HASTENBECK — HASTINGS
gaise de rester maitresse du champ de bataille. Sa perte était de 1,500 hommes, tandis que celle des coalisés s’élevait au double. Le résultat de la bataille d’Hastenbeck fut la convention de Kloster-Seven, signée le 8 septembre 1759, en vertu de laquelle le duc de Cumberland dut congédier une partie de ses troupes et abandonner aux Français Hanovre et Cassel.
HASTINGS, vieille ville du comté de Sussex, en Angle-
terre, fréquentée pendant la saison d'été, à cause des bains de mer qu’on y a établis, compte 29,289 habitants (1871), Elle est célèbre dans l’histoire par la bataille que Guillaume le Conquérant livra dans les plames voisines, le 14 octobre 1066, à son rival Harold ; bataille qui décida du sort de l'Angleterre, en faisant passer la couronne des mains des Saxons aux envahisseurs normands.
HASTINGS (Warren), né en 1732, à Churchill, dans le comté de Worcester, où son père remplissait les fonctions de curé, est célèbre par l’un des plus ruineux procès dont fassent mention les annales judiciaires de toutes les nations. J1 fit ses études à Westminster et à Oxford, et obtint en 1749 un emploi d’expéditionnaire dans un des comptoirs de la compagnie des Indes. Aussitôt qu'il se fut rendu à son poste, il se livra à l'étude du persan et de tout ce qui se rapporte aux intérêts anglais en Asie. Par la suite, il servit, en qualité de volontaire, dans l’armée du colonel Clive, lorsque celle-ci reprit possession de Calcutta. En 1761 il fut nommé membre du gouvernement du Bengale; mais quatre ans après il revint en Angleterre, où il s’occupa de sciences et de littérature. Il sollicitait la chaire de langue persane à l’université d'Oxford, lorsque ses talents et ses connaissances spéciales attirèrent l’attention du parlement, et le ministère l’envoya alors à Madras, avec une provision, pour prenäre le gouvernement de cette présidence. En 1772 il devint gouverneur du Bengale, et fut nommé en 1774 gouverneur général des possessions anglaises dans les Indes orientales. 11 remplit ces fonctions pendant treize années , au milieu de circonstances difficiles et critiques, et réussit à agrandir et à consolider la puissance de la compagnie aux dépens des princes indigènes. C’est pendant son administration que l'Angleterre eut à lutter contre le célèbre Hyder-Ali et ensuite contre son frère, le courageux Tipou-Saeb. Le traité de Mangalore, conclu le 11 mars 1784, mit momentanément un terme à la guerre, qui, malgré les sacrifices qu’elle avait nécessités, valut à l’Angleterre des accroissements de territoire considérables.
Un tel résultat ne put toutefois être obtenu sans de nombreux actes arbitraires et sans quelques concussions. Warren Hastings, en élevant les revenus de la Compagnie ue trois millions sterling à cinq millions, s'était assuré l'impunité pour toutes les violences, les illégalités et les déprédations qu'il avait pu commettre. Cependant, lorsque lord North dut quitter le ministère, ses adversaires s’efforcèrent d’entrainer dans sa chute ses différentes créatures. Hastings fut donc rappelé en 1785, et se vit bientôt enveloppé dans un inextricable réseau d’accusations. Les principaux orateurs de l’opposition, Fox, Burke, Sheridan, etc., se portèrent ses aecusateurs. On lui reprochaït d’avoir commis pendant son administration une foule d’actes arbitraires et fyranniques, d’avoir extorqué des sommes immenses, et causé la ruine de plusieurs princes indigènes. Le 17 février 1786 Burke présenta l'acte d'accusation devant la chambre des communes ; l'affaire fut renvoyée au mois de mai de l’année suivante à la chambre haute, et le procès s’ouvrit le 13 février 1788, dans la grande salle de Westminster. Warren Hastings échappa à la détention préventive en fournissant caution. Les longues formalités qu’entraine un débat judiciaire devant la chambre haute, les lenteurs qui résultent pour toute espèce de procès plaidé devant cette juridiction, les continuelles interruptions qu'y apportent nécessairement les travaux politiques de cette assemblée, retardèrent le jugement, Un grand nombre de griefs exposés dans l'acte d'accusation exigèrent de minutieuses enquêles et l'audition d’une foule
