‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 552 sur 552 · HELMONT — HELVÉTIE · texte numérisé non relu

HELMONT — HELVÉTIE

bibliothèque, un jardin botanique et un observatoire parfaitement organisé. Les édifices les plus remarquables de la ville sont : le beau palais du sénat impérial pour la grande principauté de Finlande, la belle église évangélique construite, en 1830, en forme de croix grecque, avecson magnifique portique, auquel conduit un escalier de granit de proportions grandioses, la vaste caserne avec un arsenal décoré avec goût, et la maïson d’assemhlée ou casino, construite en 1833 sur l’esplanade, La population d’Helsingfors s'élève à 28,9304mes, sans y comprendre la garnison de Sweaborg, qui en temps ordinaire est de 5,000 hommes. Les principales branches d’industrie des habitants sont la fabrication des toiles à voiles et d’une foule d'objets consommés par la marine, le commerce et la navigation. Les Suédois, counmandés par le général Læwenhaupt, y soutinrent, en 1742, un siége opiniâtre contre les Russes, qui les bloquaient étroitement par terre et par mer; force leur fut de capituler, le 4 septembre.

HELSINGOER. Voyez ELSENEUR.

HELST (BARTHELEWI VAN DER), après F. Hals, le plus célèbre peintre de portraits de l’école hollandaise, mais qui lui fut bien supérieur pour la composition des portraits historiques, naquit à Harlem, en 1613, passa sa vie à Amsterdam, ety mourut, en 1670, L'une de ses plus belles toiles est celle qui représente le banquet offert par la garde civique d'Amsterdam à son commandant Wits, en l'honneur de la conclusion du traité de paix de Westphalie. On y admire l’aisance, le naturel et la hardiesse des poses; çe chefd'œuvre rappelle tout à fait la manière de Van Dyck. Les tableaux de Van der Helst brillent en général par le grandiose de la conception et de l’exécution, Ses eostumes sont riches, ses figures belles et bien dessinées, et les accessoires y sont reproduits avec une frappante exactitude de détails,

HELVELLE, genre de champignons, dont une espèce comestible est vulgairement connue sous le nom de mitre d’évéque, à cause de l’analogie qu’offrent avec cette coiffure deux lobes de son chapeau, plus élevés que les autres; c’est l’helvella mitra de Linné, que caractérisent en outre son pédicule épais, fistuleux , ct ses séminules placées à la surface inférieure. Ses congénères n’ont rien de désagréable au goût ni à l’odorat , excepté l’helvelle hispide (helvella hispida, Scheef. ), qui répand une forte odeur de punaise. C'est en automne qu'on rencontre les helvelles, dans les lieux ombragés,

HELVÉTIE, HELVÉTIENS. Les Helvetii étaient un peuple celte, dont il est pour la première fois fait men: tion dans l’histoire à propos de l'expédition des Cimbres et des Teutons, à laquelle prirent part les Tigurini, l’une des peuplades helvétiennes. Les envahisseurs rencontrèrent l’armée romaine aux environs du lac de Genève, l'an 107 avant J. C.; et le consul Lucius Cassius, qui la commandait, battu par eux, périt dans la mêlée.

L’Helvétie (Ager Helvetiorum) était divisée au temps de César en quatre pagi. Elle s'étendait depuis le lac de Genève (lacus Lemanus) jusqu’au lac Constance (lacus Venelus ou Brigantinus), d'où elle allait encore jusqu'au mont Saint-Gothard (Adula Mons), en confinant au sudest à la Rhétie. Au sud, les Alpes bernoises la séparaient des petites peuplades qui habitaient la vallée du Rhône (pays de Vaud); et à l’ouest, le Jura des Gaulois Séquaniens ; au nord, les Helvétiens s'étaient de bonne heure établis de l'autre côté du Rhin, dans la partie sud-ouest de la Germanie, d'où ils avaient été expulsés par des Suèves germains, et que plus tard encore on nomma le désert des Helvétiens ( Helvelio: rum eremus ). Ce fut Orgétorix , un de leurs nobles, qui leur inspira le projet d'abandonner la contrée dans laquelle ils habitaient:12 villes et 400 bourgades, pour aller se fixer en Gaule. Orgélorix, qui ambitionnait la puissance et la dignité royales, ayant élé tué, les Helvétiens échouèrent dans leur expédition, par suite de la déroute complèle que César leur fit éprouver (aa 58 avant J.-C.) sous les murs de Bibracle (Autun). Sur les 368,000 individus, dont 92,000

