GALLICANE — GALLICIE
y rencontrait autrefois en grand nombre, sont devenu aujourd’hui fort rares. La pêche donne des produits d’un certaine importance. Une espèce de kermès qu'on rencontre aux mois de mai et de juin sur les racines de certaines plantes vivaces, telles que la fleur de Saint-Jean, fourn ce qu’on appelle la cochenille de Pologne, Sauf une grande quantité de terres et de pierres dont l’industrie sait tirer bon parti, le règne minéral offre peu de ressources ; toutefois là richesse de la province en sel est d’une importance extrême: ou le tire, soit des puissantes couches de sel gemme situées sur le versant nord des Carpathes, notamment des célèbres. mines de Bochnia et de Wieliczka, soit de nombreuses sources salées. Dans quelque localités on recueille et on dis” tille en napthe la pétrole qui découle aux approches des. couches de sel. Les sources minérales sont très-nombreuses, mais fort peu utilisées. Ainsi on ne peut guère citer que celle de Krynica, de Lubieni et de Krzeszowice (eaux sulfu* reuses), d’Iwoniec (riches en iode et en brôme), et de Wielicza (eaux gazeuses ).
On compte en Gallicie 5,444,689 habitants (1869), dont 140,700 pour le grand-duché de Cracovie. Ils sont pour la plupart d’origine slave, et catholiques. Les Rufhènes (Rusniaques), qui sont les habitants primitifs du pays :t forment une masse compacte dans le district de Ruthen, c'est-à-dire dans ce qu’on appelait autrefois les douze. cercles orientaux de Ja Gallicie, forment la race la plus nombreuse. Les Polonais, au nombre d'environ deux millions, habitent surtout les villes de Lemberg et de Cracovie et leurs environs; dans les Carpathes occidentaux, on « les appelle Gorales, c'est-à-dire habitants des montagnes, « et dans les versants nord-est de la montagne, Gorales orientaux ou Houzoules, c’est-à-dire nomades, par opposition aux Mazouraks ou habitants des plaines, Indépen-. damment de ces Slaves, on rencontre en Gallicie des Alle. mands, des Arméniens, des Juifs et des Karaïtes, des Bohémiens, etc. En ce qui touche la religion, on comptait. en 1869, en Gallicie, 2,509,015 catholiques romains (Polonais de race, et relevant d’un archevêque dont le siège, est à Lemberg et qui a pour suffragants les évêques de Cracovie, de Przemysl et de Tarnow) et Arméniens (relevant d’un archevêque siégeant à Lemberg), 2,315,782 Grecs unis, appartenant à la population ruthène ou rus-. niaque, relevant d’un archevêque dont le siège est à Lemberg et d’un évêque résidant à Przemysl, 33,992 protestants, placés sous l'autorité d’un surintendant ecciésiastique résidant à Lemberg, et plus de 576,000 juifs, placés. sous l’autorité d’un grand-rabbin résidant à Lemberg, La propriété foncière repose presque tout entière entre les mains de la noblesse polonaise. La bourgeoisie, par suite de la prépondérance conmerciale qu'exercent les juifs, est réduite à un rôle presque aussi obscur et infime que celui du paysan, Celui-ci a cessé d’être serf; mais il se trouve souvent dans impossibilité de payer son fermage autre ment que par son travail personnel, c’est-à-dire en corvées. Quant aux éléments civilisateurs, on doit reconnaître. que l’industrie a fait dans ces derniers temps de remarquables progrès ; mais elle manque toujours d'ouvriers capables , et les grandes entreprises industrielles font défaut. Le filage | et le tissage du lin etdu chanvre sont assez répandus ; aussi 1@ pays produit-il de grandes quantités de grosses toiles et de toiles mi-fines, qui en raison de la modicité de leur prix trouvent des débouchés à l'étranger. Le tissage du coton et la fabrication des draps donnent lieu à des produits moins. importants ; la tannerie et la fabrication des cuirs sont. à cet égard dans des conditions plus favorables. La distillation | des eaux-de-vie de grains se fait sur une large échelle, Les articles de bijouterie fausse que fabriquent les juifs de Rzeszow sont en grand renom et font l’objet d’un importantcommerce de colportage. La production des pierres à feu qui jadis livrait chaque année à la consommation au delà de 200 millions de pierres à feu et qui en fournissait toute l'Autriche, une … partie de la Pologne, la Prusse, etc., a beaucoup diminué
