‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 59 sur 552 · GACHETTE — GAÉLIQUE · texte numérisé non relu

GACHETTE — GAÉLIQUE

d'une pièce mal tissue, et mille autres circonstances, parmi lesquelles il faut mettre au premier rang un système politique inhabilement mis en œuvre, voilà ce qui amène tout naturellement sur nos lèvres cette exclamation, un peu triviale, inais énemgique : quel gâchis ! Ounry.

GACHETTE, l'une des pièces principales de la platine du fusil, ayant une grande branche, ou queue, contre laquelle appuie la détente pour faire partir le coup, quand le chien est armé. La petite branche, ou le devant, est terminée par un bec, pour engrener dans les crans du repos et du bandé

. de la noix : elle est percée pour recevoir la vis qui assujettit cette pièce an corps de platine. On distingue ainsi dans la gâchette : la queue, le bec, le trou, et la vis. Tout le mérite d’une platine de fusil consiste dans le bon ajustage de la noix et de la géchelte : on doit régler généralement les dimensions du bec et de la courbure de cette dernière pièce sur les crans et le contour de la noix, etsur les dispositions du chien, par rapport à la face de la batterie. MERLIN.

GACON (François), poëte satirique, né à Lyon, en 1667. Après avoir appartenu pendant quelque temps à la congrégation de l’Oratoire, il la quilta pour se livrer plus librement à son goût pour la satire et le scandale. On le vit alors s'attaquer, dans le style le plus grossier, à toutes les célébrités de son siècle : J.-B. Rousseau, Lamothe, Fontenelle et Boileau lui-même, furent le point de mire de ses diatribes. J.-B. Rousseau, moins patient, le terrassa par une épigramme qui l’a condamné à l’immortalité du ridicule. Ses ouvrages les plus connus sont : Le Poële sans fard (1696); l'Anti-Rousseau (1712); l'Homère vengé (1715); Emblèmes ou devises chrétiennes (1714 et 1718); Les Fables de Lamothe, traduites en vers français (1716); Le Secrétaire du Parnasse (1723); une traduction d'Anacréon (1712). En 1717 il remporta le prix de poésie à l’Académie Française. Vers la fin de sa vie, il reprit lhabit de son ordre, et obtint le prieuré de Baïllon, près de Beaumont-sur- Oise, où il mourut, le {5 novembre 1725.

GAD (c'est-à-dire Bonheur), fils de Jacob et de Silpa, et chef d’une tribu israélite qui, dans les déserts même du mont Sinaï, s'était multipliée de façon à présenter un effectif de 400,000 hommes en état de porter lesarmes. Comme tribu nomade, ce fut la première de toutes qui vint se fixer à Giléad. Son territoire (Le pays de Gad) était situé au nord de celui de la tribu de Ruben,et comprenait le district montagneux s'étendant depuis le fleuve Jabbok jusqu’à Jaeser, et à l’est jusqu’à Rabbath-Ammon; mais dans la plaine du Jourdain, ilatteignait le sud du lac Génézareth. Le Jourdain en formait l'extrémité occidentale, depuis le lac Génézareth jusqu’à la mer Morte. Ce pays était surtout propre à l'élève des troupeaux. Les Gaditains formaient une population belliqueuse, quele voisinag® des Arabes obbligeait à rester tou- Jours en armes. Lors de l'établissement de fa monarchie, ils se montrèrent fidèles à David et à sa maison.

GAD, prophète hébreu, qui aida de ses bons conseils David, lorsque celui-ci se posa en prétendant à la courone; une fois monté sur le trône, il vécut dans son intimité. A l’occasion d'un dénombrement du peuple ordonné plus tard par David, il exprima le mécontentement de Jéhovali an sujet de cette mesure, et défermina le roi à détourner par d'abondants sacrifices de victimes les effets de la colère du Très- Haut. La tradition juive veut que ce soit ce prophète qui introduisit l'usage de la musique dans le temple, et elle le cite avec Nathan comme historien de David.

