‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 549 sur 552 · HÉLIODORE — HÉLIOPOLIS · texte numérisé non relu

HÉLIODORE — HÉLIOPOLIS

HÉLIODORE, auteur des Éthiopiques, où Amours de | à le subir. fl n’est sorfes dé caprices et de folies que ne se

Théagène et de Chariclée, est plus connu comme romancier que comme évêque de Tricca en Thessalie. En sa qualité de prélat, il fit défense aux prêtres de son diocèse, sous peine de déposition, de continuer à vivre avec la femme qu’ils avaient épousée avant leur ordination. Au surplus, on sait peu de chose sur sa vie. Il florissait au temps de Théodose et de ses fils; mais on ignore la date de sa naïssanceet celle de sa mort. Lui-même nous apprend qu’il était Phénicien, natif d’Émèse, et de noble race. On a prétendu qu’il aurait composé son roman dans sa première jeunesse, vers l’an 390 de de notre ère, avant d’être évêque ; qu’un synode aurait voulu l’obliger à le brûler lui-même, ou bien à quitter son évêché, et qu'il aurait pris ce dernier parti, historiette qui a été réfutée du reste par Valois, Vavasseur, Pétau et Bayle. Suivant d’autres, Héliodore aurait été un rhéteur païen, Les partisans de cette opinion ont cité à l'appui ces mots d'Héliodore lui-même : « Je suis de Ja race du Soleil. » A cela, l’on a répondu : « La qualité de chrétien devait-elle empêcher Héliodore de parler de la noblesse de son extraction, et de la désigner suivant les termes consacrés, de temps immémorial, dans sa patrie, sans que cela tirât à conséquence pour on contre sa croyance religieuse? » Au surplus, dans le roman de Théagène et Chariclée, il n’est pas un mot qui puisse donner mauvaise idée des mœurs de l’évêque de Tricca. Rien de plus chaste que ses deux amants : on ne trouve point dans leur histoire de ces peintures trop naturelles, qui ont valu au roman de Longus l’honneur d’être enrichi de gravures lascives dessinées et burinées de la main de Ce bon régent qui gâta tout en France ( VorratRE). Les Éthiopiques, pour la variété des aventures et dés situations, ne le cèdent en rien aux œuvres denos romanciers modernes; mais on y chercherait en vain ces développements passionnés, cette observation des caractères , qui relèvent le prix de ces sortes d’écrits, et en rachètent quelquefois la frivolité. Le roman d’Héliodore abonde d’ailleurs en détails curieux sur l’état de l'Égypte à cette époque. Le style en est clair et naturel. Les Éthiopiques ont été traduites en 1549 par Amyot; cette version, très-rare, a été abandonnée pour des traductions modernes, assez médiocres. Charles Du Rozom,

HÉLIOGABALE ( Varius-Avirus-Basstanus, dit ), empereur romain, de 218 à 222 de J.-C. Macrin l’indolent, scidat de fortune, occupait déjà depuis quelque temps le trône impérial, lorsque tout à conp éclate une révolte. On vient lui apprendre qu'un prêtre de Halgah-Baal, un enfant élevé à Émèse, et que les légions disent fils de Caracalla, aspire à la royauté; que déjà son général Gannys marche contre lui, L'empereur Macrin s'inquiète peu de ces nouvelles : il envoie contre son compétiteur son lieutenant Didius, lequel est mis à mort par ses propres troupes, qui passent à l’ennemi ; Macrin lui-même est tué à Archelaïs. Les prétoriens, passés du côté d’Avitus, le proclament empereur : arrivé à Rome avec sa mère Soæmis et sa grand’mère Mæsa, il commence, à l’âge de quatorze ans, lerègnele plus bizarre et le plus extravagant qui se soit vu dans la grande ville, si habituée aux cruautés les plus inouïes. Prêtre du Halgah-Baal, il veut introduire le culte de ce dieu dans Rome; Halgah-Baal, divinité syrienne, était représentée par une grande pierre noire, de forme conique. Avitus, qui ne se fait plus appeler que Marc-Aurèle-Antonine, introduit pour l’adorer un rite inconnu jusque là; il lui élève un temple magnifique, et fait venir de tous les points de l'empire les dieux les plus renommés pour l'adorer, Cette conduite étrange et despotique lui aliène l'esprit des populations, qni tiennent surtout à leurs dieux ; l'Afrique s'émeut grandement de ce qu’on lui enlève sa mystérieuse divinité, qu'on dit être la Lune, « C’est bien ! répond Héliogabale, qu'on a surnommé du nom de son dien ; votre déesse La Lune épousera mon dieu Ze Soleil. »

