‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 507 sur 552 · HARPON — HARRIS · texte numérisé non relu

HARPON — HARRIS

tout républicains, qui n’empèchèrent pas Charles 1® de le nommer gentilhomme de sa chambre. Harrington servit ce prince fidèlement, sans renoncer à ses opinions politiques, et fut du petit nombre de ceux qui ne craïgnirent pas de l'accompagner jusqu’à l’échafaud, pour lui donner une dernière preuve de leur dévouement. Tant que dura le protectorat de Cromwell, il vécut étranger aux affaires publiques, consacranttoutes ses pensées à la composition de son Oceana, ouvrage écrit en forme de roman allégorique, et dans lequel il trace l'idéal de la république, ou du gouvernement des nations. 11 parut à Londres en 1650, etétait merveilleusement propre à donner satisfaction au goût d’un siècle où les plans imaginaires de républiques faisaient le sujet continuel des cenversations et des discussions. 11 obtint donc une vogue extraordinaire, que ne justifie guère un style dur et rocailleux. Il a été traduit en français en 1795.

Avant d’être mis en vente, il avait été saisi par ordre de Cromwell, et Harrington avait eu beaucoup de peine à en obtenir la main levée. II lui fallut pour cela dédier son livre au protecteur, qui, après l'avoir lu, dit que l’auteur avait entrepris de le dépouiller de son autorité, mais qu’il nequitterail pas pour un coup de plume ce qu’il avait acquis à la pointe de l'épée. Pour mieux faire apprécier ses doctrines et les répandre, Harrington fonda un club, nommé Rota, qui fut dissous après la restauration des Stuarts. Les écrits qu’il publia dans la suite, sous le règne de Charles II, le firent enfermer à la Tour, le 28 décembre 1661. Il était accusé de haute trahison. Bien qu’acquitté sur ce chef par les commissaires des deux chambres, il resta longtemps détenu dans l’île de Saint-Nicolas, près de Plymouth. Ses amis n’obtinrent sa mise en liberté que lorsqu'une grave maladie eut mis sa vie en péril. IL succomba quelque temps après à Londres, le 11 septembre 1677. Il avait perdu la raison à la suite des remèdes trop violents qu’on lui avait administrés. Outre quelques poésies qui ne s'élèvent pas au-dessus du médiocre, on aencorede lui des Aphorismes, où il expose ses principes politiques.

HARRIOT ( Tuowas), célèbre mathématicien anglais , né en 1560, à Oxford , découvrit les relations qui existent entre les racines et les coefficients d'une équation dont le second nombre est ramené à zéro (voyez les formules (7) de l’article Équarion, t. VIII, p. 710). Il fut conduit à ce résultat par cette remarque, qu’il fit le premier, que toute équation d’un degré supérieur peut être décomposée en facteurs du premier degré. Mais c’est à tort qu’on lui a attribué le théorème de Descartes connu sous le nom de règle des signes.

Harriot accompagna Walter Raleïgh dans son expédition de Virginie. 11 leva la carte de ce pays, et publia à son retour à Londres la relation de ce voyage. Mais son ouvrage principal, celui qui renferme ses découvertes mathématiques, ne parut qu’en 1620, sous le titre d’Ariis analyticæ Praæxis ad æquationes algebricas resolvendas (Londres, in-folio }: Werner en donna une nouvelle édition en 1631. Harriot était mort à Londres, le 2 juillet 1621.

HARRIS (James), métaphysicien et grammairien anglais , né à Close, près de Salisbury , en 1709, était neveu du célèbre lord Shaftesbury, et expira à Londres, le 22 décembre 1780. La mort de son père l'ayant mis en possession d’une fortune considérable, il renonça à l'étude de la jurisprudence, que déjà il avait commencée à Lincoln’s Inn, pour se consacrer entièrement à la littératnre. Le premier ouvrage qu'il publia était intitulé : TAree treatises ; he first concerning art, the second concerning music, painting and poetry, the third concerning happiness (Londres, 1744). Vint ensuite Æermès ou recherches philosophiques sur la grammaire universelle (Londres, 1751), ouvrage qui obtint un grand succès et fut traduit en plusieurs langues. Thurot le publia en français, en 1796, avec un savant discours préliminaire sur l’histoire de la grammaire, A partir de 1761 jusqu’à sa mort, James Harris fut membre de la chambre des communes, En 1762 il fut nommé lord

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