‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 85 sur 552 · GALLES = GALLET · texte numérisé non relu

GALLES = GALLET

ser vé jusqu’à ce temps-ci, en opposition à l'élément anglais, ses mœurs, son caractère et sa langue propres. Les Gallois de nos jours sont une race d'hommes grossiers, superstitieux, mais énergiques, généreux, bons et hospitaliers, Les classes supérieures ont seules adopté la langue et la civilisation anglaises ; et encore se composent-elles en grande partie d’éléments fournis par l'immigration. Aujourd’hui encore, comme jadis, les Gallois célèbrent leurs antiques fêtes nationales, où l'on découvre facilement des traces des antiques croyances du pays, alors que sa religion était celle des druides ; et leurs poètes populaires ou bardes se réunissent toujours annuellement pour se disputer le prix dans des joutes poétiques. Par contre, l'instruction populaire y est encore des plus défectueuses, et c’est tout récemment seulement que des écoles y ont été fondées sous l’impulsion donnée par l'élément anglais de la population. La langue des Gallois, qui se compose d’un mélange de mots germains, celtes ( galliques ) et romains, possède une grammaire et même une littérature.

A l'époque de Phistoire d'Angleterre désignée sous le nom de période anglo-saxonne, il est vraisemblable que les Gallois obéissaient d’abord à un seul et même chef ou prince indépendant, que par la suite ils en reconnurent plusieurs, dont les divisions et les luttes intestines favorisèrent l'invasion étrangère. Déjà le roi anglo-saxon Athelstan ( 925-941 ) avait contraint les Gallois à lui payer un tribut, consistant partie en argent et partie en peaux de loup. L'établissement de ce tribut eut à la longue pour résultat l’extermination complète des loups dans l’île entière.

Quand, en l’an 1066, les Normands s’emparèrent de l’Angleterre, les Gallois essayèrent de se soustraire au joug de ces nouveaux envahisseurs; mais Guillaume le Conquérant entra dans leur pays à la tête d’une armée formidable, et contraignit leurs divers princes ou chefs à reconnaître sa suzeraineté et à lui payer tribut. Pour mettre obstacle à l'invasion du sol anglais par les populations sauvages et guerrières du pays de Galles, le roi Guillaume IT institua sur leurs frontières des comtes de Marches, des marchers où marquis ; et retranchés dans leurs châteaux forts, ceux-ci soumirent peu à peu les diverses parties du territoire, en même temps qu’ils tinrent en respect les chefs ou princes les moins puissants. Mais pendant les guerres civiles qui signalèrent le règne d'Étienne, le dernier roi d'Angleterre de race normande, les princes ou chefs du pays de Galles réussirent à se soustraire presque complétement à l’influence anglaise, et ravagèrent même le sol anglais, à titre d’alliés tantôt du roi, et lantôt de la princesse Mathilde (voyez PLANTAGENET). Enfin, le roi Henri II sut mettre à profit leurs dissensions et leurs luttes intestines pour soumettre de nouveau tout le pays de Galles à la souveraineté anglaise. Le prince Madoc de Powis ou Montgomery, l’ami et le vassal de Henri, ayant été l'objet de mauvais traitements et d'actes d’hostilité de la part de plusieurs autres princes, notamment de la part d'Owen Gwinerth, prince du North- Wales ( Galles du nord ), appela le roi à son secours. En conséquence, Henri, à la tête d’une armée nombreuse, envahit le pays de Galles, en 1157, vainquit et soumit, non sans peine, Owen, et contraignit l’année suivante les princes possessionnés au sud et moins puissants à reconnaître sa suzeraineté. Mais les Gallois ne supportaient le joug qu'avec impatience; aussi dès 1163, quand Henri II se trouva embarrassé dans une guerre contre la France, Res, prince du South- Wales (Galles méridionale }, fit-il irruption en Angleterre; et l’année suivante il ne lui fut pas difficile de déterminer les autres chefs à prendre les armes à son exemple. Henri envoya alors de nombreuses armées dans le pays de Galles ; mais leurs efforts farent impuissants, parce que les Gallois firent alors alliance avec la France. Ce fut seulement sous Édouard 1°", qui monta sur le trône d’Angleterre en 1272, qu’on réussit à soumettre complétement ce pays. Llewellyn, alors prince souverain du pays de Galles, avait soutenu, sous le règne de Henri I, le parti de Leicester, et refusait, sous divers prétextes, de venir rendreen personne foi et hommage à Édouard, En conséquence

