‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 74 sur 552 · GALÉRIEN — GALIANI · texte numérisé non relu

GALÉRIEN — GALIANI

Iériens ont-ils gardé là bas les mœurs du bagne? Nous ne sau-

rions le dire. Théogène PAGE.

= GALERIUS. Voyez GALÈRE.

GALEF. Le mouvement des vagues, en poussant vers

| Ja côte des fragments de roches arrachés au fond de la mer, les arrondit en les frottant les uns contre les autres. De là résultent ces fragm nts roulés, qui couvrent la plage sur les bords de la mer, et que l’on nomme galets. Ils s’accumulent en couches épaisses aux points les plus élevés atteints par les vagues. L'étude des galets n’est pas sans intérêt pour le géologue. La situation de plusieurs amas de ces cailloux roulés bien au-dessus du niveau actuel de la mer indique le soulèvement qui a dù s’effectuer dans certaines contrées. )

GALET, petit disque d'ivoire, de métal, ete., qui sert à plusieurs usages. En mécanique, on emploie des galets pour diminuer les frottements; alors ils sont montés sur un axe comme les roues d’engrenage : dans cette application, les galets fonctionnent comme des roues de voitures. Par exemple, supposons qu’il s'agisse d’un des pivots de l’arbre d'une grande roue : s’il tournait dans un coussinet, il éprouverait un certain frottement, qui sera singulièrement diminué si cet arbre pose sur deux galets mobiles sur leurs axes, et avec lesquels il n’est en contact qu’en deux points seulement. TEYSSÈDRE.

GALETAS. C’est, dans le langage dédaigneux des favoris de la fortune, l’humble réduit de l’indigence. A ce mot, on se représente une petite chambre penchée sous les toits, ouverte aux quatre vents, meublée de quelques chaises et d’un mauvais grabat , le tout en désordre, circonstance inhérente à la dénomination de galetas.

GALETTE, pâtisserie faite avec de la pâte feuilletée. La galette a fait la fortune de quelques établissements à Paris; le plus célèbre, situé à côté du théâtre du Gymnase, fut ouvert à la fin de 1820 et enrichit plusieurs de ses propriétaires. D’autres débits de ce genre eurent aussi leur importance, par exemple celui que l’on citait sous le nom du Père Coupe-toujours. La galette du Gymnase a fait place en 1865 à un café.

GALIANI (FErNANDO, abbé), naquit le 2 décembre 1728, à Chieti, dans l’Abruzze citérieure. Dès l’âge de huit ans il fut envoyé à Naples, chez son oncle, dom Célestin Galiani, qui était alors premier chapelain du roi. Il s’y livra à l'étude de la philosophie et des lettres, et surtout à celle du commerce et de l’économie politique. À seize ans, dans une académie des Zmules, il prit pour sujet de ses travaux l’état de la monnaie au temps de la guerre de Troie. 11 puisa dans cette dissertation, qui obtint un grand succès,

l'idée première de son grand ouvrage sur les monnaies. Al

dix-huit ans, il entreprit un travail sur l’ancienne histoire de la navigation de la Méditerranée. En 1749 il publia un petit volume, qui obtint un grand succès de scandale. C’était l'éloge funèbre du bourreau Domenico Jannacone, qu’il composa pour se venger d’une académie dont il croyait avoir à se plaindre. L'usage établi par ce corps illustre de letterati voulait que lorsqu'il mourait à Naples quelque grand personnage, tous les académiciens publiassent à la louange du défunt un recueil de pièces en prose et en vers. Le bourreau de Naples étant mort, Galiani, aidé d’un de ses amis, composa sur la mort de ce fonctionnaire un recueil de pièces très-sérieuses, qu'il attrihua à chacun des académiciens, en imitant l'allure de leur style. Cette publication valut à l’auteur dix jours d'exercices spirituels. Peu de temps après, il fit oublier cette escapade de jeunesse en publiant son Traité sur les Monnaies, auquel il travaillait depuis plusieurs années. Le grand succès de cet ouvrage engagea l'évêque de Tarente à faire obtenir à Galiani quelques bénéfices, qui le poussèrent à prendre les ordres mineurs. Son oncle le fit ensuite voyager en Italie. I1 fut accueilli partout avee honneur, et l’Académie de la Crusca le reçut parmi ses membres.

