‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 53 sur 552 · FUSIL — FUSIL À VENT · texte numérisé non relu

FUSIL — FUSIL À VENT

fusils américains Peabody et Remington. Dans le Sniders, l'inflammation s'opère par une cartouche’en papier revétue d’une enveloppe en clinquant de cuivre pour former obturateur. Dans le fusil Peabody, l’un des meilleurs du système à tabatière quoique un peu lourd, la batterie se découvre par la chute intérieure de la plaque mobile qui forme le revêtement de la.hoîte. Le canon n’a pas de culasse ni de tonnerre ; il représente un cylindre creux, renforcé légèrement en arrière. La boîte, maintenue par une vis-charnière, s'applique par juxta-position contre l’intersection de la crosse, et porte deux entailles. L’entaille intérieure, légèrement arquée, renferme une tige ou curseur dont la partie postérieure, ressortant à l'arrière de la fausse culasse, est soumise à l’action du chien, tandis que la partie antérieure va frotter, après une course de 2 à 3 millimètres , le fulminate de la cartouche, disposé tout autour de celle-ci et garni d’un bourrelet. Le fusil Remington, arme courte et légère, dont le canon bronzé par un procédé galvano plastique résiste bien à la rouille, est muni d’une batterie mobile en acier, qui se meut d'avant en arrière, dans le même sens que le chien, qu'il faut mettre au cran de bandé pour ouvrir le tonnerre. A la partie inférieure de la chambre du canon se trouve un éperon destiné à enlever le tube de la cartouche, Employé en France pendant la guerre de 1870-1871, le fusil Remington n’a pas doué les hons résultats qu’on pouvait en attendre. Il se trouve vite en mauvais état, par l’usure résultant du frottement de la pièce de culasse et de la pièce de batterie ; d'autre part, le point de résistance aux gaz élant placé au-dessous de la plaque de fermeture, tandis que l’eflort des gaz se porte sur le clapet même, il en résulte de fréquents crachements.

Le système à aiguille comprend deux types principaux : le fusil Dreyse on fusil à aiguille prussien, et le fusil Chassepot ou fusil modèle 1866. Dans le fusil Dreyse, le canon porte; vissée à sa partie inférieure, une boîte de culasse d’un diamètre plus fort que celui du canon. A la partie supérieure, en dehors de la monture, et en arrière du point où le canon se joint à la boîte de culasse, cette boîte est coupée dans sa longueur, de façon à laisser passer la cartouche dans la chambre, Dans la même boîte est placée la culasse, ou cylindre mobile , que l’on introduit par l’arrière de la boîte, ouverte à cet effet. L'intérieur du cylindre comprend deux parties creuses , dont l’une, située près du canon , s'appelle la chambre à air, et sert à recueillir les résidus de la poudre ainsi que les débris non brûlés de l'enveloppe de la cartouche. La seconde partie du cylindre, qui s'ouvre en arrière, contient nn autre cylindre creux, portant une tige, dite Zige de l'aiguille, qui égale la culasse en longueur. Autour de cette tige est enroulé un ressort à boudin, que l’on peut tendre en tirant à soi un pêtit anneau, placé à l'extrémité inférieure et en dehors de la culasse. Un cran, dont la lige est munie et dans lequel s'adapte une tête de gâchelte s’abaissant sous la pression de la détente, permet au ressort de reprendre sa Le normale; la tige, ramenée en avant, projette l’aiguille dahs la cartouche, et provoque l'explosion,

Daus le fusil Chassepot la culasse mobile est logée dans une cuvette presque cylindrique, vissée sur la tranche posférieure du canon et solidement fixée au bois. Cette cuvétte porte, dans le sens longitudinal, trois intersections. La première, placée vers le milieu de la partie supérieure et semblable à lentaille pratiquée sur la douille d’une baïonnette, permet le va-et-vient d’une clef ou manotte adaptée sur un tube concentrique avec la boîte; ce tube, formant verrou, n'est autre que la culasse mobile, Le recul de la manotte entraînant celui du verrou détermine l'ouverlure du canon, La deuxièraé intersection longitudinale, située à la partie inférieure de la cuvette, livre passage au corps de la détente, pièce qui réagit au n oyen d’une saillie formant gâchette, La troisième intersection, qui se trouve à la fois sur la partie supérieure et sur la partie

