HÉLIANTHE — HÉLICE
système des roues à aubes par celui de l’hélice, Ce nouveau propulseur est ainsi nommé parce que, de même qu’une vis, la ligne qui termine son arête est unehélice géométrique. Sans remonter à 1699, ni même à 1743, époques où deux Français, Duguet et Dubort, employaient l’hélice à faire mouvoir des moulins, qu’il nous suffise, pour établir la propriété des inventeurs français, de citer les lignes suivantes qu'écrivait en 1768 le mathématicien français Paucton : « Je suis étonné que personne n’ait songé à changer la forme de la rame ordinaire, qui n’est pas évidemment parfaite. En effet, outre que l’action du rameur n’est pas calculée pour faire avancer le vaisseau uniformément, puisque la rame décrit des arcs de cercle dans son mouvement, ilest obligé d'employer la moitié de son temps et de sa force à retirer la rame de l’eau et à la porter en avant. Pour remédier à cet inconvénient, il serait nécessaire de substituer à la rame ordinaire un instrument dont l’action fût, si c’est possible, uniforme et continuelle, et je pense qu’on trouvera parfaitement ces propriétés dans le ptérophore (révolution du filet d’une vis autour d’un cylindre). On pourrait en placer deux horizontalement et parallèlement à la longueur du navire, un de chaque côté, ou un seulement devant. On immergerait entièrement le ptérophoreou seulement jusqu’à l'axe. Ses dimensions dépendront de celles du navire, et l'inclinaison de l’hélice de la vitesse avec laquelle on veut ramer, » Restait à trouver la force motrice de ces propulseurs : c’était à la vapeur à résoudre le problème, Aussi dès 1823 l’idée de Paucton fut-elle reprise par le capitaine du génie Delisle; mais elle serait peut-être restée longtemps encore à l’état de théorie, si les Anglais Smith et Ericsson ne s’en étaient emparés. La vis Delisle était évidée : en 1832, M. Sauvage, alors constructeur de navires à Bou logne, inventa l’hélice pleine, et c’est la vis Sauvage qui, convenablement modifiée, estemployée aujourd’hui. Devenu vieux et infirme, et n'ayant pour foute ressource qu’une modique pension, M. Sauvage a vu tout à coup, vers la fin de 1854, sa raison s’affaiblir ; il a été recueilli par les soins du gouvernement dans la maison de Picpus.
L’axe de l’hélice étant fixé parallèlement à la quille du vaisseau, lorsque cet axe tourne, les filets se frayent un chemin dans l’eau, comme la vis dans une pièce de bois. Seulement il faut bien remarquer que l’hélice agit dans un fluide, et non dans un solide, C’est alors au calcul à s’emparer des divers éléments de la question pour déterminer les dimensions les plus favorables, le pas, l’inclinaison des diverses parties de l’hélice. Au point où en sont les choses, on peut ainsi résumer les avantages du propulseur héliçoïdal : 1° la vis est à l'abri du boulet et des avaries qui peuvent résulter des abordages ; la machine peut être entièrement placée au-dessous de la flottaison, dans les vaisseaux de ligne; 2° on peut établir des batteries dans toute la longueur du bâtiment; 3° les bâtiments à vis ayant environ deux cinquièmes de moins de largeur que les bâtiments à roues, peuvent pénétrer aans les bassins et docks qui ne sauraient recevoir ces derniers ; 4° la vis étant toujours immergée, quels que soient et les mouvements de roulis et de tangage et l’inclinaison du navire, fonctionne toujours avec la même régularité; tandis que dans le système à roues, celles-ci étant souvent émergées, la machine acquiert dans ce cas une si grande vitesse, qu'on est obligé, pour préserver le bâtis, de fermer les registres de la vapeur; 5° cette immersion constante permet de faire de la toile par le vent du travers et au plus près, ce qui donne la faculté de gréer les bâtiments à hélice à peu près comme les bâtiments à voiles; 6° le navire pouvant marcher à la voile, la machine peut être plus puissante et l’approvisionnement de charbon moins considérable; 7° Quel que soit le chargement du bâtiment, la marche est régulière, tandis que les bâtiments à roues perdent une partie de leur marche par suite de la trop grande immersion des roues, au moment du départ, lorsque le chargement de charbon est complet; 8° enlin, par un bon vent, lorsqu'on peut se servir de la voile, on
HÉLICE = HÉLIOCENTRIQUE
peut désembrayer la machine, et le bâtiment peut marcher comme les bâtiments à voiles ordinaires.
