‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 551 sur 552 · HÉLIOTROPE - HELLÉNISTE · texte numérisé non relu

HÉLIOTROPE - HELLÉNISTE

HELLÈÊN. Voyez HeLLÈNES.

HELLENES, nom de la principale tribu des habitants primitifs de la Grèce, qui le reçurent, à ce que rapporte la tradition , d’Hellén, fils de Deucalion et de Pyrra, ou de. Jupiter, roi de Thessalie, L'opinion commune les fait arriver de la Scythie et des environs du Caucase dans ce pays, où bientôt ils substituèrent leur domination à celles des Pélasges. Ils se divisèrent plus tard, d’après les quatre fils et petits-fils du fondateur de leur famille, Ælos et Doros, Ion et Achæos, pour former les quatre grandes tribus des Éoliens, des Doriens, des Ioniens et des Achéens, et s’établirent d’une manière définitive sur le territoire de la Grèce, où ces quatre tribus principales dominèrent conjointement, de 1500 à 1200 av. J.-C. Par la suite, ce nom servit, gomme aujourd’hui, à désigner la nation grecque tout entière.

HELLÉNISME. C’est un idiotisme grec, suivant la définition de Beauzée ; ce sont des façons de parler tellement propres à cette langue que la raison en échappe aux lois générales du langage. Mais les humanistes ont admis ce mot dans une acception plus étendue, et considéré l’hellénisme comme une figure de grammaire, sous laquelle viennent se ranger les tours de phrase et les expressions transportés du grec dans une langue différente. La langue française est dérivée du latin; néanmoins, le père et la fille sont éloignés par une différence de génie qui n’existe pas du grec au français. « La langue française, dit Beauzée, est presque un hellénisme continuel. » Quelle en est la cause ? est-ce une ressemblance de caractère entre les deux nations ? Est-ce l’enthousiasme du grec qui saisit les esprits, à l’époque de la renaissance, à cette époque où la muse de Ronsard parla grec en français, ou bien encore faut-il s’en prendre aux grands écrivains du siècle deLouis XIV , qui ont fixé la langue? Identifés avec le génie des Grecs, imitateurs de la pensée et du sentiment, une pente naturelle devait les conduire, à leur insu même, jusqu’à imiter les formes du langage hellé. nique. Hippolyte FAucuE.

Dans ces derniers temps on a aussi employé le mot Aelléniyme pour désigner le mouvement intellectuel et politique qui porte les diverses populations grecques aujourd’hui disséminées en Grèce, en Turquie, en Valachie, en Moldavie, sur les côtes de la mer Noire et en Asie Mineure, à aspirer à l’unité. Ces idées, encore bien vagues aujourd'hui, quoiqu’elles datent déjà des cfforts tentés dans le même but au commencement de ce siècle par l’hétairie, semblent incompatibles avec la durée de la domination ottomane; mais il s’en faut encore de beaucoup que le danger soit sérieux et imminent. Le panslavisme et son active propagande sont autrement à redouter pour le maintien du statu quo en Orient, où les agents de la Russie ne manquent pas de montrer aux populations grecques la puissance russe comme la protectrice naturelle de leurs droits religieux et politiques, comme la seule puissance capable de chasser un jour les Turcs de l'empire de Byzance, et d'y rétablir la croix du Christ sur l’église de Sainte-Sophie.

HELLÉNISTE, érudit versé dans la langue des Grecs, familiarisé avec ses difficultés, initié dans ses mystères : c'es un Henri Estienne, un Du Cange, et de nos jours un Hase, un Boissonade. Autrefois, il n'éfait pas rare de les trouver dans le clergé, au barreau, dans la magistrature : un président du parlement traduisait Eschyle et Démosthène; un médecin translatait et commentait Pindare en latin, Aujourd'hui, les hellénistes sont renfermés dans la sphère des colléges, où leur classe, infiniment petite dans la foule des hommes qui savent du grec sans mériter néanmoins la qualité d’hellénistes, lutte contre les influences du siècle pour sauver le feu sacré de la vieille érudition.

Hippolyte FaucHE.

