‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 86 sur 552 · GALLET — GALLICANE · texte numérisé non relu

GALLET — GALLICANE

372, celui de Marmoutier. En 390 saint: Honorat éleva celui de Lérins.

Mais tout leur zèle ne put empêcher que l’arianisme ne vint à son tourenvahirla Gaule : cette doctrine n’y fitcependant point d’abord de sérieux progrès. S'il y eut des ariens dans ce pays, ce ne fut que plus tard, lors de l'invasion des barbares, au cinquième siècle. Bientôt les Francs, conduits par Clovis, se jetèrent sur cette région ;en y pénétrant, ils étaient païens ; mais Clovis ayant, par une faveur céleste, remporté une grande victoire, se fit chrélien avec la plus grande partie de son armée. Les Gaulois orthodoxes, voyant un jeune prince chrétien, se soumirent à son pouvoir, et, au lieu de le combattre, l’aidèrent dans sa conquête, Ils se plaignirent à lui des cruautés des Wisigoths ariens : Clovis ne tarda pas à les combattre, les vainquit entièrement et les obligea à se rejeter su l'Espagne. Ce fut de cette manière que notre France fut délivrée du schisme d’Arius, de sorte que les traditions orthodoxes ne purent s’y altérer, ets’y conservèrent à l’abri de tout contact impur. Il est bon de remarquer en passant combien, à cette époque de désordre et de barbarie, les évêques de France furent utiles à la nation, combien ils contribuèrent à adoucir les mœurs de ces peuplades du Nord, qui conservaient encore toute la férocité de leur caractère. Les prélats, comme les dépositaires des traditions, comme les hommes les plus éclairés de l’époque, furent introduits dans les conseils des princes, et occupèrent la plus grande partie des charges de l’État. Ils avaient la haute direction dans les assemblées nationales, et ne furent guère inquiétés par les hérésies qui tourmentaient la chrétienté au dehors ; jusqu'au onzième siècle, ils n’eurent à s’occuper dans leurs conciles que d’affaires d’administration intérieure; ils cherchèrent à réprimer la simonie, les brigandages des seigneurs, l’incontinence des clercs, etc., et à protéger le faible contre le fort.

Mais en 1047 Bérenger, ayant publié ses erreurs sur l’Eucharistie, fut condamné, non-seulement à Rome, mais aussi dans plusieurs conciles tenus en France. A l’hérésie de Bérenger succéda celle de Roscelin, qui faisait trois dieux des trois personnes de la sainte Trinité. Roscelin, condamné dans un concile tenu à Soissons en 1092, abjura son erreur. Nous ne parlerons pas des hérésies semi-théologiques, semipolitiques d’Arnaud de Brescia, de Pierre Valdo, d’Abélard, de Gilbert de la Porée, qui pendant le douzième siècle agitèrent l’Église et l’Europe, et qui furent si bien combattues par saint Bernard, Pierre le Vénérable, Hildebert, évèque du Mans, et Pierre Lombard. Nous passerons aussi sur celles des Albigeoïiset des Vaudois, qui, au treizième siècle, occasionnèrent tant de troubles en France et exctèrent des rigueurs que nuus sommes loin d'approuver.

L'Église gailicane ne fut plus inquiétée par l’hérésie jusqu'au commencement du seizième siècle, époque désastreuse pour l'Europe, où se répandirent avec une rapidité prodigieuse les doctrines de Luther et de Calvin; tout le monde sait que la doctrine de la réforme, condamnée au concile de Trente, fournit aux souverains de l’Europe l’occasion de déployer leur zèle pour la foi catholique. Au dix-septième siècle, il y eut non pas une hérésie, mais des disputes sur la grâce et des discussions sur le quiétisme qui ne furent pas de longue durée.

Dans le principe de l'établissement de la religion chrétienne, il s’était établi des chants, des rites et des coutumes . différentes dans la liturgie des différents pays, et c’est ce qui arriva aussi dans les Gaules, J1 y eut jusqu’à Charlemagne un chant gallican, une messe gallicane, qui n'étaient pas les mêmes que le chant et l'office grégoriens, suivis à Rome, et que Charlemagne fit adopter aux églises de France; il n’est donc pas étonnant qu’il existât en France des coutumes, des mœurs, des constitutions propres à l'Église de ce pays, coutumes qu’elle conservait par tradition, et auxquelles on a donné le nom de Libertés gallicanes; c'est là un fait contre lequel on ne saurait élever aucun doute, Nous ne

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