HAVANE
faire paraître son élève et à expliquer les principes de cette éducation nouvelle. La surprise fut générale, et l’instituteur trouva sur-le-champ le haut patronage nécessaire pour étendre à d’autres aveugles son ingénieuse méthode, La Société Philanthropique, qui comptait parmi ses membres les Bailly, les Larochefoucauld-Liancourt, lui confia douze jeunes aveugles, et fournit à tous les frais d'instruction et d'éducation qu’exigeait le naissant institut : c'était en 1784, L'année suivante, le nombre des élèves se trouvait déjà doublé. Cette même année, une commission de l’Académie des Sciences, à laquelle avait été soumise la méthode de Haüy, tout en signalant l’analogie de quelques-uns de ses procédés avec d’autres isolément employés avant lui par certains aveugles, reconnaissait que l'impression en relief lui appartenait en entier, de même que le système complet d'instruction qu’il avait établi sur cette base.
Après l’approbation de ce corps savant, Haüy obtint un suffrage plus important encore pour l’œuvre à laquelle il s'était voué : En 1786, appelé à Versailles avec ses élèves, il les produisit devant la cour, qui prit un vif intérêt à ces exercices, où se développaient les talents acquis par ces infortunés; on les garda quinze jours au château, et ils en repartirent avec l’assurance que le roi prenait désormais l'établissement sous sa protection. Louis XVI arrêta en effet qu'il serait fait des fonds pour élever à 120 le nombre des élèves , et il accorda à Haüy le titre de secrétaire interprète du roi et de l’amirauté de France. Ce fut une période de prospérité pour l'établissement, qui fixait de jour en jour davantage l’altention de la France et de l'étranger. La révolution vint malheureusement y meltre un terme : privée
| des secours du gouvernement, l'institution tomba à la dans son esprit, il s'y attacha avec force comme à tout
charge de son fondateur, qui parvint à la soutenir, quoique bien déchue, au travers de nos troubles civils. Enfin, il
| obtint, en l’an mr, un arrêté du Directoire qui plaça de
nouveau l'établissement sous la protection de l'autorité ; mais un vice d'organisation intérieure y développait dans la gestion des intérêts matériels des abus dont Haüy dut porter la responsabilité. Odieusement attaqué d’ailleurs pour ses manifestations politiques d’une autre époque, il résolut de quitter la France et de se rendre à Saint-Pétersbourg, où l’appelait le gouvernement russe, pour fonder un institut sur le modèle de celui de Paris. Il partit en effet, en 1806, accompagné de Fournier, l’un de ses meilleurs élèves. A Berlin, à fournit à M. Zeune toutes les indications nécessaires pour établir l'institution qui existe encore dans cette ville, et, arrivé dans la capitale moscovite, il y fonda également un établissement qui obtint d'abord beaucoup de succès. Après onze années passées en Russie, Hauy, âgé de soixante-quatorze ans, et atteint de plusieurs infirmités, sentit le désir de rentrer dans sa patrie. Il partit en 1517, décoré de la croix de Saint-Wladimir. A son arrivée en France, le gouvernement lui accorda une pension dont il jouit jusqu’à sa mort, qui eut lieu le 18 mars 1822. Valentin Haüy est auteur de l'Æssai sur l'Éducation des Aveugles , imprimé par eux en relief, 1786, in-4°, travail curieux, où sont succinctement exposés les détails d’une création qui doit faire vivre son nom dans l'estime de la postérité. . P.-A. Durau.
HAVAÏ (Iles). Voyez Toxca.
