville située sur le Zirmi, qui se jette dans le Niger à Iaouri, régulièrement bâtie et fortifiée, et centre d’un grand commerce. Cet endroit est célèbre dans l’histoire des vuyages de découvertes en Afrique, parce que ce fut là que H. Clapperton trouva la mort, le 13 avril 1827. Le royaume d’Haoussa, après être demeuré peu étendu pendant des siècles, comme on le sait par les récits des géographes arabes du moyen âge, tomba vers la fin du dix-huitième siècle au pouvoir du célèbre chéik de Fellatahs Osmén, qui embrassa l’islamisme, et par sa bravoure ainsi que par le bonheur qui s’attacha à ses armes, fonda un puissant État, qu’il continua de gouverner jusqu’en 1816. Il mourut cette année-là, et eut pour successeur son fils Bello, qui, à quelques myriamètres à l’est de Sakkatou, fonda la ville de Magana, dont les développements rapides témoignent des ressources et de la fécondité du pays. Indépendamment du récit que nous a donné Clapperton de son expédition sur le Niger, consultez Lard et Oldfield, Narrative of an Expédition into the interior of Africa (Londres, 1837); Gooley, The Negroland of the Arabes (1841); Hodgson, Notes on Northern Africa, the Sahara and Soudan (New-York, 1844); Schæn, Vocabulary of the Haussa Language (Londres, 1843).
HAQUEBUTE. Voyez HACQUERUTE,
HAQUENÉE, du mot espagnol hahinca, diminutif de hace, Cette expression s’appliquait indistinctement, j jusqu’au seiziéme siècle, à toute espèce de cheval d’allure douce, facile à monter, et habituellement réservé aux dames ; mais aujourd’hui , considérablement restreinte, cette dénomination west plus employée qu'à désigner une petite jument, de race bâtarde, qui va l’amble. On donnait le nom de Aaquenée du gobelet au cheval qui portait le couvert et 1e dtner des rois de France, dans les petits voyages qu’ils faisaient dans leurs provinces. Il paraît que ce diner frugal ne se composait que d’un poulet rôti, de confitures et de fruits. Un usage bizarre, qui existait encore au dix-huitième siècle, obligeait l'ambassadeur du roi de Naples de présenter ious les ans au pape, la veille de Saint-Pierre, une belle haquenée blanche, en signe de vassalité.
HAQUET, sorte de charrette dont l'invention est due à Pascal, et qui permet, à l’aide du plus simple mécanisme, de charger et décharger très-facilement les marchandises, surtout lorsqu'elles sont en tonneaux. Le haquet, porté par deux roues, a pour pièces principales deux brancards massifs très-longs et très-rapprochés l’un de l’autre, Leur extrémité antérieure s’articule sur une limonière, de sorte que l’autreextrémité peut être amenée à toucher laterre. Dans cette position, le haquet offre un plan incliné, sur lequel on charge les marchandises au moyen d’une double corde qui s’enroule sur un treuil horizontal qu’un seul horame peut faire mouvoir, Quand un fardeau est élevé, on le fixe à l’aide d’une cheville enfoncée dans un des trous dont sont percés les brancards du haquet; puis on recom-
.mence Ja même manœuvre pour un autre. Le déchargement s'opère encore plus rapidement.