On donna aussi le nom d'Æe.lénistes aux colons juifs d’Égypte, qui, après la rune du royaume de Juda, environ 600 ans avant J.-C., vinrent s'établir en Égypte. Les nombreuses colonies juives qu'Alexandre le Grand, l'an 336 avant l'ère chrétienne, et après lui Ptolémée, fils de Lagus, y fi-

HELLÉNISTE HÉLMONT

rent conduire pour peupler Alexandrie, accrurent tellement leur nombre, qu’au temps d’Auguste on ne comptait pas moins d’un million de Juifs en Egypte. Du mélange du caractère national des Juifs et de celui des Égyptiens, ainsi que de l'influence exercée par la langue et la philosophie des Grecs qu’adoptèrent ces colons juifs, date une ère nouvelle de la civilisation gréco-juive, qui reçut le surnom d’helléniste, en raison de son caractère et de son élément dominants. Le pythagorisme et le platonisme s’y mélèrent admirablement à l'orientalisme, qui prit, surtout en Égypte, une forme systématique et apparut encore dans les philosophèmes mystiques des gnostiques. Le plus remarquable de ces philosophes juifs hellénistes fut Phi lon, et la traduction de l'Ancien Testament connue sous le nom de version des Septante est restée le monument le plus important des travaux des Juifs d'Alexandrie.

On a donné souvent le nom d’Hellénistes aux Juifs fixés au milieu des Grecs, et aussi celui de langue hellénistique au grec qu'ils parlaient et qui était plus ou moins rempli d’hébraismes et de syriacismes.

HELLER ou mieux HÆLLER, petite monnaie de cuivre en usage en Allemagne, et aujourd’hui réduite à la valeur d'environ deux centimes. Elle tire son nom de la ville de Halle en Souabe, où au moyen âge on frappait des pièces dites Hellerpfennige, desquelles provinrent peu à peu les heller actuels. Avec le temps, cette monnaie en arriva à être de si bas aloi, qu’elle cessa d’être monnaie d'argent. On distinguait alors les heller rouges et noirs, dont les moindres étaient frappées à Halle. On comptait 576 heller au thaler d’empire.

HELLESPONT, c’est-à-dire mer (xévros ) de Hellé (Streto di Gullipoli, ou Braccio di San-Giorgio), détroit resserré entre la Thrace et l’Asie Mineure. Il s’étend de la Propontide à la mer Égée, du nord au sud, l’espace de 45 mille pas romains, ou 66 kilomètres environ. C’est à Sestos et Abydos que les deux continents se rapprochent le plus; il n’y a là, d’Asie en Europe, que sept à huit stades, et il ne fallut à lord Byron qu’une heure et dix minutes pour franchir cette mer à la nage, quand il voulut renouveler les prouesses de Léandre. C’est là aussi que Xerxès doit avoir établi son double pont ; enfin, c’est dans le voisinage que les Turcs gardent les Dardanelles. Il faut lire les descriptions, souvent fort gracieuses et souvent aussi fort prétentieuses, qu’en fait le grammairien Musée dans son poëme sur Héro et Léandre. On lui à aussi donné le nom du frère d'Hellé. Virgile appelle Phrygium æquor ; Lucain, Phrygium pontum; et Valérius Flaccus, Phryxea æquora. Enfin, Ausone Jui donne trois noms différents dans son poëme de La Moselle :

Quis modo Sestiæum pelagus, Nepheleidos Helles Æquor, Abydeni freta quis miretur ephebi?

C’est dans l’Hellespont que se trouve Ægos-Potamos, lieu célèbre par la grande victoire navale que remporta Lysandre sur les Athéniens. Lechevalier pense que le torrent qui coule au pied des murs de Soultanié-Kalepi est le Rhodius de Strabon, et qu’en face, sur le rivage européen, était le tombeau d'Hécube, précisément à l'endroit où est aujourd’hui le château que les Turcs appellent Kélidil- Bahar (le cadenas de la mer). Cet écrivain détermine la position du port de Sestos, et se livre à une dissertation assez étendue sur le pont de Xerxès.

On nomme aussi Hellespont la partie de l’Asie qui touche à cette mer, entre la Bithynie et la Phrygie, et dont les villes sont Cyzique, et Abydos Dardane. P. DE GoLBÉRy.

HELLIA. Voyez Her.