HAVANE (La), en espagnol La Havaña, ou plutôt San Cristobal de la Habaña, capitale de l’île espagnole de Cuba, est située sur la côte septentrionale de cette île et le grand centre du commerce de l'Espagne avec l'Amérique, en même temps qu’une des villes Les plus animées du Nouveau Monde. Elle fut tranférée sur l'emplacement qu’elle occupe aujourd’hui en 1519, après avoir été, dès le 25 juil. let 1515, fondée par Diego Velasquez, sur la côte méridionale, là où se trouve de nos jours le port si insalubre de Batabano. Pour la translation du chef-lieu, on fit choix de Puerto de Carenas, déjà célèbre et utilisé dès 1508 par Sébastian Ocampo, et qui est l’un des ports les plus beaux et les plus sûrs qu'il y ait au monde. L'entrée en est formée
par un canal de trois à quatre cents mètres de largeur sur environ quinze cents de longueur, défendu par de redoutables ouvrages : les forts Morro, sur lequel s'élève un phare, et Cabañas en deçà de la ville, et Puerta au delà. La ville est bâtie sur le côté occidental du port, dans le plus riche district de toute l’île, au milieu d’une contrée couverte de ma-
gnifiques habitations de campagne, de villages, de planta-*
tions de café, de jardins et d’allées de palmiers, et où vit une population très-compacte. Elle est en outre entourée de murailles et protégée du côté de la terre par quelques ouvrages. La Havane est une ville d’une construction très-régulière ; mais les rues en sont généralement étroites et mal pavées, et sans compter la garnison, les matelots et les étrangers, {elle renferme une population de 205,676 âmes (1863). Elle est le siége du capitaine général et de l’intendant général de l'ile, du commandant de la marine, d’un évêque, d’une université et d’autres établissements d'instruction publique, d’une société patriotique , etc., etc. On y trouve aussi un tribunal d'appel, un tribunal de commerce , une banque, un jardin botanique, une école de navigation, ainsi qu'un grand nombre d’écoles diverses et autres établissements scientifiques : aussi sous le rapport des lumières et de l'instruction. La Havane occupe-t-elle un rang bien plus élevé que la plupart des grandes villes de l'Amérique espagnole. Son important et productif commerce n’y entretient pas seulement une extrême activité, mais encore un fort grand luxe; et il entre chaque année plus de 2,000 navires dans son port. Le chemin de fer de Batabano, ouvert le 8 décembre 1843 , a établi une communication avec la côte méridionale de Cuba, et des bateaux à vapeur relient entre eux les différents ports de l’île. Sauf ses grandes manufactures de tabac et surtout de cigarres, et environ un millier de raffineries de sucre et de distilleries de rhum, on y compte peu de fabriques de quelque importance.Les principaux édifices publics sont les hôtels du gouverneur, de l’intendant, du commandant de la marine, et le magnifique bâtiment de la douane, On conserve dans la cathédrale les restes mortels de Christoghe Colomb, qui y ont été rapportés de San-Domingo, en 1796. Indépendamment de la cathédrale, on ÿ compte encore trois églises paroissiales, douze églises de couvent et de nombreuses chapelles. La ville possède en outre un bel hospice des orphelins, une maison des enfants trouvés, un hôpital d’aliénés, une grande prison neuve, plusieurs hôpitaux et casernes , trois théâtres, dont un destiné à l'opéra italien, un jardin botanique, une grande et belle place d'exercice (Campo de Marte), plusieurs marchés et d’autres places pourvues de fontaines jaillissantes, dont lune, la Plaza de Armas, ornée de la statue en marbre de Ferdinand VII, offre une promenade agréable. Le Cirque pour les combats de taureaux est établi à Regla , de l’autre côté de la baie. Les boutiques brillantes, les cafés, les restaurants abondent dans la ville. On doit aussi une mention au débarcadère du chemin de fer, au g'and canal, à l’arsenal et à ses magnifiques chantiers de construction, HAVIN (Léonor-Josera), directeur du Siècle, né en 1799, à Saint-Lô , partagea , de 1816 à 1820, l’exil de son père, l’un des conventionnels qui avaient voté la mort de Louis XVI. Après 1830 il n’accepta du gouvernement que les fonctions de juge de paix dans sa ville natale. Élu député en 1831, par ses concitoyens, qui lui renouvelèrent son mandat jusqu’en 1848, il prit place dans la chambre ‘aux côtés d’Odilon Barrot, et vota presque constamment dans l'opposition, Lors du mouvement réformiste de 1547, il organisa un banquet à Thorigny. Le département de la Manche l’envoya siéger à l’Assemblée constituante avec 119,817 suffrages. Dans les questions politiques etsociales, il se rangea jusqu’au 10 décembre du côté de la droite, excepté dans la question du bannissement de la famille d'Orléans et de celle des deux chambres; mais après l’élection de Louis-Napoléon à la présidence, il s’aitacha au parti démocratique. Élu membre du conseil d'État, il donna sa démission de députéle 20 avril 1849, etrestadepuis celte