HARACII ou ARRACIH, rivière qui a sa source dans le petit Atlas, surle versant nord du Djebel-Ouzra, un des prin-
rach peut, à l’aide de travaux intelligents, fournir de puissants moyens d'irrigation aux eultivateurs de la Métidja : aussi les Arabes ne manquent-ils pas chaque année d'y faire de nombreuses prises d’eau, à son débouché dans la plaine, pour l’amener par des canaux jusqu’au pied du Sahel. L'Harach, en sortant des montagnes, se dirige d'abord vers le nord-est ; ses berges sont escarpées et son lit se creuse profondément dans lesable. 11 tourne ensuite du nord au sud, et ses deux rives forment alors un piquant contraste d’abondance et de stérilité, de terres riches, bien cultivées, en bon rapport, et de landes incultes, entrecoupées çà et là de vastes marécages. Jl descend ensuite jusqu’au massif d’Alger, en suivant la pente naturelle de la Métidja; mais à partir de là le sol devenant plus égal, les eaux s’éconlent vers la mer avec une lenteur fatale à la partie septentrionale de cette plaine. De nombreux marais se formèrent ainsi, et furentcause d’une grande insalubrité. Dès 1833 on s’occupa du desséchement de la plaine, et au moyen de canaux et de saignées profondes on assainit les deux rives de l’Harach. Il se jettelans la rade, à 8 kilomètres d’Alger, par uneembouchure de 40 mètres de large, souvent obstruée par le sable. Pendant les chaleurs, ce n’est qu’un simple ruisseau, indiquant le thalweg. Il est guéable presque partout. On le traverse sur un pont situé près de la Maison-Carrée, sur la route passant à la Rassauta, qui va aboutir au cap Matifou. Ce pont est d’une grande solidité ; il a 40 mètres de long sur 4 de large. On y a établi un blockhaus qui en défend le passage.
En 1840, quand le général Bugeaud fut nommé gouverneur général de l’Algérie, les maraudeurs et réfugiés indigènes soupçonnés de participation aux vols et aux assassinats commis si fréquemment dans le Sahel, en furent violemment expulsés et réunis en avant de la Maison-Carrée, à portée de nos canons. Ce fut cette agglomération d’individus, si sévèrement surveillée, qui donna naissance à la colonie de l’Harach, aujourd’hui en pleine voie de prospérité.
HARALD. Trois personnages de ce nom ont régné sur la Norvège.
HARALD I® ou HARFAGER, roi des Norvègiens de 863 à 930, était fils de Halfdan le Noir, de la famille des Yng- Jing, et réunit sous son sceptre par la force des armes différentes provinces de la Norvège , jusque alors séparément gouvernées par des chefs de tribu appelés jaris. La tradition rapporte que son amour pour la fille du roi Geda, qui ne consentait à l’épouser qu'autant qu’il aurait soumis toute la Norvège à ses lois, lui fit entreprendre ses conquêtes. Harald fit sérment de” ne point se couper les cheveux tant qu’il n’aurait pas accompli le vœu de Geda, et reçut le surnom de Harfager, qui signifie aux beaux cheveux, à cause de la longueur de sa chevelure. Les chefs de tribu qui ne voulurent pas se ranger sous son obéissance émigrèrent pour la plupart. Une révolte de ses fils le força, en l’an 893, à leur abandonner l'administration des provinces et à se contenter d’exercer les droits de suzeraineté. Il résidait à Drontheim, oùil meurut en 933, trois ans après avoir été, obligé d’abdiquer en faveur de son fils Erick Blodyæa, c'està-dire hache sanglante.
HARALD IT, roi des Norvégiens de 950 à 963, fils d’erik Blodyxa, fut tué par Harald Blaatand (aux dents bleues), roi de Danemark et fils de Gorm, qui ensuite s’empara de la Norvège. Lorsque Harald Blaatand, qui dès l'an 948 avait reçu le baptême du christianisme, essaya d’introduire la nouvelle religion dans sa conquête, il en résulta une insurrection générale de la Norvège, qui le contraignit d'évacuer ce pays. Son fils Suénon (Sven) le renversa du trône, en 985, et le fit assassiner.
