‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 52 sur 552 · FUSIBILITÉ — FUSIL · texte numérisé non relu

FUSIBILITÉ — FUSIL

Nous ne connaissons que ces deux genres de sels auxquels puisse s'appliquer rigoureusement le mot fuser. L'effet résulte d’une action double, et qui s'exerce simultanément : 1° celle du transport rapide de l'oxygène contenu dans ces sels sur le carbone, avec lequel il se combine chimiquement pour former des gaz carbonés, qui s’échappent dans l'air; 2° la fusion ou fonte du corps avquel était précédemment uni cet oxygène : cette fusiun, à cause de la température très-élevée qui se développe au point de contact et qui résulte de la combinaison chimique, est également instantanée, et une partie du charbon se trouve recouverte par la substance fondue. Le mot fusion n’est donc pas le substar tif formé du verbe fuser, qui n’en a pas en français, et pour lequel il ne serait peut-être pas déraisennable de créer le mot fusement, afin de pouvoir exprimer sans équivoque des propriétés chimiques qu'il est si fréquent d'avoir à caractériser. PELouze père.

FUSIBILITE, qualité de ce qui est fusible, ou disposé à se fondre. L'état de solidité et de fluidité des corps dépendant de la quantité‘de calorique qui y est appliquée, les corps se solidifiant par la privation du calorique, et redevenant fluides quand on leur restitue le méme calorique, on en peut conclure cette loi générale : Tous les solides, pourvu qu'on y applique une quantité de calorique suffisante et relative à leur constitution propre, peuvent être ramenés à la liquidité. C’est ce passage qui a été appelé fus ion.On estime le plus ou moins de fusibilité d’un corps par le degré de chaleur auquel il doit être amené pour passer à l’état liquide. PELOUZE père.

EUSIL, arme à feu dont l’origine est aussi incertaine que celle de la poudre à canon. Cette arme a changé plusieurs fois de nom : elle s’est appelée arquebuse, mousquet ; elle a été construite suivant divers systèmes ; et malgré ses rares avantages, elle n’est parvenue au degré de perfection qu’on lui connaît qu'avec beaucoup de lenteur; encore y reste-t-il beaucoup à faire. Le premier fusil fut indubitablement un cano n portatif de métal forgé ou fondu, que Von faisait partir au moyen d’une mèche allumée qu’on tenait à la main. On conçoit qu’il était difficile de tirer juste etprestementavec une telle machine ; c’est ce qui donnalieu à l'invention de la batterie, dont, au reste, on avait depuis longtemps fait des applications analogues aux arbalètes. Les premières batteries, assez grossièrement exécutées, se composaient d’un bassinet, d’un ressort, d’une noix, etc. Le chien, au lieu de pierre, portait un bout de corde, qu’on allumait au besoin, et qui brûlait lentement, comme Jes mèches dont on se sert pour faire partir les canons. On comprend que lorsqu'on pressait la détente, le bassinet s’ouvrait, et que le chien, s’abattant, portait le hout de corde sur la poudre, etc. Les premiers fusils ou arquebuses étaient si lourds, qu’il fallait deux hommes pour les porter.

La corde allumée avait en outre plusieurs inconvénients : elle produisait de la fumée, et tout porte à croire que la poudre contenue dans le bassinet ne s’allumait pas toutes les fois que la mèche la touchait; ce qui fit naître l’idée d’un perfectionnement basé sur les propriétés du briquet à pierre. Une roue d’acier trempé, de la grandeur d’une pièce de cinq francs, plus ou moins, dont le contour était rayé, frot-

tait, en tournant, contre un caillou fixé au-dessus du bassinet et en faisait jaillir des étincelles, qui mettaient le feu à la poudre, Le mécanisme qui faisait tourner la roue était animé par un ressort qu'on remontait avec une manivelle qu’on ôlait et qu’on mettait à volonté. Cette arme, appelée fusil à rouet, ratait peu, mais, outre qu’elle était lourde, elle exigeait beaucoup de temps pour être chargée et armée, ,

On fit donc un grand pas de plus vers la perfection lorsque, dès 1685, on arma le chien d’un caillou qui, allant frapper contre le couvercle, appelé platine du bassinet , le souleva et en fit jaillir des étincelles. C’est de l’ap-

.Pication du caillou (Jocile) que le mousquet prit le nor de fusif, Louis XIV en arma tous ses soldats en 1704.