HÉLVÉTIE — HELVÉTIUS

combattants, qui avaient envahi la Gaule, on comptait 263,000 Helvétiens, le reste se composait d'émigrants appartenant aux tribus voisines; 110,000 seulement purent revenir dans leurs foyers, Subjugués dès lors , les Helvétiens appartinrent à la Gaule romaine, d’abord à la partie dite Celtica; puis, à partir de l’époque d’Auguste, à la Gaule Belgique, et finalement à la province appelée Maxima Sequanorum (voyez GAULE). S'étant refusés, en l'an 70 de J.-C., à reconnaître la souveraineté de Vitellius, ils furent vaincus par Cecina. La vie et la civilisation romaines se répandirent alors dans ce territoire, comme en témoignent lesnombreuses antiquités qui y existent encore, surtout après la fondation, sous le règne d’Auguste, de l’importante colonie militaire appelée Colonia Raurica, et plus tard Augusta Rauracorum, aujourd’hui Augst près de Bâle; etelles eurent pour principaux centres Aventicum (Avenche, Wifflisbourg), cheflieu de toute l’Helvétie, Vindonissa (Windiseh. dans l’Argovie), Colonia équestris à Noviodunum (Nyon, sur le lac de Genève), Viviscum (Vevay), Eburodunum (Yverdun) et Salodurum (Solothurn). Les invasions des A/emani dans cette partie de l'Empire Romain commencèrent vers la fin du troisième siècle. En vain on parvint à repousser les envahisseurs à diverses reprises ; ils revinrent toujours avec des forces plus considérables , et finirent vers l’an 400 par se trouver maîtres de la plus grande partie du territoire, En l'an 436 le général romain Aétins en céda la partie sud-ouest, voisine du Jura, aux Bourguignons, qui de là s’étendirent à l’est jusqu'à la Reuss (voyez Suisse).

HELVETIQUE (Confédération). Voyez Suisse.

HELVETIQUE (Confession). On nomme ainsi la seconde exposition de leur foi religieuse que firent en 1566 les Églises réformées de la Suisse. Cette profession de foi s'accorde sur presque tous les points avec la confession d’Augsbourg et avec la doctrine de Calvin; Théodore de Bèze et Bullinger prirent une grande part à sa rédaction. Cette confession est restée jusqu’à nos jours le livre symbolique des Églises réformées de la Suisse. Elle fut tout aussitôt approuvée par John Knox et 41 ministres d'Écosse, et au synode de La Rochelle, en 1571, par les Églises de France.

On donne aussi le même nom, quoique la dénomination de Confession de Büle soit plus usitée, à un document de même nature rédigé en 1530 par Zwingle, qui l’adressa à Charles-Quint, et adopté solennellement en 1534 par les églises réformées de Suisse,

HELVETIUS (Czaune-ADriEN), naquit à Paris, en 1715, d’une famille originaire du Palatinat, qui s'était distinguée dans la médecine. Son père, auteur de plusieurs ouvrages , était le premier médecin de la reine Marie-Lesczinska , et l’un des membres les plus distingués de l’Académie des Sciences. Le jeune Helvétius entra chez les Jésuites, au collége Louis-le-Grand. Ce r’est qu’en rhétorique, sous le père Porée, qu'il montra ce qu’il serait un jour. La nature lui ayant prodigué tons les avantages physiques, il crut devoir les cultiver, et s’adonna à tous les exercices propres à développer les forces et les grâces ; aux armes et à la danse principalement, A vingt-trois ans, il obtint, par Ja protection de la reine, une place de fermier général, d’un revenu de 100,000 écus. Une pareille fortune et ses goûts littéraires l’eurent bientôt mis en relation avec tout ce que cette brillante époque comptait d'écrivains, d'artistes et de grands seigneurs. D’un commerce agréable et facile, de mœurs douces et obligeantes, d’un caractère noble et généreux, il sut toujours conserver au milieu des rivalités, des jalousies, des controverses, dans lesquelles il vécut, une position que les aimables qualités de son esprit rendirent inattaquable. Ses richesses furent constamment à la portée du malbeur et du besoin : il secourut plus d’une fois avec une ingénieuse délicatesse des écrivains peu favorisés de la fortune; Saurin et Marivaux, entre autres , eurent à se louer de compter le jeune financier au nombre de leurs ernis,

Au milieu de sa carrière dissipée, l’idée lui vint subitement de chercher à se faire un nom. Maupertuis avait mis à la mode l'étude de la géométrie ; et il fut de bon ton parmi les jeunes femmes d'admettre des géométres à leurs petits soupers. Dans l'espoir d'obtenir ses entrées chez les grandes dames de la cour, Helvétius aborde d’abord cette science aride, qu’il a bientôt le courage d'abandonner. Ébloui par la renommée de Voltaire, il essaye un poeme sur le Bonheur, qu’il ne tarde pas de condamner à ne pas voir le jour, Publié à Londres après sa mort, il n’obtint aucun succès. Désireux de partager la gloire de l’auteur de l'Esprit des Lois, il compose un long traité de philosophie, qui ne paraît qu'avec ses œuvres posthumes, sous le titre de Jugement sur l'Esprit des Lois.

