‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 90 sur 552 · GALLICIE · texte numérisé non relu

GALLICIE

cielle dans presque toutes les branches de l’administration, el dans les deux universités.

La Gallicie, qui tire son nom de l’ancienne ville et forteresse de Halicz, située sur les rives du Dniestr, et dont les babitants slaves aborigènes, les Ruthènes où Rusniaques, entretenaient dès le neuvième siècle des rapports politiques et religieux avec les empereurs de Byzance, de même qu’ils avaient des relations commerciales fort étendues et qu'ils obéissaient à des princes indigènes de la race de Chrowat, fut conquise vers la fin du neuvième siècle par les Russes de Kief. La partie occidentale dépendait déjà, il est vrai, de la Pologne; mais elle avait aussi ses souverains particuliers, à l'extinction de la race desquels le roi de Pologne Casimir s'empara de cette partie de la Ruthénie ou Prusse-rouge et y introduisit la constitution polonaise. Déjà d’ailleurs la partie de cette contrée située plus à l'est, le long des rives du Dniester, etc., avait été enlevée aux Polonais par les Russes au onzième siècle. Elle ne tarda pas cependant à s’affranchir de tous rapports tant avec la Pologne qu'avec Kief; et il se forma sous la protection des Hongrois diverses principautés indépendantes, notamment à Wladimir (1078), à Przemys (1094), à Terebowl (1097), ensuite à Haliez (1123) sous le prince hongrois Boris lui-même; principauté qui s'agrandit aux dépens des autres, et qui demeura sous la suzerainete de la Hongrie jusqu’en 1230. Érigée en royaume à partir du commencement du treizième siècle, réunie à la Lithuanie vers le milieu du même siècle, la Gallicie et Wladimir ( Lodomérie) furent adjoints en 1311 à la grande principauté de Moscou. Mais en 1340 le roi de Pologne Casimir III en prit de nouveau possession, en même temps que le roi de Hongrie lui faisait abandon de tous ses droits et prétentions, tandis que Wladimir était donné pour prix de la Lithuanie, Le roi de Hongrie Louis le Grand ayant de nouveau conquis ce pays, il fit encore une fois retour à la Pologne, en 1382, à la suite du mariage d’Hedwige, fille de Louis; et il continua de faire partie de ce royaume jusqu’en 1773. Lors de ce premier partage de la Pologne, la Gallicie, avec diverses parcelles qui avaient dépendu jusque alors de la petite Pologne, fut adjugée à l'Autriche sous le titre de royaume de Galli. cie et de Loudomérie ou Lodomérie, que l’impératrice Marie-Thérèse avait créé dès 1769; et en 1786 cette puissance y ajouta la Bukowine, devenue autrichienne depuis 1777. Quand, à l'époque du dernier pirtage de la Pologne, en 1795, l'Autriche acquit de nouveaux territoires en Pologne (602 myriamètres carrés, avec une population de 1,307,000 âmes), ils furent désignés sous le nom de Nouvelle Gallicie ou Gallicie orientale, tandis que ses premières acquisitions recevaient celui de Vieille Gallicie ou Gallicie occidentale. Depuis, la chancellerie autrichienne adopta la dénomination de Gallicie et Ludomérie.

Aux termes de la paix de Vienne de 1809, l’Autriche dut faire abandon à Napoléon de la Gallicie occidentale avec Cracovie et la partie du territoire dépendant de cette ville située sur la rive droite de la Vistule, ainsi que le cercle de Zamosc en Gallicie orientale (formant ensemble une superficie de 640 myr. carrés, avec 1,470,000 habitants); et le conquérant réunit le tout au duché de Varsovie. En même temps, l'Autriche céda à la Russie 115 myriamètres carrés de la Gallicie orientale avec 400,000 habitants. La paix de Paris laissa la Gallicie occidentale au royaume de Pologne, mais rendit à l’Autriche la partie de la Gallicie orientala qu’elle avait cédée à la Russie. Toutefois, en vertu d’une décision du congrès de Vienne, une partie de la Gallicie orientale fut érigée en république de Cracovie; mais ce dernier débris dela Pologne finit pardisparaître dans l’empire d'Autriche (6 novembre 1846). La politique de Au triche en Gallicie a toujours eu le caractère d’une lutte opiniâtre contre les tendances à l'autonomie. Courbée sous un joug despotique jusqu’en 1860, cette province n’a recouvré quelque indépendance qu’à cette époque; elle vit même la politique fédéraliste qu’elle soutenait introduite dans le gouvernement par un de ses députés, le comte

