‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 82 sur 552 · GALLAS · texte numérisé non relu

GALLAS

et ses manières comme dans ses ouvrages, il aurait toute sa vie enseigné à des enfants les premiers éléments de la grammaire avec le même plaisir qu’il avait eu à exercer son érudition sur différentes matières. » Le style des ouvrages de Galland présente malheureusement plus que de la simplicité; il fourmille de négligences, et il faut tout l’attrait du sujet pour faire supporter la lecture même des meilleurs contes, tels que Za Lampe merveilleuse, Ali- Baba ou Les quarante Voleurs, etc. Ses autres écrits sont très-nombreux. 11 a fait des recherches sur la numismatique, notamment sur les médailles de Tetricus. La meilleure édition des Mille et une Nuits est celle qui a été publiée en 1806, par Caussin de Perceval père. Galland avait laissé, entre autres manuscrits, plusieurs contes encore inédits. Caussin de Perceval en a traduit d’autres encore, et a terminé dignement la collection par le conte qui contient le véritable dénouement, savoir la grâce entière accordée par l’imbécile et féroce sultan à l’aimable narratrice. BRETOx.

GALLAPAGOS. Voyez GALAPAGos.

GALLAS, peuple nègre, qui habite la partie nord-est du grand plateau dont se compose la moitié méridionale de l'Afrique. Quoique appartenant à la race nègre par ses caractères généraux, il n’en présente pas le type dans toute sa pureté; il forme au contraire avec les Foulahs, les Mandingos et les Noubas comme la transition de la race nègre à la race caucasienne, et semble appartenir à la grande famille des peuples habitant l’est de l'Afrique depuis les frontières de la Terre du Cap jusqu’à l’A byssinie, qu’on a l’habitude de désigner sous le nom de Cafres.

Les Gallas sont une belle et vigoureuse race d'hommes, et ne se distinguent pas moins des autres peuplades nègres par leur énergie et leur esprit guerrier que par leurs capacités intellectuelles. L'histoire n’en fait mention qu’à partir du seizième siècle, époque où elle nous les montre comme un peuple barbare et conquérant, sorti de l’intérieur de lAfrique, qui depuis lors n’a point cessé ses incursions et ses effroyables dévastations dans les différentes contrées dont se compose la région montagneuse de l'Afrique orientale jusqu'aux plateaux de l’Abyssinie, qui en a successivement subjugué ou expulsé les populations aborigènes, conquis une grande partie de PAbyssinie et pénétré jusqu'à la mer Rouge et au golfe d’Aden. C’est dans ces derniers temps seulement que leur puissance semble avoir diminué en Abyssinie, de même que leurs irruptions dans ce pays, surtout par suite de l'énergie dont a fait preuve le gouvernement du roi de Thoa, lequel est même parvenu à soumettre quelques tribus des Gallas et à les forcer à embrasser le christianisme. Ils continuent toujours cependant à occuper de nombreuses parties de l’Abyssinie, d’où ils étendent leur domination sur des con trées au sud et au sud-ouest de l’Abyssinie, dont les délimitations sont très-incertaines, et qui semblent être aujourd’hui le principal théâtre de leurs brigandages.

Les Gallas ne présentent point d’unité politique; ils se subdivisent en une multitude de grandes et de petites peuplades, formant autant de centres particuliers, et souvent en guerre les unes contre les autres. La plupart des peuples Gallas sont demeurés pasteurs, et conservent encore avec le genre de vie particulier aux peuples pasteurs toute la sauvage rudesse de leurs ancêtres. Cependant quelquesunes de leurs tribus, celles qui habitent près ou au milieu des Abyssins, sont devenues agricoles, et dès lors un peu plus civilisées. Celles des peuplades Gallas qui sont demeurées à l’état sauvage et nomade, tout en menant la vie pastorale, ne laissent pourtant pas que de s'occuper beaucoup de chasse et de trafic d'esclaves. La plupart sont encore idolâtres; toutefois l’islamisme a fait de grands progrès parmi elles. Vaincus en 1865 dans deux sanglantes rencontres par Théodoros, les Gallas abyssins accueillirent avec bienveillance l’expédition anglaise (1867) et prètèrent même leur concours à son chef, le général Napier, pour abaltre la tyrannie du négous.

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