La difficulté d'obtenir justice le dégoûte de sa place et lui inspire le projet de donner sa démission. Pour ne pas contrarier son père, il achète la charge de maître d’hôtel de la reine; mais il comprend, malgré les bontés de Marie Lesczinska, que la cour ne lui convient pas mieux que les finances , épouse M°!'° de Ligneville, nièce de M°* de Graffigny, jeune femme jolie, sans fortune, sans instruction, mais douée de beaucoup d'esprit naturel, et part en 1751 pour sa terre de Voré, dans le Perche, où il se fait chérir par ses bienfaits. Sept ans après, paraît sous le voile de l’anonyme son premier ouvrage philosophique, De l'Esprit, le livre qui après le Système de la Nature, du baron d’'Holbacb, a fait le plus de bruitet occasionné le plus de scandale.

Jusque là, quoique mêlé au mouvement philosophique, Helvétius avait su éviter les contre-coups auxquels se trouva exposée l'existence de la plupart des écrivains et des philosophes de son temps. La persécution qu'il encourut à l’occasion de son livre est le seul événement important qui troubla les loisirs qu'il s'était faits; et si à cette époque il éprouva quelques désagréments , il y trouva une large compensation dans la réputation et le renom que lui valut son ouvrage condamné. En lisant ce livre , dont les idées malsaines et dangereuses semblent si peu en rapport avec la douceur de mœurs, la bonté et les sentiments de son auteur, on est amené à se demander comment il est possible de concilier le matérialisme grossier de l’écrivain et le caractère noble et aimable de l’homme du monde.

« Helvétius, a dit Buffon, eùt dû, dans l'intérêt bien entendu de sa gloire, faire un bail de plus dans les fermes et un livre de moins. » Turgot recula devant ses propositions paradoxales.« Ce livre, si plein d'esprit, disait le roi de Prusse, n’a pu me persuader ni me convaincre. » Cependant, l'ouvrage était traduit en Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Suède, et même en Italie. Partout, il était prôné et recherché avec enthousiasme. Helvétius n’était appelé, ni par sa position ni par ses idées, ni par la tournure de son esprit, au rôle qu'il avait voulu jouer : il ne le prit que par imitation, et, une fois engagé dans cette triste route de limitation, il chercha à devancer et à dépasser ceux qu’ils s'était proposés comme modèles, et qui le renièrent la plupart pour leur disciple. » Quelle folie, disait Voltaire, en parlant d’Helvétius, de vouloir faire le philosophe à la cour, et l'homme de cour avec les philosophes! » Quant à lui, il était si peu convaineu des principes qu'il émettait dans cet ouvrage, et le regardait tellement comme inoffensif, qu'il ne craignit pas de l’offrir à la famille royale. Le livre fut reçu d’abord avec un vif intérêt, que remplaça bientôt l’indignation. Ce fut le dauphin qui le premier exprima son opinion sur l'ouvrage d’'Helvétius : on le vit sortir de son appartement, le livre De L'Esprit à la main, disant à haute voix : « Je vais chez la reine lui montrer les belles choses que fait imprimer son maître-d’hôtel. » L'orage alors se forma : le privilége qu'on avait accordé au livre fut retiré. Les écrivains, les philosophes eux-mêmes, firent chorus avec le clergé et la cour pour décrier l'ouvrage, Rousseau voulut le réfuter ; mais il abandonna son dessein en epp.enant les poursuites dirigées contre l’auteur. Voltaire, s'exprima ainsi sur le livre de son ancien élève :

« Le titre est louche; l'ouvrage est sans méthode; il y a là beaucoup de choses communes ou superficielles, et le neuf y est faux ou problématique, »

Helvétius ne s’attendait pas à un pareil déchatnement : sa confiance en offrant son livre à la cour montre bien clairement que son système de matérialisme n’était qu’un texte choisi pour faire briller son style, ses idées et ses connaissances. Sous la forme d’une Lettre au révérend père***, il se rétracta. Cette rétractationayant été trouvée insuffisante, il en rédigea une seconde, dans laquelle on trouve cette confession, au moins singulière : « Je n’ai point voulu attaquer les principes du christianisme ; jai vécu , je vivrai et je mourrai avec eux. » Comment, après un pareil aveu, conserver le moindre doute sur son véritable but en écri-