Goluchowski, qui oceupa le ministère d'État du 20 octoyre au 13 décembre 1860. Bien que la politique opposée eût repris le dessus, un édit du 26 février 1861 octroya une diète particulière de 150 membres à la Gallicie. Le soulèvement des Polonais, en 1863, rencontra beaucoup de sympathie et un concours de tous les instants; mais l’insurreclion vaincue, l'Autriche mit la Gallicie en état de siégé. La constitution de 1867 n’apporta point de changements favorables aux aspirations de ce pays, qui ont sans . cesse été élouflées par le parti hongrois,

GALLICISME. On entend par ce mot certaines tour. nures ou locutions propres à notre langue, et dont il est quelquefois assez difficile de rendre compte par les règles de la syntaxe. Telleest cette expression : vous avez beau vous tourmenter. Qu'est-ce que c’est qu'avoir beau? traduisezça littéralement en latin, en italien, en anglais, vous n’obtiendrez que des barbarismes, et, qui pis est, des non-sens. Il y a précisément là un idiotisme de notre langue, un gallicisme. Il serait impossible de nombrer ces formes particulières ; citons seulement Ce placé devant le verbe éfre : c’est moi, c'est toi, c’est nous, c’est vous, ce sont eux ; De, du, de la, des, pris, non pas comme indiquant le rapport qu’exprime ordinairement la proposition de, vu répondant au génitif latin, mais dans un sens partitif : donnez-moi du pain ; Que, dans une multitude de locutions : Z{ne dit que des sottises ; jen'irai pas là que tout ne soit prét; Quelque... que, quel que, tout. que, employés pour exprüner la supposition générale de toutes les choses d’une même espèce, ou de toutes les modifications ou manières d’être de cette chose : Quelques droits que vous ayez; quelles que soient vos richesses; toute belle que vous éles, etc., et de même : qui que vous soyez, quoi que vous fassiez ; Laisser, pris dans le sens de permettre : laissez Jaire, laissez passer ; Aller, devoir, avoir, venir de, pris pour exprimer des temps dans nos verbes : je vais chanter : c’est un futur prochain; je dois chanter : c’est un futur indéterminé; jai chanté : c'est un passé indéterminé ; je viens de chanter : c’est un passé prochain, etc., etc; les impersonnels iZ est et surtout il y a : il est des êtres bien dégradés , il y a des gens bien peu délicats.

Bernard JULLIEN.

GALLIEN (Pusuuws Licinius EGNATIUS), empereur romain, fils de Valérien, naquit l’an 233 de J.-C. En 253 son père l’associa à l'empire . Quand Valérien eut été fait prisonnier par Sapor , il régna seul, Au lieu de songer à délivrer son père, Gallien s'abandonna dans Rome à la débauche et à la cruauté, Pendant ce temps-là les Germains, les Goths, les Sarmates, les Francs, les Marcomans, les Cattes franchissaient les Alpes et menaçaient l’Ifalie, Comme il fallait résister avec force à l'ennemi qui se présentait de toutes parts, et que les soldats savaient bien que Gallien en était incapable, chaque armée nomma un empereur, qui était presque toujours son général. Il y en eut bientôt trente élus à la fois par les armées romaines. L’histoire a appelé cette époque d’anarchie militaire l'époque des trente tyrans. Plusieurs justifièrent cette dénomination par leurs cruautés; quelques-uns cependant furent très-utiles à l'État et repoussèrent les barbares qui menaçaient de le détruire, Mais Gallien , loin de chercher à imiter ses compétiteurs en combattant vaillamment, oubliait dans les loisirs de la débauche qu'on était empereur sans doute pour quelque chose; il laissait à d’autres le soin de maintenir l’honneur du nom romain. Odénat, prince de Palmyre, en releva la gloire en Orient, en battant Sapor comme allié des Romains. Soit crainte, soit reconnaissance, Gallien jugea à propos de se l’adjoindre à l'empire en le déclarant César, Quelque temps après, Auréole, qu'il avait également revêtu de là pourpre impériale, marcha sur l'Italie pour le déposer. Ballien alors sembla se réveiller de sa longue apathie : il quitta aussitôt Rome, et se rendit en toute hâte sur Milan, qu’il assiégea. Il périt à ce siége , sans qu’on sache bien exactement de quelle façon (268).

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