de témoins qu’il fallut faire venir de l'Inde. Plusieurs discours prononcés par les accusateurs durèrent des jours entiers ; entin, le 15 avril 1794, la chambre haute tenait sa cent vingtième séance comme cour de justice, sans que l'affaire fût encore terminée. L'opinion publique, quelque prévenue qu’elle eût d’abord été par les grands talents des accusateurs avait fini par se prononcer avec force en faveur de l'accusé
Quand lord Cornwallis fut revenu de l'Inde, cet homme d'État, qui avait dirigé en personne et sur les lieux mêmes les investigations les plus rigoureuses, se prononça complétement en faveur de Warren Hastings. IL signala avec force les grands et incontestables services qu'il avait rendus au pays, en lui conservant, par les mesures qu’il avait su prendre, ses colonies des Indes orientales, à une époque où la défection des colonies américaines n’offrait qu’un exemple trop encourageant aux autres possessions transmarines de l’Angleterre. Le témoignage impartial rendu par un colonel français, du nom de Gentil, que Warren Haslings avait expulsé de l'Inde, produisit aussi un grand effet et aida puissamment à la défense. Enfin, au commencement de l’année 1795, lord Thurlow proposa que chacun des membres de la cour, interpellé sur la question de culpabilité, eût à répondre, à haute et intelligible voix, sur son honneur et sa conscience. La majorité se prononça pour l’acquittement ; en conséquence Warren Hastings, qui avait entendu à genoux Ja lecture de l’arrêt, fut renvoyé des fins de l’accusation et condamné seulement aux dépens. Ils s’élevaient à la somme de 71,080 livres sterl. (1,777,000 fr.). L'État pour sa part eut à supporter en outre 100,000 livres sterling (2,500,000 fr.) de frais laissés à sa charge. La compagnie des Indes dédommagea Warren Hastings en lui accordant une pension de 4,000 livres sterling (100,000 fr.) ; et afin de récompenser ses longs services, elle lui fit compter une somme de 114,000 livres sterling (2,850,000 fr.), à titre d’arrérages, qu’elle fit remonter à vingt-huit ans. La foule d’objets précieux que Warren Hastings avait rapportés de l'Inde, parmi lesquels on remarquaitle trône du souverain indigène du Bengale tout couvert de pierres précieuses, un lit et une douzaine de fauteuils en ivoire massif et d’un travail exquis, avait donné à penser qu'il possédait d'immenses richesses. Mais à sa mort, arrivée le 22 septembre 1818 , on reconnut tout ce qu’il y avait d’exagération dans ces rumeurs publiques. Warren Hastings, qui pendant toute la durée de son administration se montra le protecteur zélé des sciences et des lettres, était sous tous les rapports un homme distingué, bon architecte, habile ingénieur et même quelque peu poëte. Parmi les ouvrages qu’on a de lui, nous citerons : Narrative of the late Transaction at Benares (1782); Review of the State of Bengal (1786); The present State of the East-Indies (1786). Sa fille , la marquise de Bute, a publié son Privale journal en 1858.
HASTINGS ( Francis RAWDON, marquis de), horume d'État anglais, descendait d’une ancienne famille normande établie depuis longtemps en Irlande. Né en 1754, il fut élevé à Oxford, et servit avec tant de distinction dans la guerre contre les insurgés américains, qu’à l’âge de vingt-trois ans il était déjà lieutenant-colonel et que bientôt après il devint adjudant-général de lord Cornwallis, commandanten chef des forces anglaises en Amérique. Revenu en Angleterre en 1782, il bérita dix ans après du titre de comte de Huntingdon, que lui légua un de ses oncles, puis en 1794 , à la mort de son frère, du titre decomte de Moira, et enfin de celui de marquis de Hastings, du chef de sa mère, héritière de sa maison. Il prit part ensuite, pendant les guerres de la révolution, a diverses expéditions en faveur des émigrés français, combattit en 1799 le projet de réunion de l'Irlande avec l’Angieterre , et, quoique toujours membre de l’opposition, devint l’un des anis du prince de Galles ( plus tard Georges IV), qu'il réconcilia avec son père, en 1805. En 1814 le prince régent lui confia les fonctions de gouverneur général des Indes orientales, où il vainquit les Pendaries, le prince des Mahrattes Sandrah et les montagnards du Nepaul. A son retour de
l'Inde (1823), il eut à soutenir dans la chambre haute de nombreuses attaques dirigées contre les actes de son administration, s’en tira avec honneur, et fut nommé en 1824 gouverneur à Malte. II mourut, le 28 novembre 1826, dans la rade de Baïes
HATCHISCH ou HATCICH. Voyez Hacmisce.