antlelivre De L'Esprit, où les principes religieux sont traités de préjugés, et les plus nobles sentiments, les vertus, les qualités, de moyens de parvenir à se créer Le bien-étre; où l'intérêt personnel et l’égoïsme le plus brutal, le plus grossièrement conseillé, jouent le principal rôle; où l’auteur érige les plaisirs des sens en système politique et social; où, enfin, il établit légalité absolue des intelligences, sans distinction de penchants bons ou mauvais. Cependant, cette seconde rétractation ne désarma pas l'Église : le pape, les évêques, la Faculté de théologie, dénoncèrent le livre comme contenant {ous les poisons réunis de la secte encyclopédique. Helvétius crut devoir reprendre la plume et envoyer une troisième rétractation à Joly de Fleury, avocat général. Une pareille soumission ramena au philosophe repentant les esprits que son ouvrage avait aliénés, Aussi, dans son réquisitoire, Joly mit-il tous ses soins à rendre moins amère pour Helvétius la censure qu’il était chargé de faire de son livre : « Si l’auteur, dit-il, moins livré à des impressions étrangères, n’eût consulté que les sentiments de son cœur, il n’aurait jamais donné le jour à cette production funeste. » Le livre De L'Esprit fut brûlé par arrêt du parlement. Ce qui prouverait encore qu'Helvétius, en traitant du matérialisme, ne voyait dans un pareil sujet qu'un texte à dissertation littéraire et philosophique, c’est le soin qu’il met à le semer çà et là d’anecdotes, de notes intéressantes, de rapprochements piquants : le style de l’ouvrage, quoique diffus, est du reste assez correct et assez fleuri. M”° de Graffigny, tante d’Helvétius, pressée par le poëte italien Bettinelli d'exprimer son opinion sur le livre de son neveu, répondit : « Croiriez-vous bien qu’une grande partie de L’Esprit et presque toutes les notes ne sont que des balayures de mon appartement : il a recueilli ce qu’il y a de bon de mes conversations, etil a emprunté de mes gens une douzaine de bons mots. » Rousseau ne voulut voir aussi dans le livre

HELVÉTIUS — HELYSICES

d’Helvétiusqu'un jeu d'esprit : faisant allusion à Helvétius dans Émile, il dit : « Tu veux en vain t’avilir : ton génic dépose contre tes principes; ton cœur bienfaisant dément ta doctrine, et l'abus même de tes facultés prouve leur excellence en dépit de toi. » Ce terrible jeu d’esprit a pourtant fait vivre le nom d’'Helvétius. Il mourut à l’Age de cinquantesix ans, le 26 décembre 1771, laissant deux filles, dont l’une épousa le comte de Meun, et l’autre le comte d’Andlau. JoNCiÈREs.

Il avait préparé, depuis la condamnation du livre De l’Esprit, un second ouvrage, De l’ Homme, deses facultés intellectuelles et de son éducation. Afin de ne pas compromettre sa tranquillité, il imagina d’en faire publier à Nuremberg une traduction allemande comme composition originale et une version anglaise à Londres. L'œuvre ne parut en français qu’en 1772 (2 vol. in-8°), après la mort de l'auteur. Ce n’est que la suite du livre De l'Esprit. Partout yéclate l’amour-propre froissé del’auteur. Ce livre eut beaucoup moins de retentissement que le premier. Nous ne parlerons pas Du vrai sens du Système de la Nature, autre œuvre soi-disant posthume d'Helvétius (1774), que, dans l'intérêt de sa réputation, nous pos à croire ne pas être de lui. M°° Helvétius, femme excellente, qui aimait passionnément son mari, lui survécut. Retirée à Auteuil, sa maison devint un centre de réunion pour les hommes etles femmes les plus distingués de son époque. Bonaparte, après son retour d'Égypte, vint lui faire une visite. C’est alors qu’elle lui dit ce mot, si souvent répété depuis : « Vous ne savez pas combien on peut trouver de bonheur dans trois arpents de terre! » Elle mourut le 12 août 1800.

HELVOETSLUIS ou HELLEVŒTSLUIS, jolie petite ville fortifiée dans la Hollande méridionale, sur la côte méridionale de l’île de Voorne, formée par la Meuse à son embouchure, avec une population de 12,500 habitants, un bon port et un vaste bassin, terminé en 1804, une excellente rade, des magasins et des chantiers pour le radeub des vaisseanx de guerre. C’est là qu’abordent ordinairement les paquebots qui font le trajet de Hollande à Harwich en Angleterre, et c’est de là aussi que partit Guillaume d'Orange, au mois de novembre 1688, avec 50 vaisseaux et 14,000 hommes, pour aller s'asseoir sur le trône de la Grande-Bretagne. Helvætsluis fut pris par les Français le 22 janvier 1792, et occupé par les Anglais au mois de décembre 1813.

HELYSICES, ancien peuple de la Gaule, que quelques auteurs regardent comme n'ayant fait avec les Bébryces qu'une même nation, et qui habitaient la contrée voisine de l'embouchure de l’Avde (4fax).

Page 1