HARALD III où HAARDRAAD, c’est-à-dire double Barbe, roi de Norwèce de l'an 1047 à l'an 1067, était le fils de Sigurd, chef de Stingarige, lequel descendait de Harald Jr. En 1033 il vint prendre du service dans la garde des empereurs de Byzance. Il fitavec ce corps la guerre navale contre les pirates africains qui désolaient la Sicile, visita jerusarem
en 1035, et, sous la conduite de Georges Maniaque, battit les Sarrasins en 1038. Dès qu’il fut devenu commandant de la garde des empereurs, il se sépara de Maniaque, s’empara de plusieurs villes de la Sicile, puis transféra le théâtre de la guerre en Afrique, où il battit les Sarrasins en dix-huit batailles. Revenu à Byzance en 1042, il y apprit que son neveu Magnus avait hérité de la Norvège et du Danemark. Il quitta alors le service de l’empereur; mais, après avoir refusé les offres brillantes qui lui furent faites pour ne pas l’abandonner, il fut arrêté et jeté en prison. Heurêusement il parvint à s'évader et à se réfugier auprès du grand-prince de Russie, Jaroslaf, dont il épousa la fille, Élisabeth, à Nowogorod, et en 1045 il arriva à la cour du roi de Suède, qui était parent de sa femme. Il eut bientôt enlevé à Magnus une partie de la Norvège, et se fit couronner comme seul roi de Norvège, en 1047. Il futtué dans une bataille, en 1067, en Angleterre. Sa descendance mâle s’éteignit en 1319, avec Hakon IV.
HARANGUE.,. On la définit : « Discours qu’un orateur prononce en public, ou qu’uu écrivain, historien ou poëte, met dans la bouche de ses personnages. » C’est néanmoins plutôt une allocution qu’un discours ; elle vit surtout de spontanéité et d'improvisation. Ménage dérive ce mot de l'italien aringa, qui a la même signification ; Ferrari, d’aringo, lice, joûte, chaire, barreau. On a cru la découvrir aussi dans le terme anglais Learing, audience. Après les harangues consignées dans les livres saints, par exemple les sublimes prophéties d'Isaie, de Jérémie, etc., qui sont des harangues de ordre le plus élevé, les premières qui soient parvenues jusqu’à nous, sont celles d'Homère, poëte également admirable dans ses récits et dans les discours qu’il prête à ses héros. Parmi les historiens grecs , le plus remarquable par ses harangues est Thucydide, que l’on accuse, au reste, de prolixité à cet égard. Mais la harangue qui n’est pas une barangue d'emprunt , la harangue réelle, c’est chez les orateurs grecs qu’il faut la chercher. Sonore, harmonieuse chez Eschine, mais en même temps incisive et poignante; véhémente, terrible, tonnante même, dans la bouche de Démosthène, elle soulève ou calme à son gré le flot des tempêtes populaires, et tient en échec jusque sur son trône le rusé despote de la Macédoine. Les habitudes oratoires des Romains, incorporées pour ainsi dire, dans les mœurs publiques, ont impatronisé la harangue chez les historiens latins comme chez les historiens grecs. De là les nombreux chefsd'œuvre de diction oratoire répandus dans les œuvres de Tite-Live, Salluste, Tacite, Quinte-Curce même, discours qui présentent plus on moins l'empreinte du siècle, mais portent bien certainement le cachet de l’auteur. En Angleterre, la harangue politique a depuis longtemps atteint son apogée. Mais il ya une autre espèce de harangue que cette terre de franchises et de liberté possède particulièrement : c’est la harangue du criminel avant le supplice, en un mot, la harangue de l’échafaud. En France, malgré de nombreux chefs-d'œuvre d’éloquence religieuse , judiciaire ou parlementaire, voire académique, les seules harangues qui fussent réellement en vogue avant le régime constitutionnel, consistaient dans les compliments de félicitation ou de condoléance que les sociétés, les compagnies , les agrégations, les corporations, les populations adressaient à leur suzerain, à leur seigneur et maître, par l’organe de leurs prélats ,deleurs magistrats, de leurs avoués, deleurs maïeurs, de leurs baillis, Ainsi déflorée, dépouillée de ce sel attique qui stimule, de cette sage raison qui éclaire, de cette éloquence du cœur qui émeut et qui entraîne, elle perdit tout, jusqu’à son parfuin , et finit par fatiguer ses dieux mortels, auxquels elle r’offrait plus qu’un grossier encens. Sans doute la harangue a recouvré quelque temps chez nous le caractère qui lui est propre ; maïs le siècle, en devenant oratoire , n'a pas cessé d'être éminemment posilif ; et aujourd’hui l'esprit de toute harangue se résume pour nous dans cette maxime : « Parlez peu, parlez bien; mais surtout parlez à propos. »
MONDELOT.
Les harangues militaires ou improvisations des géné-