GALLAS — GALLE
GALLAS ( Marnras, comte pe ), l’un des généranx de l'Empire pendant la guerre de trente ans, né en 1589, d’une famille établie dans le pays de Trente, fit ses premières armes en 1616, dans la guerre des Espagnols contre la Savoie, en qualité d’écuyer d’un gentilhomme lorrain, M. de Beaufremont, dont il avait commencé par être page. Mais il ne tarda point à entrer au service de l’empereur, et fut nommé colonel tout au début de la guerre de trente ans. Il se distingua d’une manière toute particulière dans les opérations contre les Danois, et après la paix conclue à Lubeck, en 1629, alla commander comme général un corps d’Impériaux en Italie, où il prit Mantoue et fit en même temps un riche butin. Créé alors comte de l’Empire, il prit en 1631 le commandement d’une partie de l’armée que les Suédois venaient de battre à Breitenfeld, couvrit la Bohème et combattit ensuite contre Gustave-Adolphe à Nuremberg et à Lutzen. Ayant été l’un de ceux qui mirent le plus d’acharnement à dénoncer Wallenstein à l’empereur, il obtint après l’assassinat de ce grand capitaine non-seulement sa seigneurie de Friedland, mais encore le commandement en chef des armées impériales. A Nordlingen, Gallas remporta sur le duc Bernard de Saxe-Weimar une victoire qui eut pour résultat de replacer la partie sud-ouest de l'Allemagne sous l'antorité de l’empereur. En 1637 il combattit contre Baner et Wrangel, en Poméranie; mais à la fin de 1638 il se vit contraint de se réfugier en Bohème avec son armée exténuée, et dut alors déposer son commandement.
Malgré le malheur qui s’attachait à ses entreprises et les preuves d'incapacité qu’il venait de donner comme général, il n’en fut pas moins appelé, en 1643, à commander l’armée destinée à opérer contre Torstenson. Ce fut en vain qu'il s’efforça de l’acculer en Holstein, où il l'avait suivi du fond de la Silésie; par une manœuvre habile, Torstenson réussit au contraire à le rejeter sur la rive gauché de l’Elbe, après lui avoir fait essuyer des pertes énormes; et alors Hatzfeld vint le remplacer à la tête de son armée. En 1645, pourtant,
ce fut encore lui qu’on donna pour chef aux Impériaux, |
battus à Iankowitz. Il mourut à Vienne, en 1647. Il avait agrandi sa seigneurie de Friedland par l'acquisition de nombreux domaines en Bohême; et ses descendants s’établirent aussi en Silésie. Cependant sa descendance mâle s’éteignit au milieu du dix-huitième siècle; et alors l’héritier de la seigneurie de Friedland, le comte Clam, ajouta à son nom celui de Gallas.
GALLATE, sel résultant de la combinaison de l'acide gallique et d'une base. Les gallates sont insolubles, excepté ceux de potasse, de soude, d’ammoniaque, et ceux à bases végétales. Presque tous les gallates se dissolvent dans les acides forts qui sont capables de former des sels solubles avec leurs oxydes. Ceux de fer se dissolvent non-seulement dans un excès d'acide oxalique, mais encore dans le bioxalate de potasse (sel d’oseille). C’est sur cette propriété qu'est fondé l’usage du sel d’oseille pour enlever les taches d'encre de dessus le linge. Berzélius admet que dans les gallates neutres la quantité de l’oxyde est à celle de l'acide comme 1 est à 8.