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Depuis, le fusil de munition, avec sa baïonnette, fat l'arme principale des soldats de l’Europe.

Le fusil à pierre, à l'usage des chasseurs, fut construit sur les mêmes principes que le fusil de munition, mais son canon fut forgé avec plus de soin, afin de le rendre résistant et léger à la fois. En outre, le chasseur pouvant ne pas abattre le gibier du premier coup,on fabriqua des fusils doubles, ou composés de deux canons réunis au moyen d’une bande de fer brasée entre les deux. On fabriqua des fusils à quatre coups; nous en avons vuà sept canons. Du reste, ces tours de force sont rares: une arme aussi compliquée est plus singulière que commode. Enfin, au commencement de ce siècle, un Anglais amorça le fusil de chasse avec de la poudre fulminante, qui a la propriété de prendre feu quand on la choque avec un corps dur; dès lors la pierre à feu, le bassinet, etc., devinrent inutiles, et furent supprimés. L’arme ainsi modifiée prit le nom de fusil à piston, dénomination qui n’est point motivée, attendu qu’il n’y a point de jeu de piston dans sa batterie : on devrait s’en tenir à l'expression de fusil à percussion. Les fusils à pierre étaient déjà si parfaits, qu’il ne fallut pas moins d’une vingtaine d’années pour les faire abandonner à l’armée; d’abord, parce que les amorces de poudre fulminante coûtaient cher ; puis on fut longtemps à s’apercevoir que par leur emploi on n'avait pas besoin de mettre autant de poudre dans le canon pour chasser le même projectile, etc. Depuis que les fabricants d’amorces ont pu les livrer à bas prix, et qu’on a reconnu les avantages qu’il y avait à les employer, les fusils à percussion ont remplacé entièrement, ou à peu près, ceux à pierre. Nous avons dit que les fusils à piston n’ont point de bassinet ; cette pièce est remplacée par un conduit appelé cheminée, qui communique avec l’intérieur du canon; l’amorce, composée d’un mélange de poudre fulminante et de poudre ordinaire, est contenue dans le fond d’une petite capsule de cuivre ayant la forme d’un dé à coudre fermé ; le diamètre intérieur de la cheminée est égal à son diamètre extérieur , de sorte que la capsule coiffe celle-ci et tient dessus comme le couvercle d’une tabatière sur la cuvette. Au bout du chien du nouveau fusil est pratiquée une cavité dans laquelle, quand l'arme est au repos, est logée la capsule etle sommet de la cheminée. Par cette disposition, l’amorce est à l'abri des chocs, de la pluie, etc. Quand on veut tirer l'arme, on redresse le chien, qui, lorsqu’on presse la détente, va frapper un coup sec sur la capsule ; l’'amorce prend feu; et comme la flamme qu’elle produit ne peut se répandre à l'extérieur, elle pénètre dans l’intérieur du canon, et le coup part. TEYSSÈDRE.

Aux qualités exigées autrefois de toute arme à feu portative on a joint, surtout depuis les succès de la Prusse en 1866, la condition d’un tir rapide. Or, cette rapidité de tir ne peut guère s’obtenir qu’en introduisant directement Ja cartouche sous le système déterminant l'explosion, c’està-dire au moyen du chargement par la culasse. 1] existe deux systèmes principaux de fusiis se chargeant par la culasse : le système à {abatière et le système à aiguille.

On a beaucoup discuté la valeur du fusil à tabatière, et l'on est resté d'accord pour convenir que son principal avantage est de permettre facilement la transformation de l’ancien fusil à piston en fusil se chargeant par la culasse. Pour opérer cette transformation, l’onretranchelacheminée de l’ancien fusil, et l’on opère la section du canon sur la longueur de cette cheminée et sur la largeur du canon en dehors du fût Je l'arme. Il est facile de glisser, par ce vide, la cartouche dans le tonnerre, qui se ferme au moyen d'un couvercle de fer, jouant de droite à gauche. Le couvercle porte à l’extrémité droite une tige manœuvrant obliquement dans un tube saillant et sous l’action d’un chien, et qui, après avoir heurté la cartouche, se relève ensuite sous l’action d'un ressort d’acier. La cartouche est enveloppée de laiton et amorcée de fulminate de mercure.

Les trois espèces de fusils à tabatière les plus connus sont le fusil Sniders, adopté pour l’armée anglaise, et les

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