GADE, Ce genre linnéen forme aujourd’hui une famille de poissons malacoptérygiens, que quelques ‘zoologistés norament gadoïdes. 11 renferme les morues, les merluches, les merlans, les lottes, les phycies, ete., qui ont pour caractères communs les ventrales attachées sous la gorge plus en avant que les pectorales, et dont le premier et le second rayon se prolongent en un filet plus ou moins déké. Ces poissons ont le corps allongé, atténué et comprimé vers la queue. Tous donnent à l’homme un aliment recherché, dans leur chair légère et de bon goût. Des écailles

généralement petites, une tête assez grosse, une gueule largement ouverte, armée de dents implantées sur les mâchoi res et sur le vomer, un estomac très-grand , avec de nombreux cœcums anprès du pylore, complètent les caractères les plus constants du genre gade.

GADOLINITE, silicate multiple dont les principales bases sontlesoxydes decérium, d’yttrium, d’erbium, etc. La gadolinite est compacte, et d’un noir velouté,

GADOUE ou ENGRAIS FLAMAND. La méthode usitée en Flandre pour utser les vidanges est beaucoup plus rutionnelle, et surtout plus hygiénique que la confection de la poudrette. On donne le nom d'engrais flamand ou gadoue aux excréments humains retirés des fosses d’aisance, et conservés dans des citernes voûtées placées audessous du sol, sur le bord d’une route, et à proximité des champs cultivés. Ces citernes, dont le fond est en grès et les murs en briques, sont remplies quand les travaux agricoles le permettent au cultivateur : on laisse fermenter cet engrais quelques mois avant de s’en servir, et on a soin d’ajouter de la matière à mesure qu’on en relire.

L’engrais flamand est destiné principalement à activer le végétation des plantes oléagineuses et du tabac, qui donnent le plus de bénéfice; il s'emploie sous forme liquide; on le transporte aux champs sur des chariots, renfermé dans des barils. Arrivés à leur destination, on vide ces barils dans des baquets, où on puise l’engrais à l’aide de longues cuilières en fer pour le verser sur les semences. Les graines échauffées par cette matière en fermentation se développent promptement, et y puisent une nourriture abondante. Cet engrais est aussi d’un emploi très-avantagenx après le repiquage des jeunes plants; on le verse à la main pour éviter d'en mettre sur les feuilles. II faut une grande habitude aux cultivateurs de la Flandre pour supporter l’odeur infecte et repoussante qui s’exhale de la gadoue. Au reste, ces émanations ne sont nullement insalubres.

GAKLIQUE ( Langue ), idiome parlé de nos jours encore par les paysans montagnards de l'Écosse, qui l’appellent kimri ou cumreag, et dont l’origine est la même que celle de la langue erse, C'est-à-dire l’ancien celtique ou langue des Celtes. Gant, dans son ouvrage intitulé Thoughts on the Origin and Descent of the Gaels ( Édimbourg, 1814), prétend que le gaélique est un des idiomes les plus anciens du monde, et qu'il provient des Pélasges; seulement il oublie de nous apprendre quelle langue parlaient les Pélasges, à l'égard de laquelle nous manquons à peu près de fout renseignement positif. Quoi qu’il en soit, le gaélique n’est plus guère parlé aujourd'hui que dans les iles du nord de PÉcosse, où, malgré tous les efforts du gouvernenent anglais, la population persiste à repousser la langue des vainqueurs,

Le gaélique est plein de sons gutturaux, et Pécriture en est hérissée de consonnes qui cependant ne se prononcent pas ; aussi une société savante a-t-elle proposé un prix pour l'introduction d’un système d'orthographe plus rationnel. La littérature gaélique consiste surtout en vieilles traditions poétiques, que les bardes se transmettaient jadis les uns aux autres, qu'ils chantaient dans les fèles de famille, et dont quelques-unes se sont conservées jusqu’à la fin du siècle dernier. Les poésies d'Ossian, traduites en langue vulgaire par Macpherson, paraissent en avoir fait partie. Maïs ce ne sont pas là les seules poésies des Gaels; leurs chants lyriques penvent aujourd’hui encore se compter par centaines ; les plus beaux furent composés, à ce qu’on présume, dans les premiers siècles de notre ère. De là jusqu’au douzième siècle, il y a interruption dans la tradition poétique, peut-être bien parce que les bardes de cette époque ne composèrent rieu qui valût la peine l’être conservé. Mais à partir du treizième siècle ils trouvèrent de fécondes inspirations dans les guerres intestines et féodales des divers clans; et on possède une assez riche collection de chants composés au moyen âge. Dans les siècles suivants, les anciens bardes ont eu pour successeurs plusieurs poêtes dont