GALLATIN (AzLeerr), homme d’État américain, né à Genève, en 1761, venait à peine de terminer ses études, quand, en mars 1780, il courut en Amérique prendre part à la lutte que les habitants des ci-devant colonies anglaises soutenaient pour assurer leur indépendance. Il se distingua tellement dans les rangs de l'armée américaine, d’abord comme simple soldat, qu’on lui confia bientôt le commandement du fort Passamaquoddy. Après la conclusion de la paix, il fut nommé en 1783 professeur de littérature française à l’université de Harvard. A quelque temps de là, il acheta des terres, d’abord en Virginie, puis en Pensylvanie, où, sur les bords du Monongahela, il s’occupa activement d'agriculture. Sa carrière politique ne date que de l’année 1789, époqueoù il fut appelé à faire partie de la convention chargée de rédiger un projet de constitution pour l’État de Pensylvanie. En 1793 il fut élu membre du sénat des États-
DICT, DE LA CONVERS, — T, X
Unis; et lors des troubles qu’on appela l'insurrection du Whisky, il contribua puissamment à rétablir l’ordre. En 1794 ses concitoyens lui donnèrent une preuve flatteuse de l'estime qu'ils lui portaient, en l’élisant le même jour membre de l'assemblée législative dans deux arrondissements électoraux à la fois. En 1801 son ami Jefferson le nomma secrétaire de la trésorerie; et en 1809 Madison lui ayant offert le portefeuille des affaires étrangères, il préféra garder sa spécialité, et n’accepta que le ministère des finances. Quand, en 1813, la Russie offrit sa médiation pour rétablir la paix entre l'Angleterre et les États-Unis, il fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire à Saint-Pétersbourg; et plus tard, l'Angleterre ayant demandé à traiter directement, il se rendit à Gand, où le traité définitif fut conclu et signé par lui. En 1815 il négocia aver Clay et Adams un traité de commerce avec l'Angleterre; et de 1816 à 1823 il remplit à Paris les fonctions d’envoyé extraordinaire et de ministre plénipotentiaire de l’Union. A son retour en Amérique, il refusa un ministère ainsi que la vice-présidence de la république; mais en 1826 il alla encore occuper à Londres le poste d’ambassadeur. Depuis lors il ne remplit plus aucune fonction publique, et à New-York, où il s'était fixé, il ne s’occupa plus que de sciences et de littérature.
Gallatin fut un des orateurs les plus élégants et les plus corrects qu’on ait encore entendus au congrès. Économiste de l’école d’Adam Smith, il parla et écrivit en faveur du principe du libre échange, et resta jusqu’en 1839 président de la banque nationale. Il mourut le 12 août 1849. On a de lui quelques bons ouvrages sur l’histoire de sa patrie adoptive, et il fut président de la Société historique ainsi que de la Société ethnologique des États-Unis. Cette dernière lui estmêmeredevable de sa fondation. Son Memoir on the north-castern boundary (New-York, 1843), à l’occasion de la discussion soulevée par la question du territoire de l’Orégon, de même que ses écrits sur la guerre avec le Mexique, sont des chefsd'œuvre de sagacité et de lucidité; et ils exercèrent alors une puissante influence sur l'opinion. Dans les vingt dernières années de sa vie, il se livra à une étude toute particulière des antiquités et de l’ethnographie de l'Amérique; et personne n’acquit une connaissance plus parfaite des différents idiomes des Indiens. Son travail intitulé : Synopsis of the Indian tribes withen the United States and in the British and Russian possessions in North-America, qui forme le tome II° des Transactions and collections of the American Antequarian Society (Cambridge, 1836), et ses différents articles insérés dans les Transactions de la Société elhnologique (New-York, 1845-1852), sont jusqu’à présent la meilleure autorité à invoquer sur les questions d’archéologierelatives à l'Amérique ; en même temps que l’on y trouve la preuve de l’érudition profonde et tout européenne de l’auteur.
GALLE. On désigne sous ce nom des excroissances de formes diverses, qui se développent sur les végétaux, par suite de la piqûre d'insectes de différentes familles, mais principalement de celle des ÀAyménoptères,et du genre cynips, de Linné. Toutes les parties des végétaux sont susceptibles d’être attaquées par ces insectes, qui, après avoir percé le tissu du végétal, y déposent leurs œufs, autour desquels se répand le suc de la plante, qui grossit considérablement l'organe piqué et donne lieu à une tumeur quelquefois très-volumineuse. Parmi les nombreuses galles que présentent les différents végétaux, quelques-unes seulement méritent d’être citées. Celle durosier églantier ou bédégar est de la grosseur d’une pomme, couverte de longs filaments rougeâtres, pinnés; on lui attribue des propriétés antiscorbutiques et astringentes.Elle se trouve sur la tige de ce végétal. La galle du hétre se présente sur les feuilles de cet arbre, sous forme de cônes très-luisants et trèsdurs. La noix de galle est la plus importante de toutes, tant par son emploi en teinture que par son utilité dans la tannerie, C’est une excroissance arrondie, dure, solide, pesante, produite sur les rameaux du quercus infectoria, par la
piqûre d’un eynips. C’est principalement le bourgeon des jeunes branches que la femelle choisit pour y déposer son œuf; le bourgeon, après son développement , ne conserve de sa forme primitive que les aspérités formées par la partie supérieure des écailles soudées, L’œuf éclôt, et la larve devient successivement insecte parfait, A cette époque, il dévore une partie de la substance qui forme sa prison, en perce l'enveloppe et s'échappe; ces noix de galle ainsi percées prennent le nom de galles blanches; elles sont beaucoup moins estimées dans le commerce que la galle noire ou verte d'Alep, qui vient aux environs d’Alep en Syrie. La grosseur de cette dernière est celle d’une aveline ; elle est compacte, très-pesante et très-astringente, propriétés qu’elle doit à ce qu’on l’a récoltée avant la sortie de l'insecte. La galle de Smyrne est moins estimée que la précédente, parce qu’elle contient plus de galles blanches.