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naig ne laisse pas que d’être encore considérable, Le comerce, jusqu’à présent peu actif, commence cependant à endre quelques développements depuis qu'en 1850 on supprimé la ligne de douanes qui existait à la fronère de Hongrie. Les principaux articles en sont le sel, bois, la potasse, le bétail, les grains , les toiles. Le comherce d'expédition et de transit qui se fait à Brody pour la ussie, la Pologne, la Moldavie et la Valachie, est Lrèsnsidérable. Les routes de la Gallicie sont parfaitement nstruites et entretenues ; et fout récemment l'établissement lu chemin de fer reliant la haute Silésie à Cracovie a encore jouté à la facilité des communications. La plupart des urs d'eaux sont navigables ou flottables. Depuis peu la avigation à vapeur a été étendue sur la Vistule jusqu’à racovie, de même qu'on l’a introduite sur le Dujanec et ir la Sân ; et on s'occupe en ce moment de régulariser le urs du Dniestr. La Gallicie possède donc, comme on voit, Dutes les conditions d’un développement grandiose : ce qui ui manque encore, ce sont les deux plus puissants leviers e toute civilisation; l'esprit de travail et l'esprit d’entrerise. La culture intellectuelle laisse aussi beaucoup a déirer. En fait de sociétés ou de collections scientifiques , les lus importantes sont à Lemberg et à Cracovie, où se trourent aussi les deux universités qui existent dans le pays. En 1869, la Gallicie possédait en outre 22 gymnases ou collèges, mais seulement 2,815 écoles primaires : ce qui donne à peine une école pour deux villages.
Jusque dans ces derniers temps, la Gallicie avait été di- Ivisée en 19 cercles, parmi lesquels la Bukowine formait le cercle de Czernowitz, et auxquels on ajouta, en 1846, Cracovie et sor territoire. Mais la constitution donnée à l'empire en 1849 en sépara la Bukowine à titre de domaine spécial de la couronne (krontand). Les divisions administratives ont été plusieurs fois remaniées : en 1849, on établit en Gallicie trois cercles derégence, subdivisés cha- }cun en un certain nombre de capitaineries; en 1860, elle fut partagée en deux régences. Depuis 1867, cette province est placée sous la direction d’un gouverneur, qui ladministre avec le concours d’un lieutenant impérial et de 74 commissaires de district. Dans les villes de Lemberg, de | Cracovie et de Stanislawow, résident les 3 cours supérieures, auxquelles ressortissent 8 cours d’appel et 201 tri- }bunaux de cercle, dont 27 fonctionnant comme tribunaux |decollége d'arrondissement. La cour suprême de Stanis- }1awow fonctionne aussipour la Bukowine, |} La représentation provinciale a subi également de nom- | breuses vicissitudes, dont la cause principale réside dans | la constitution factice de l'empire d'Autriche. En 1849, on | donna à la Gallicie, au lieu de diète, trois curies corres- Ipondant aux trois cercles de régence, et investies du droit de choisir les membres d’un conseil provincial, dont les ) attributions étaient fort limitées. À la fin de 1851, ces si- | mulacreside représentation furent abolis. Le4 février 1861, on octroya à la Gallicie une diète nationale, composée de députés de droit et de députés élus; les premiers sont au nombre de 9, dont 3 archevêques, 4 évêques et 2 recteurs d'université; les seconds comprennent 44 grands propriéi{aires, 23 représentants des villes, du commerce et de industrie, et 74 élus par les communes rurales. Le président de la diète est au choix de l’empereur; la législature dure six ans. La diète choisit dans son sein 38 mem- bres, qui vont siéger dans le conseil de l'empire (Reichsrath). D'après la constitution de 1867, la Gallicie doit | fournir, pour son contingent militaire, 12 régiments d’in- | fanterie, 8 de cuirassiers, 6 de lanciers, et 2 bataillons de chasseurs L’allemand a eté pendant longtemps la langue officielle
et administrative du pays; on l’employait dans les diètes et dans l’enseignement religieux. Tout fonctionnaire public était tenu de la connaître. Sur les réclamations constantes des differentes assemblées, cet état de choses a pris fin en 1868 : le gouvernement rendit la langue polonaise offi-