les noms ont été portés par la renommée loin de leurs brumeuses montagnes, par exemple Mac-Intyre, dont les poésies ont paru en 1768. On y remarque un véritable di-

thyrambe contre le bill du parlement qui enjoint aux po- |

pulations écossaises de porter désormais une culotte au lieu

de ce court jupon que vous savez. Ewen Mac-Lachlan, |

maître d'école à Aberdeen, a traduit en langue gaélique le troisième livre de l’Iliade et composé un poëme en quatre chants sur les saisons. En 1825, Arinstrong a publié à Londres un Dictionnaire gaélique-anglais. Sous le titre de Dictionarium Scoto-delticum, la Société des Highlands a rédigé et publié un travail plus complet ( Édimbourg, 1828 ). GAËTE (Gueta), ville d'Italie (ancien royaume de Naples), située dans la province dite Terre de Labour

«Terra di Lavoro), baignée par la Méditerranée, qu’on ap- |

pelle dans ces parages mer Tyrrhénienne, à l'extrémité |

d’un promontoire qui forme à l’ouest le golfe du même nom, siége d’un évêché, compte une population de 11.000 âmes, 2t est rangée au nombre des places les plus fortes de l’Europe. Dans la citadelle, on conserve encore aujourd’hui le corps du connétable de Bourbon; mais le tombeau magnifique que lui avait fait élever en 1628 le prince d’Ascoli fut détruit par les Français à l’époque des guerres de la Révolu-

tion. Parmi ses édifices publics, on remarque surtout la | cathédrale, placée sous l’invocation de Saint-Érasme, avec sa |

haute tour, dont on attribue la construction à l’empereur Frédéric Barbe-Rousse. Les environs de la ville sont délicieux et ornés d’une foule d’élégantes villas.

Strabon attribue l’origine de Gaète à une colonie grecque venue de Samos, qui s’y fixa après une longue navigation. Ces Grecs lui donnèrent le nom de Caieta, qui exprimait la courbe ou la concavité de cette côte. Virgile émet une

autre opinion : il pense que son nom lui vient de la nour-, rice d'Énée, Cajeta. Quoi qu'il en puisse être de ces étymo- | logies, un fait avéré, c’est que Gaète fut fondée longtemps

avant Rome, et servit à toutes les époques de résidence aux Romains les plus distingués. Son port, dom Cicéron fait mention comme propre à recevoir un grand nombre de navires marchands, fut agrandi par Antonin le Pieux, vers l'an 145 de notre ère. Parfaitement abrité et offrant en

moyenne sept brasses de profondeur, il est aujourd’hui le ,

centre d’un grand commerce d’exportation et d'importation.

Comme place de guerre, Gaète était sans contredit la clef du royaume de Naples, du côté du nord. Fortifée tout autant par la nature que par l’art, il est impossible de s’en rendre maître sans un siége long et régulier. Le château, de forme carrée , très-élevé et flanqué de quatre tours qui dominent et en défendent les approches, fut construit par Alfonse d'Aragon, vers 1440, et augmenté depuis par le roi Ferdinand, Les fortifications, presque toutes creusées dans le roc vif, sont l’œuvre de Charles-Quint.

Après la chute de l'Empire Romain, Gaète conserva pendant assez longtemps une constitutian toute républicaine et son indépendance. Plus {ard, elle fut suecessivement gouvernée par un grand nombre de ducs, qui reconnaissaient le pape pour seigneur suzerain, jusqu’à ce qu'en 1435 le roi-Alfonse d'Aragon s’en rendit maître et la réunit à Ja couronne d'Aragon; et plus tard elle passa sous la souveraineté de Naples.

L'histoire moderne mentionne divers siéges dont Gaète fut l'objet. Ainsi, en 1702, une armée autrichienne, aux ordres du général Daun, la tint assiégée pendant trois mois, et finit par la prendre d’assant. Après un siége qu’elle sontint depuis le commencement d'avril jusqu'au 6 août 1734, contre un corps d'armée composé de troupes françaises, espagnoles et sardes, la garnison de Gaète capitula avec tous les honneurs de la guerre. En 1799, Championnet s'en empara par un coup de main hardi, Le gouvernement napolilain avait consenti, en 1806, à ce que cette place fut occupée par un corps de Français; mais le prince de Hesse- Philippsthal, qui y commandait, refusa d'obéir, el Masséna ne put y entrer qu'après en avoir fait le siège de fé-

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