Le quercus robur de Linné présente à la cupule de son gland une excroissance irrégulière, que l’on nomme gallon de Piémont : elle offre au centre d’une enveloppe ligneuse une cavité unique, prenant de l'air par le sommet, contenant une coque blanche, qui a dû servir aux métamophoses de l’insecte. La galle ronde de France est entièrement sphérique, dure, assez légère. Sa surface est polie et d’un blanc rougeâtre, Elle est produite par le quercus ileæ, qui croit dans le midi de la France. On trouve dans les environs Bordeaux une galle nommée pomme de chêne, qui croit sur le chêne fouzin. C’est la plus grosse de toutes; elle est produite par le développement monstrueux de l'ovaire, piqué avant la fécondation; elle est spongieuse et devient très-légère par la dessiccation. M. Guibourg a retiré d’üne voque blanche, ovale, placée au centre de la galle, l’insecte vivant, lequel recevait de l'air par un conduit très-étroit, qui partait du pédoncule jusqu’à la coque; il pense que ce conduit doit exister dans toutes les autres galles, et surtout dans celle du Levant, qui est très-dure et très-compacte.
FAvROT,
GALLE (Axoné), célèbre graveur en médailles, naquit en 1761, à Saint-Étienne. D’abord simple ouvrier dans une fabrique de boutons, il travailla ensuite chez un orfèvre de Lyon; et c’est là qu'il sentit s’éveiller en lui le génie de la gravure. Galle se forma sans maître, et ses commencements furent très-remarquables, Sa première médaille fut celle de la Conquête de la haute Égypte, et elle est restée l’une de ses plus belles productions. 11 exécuta ensuite celle du Retour d'Égypte, V' Arrivée de Bonaparte à Fréjus, la Bataille de Friedland, le Couronnement de Napoléon, etc. En 1810 il remporta le premier prix du concours que l’Académie des Beaux-Arts avait ouvert pour les meilleurs ouvrages de gravure. Nommé membre de l’Institut, son activité ne se reposa pas un seul jour, et chaque événement glorieux de notre histoire trouva en lui un interprète adroit et inspiré, Le burin de Galle a raconté tous les triomphes du consulat et de l'empire. Il exposa au Salon de 1824 un intéressant cadre de médailles, où figuraient l’£ntrée du roi à Paris, La Duchesse d'Angouléme quittant la France, et enfin les effigies de Descartes et de Malesherbes. Depuis 1830 Galle a exécuté la médaille de la Conquéte d'Alger (1839), et plus récemment la 7ranslation des cendres de Napoléon : ces œuvres, les dernières qui soient sorties de sa main courageuse, attestent qu'en vieillissant son talent n'avait rien perdu de sa fermeté première. Les médailles de Galle resteront comme des modèles de précision, de netteté et de science. Ce laborieux et patient artiste est mort vers la fin de l’année 1844.
GALLEGOS,. On nomme ainsi en Espagne les habitants de la Galice,
GALLES, prôtres de Cybèle, division des cory bantes. Atys, que Cybèle aima, s'étant fait eunuque, Gallus, premier prêtre de cette déesse, imita cet exemple, et dans la suite tous les ministres de Cybèle furent de même eunuques. Ovide fait dériver ce nom d'un fleuve de la Phrygie,