H à laissé en mourant huit gros volumes de kettres

DICT. DE LA CONVERS, — T, X

de savants italiens, et quatorze de st ants, de ministres et de souverains étrangers, qui réunis avec les siennes contiennent l’histoire politique et littéraire de son temps. En 1754 il publia un ouvrage sous ce titre : Della perfelta Conservazione del Grano, discorso di Bartolomeo Intieri. Cet Intieri était un célèbre mécanicien, qui, désirant rendre publique, par la voie de l’impression, la machine de l’étuve à blé, qu’il avait inventée vingt ans auparavant, s'était adress à la plume élégante de notre abbé. Galiani fut le premier qu entreprit de former une collection de pierres et de maticres volcaniques du Vésuve. Il écrivit sur les éruptions de cette montagne une dissertation savante, qu’il dédia au pape Benoît XIV. Le pontife y répondit par le canonicat d’Amalli, qui valait 400 ducats de rente. Galiani possédait déjà un bénéfice de 500 ducats, qui lui donnait la mitre, avec le titre de monseigneur, et un autre, moins honorifique, mais qui lui rapportait 600 ducats. Son Oraison funèbre de Benoît XIV accrut sa renommée. Il a fourni plusieurs mémoires au premier volume des Antiquilés d’'Herculanum, qui parut en 1757. Le roi de Naples, pour récompenser ses travaux, lui fit une pension de 250 ducats. En janvier 1759 il fut nommé secrétaire d’État, en même temps que secrétaire de la maison du monarque, et quelque temps après secrétaire d’ambassade en France. Il arriva à Paris au mois de juin suivant. L'originalité de sa conversation, la vivacité de ses gestes, de son esprit, l’extrême petitesse de sa taille et la mobilité de ses traits, obtinrent bientôt dans les salons de la capitale un véritable succès. Lié avec Grimm et Diderot, il devint un des habifués des salons de Mmes Geoffrin et dEpinay et du baron d'Holbach. Il s’exerça assidûment à écrire en français, et commença son Commentaire sur Horace. L’abbé Arnaud, avec qui il était intimement lié, en inséra plusieurs fragments dans sa gazette littéraire.

Après quelques voyages, il écrivit en français des Dialogues sur le Commerce des Blés, publiés par Diderot, en l'absence de Galiani, sous la date de Londres, et sans nom d'auteur. Cet ouvrage fit une vive sensation. Voltaire disait que pour le composer Platon et Molière semblaient s'être réunis. Pendant que ce livre instruisait et amusait Paris, l’auteur était entré à Naples dans les fonctions de conseiller du commerce : il y joignit bientôt celle de secrétaire du même tribunal. Ces deux places lui valaient 1,600 ducats par an. En 1777 il devint l’un des ministres de la junte des domaines royaux, à laquelle était confié tout ce qui regardait le patrimoine privé du roi. Ces occupations ne nuisaient point à ses travaux littéraires. Il a laissé presqu’au complet un traité qui lui fut inspiré par son grand amour pour Horace. Le projet qu’il eut d’une académie dramatique le conduisit à vouloir composer lui-même un opéra-comique sur un sujet bizarre : c'était Le Socrate imaginaire, représenté par un homme ridicule et borné, fanatiquement épris de Socrate, et imitant burlesquement les actions de ce philosophe. Le poëte Lorenzi écrivit la pièce; Paisiello en composa la musique, et cet opéra bouffon eut le plus grand succès en Italie, en Allemagne, et jusqu’à Saint-Pétersbourg. L'abbé Galiani cultivait lui-même la musique avec une passion réelle : il chantait agréablement et s’accompagnait fort bien du clavecin. Il avait un musée de monnaies antiques, de médailles rares, de pierres gravées, de camées, et ce musée était un des plus curieux de Naples.

Le 8 août 1779, une terrible éruption du Vésuve jeta l’effroi dans cette ville. Pour dissiper la terreur de ses concitoyens, Galiani écrivit en une seule nuit un pamphlet sur cette éruption : on rit, et on ne trembla plus. Dans la même année, il publia un ouvrage intitulé De! Dialetto napoletano. On y lut pour la première fois l’histoire de ce dialecte, que l'abbé Galiani suppose avoir été la langue primive. En 1782 il publia un in-4° sur les Devoirs des princes neutres envers les princes belligérants, et de ceux-ci envers les neutres. La même année il fut nommé premier assesseur du conseil général des finances. Un mois après, le roi lui donna l’abbaye de Scureoli, qui valait, toutes

charges et pensions déduites, 1,200 ducats de rente, La place d’assesseur d'économie dans la surintendance des fonds de la couronne, à laquelle il fut nommé en 1784, ajouta 600 dueats à son revenu ; mais déjà sa santé s’altérait : il eut le 13 mai 1785 une première attaque d’apoplexie. Il voyagea. De retour à Naples, il déclina rapidement. Il vit approcher ‘a mort sans rien perdre de sa gaîté, et s’endormit paisiblement du sommeil éternel le 30 octobre 1787, âgé de cinquante-neuf ans. Jules SANDEAU.