HELMERS JEAN-Frénéric), poëte hollandais, né à Amsterdam, en 1767. Destiné à la carrière commerciale, Heimers s’appliqua d'abord à l’étude des langues vivantes ; mais la lecture des poëtes de l'Allemagne, de la France et de l'Angleterre, réveilla bientôt son génie poétique, et

le succès qu’obtinrent ses premiers essais, surtout son cde

du Poëte, le décida à se consacrer entièrement aux muses Son poëme de Socrate le plaça à un rang éminent parmi les poëtes de sa nation; sa tragédie de Dinomaque, ou la Délivrance d'Athènes (1799), n’eut au contraire qu’un médiocre succès, quuiqu’on y trouve de beaux morceaux. Plus tard il s’appliqua de préférence à la poésie lyrique et épique. Il publia lui-même un recueil de ses Poésies ( Amsterdam, 1809-10,2 vol.), qu'il fit suivre de son grand poëme La Hollande (1812). Helmers mourut le 26 février 1813. Ses œuvres posthumes ont été publiées sous le titre de Nalezing van Gedichten.

HELMINTHES (de £luve, ver, lombric, et plus particulièrement ver intestinal). Hippocrate et Aristote désignent sous le nom d’É}uvç nos entozoaires, ou vers intestinaux. Les naturalistes modernes, en francisant le mot grec en ont étendu la signification à d’autres animaux qui, bien que non parasites, offrent une organisation analogue (voyez VER).

HELMINTHOLITES (de Euvôoç, ver, et Abo, pierre). Quelques auteurs donnent ce nom à des vermiculaires fossiles, où d’autres ne veulent voir que des loges ou des tuyaux dans lesquels de petits animaux ou vers marins étaient logés, et que l’on trouve quelquefois dans le sein de la terre, comme beaucoup d’autres corps marins qui ÿ ont été ensevelis. Les orychtographes donnent aussi le nom d'helmintholites à des fossiles du genre hippurite.

HELMINTHOLOGIE (de Ave, ver, et \6yoc, discours ), partie de la zoologie qui traite des helminthes.

HELMONT (JEAN-Baprisre et FRANGÇOIS-MERCURE VAN) appartiennent, l’un et l’autre, à cette chaîne de philosophes mystiques qui remonte à la renaissance des lettres, et descend à Saint-Martin. Le premier des deux , Jean-Baptiste, né à Bruxelles en 1577, avec des facultés brillantes et une curiosité extrême, voulut tout savoir, mais n’apprit rien à fond, pas même la médecine, qu’il devait professer pendant quelque temps, au grand chagrin de sa noble famille. Bientôt, dégoûté de cette étude, ilse jeta dans les bras de Tauler, de Thomas à Kempis et de Bombast de Hohenheim, dit P aracelse, quilui apprirent à chercher la vérité dans la prière, et l’amenèrent à s’imaginer que des songes et des visions, qu’il se procurait d’une manière assez bizarre, lui révélaient à la fois son ignorance et la nature des choses, y compris celle de son âme. Quand il eut acquis le secret de l'intuition directe, il donna ses biens, et se mit à voyager pour réformer la science et guérir les douleurs du genre humain. Un alchimiste qu’il connut dans ses voyages lui ouvrit une voie nouvelle, et bientôt, pour la suivre exclusivement, Jean- Baptiste se retira au village de Vilvorde, près de Bruxelles, où il passa dans l’expérimentation chimique les trente dernières années de sa vie, guérissant, à ce qu'il dit, des milliers de personnes, sans pouvoir guérir celles de sa famille, et refusant les offres les plus séduisantes des empereurs d'Allemagne.

François-Mercure, né en 1618, héritier de sa science et de son esprit mystique, voulut pénétrer encore plus avant dans le secret de l’union du fini et de l’indéfini. Il se détacha du monde pour se livrer à la méditation de l'absolu; puis il parcourut successivement toute l’Europe, visitant partout les adeptes des sciences mystiques. L’inquisition de Rome, le trouvant suspect (il était panthéiste et partisan de la métempsychose), l’enferma pendant quelque temps (1662). Redevenu libre, il se retira, en 1663, auprès de l'électeur Charles-Louis à Sultzbach, où il travailla avec le fameux Knorr de Rosenroth à la rédaction du Kabbala denudata ( 1 fort vol. in-4° ). Il y publia aussi son Alphabet de la Langue Sacrée. Cependant, il se remit bientôt à la quête de la science, passa en Angleterre, où il rédigea pour la comtesse de Cannoway les deux cents questions sur les révolu-

Lions de l'âme, revint ensuite en Hollande, et se rendit à

la fin, par le Hanovre, à Berlin, où il mourut, en 1699, à l'âge de quatre-vingt-un ans.