L'emploi de l’hélice est devenu presque général dans la marine à vapeur, soit pour les bâtiments de l'État soit pour ceux du commerce. Quelques navires de guerre sont pourvus de l’hélice double ou jumelle, due à un Anglais, le ca. pitaine Simonds; elle a paru préférable pour les navires à faible tirant d’eau, dont les proportions nuisent à l’installation de l'hélice ordinaire, et pour d’autres bâtiments destinés à évoluer dans de petits espaces.
HÉLICE (Ma/acologie), deËlË, spirale, genre demol, lusques gastéropodes univalves. La coquille des hélices, de forme très-variable, est le plus souvent globuleuse, à spire convexe, à ouverture entière, plus large que longue- Ce genre comprend toutes les coquilles terrestres analogues à l’escargot, ou hélice coninune, ou limaçon.
La tête de l’hélice commune attire d’abord l'attention pat les quatre tentacules qu’elle supporte, caractère commun à tout ce genre; les deux premiers, et les plus grands, supportent chacun un œil, ce qui ne veut pas dire que l’on puisse affirmer que les hélices éprouvent la sensation de la lumière, Ces animaux paraissent en effet complétement insensibles au changement brusque de la lumière dont on les frappe; ils ne voient jamais un obstacle placé devant eux, et il faut qu’ils le touchent pour s’apercevoir de son existence. Les grands tentacules jouent alors, comme les petits, le rôle d'organes du toucher, organes rétractiles et très-délicats. Le pied d’une hélice, lorsqu'il est étendu sur une surface plane, prend une forme qui approche de celui d’une ellipse allongée, tronquée en avant, terminée en pointe en arrière. Le dos de l'animal est convexe, et toute sa surface est chargée de granulations irrégulières diversement disposées, selon les espèces ; maïs toute cette peau sécrète constaniment une quantité notable: de mucosité très-tenue, dont l’usage est de favoriser l'adhésion de l’animal au corps sur lequel il marche. Si l'on casse la coquille et que l’on en débarrasse complétement l'animal, on voit que tous ses organes principaux font au milieu du dos une véritable hernie, et que la coquille est destinée à la protéger. On peut dire en effet que les organes contenus dans le corps d’une limace, par exemple, sont ici répétés en dehors et contournés en spirale, pour être contenus dans une coquille d’une forme semblable.
Mais, des différents organes des hélices , les plus singuliers sont ceux de la génération. On trouve chez ces animaux l’'hermaphrodismeincomplet. Dans la cavité commune des organes qui nous occupent s'ouvre une poche membraneuse, au fond de laquelle est placé, sur un mamelon, un dard calcaire fort aigu. Cette bourse du dard à la figure d’une cloche allongée ; sa cavité intérieure offre quatre sillons longitudinaux, et c’est le mamelon qui est au fond dont la surface sécrète une matière calcaire qui se cristallise en se moulant dans les quatre sillons, ce qui donne au dard la forme dune pyramide quadrangulaire. « C’est avec le dard, dit Cuvier, que les colimaçons préludent à l'acte reproducteur. Lorsque deux individus se rencontrent, ils commencent par se toucher, par se frotter l’un contre l’autre par toutes les parties de leurs corps. Après être restés plusieurs heures dans cette occupation, on voit la bourse commune sortir et se gonfler ; bientôt après se manifeste la bourse du dard, et celui des deux individus qui la renverse le premier cherche à piquer, s’il peut, quelque endroit du corps de son camarade. Je dis, s’il peut, parce qu’à peine celui-ci aperçoit-il la pointe du dard qu’il se réfugie dans sa coquille avec une promptitude que ces animaux n’ont guère accouturné d’avoir. Il n’y a point de lieu particulièrement destiné à cette sorte de blessure, Ordinairement le dard se rompt aussitôt qu’il a effleuré la peau; quelquefois il y reste fiché, mais le plus souvent il tombe à terre. Le deuxième colimaçon ne tarde point à faire sortir le sien et à l’employer de la même façon.» Ce n'est qu'après ces cérémonies préliminaires que la conjonction rexuelle de ces animaux hermaphrodites s'achève, par une
DICT, DE LA CONVERS, — Te de
insertion réciproque des organes excitateurs. Ce dard, qui a été considéré comme un moyen propre à réveiller par sa piqûre l’énergie de ces animaux apäthiques, manque dans la limace et dans beaucoup d’autres mollusques, qui n’ont guère plus de vivacité. Ce dard, étant le résultat d’une sécrétion de matière calcaire, coulée plus ou moins lentement dans un moule, est susceptible de reproduction, en tout ou en partie, quand il a été perdu ou cassé.