HATTICHÉRIF, HATTISCHÉRIF ou KATT CHÉRIF, c’est-à-dire lettre sublime. C’est le nom que les Turcs donnent aux rescrits du sultan. Les hattichérifs sont rédigés en Jangue turque et écrits en diwdni, écriture arabe à l'usage de la chancellerie. Au-dessus du texte est placé en signe d’authenticité du rescrit le monogramme entrelacé du sultan, d’ordinaire en noir, quelquefois en rouge et souvent en hettres d’or. Ce monogramme entrelacé s'appelle Tougra ou nischânicherif, c’est-à-dire signe sublime, et le fonctionnaire qui l'écrit, Nischändji, c’est-à-dire signataire. Le hattichérif dont il a été le plus question de nos jours a été celui de Gulhané (voyez OTroman | Empire |).
HATZFELD, famille originaire du pays de Hesse, et qui se partagea, vers le milieu du douzième siècle, en deux branches : celle de Hatzfeld-Wildenberg, et celle de Hatzfeld- Wildemberg-Hessen. C’est à cette branche qu’appartenait Melchior pe Harzrecn, qui à l’époque de la guerre de trente ans se signala comme général au service de l’Empire, et fut le créateur de la grandeur de sa maison. C’est aussi à cette branche que, en 1741, le roi de Prusse conféra le titre de prince; et en 1748 l’empereur lui accorda la même dignité. Cette ligne princière principale étant venue à s’éteindre, en 1794, ce ne fut qu'après de longues difficultés judiciaires que François-Louis DE HATZFELD, possesseur du majorat de Wildemberg-S-hœænstein, parvint, en 1803, à se faire mettre en possession de la seigneurie immédiate de l’Empire et de la dignité de prince qui y est attachée.
François-Louis ne HaïzFecn, né en 1756, avait d’abord été au service de Mayence ; plus tard il passa au service de Prusse, y obtint le grade de lieutenant général, et prit sa retraite en 1807. C’est à lui que se rattache le fait suivant, qu'on à beaucoup trop fait valoir comme acte de générosité de Napoléon. Berlin ayant été évacué en 1806 par les troupes prussiennes, le gouverneur de la ville et ministre d'État, comte de Schulembourg-Kehnert, confia à son gendre, le prince de Hatzfeld , la direction des affaires, en lui imposant l'obligation d’adresser tous les matins un rapport au roi sur la situation de la capitale. Le 24 octobre, à cinq heures du matin, par conséquent sept heures avant que l’avant-garde française fût arrivée à Berlin, Hatzfeld manda au major Knesebeck de l’état-major général « qu’il ne savait rien d’officiel sur l’armée française, si ce n’est qu’il avait vu une proclamation adressée par elle aux magistrats et aux habitants de Potsdam. Les Français , ajoutait-il, disent que leur corps d'armée est fort de 80,000 hommes; mais d’autres assurent qu'il n’atteint pas le’ chiffre de 50,000 hommes. On a remarqué aussi que les chevaux de la cavalerie paraissaient exténués de fatigue. » Cette lettre tomba entre les mains de Napoléon, et Hatzfeld fut arrêté le 28 octobre. Sa femme alla aussitôt trouver l'empereur, qui lui dit : « C’est vous-même, madame, que V’établirai juge de la question. Si la lettre est réellement de votre mari, il est coupable; » et il lui tendit la lettre. La princesse, à la vue de l’écriture de son mari, ayant paru constérnée, l’empereur lui remit la lettre en ajoutant gracieusement : « Gardez ia lettre, madarne, et je n’aurai plus de preuves contre lui, Ramenez-le à votre hôtel, il est libre désormais. »
Par la suite, le prince de Haltzfeld fut chargé de différentes missions diplomatiques, C’est ainsi qu’en 1813 ce fut lui quo: choisit pour aller porter à Paris la lettre par laquelle le ri de Prusse se jnstifiait au sujet de la capitulation du général York. Plus tard, it fut nommé ambassadeur près la cour des Pays-Bas, et en 1822 près celle de Vienne, où il mourut, le 3 février 1827. Son titre de prince passa à son fils, Frédéric-Herman-Antoine, né en