Le régne de cet empereur fut de courte durée (moins de quatre aus); mais 1 futencore trop long pour ceux qui eurent

permit le jeune empereur, le plus beau et le plus voluptueux des Romains; mais ses folies étaient souvent cruelles : un jour, par exemple, il invite à diner les patriciens de Rome, et au milieu du repas il lance dans la salle des tigres et des ours apprivoisés, afin que la peur achève ceux qu’épargneront ces bêtes féroces. Un autre jour, il fait tuer un sénateur romain pour se donner le plaisir d'épouser aussitôt sa veuve. Un soir, il ensevelit ses convives sous une pluie de fleurs, puis il institue un sénat de femmes, que préside Soæmis, sa mère, et qui décrète les modes qui doivent être suivies dans tout l'empire. Ennuyé du rôle d'homme qu'il a joué jusque là, il déclare publiquement qu'il est femme, et épouse, en cette qualité, un de ses affranchis. Tant de folies firent murmurer les soldats : une sédition était près d’éclater lorsque sa grand’mère Moœsa lui fit adopter son cousin Alexandre-Sévère. La conduite d'Alexandre contrasta singulièrement avec celle de son père adoptif : Alexandre était de mœurs rigides et tenait aux antiques usages de Rome; il était chéri de la multitude, Héliogabale voulut le faire périr; mais Mœsa veillait à sa sûreté; Alexandre alla trouver les prétoriens dans leur camp avec Hélicgabale : ceux-ci se divisèrent et en vinrent aux mains les partisans d'Héliogabale furent vaincus; le prêtre-empereur, s'étant sauvé dans un lieu immonde, fut mis à mort avec sa mère Soæmis, et son corps, trainé dans les rues de Rome, fut jeté dans le Tibre.

HELIOGRAPHIQUE (Gravure). Voyez GRAVURE, tome X, page, 503.

HELIOMETRE (de fuos, soleil, et sérpov, mesure) ou ASTROMÈTRE,, instrument propre à mesurer avec la plus grande exactitude les diamètres des corps célestes. Le second de ces noms (dérivé de àorñp, astre) est donc plus exact que celui d’Aéliomètre, que lui imposa son inventeur, le savant Bouguer; il est vrai qu’alors cet astronome ne s’en servit que pour la mesure du diamètre solaire, Quoi qu'il en soit, l’'héliomètre de Bouguer est composé de deux objectifs d'un très-long foyer, placés à côté l’un de lantre, et combinés avec un seul oculaire ; il faut que le tuyau de la lunette ait une forme conique, et que ce soit son extrémité supérieure qui soit la plus grosse, à cause de la largeur des deux objectifs qu’elle reçoit. Quant à l'extrémité inférieure, elle doit être munie, comme à l'ordinaire, de son oculaire et de son micromètre. Lorsqu'on dirige l'instrument vers un astre quelconque, le soleil par exemple, il se forme à son foyer deux images à cause des deux objectifs, Chacune de ces images serait entière, si la lunctte était assez large par en bas; mais il n’y a réellement que deux espèces de segments on comme deux croissants adossés ; ce ne sont que deux portions d'images , et on doit remarquer que les deux parties qui sont voisines, et qui quelquefois se touchent et même se recouvrent, représentent les deux bords opposés de l’astre, par la propriété qu'ont les deux objectifs de renverser les apparences. On a donc sous les yeux les deux extrémités d’un même diamètre. La mesure, faite à l’aide du micromètre, de l'intervalle de ces deux extrémités, suffit pour connaître le diamètre apparent de l’astre.

C’est en 1747 que Bouguer imagina l’héliomètre. La priorité de son invention lui fut contestée par Servington Savery, qui établit l'avoir soumise dès 1743 à la Société royale de Londres, laquelle ne paraît pas s’en être occupée, et ce ne fut que {dix ans après qu’elle fut connue. Vers la même époque, Dollond modifia l’héliomètre de Bouguer en partageant l'objectif en deux moitiés d'objectif fixées dans deux coulisses, s’éloignant ou se rapprochant à volonté; système qui se recommande par l'égalité des foyers de deux moitiés de verre et la possibilité d'arriver de la sorte à une proximité plus grande da centre des deux verres. Dans ces derniers temps, Fraunhofer a singulièrement perfectionné la construetion de l'héliomètre,

HÉLIOPOLIS ( c'est-à-dire ville du soleil, de flo, soleil, et mél, ville ). C’est le nom donné à plusieurs ville

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