Édouard entra, en l’année 1277, avec des forcés considérables dans le pays de Galles, et forca Llewellyn à implorer la paix et à reconnaître sa suzeraineté ; exemple que durent successivement imiter les autres barons du pays. L’excessive dureté avec laquelle les marchers (inarquis ) anglais traitaient les populations galloises determina Llewellyn à déployer, en 1282, l’étendard de la révolte; mais il fut battu, et périt au mois de décembre de la même année, dans un engagement avec des troupes anglaises. Son cadavre, retrouvé sur le champ de bataille, fut coupé en quatre quartiers et exposé en sanglant trophée sur les murailles des quatre plus grandes villes d’Angleterre. IL existait une vieille prophétie de Merlin suivant laquelle un prince de Galles devait un jour venir à Londres ceindre La couronne d'argent. Pour réaliser dérisoirement cette prophétie, qui continuait à exercer une puissante influence sur les populations galloises, le vainqueur fit suspendre au sommet de la Tour de Londres la tête du noble insurgé au bout d’une pique et couverte d’une couronne d'argent. Son frère David, qui tenta de continuer à lutter pour l'indépendance de la patrie commune, tomba, au mois d'octobre 1283, entre les mains du roi, et mourut de la main du bourreau, à Shrewsbury.

Le pays de Galles fut alors traité en province conquise. Édouard déclara que la principauté constituerait désormais un fief relevant de la couronne d’Angleterre, et ordonna en outre qu’on y introduisit les lois et les coutumes anglaises. En 1301 le roi concéda sa conquête, à titre de fief relevant de la couronne, à son fils aîné et héritier présomptif, qui prit dès lors le titre de prince de Galles, et qui régna plus tard sous le nom d’Édouard I. C’est depuis cette époque que le prince royal d’Angleterre, quand il est fils aîné du roi régnant, ou s’il vient à mourir, son fils aîné, porte toujours ce titre de prince de Galles, qui cependant ne lui est accordé que quelques mois seulement après sa naissance et toujours par lettres-patentes spéciales. Pour en finir avec l'esprit d’indépendance et de nationalité qui caractérisait les populations galloises, les rois d'Angleterre s’attachèrent à extirper et anéantir la caste des bardes, personnages investis de divers priviléges particuliers, et qui en leur qualité de représentants du génie national continuaient par leurs chants à conserver dans le peuple des souvenirs et des traditions patriotiques et souvent même l’excitaient à se révolter contre ses oppresseurs. Owen Glendower, barde issu d’une ancienne famille de princes gallois, profita des troubles auxquels PAngleterre fut en proie sous Henri IV pour lever, en l’an 1400, l’étendard de l'insurrection. 11 envahit l’Angleterre et dévasta les possessions du comte de La Marche à la tête d’une bande nombreuse, aux déprédafions de laquelle les hommes d’armes de ce seigneur, non plus que les troupes envoyées à son secours par le roi d'Angleterre, ne purent mettre un terme. Ce fut seulement vers la fin du règne d'Henri IV que les Anglais réussirent à faire rentrer le pays de Galles dans le devoir. Les rois suivants instituèrent alors dans les divers districts de la province des seigneurs anglais ou marchers, chargés d'exercer une juridiction particulière et arbitraire, et réprimèrent désormais de la manière la plus sanglante toute tentative de révolte de la part des habitants. Enfin, en 1536, pour mettre un terme à cet état de désordre et achever d’effacer les derniers vestiges de l’antique indépendance de ces contrées, Henri VIII, à la demande du parlement, réunit difinitivement la principauté de Galles à l’Angleterre; et en même temps les populations galloises furent admises à tous les droits, franchises et libertés, garantis à la nation anglaise par sa constitution politique. Consulter, sur les nombreuses antiquités du pays de Galles antérieures à l’époque chrétienne, The Cumbrian popular Antiquities de Robert (Londres, 1815 ).

GALLES (Nouvelle). Voyez NOUVELLE GALLES.

GALLES (Ile du Prince de). Voyez Pouro-PrNanc.