GALIANO (Don Anronio ALCALA ), longtemps lun des chefs du parti démocratique en Espagne, né vers 1790, à Cadix, était encore complétement inconnu avant 1820. Il seconda alors puissamment le mouvement insurrectionnel de l'île de Léon, et rédigea les proclamations du général Quiroga. En 1821 il était chef politique ( préfet) de Cordoue, lorsqu'il fut appelé à faire partie de l’assemblée des cortès, dans laquelle il ne tarda pas à se signaler au nombre des exaltados les plus ardents. Quand l'intervention de la France menaça la iévolution dans son existence, Galiano nhésita pas à demander qu’on déclarât le roi en état d’empêchement moral, cas prévu par la constitution, et qu’une régence provisoire fût, en conséquence, chargée du pouvoir exécutif. Les succès de l’armée française ayant bientôt contraint tous ceux qui s'étaient compromis à aller demander un refuge à l'étranger, Galiano se retira en Angleterre. La mort de Ferdinand lui rouvrit, en 1833, les portes de sa patrie; et député aux cortès de 1834 par la ville de Cadix , il reprit dans cette assemblée son rôle de tribun du peuple. Toutefois, les événements de la Granja ( 1836 ) semblèrent modifier profondément ses opinions; et tous ses discours prirent dès lors une teinte de modération qui insensiblement devint une désertion complète de ses anciens principes. Voilà déjà longtemps qu’on le compte au nombre des membres les plus influents du parti conservateur ; nouvel et frappant exemple de la versätilité qui de nos jours est le caractère à peu près général des hommes politiques. M. Galiano a occupé dans la diplomatie des postes considérables : il a successivement représenté son pays à Lisbonne (1851), à Turin (1854), de nouveau en Portugal(1858). Rappelé en 1860 il devint conseiller d'État, puis sénateur, et accepta, le 16 septembre 1864, dans le cabinet Narvaez le portefeuille des travaux publics, I mourut le 11 avril 1865, à Madrid. On a de lui des Principes de législation universelle (1821) et une traduction espagnole de l'Histoire du Consulat et de l'Empire, de M. Thiers.

GALICE (en espagnol Galicia), chez les anciens le

pays des Arlabri et une portion de la Gallæcia, province

formant, avec le titre de royaume, l'extrémité nord-ouest

de l'Espagne, comprenant une superficie de 29,378 kil. car-

rés, une population de 1,880,522 habitants (1865), et

quatre provinces : celles de la Corogne, de Lugo, d’Orense et de Pontevedra. La Galice, qui se rattache aux montagnes boisées du royaume de Léon, est une vaste région montagneuse, dont la chaine centrale, le mont Cebrero, s'étendant de l’est à l’ouest entre le Minho et le Sil, atteint une élévation de 2,000 mètres et est entourée de chaque côté de plateaux déserts, pauvres en bois comme en plantes, véritables steppes de montagnes appelés Parameros , que dominent des pics de 3 à 500 mètres de hauteur, complétement nus et dépouillés. Ces plateaux vont en s’abaissant par terrasses successives jusqu’à la côte, qui présente une multitude d’échancrures profondes, aux contours abruptes et tourmentés, et que borde une chaîne de rochers d’environ 350 mètres d’élévation et présentant les anfractuosités les plus sauvages. Les caps Finisterre et Orlegal forment les saillies extrêmes de cette côte. De nombreux cours d’eau, dont le plus important est le Minho, avec ses affluents le Sil et l’Avia, et qui en outre devient navigable dans sa partie inférieure, constituent chacun à leurf embouchure ce qu’on appelle des rias, c'est-à-dire des solutions de continuité de la côte assez semblables à ce que dans les mers de la Scandinavie on nomme des fjords, offrant des rades et des ports assea sûrs. :

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