La doctrine du père ct du fils est trop curieuse pour qus

nous n’en donnions pas une esquisse, Jean-Baptiste, qui s’intitulait surtout philosophus per ignem, posait la nature entière animée, et reconnaissait dans tous les effets matériels l’action d'esprits qui, après avoir formé la matière après des images qu'ils portent en eux, enfantent aussi la vie qui pénètre les choses, et qui reste en elles jusqu’au moment de la corruption, c’est-à-dire de la fermentation qui fait éclore une vie nouvelle. Ces esprits (archées), qui nê sont qu’un composé de l'air vital et de l’image séminale, résident dans l'espèce humaine comme dans tout le reste de l’umivers, et tout en présidant à nos fonctions animales, nous mettent en rapport avec le monde intellectuel, En effet, l'âme, dont l’unique affaire essentielle dans ce monde est de contempler son type, la Divinité, n’a qu’à se dérober au monde extérieur pour réussir à s’y attacher de tout son âtre, et pour trouver dans cette union ces illuminations, ces Atases, ces ravissements, qui sont sa vie et sa vue naturelle. François-Mercure modifia le système de son père au point d’en faire un matérialsme déguisé sous une sorte de spiritualité; car lesprit et la matière s’y confondent et s’identifient sans cesse. Ce panthéisme, qui fut une sorte d’introduction à celui de Spinosa , était d'autant plus dangereux, qu’il s’enveloppait de formes plus mystiques, en réduisant tous les phénomènes du monde matériel à des métamorphoses, et tous ceux du monde intellectuel à des métempsychoses,

Les œuvres complètes du père ont été publiées sous ce titre : Ortus medicinæ , id est inilia physicæ inauditæ ( Amsterdam, 1648, in-4°). On les a souvent réimprimées sous le titre d’Opera omnia, et traduites en plusieurs langues. Après l’Alphabet hébraïque, qui a trouvé de nos Jours un adepte plein d'enthousiasme dans Fabre d’Olivet, les deux plus célèbres publications du fils sont le Sederiolam, sive ordo seculorum, historica enarratio doctrinæ; et les Opuscula philosophica (1690, in-12). Marree.

HÉLOÏSE. Voyez ABÉLARD.

HÉLOTES. Voyez ILoTEs.

HELSINGBORG , petite ville de 6,600 nabitants, dans la province de Scanie, en Suède, situéeen face d'Elseneur, à l'endroit où le Sund a le moins de largeur, avec un petit port d'où l’on s’embarque d’ordinaire de Suède en Danemark. Elle est demeurée célèbre par la sanglante défaite que les troupes danoises commandées par Ranfzau y éprouvèrent le 10 mars 1710 de la part des Suédois commandés par Magnus Steenbock. À 2 kilomètres au sud-est de Helsingborg se trouvent les eaux de Ramlæsa, qui dans la belle saison attirent un grand nombre de baïgneurs.

HELSINGFORS, chef-lieu de la grande-principauté de Finlande et en même temps du gouvernement ou bailliage particulier de Nyland, l’une des principales étapes du commerce maritime et l’une des plus importantes places fortes de l'empire de Russie, en même temps que la ville la plus belle et la plus considérable de la Finlande. La ville neuve surtout a considérablement gagné en édifices riches et grandioses depuis que le luxe qui distingue la noblesse russe a réussi à s'implanter même au milieu des rochers granitiques de cette province. Avant la guerre actuelle, la rapidité des communications par mer entre Petersbourg, Reval et Helsingfors était extrême, grâce aux iunombrables bâtiments à voile et à vapeur qui parcouraient le golfe de Finlande dans tous les sens; et il était rare que pour se rendre de Pétersbourg à Helsingfors on se décidât à prendre la route de terre qui longe les côtes de la Finlande,

Les fréquentes stations que viennent faire de grandes escadres dans le port militaire de Sweaborg, forteresse gigantesque qui défend Helsingfors, et qu’on a surnominée le Gibraltar du Nord, favorisent singulièrement la prospérité toute moderne de cette ville. L'université d'Alexandre, qui y à été transférée après le grand incendie par lequel la ville d’Abo fut détruite en 1827, n’a pas peu contribué au développement de cette prospérité, On y comptait en 1838 cinq cents étudiants et vingt-cinq professeurs. Elle possède uno

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