postérieure de la cuvette, permet de faire glisser une masselotte, qui a pour fonction de faire manœuvrer la noix. Dans le verrou est contenue une tige porte-aiguille, sur laquelle s’enroule un ressort à boudin établi de façon à pouvoir se comprimer et reprendre ensuite son état normal, à l’aide d’une sorte de décocher. Cette tige se meut dans un tube, dont l’avant affecte la forme d’un tronc de cône, et le milieu celle d’un disque; contre le disque est fixée une rondelle en caoutchouc, dite ob{urateur, qui est assez épaisse pour se dilater en s’aplatissant sons Ja pression des gaz. Le long du verrou sont pratiquées trois rainures qui portent les noms de cran de repos, cran de bandé, cran de départ; elles correspondent avec une vis-arrétoir ajustée sur la masselotte. Selon le mouvement imprime au verrou, l'extrémité de l’arrêtoir butte contre le ressaut de la raïnure et détermine l'arrêt voulu: Pour charger l'arme, il faut l'ouvrir de droite à gauche à l’aide de la manotte, en faisant tourner le verrou dans le même sens; on porte ensuite Pensemble du système en arrière, mouvement réglé par une vis qui adhère à la boîte et plonge dans une rainure du verrou, puis on introduit la cartouche, L'arme étant chargée, lorsqu'on ramène Ja masselotte en arrière, la noix fait tendre le ressort à boudin. Quand la partie antérieure du ressort dépasse la gâchette dont la saillie est destinée à arrêter la noïx et à faire partir le ressort, l'arme se trouve au bandé. Alors, une pression sur la détente provoque l’échappement de la gâchette, et la noix lance l’aiguille à l'effet de produire l’explosion, La noix et l’aiguille étant immobilisées tant que la boîte n’est pas fermée, le chargement de Parme ne produit aucun danger. Quand l’arme est chatgée, le cran de repos soulage le ressort et constitue une sûreté. Le Chassepot, dont la longueur est de 1®,290 et qui pèse 4 kilogrammes, 100, se manœuvre facilement. Il se charge avec rapidité; le soldat peut tirer six coups ajustés par minute. Le tir en est régulier jusqu'a 1,000 mètres

Le fusil Chassepot, dont les Français firent la première épreuve à Mentana, en 1867, s’est montré, en 1870-1871, supérieur au fusil Dreyse des Prussiens, que ceux-ci se sont empressés d'améliorer. L'Italie a le fusil Viterli; la Belgique, le fusil Albini; la Russie, le fusil Krenk.

FUSIL (de l'italien focile, caillou), morceau d’aciex trempé avec lequel on frappe un caillou pour en faire jaillir du feu. Si l’on tend un papier blanc au-dessous du caillou au moment où il est frappé, on recueille les étincelles, qui, vues au microscope quand elles sont refroidies, présentent de petites bonles de fer : ces étincelles sont donc du fer fondu.

Fusil est encore le nom d’un cylindroïde d’acier dont les bouchers, les cuisiniers, etc., font usage pour donner le fil à leurs couteaux.

FUSIL À VENT, L'air atmosphérique et tous les gaz en général ayant la propriété de faire ressort lorsqu'on les comprime dans un espace hermétiquement fermé, on a depuis fort longtemps employé cet agent enfermé dans un tube pour chasser des projectiles. On croit que le fusil à vent était connu à Constantinople du temps du Bas-Empire; les Hollandais, les Allemands soutiennent que c’est dans leur pays qu’il en a été fabriqué pour la première fois. Les Français prétendent de leur côté que le premier de ces sortes de fusils qu'on ait vu en Europe fut celui qu'un bourgeois de Lisieux présenta à Henri IV. Quoiqu'il en soit, on a lieu de s'étonner qu’une arme aussi perfide, aussi commode, nait pas été en usage dans les armées, si elle était connue plusieurs siècles avant la poudre à canon,

Le principe de tout fusil à vent est le même que celui de la canne à vent. On fait en métal la crosse d’un fusil ordinaire , dans laquelle on ménage une cavité appelée réservoir, qui Comniunique avec l’intérieur du canon par une ouverture qui se ferme à l'aide d’une soupape qu'on ouvre à volonté en pressant une détente; une autre soupape fait communiquer le réservoir avec l'air extérieur, Cette sou-

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