GALLET, né à Paris, vers le commencement du dixhuitième siècle, chansonnier plem d’esprit et de naturel, s’il avait vécu de nos jours, aurait réhabilité la corporation des

épiciers, fortcompromise sous le rapport intellectnel par les railleurs de notre époque. Il exerçait en effet cette honorable profession à la pointe Saint-Eustache, et c'est là qu’il recevait Panard,Piron, Col lé, dans de joyeux banquets, qui furent l’origine de l’ancien Caveau. Cependant, ayant trop scandaleusement joint à son commerce d’épiceries cel des prêts sur goges, dits à La petite semaine, il fut exclu de l'académie chantante, dont il était le fondateur. Insouciant épicurien, il s’en consola en faisant une chanson de plus, car sa fécondité était trèsgrande en ce genre : ces petites pièces, toutefois, n’ont jamais été recueillies en corps d'ouvrage; mais on en trouve un assez grand nombre dans l’ancien Chansonnier français. Gallet avait aussi composé, en société avec Piron, Panard et Collé, quelques vaudevilles, nommés alors opéras-comiques, entre autres, Le Prété renduet La Précaution inutile. Sa gaieté, sa facilité d'improvisation, le faisaient rechercher dans beaucoup de cercles, où l’on était moins sévère que le Caveau sur sa moralité. Ce fut peut-être la cause de sa ruine. Quoiqu'il eût pour faire fortune, comme on vient de le ‘voir, un moyen de plus que ses confrères (en épicerie bien entendu }), il parait que le goût des plaisirs finit par lui faire tellement négliger ses affaires, qu’il fut contraint de faire faillite et de fermer son magasin. Pour échapper aux prises de corps, il se réfugia dans l'enceinte du Temple, qui était alors un lieu d’asile pour les débiteurs. Et quoique réduit à une situation peu aisée, à défaut de nouvelles dettes, il y fit de nouvelles chansons. On nous a conservé les trois couplets de celle qu’il adressa à Collé, au moment de succomber à sa dernière maladie, en 1757. En voici le dernier, sur un refrain alors en vogue :

Autrefois, presqu'aa même iüsiant,

J'en aurais pu rimer autaut

Que nous reconnaissons d’Apôtres,

Aujourd’hui j'abrège, d’autant

Qu'a l'église un prêtre m'attend,

Accompagné de plusieurs autres.

Aussi, après son décès, fit-on courir dans le monde cette épitaphe laconique :

Ci-git le chansonnier Gallet, Mort en achevant un couplet, Oury.

GALLICANE (Église). Lorsque la doctrine du Christ commença à se répandre dans l'univers romain, les Gaules furent de toutes les provinces de l’empire celle où elle s'implanta tout d’abord. Les disciples même des apôtres y viorent prêcher la foi, et scellèrent de leur sang leur courageuse et sainte mission, Les premiers martyrs dont on fasse mention sont Gatien, à Tours; Trophime, à Arles ; Paul, à Narbonne ; Saturnin, à Toulouse ; Austremoine, à Clermont ; Martial, à Limoges ; Pothin, à Lyon ; Crescent, à Vienne, Mais comme le sang des martyrs est essentiellement fécond, ces deux dernières villes furent bientôt remplies de fidèles ; c’est ce que l’on peut voir dans la lettre authentique des églises de Lyon et de Vienne aux fidèles de l'Asie. Saint Irénée, qui mourut martyr dela foi dans les premières années du troisième siècle, ayant à combattre des hérétiques, Jeur opposa les traditions des églises des Gaules. Toutefois, Ja nouvelle religion ne se répandit guère d’abord que dans les provinces méridionales de cette contrée. Celles du Nord et de l'Occident languirent plus longtemps dans les ténèbres; cependant, elles-mêmes ne tardèrent pas à accueil lir la bonne nouvelle : des évêques pleins de zèle se dévouèrent avec joie à la mission périlleuse de l’enseigner ; et déjà vers la fin du quatrième siècle il n’y restait plus qu'un petit nombre de païens, que saint Martin convertit à la religion chrétienne. Pour mieux parvenir au but qu’ils se proposaient, les apôtres des Gaules formèrent divers établissements monastiques, d’où la religion chrétienne devait s'étendre au loin, comme d’un centre rayonnant. Saint Martin fut le premier qui, l'an 360, fonda près de Poitiers le monastère de Ligné, et plus tard, en

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