L’accouplement des hélices a lieu pendant toutes les époques de la belle saison, principalement lorsque la terre a été mouillée depuis peu. Les œufs, habituellement arrondis et enveloppés d’une couche calcaire que lon a reconnu être formée de petits cristaux de carbonate de chaux, sont déposés par l’hélice sous les feuilles, au pied des végétaux, ou même sur les troncs des arbres. Les petits ne tardent pas à éclore ; ils sortent avec leur coquille encore très-fragile, mais peu à peu celle-ci se durcit; leur accroissement, qui est d’abord assez rapide, le devient moins ensuite. Les hélices vivent plusieurs années et passent l'hiver dans un état de somnolence, après avoir bouché leur coquille avec une sécrétion qui lui forme une sorte d’opercule.
Toutes les hélices vivent d'herbes et de feuilles d’arbres : rien n'échappe à leur voracité ; et malheur à l'amateur d’horticulture qui ne saurait reconnattre les fleurs rares de son parterre qu’au moyen d'étiquettes écrites sur des cartes ! à la première pluie, les hélices dévoreraient ses étiquettes, dont plusieurs exemples de ce genre ont montré qu’elles étaient très-friandes, et son érudition se trouverait en défaut. Les dégâts causés par les hélices ont fait rechercher une foule de moyens pour les détruire; mais le meilleur consiste à leur faire la chasse après des journées pluvieuses et à les écraser.
HELICON, aujourd'hui Zagara, ou Licona, est une montagne célèbre de l’ancienne Béotie, aujourd’hui Zivadie. Son vieux nom hellène vient sans doute de flou eixwv (l'image du soleil), parce qu’elle était particulièrement consacrée à Apollon, qui y avait sa statue, ou de EME, vis tour nante, dont ce mont a la figure. Voisin du Parnasse et du Cithéron, qui cacha les douleurs d'Œdipe, il s'élève, près du golfe de Corinthe, de 1,400 mètres au-dessus du niveau des deux mers, qu’il domine de son plateau fertile, où jamais, dit le poëte, herbe vénéneuse ne servit les nocturnes forfaits des magiciennes de Thessalie. C’est sur cette cime sacrée qu'Hésiode place le chœur des Muses. Le long des spirales de ce mont, dans le bois sacré des Muses, se dressaient les statues des principaux dieux, exécutées par les plus habiles statuaires de la Grèce, en bronze ou en marbre. Dans ce bois enchanteur, peuplé d’illustres morts, se célébraient des fêtes annuelles en l'honneur des Muses et de Cupidon. Des prix y étaient distribués aux athlètes et aux musiciens. De nombreuses sources rafraîchissaient ce mont, séjour du Soleil. L’Hip po crè ne tombait à vingt stades audessus du bois sacré. L’Aganippe, dont fait mention Pausanas, sortait du roc à la gauche de ce boïs, et le Permesse, aujourd’hui Permeso , baignait de son onde argentée le pied verdoyant de cette cime fameuse, à laquelle les Muses durent le surnom d’Héliconides. DENNE-BARON.
HÉLICOSTEGUES ( de EME, hélice, et otéyn, toit ), famille de foraminifères, ayant pour caractères : Animal composé de segments enroulés en spirale ; loges empilées ou superposées sur un seul axe formant une volute spirale,
HÉLIGOLAND. Voyez HELGOLAND.
HÉLIOCENTRIQUE (du grec loc, soleil, et xévrpov, centre). On appelle, en termes d'astronomie, latitude héliocentrique, l’inclinaison sur le plan de l’écliptique d’une droite menée du centre du Soleil au centre d’une planète. La même épithète s'applique au lieu d’une planète vue du so« leil, c’est-à-dire au lieu où paraîtrait la planète, si notre œil était dans le centre du Soleil; en d’autres termes, le lieu héliocentrique est le point de l’écliptique auquel nous rapporterions une planète si nous étions placés au centre du Soleil,