‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 92 sur 552 · GALLIPOLI — GALLUS · texte numérisé non relu

GALLIPOLI — GALLUS

de fortifications et protégée par une citadelle, est le siége d’un évéché et compte 11,000 âmes, dont la pêche du thon et le commerce des fruits secs, de l'huile et du coton sont les principales ressources. La cathédrale est un édifice remarquable.

GALLIQUE (acide). Cet acide, découvert par Scheele en 1786, se trouve dans la noix de galle etdans plusieurs écorces ; il cristallise sous formes d’aigrettes transparentes, blanches, d’une saveur aigre, nullement astringente, rougissant la teinture de tournesol. 11 se dissout dans trois fois son poids d’eau bouillante, et seulement dans vingt fois son poids d’eau froide. 11 se combine avec toutes les bases salifiables, et forme des gallates. L’acide gallique est formé de

| 2 volumes d'hydrogène, 2 de carbone et 1 d'oxygène. L’acide

gallique pur n’a d'usage que comme réactif dans les laboratoires. Uni au tannin, ilest fréquemment employé en teinture,

A mesure qu’on le chauffe, l'acide gallique abandonne de l'oxygène : à 215°, il se transforme en acide pyrogallique ; à250°, il fournit unrésidu noir, l’acide métagallique , ressemblant à l’acide ulmique.

GALLO (Marzro MASTRIZZI, marquis de), habilehomme d'État italien, à qui d'importantes missions dont le chargea, pendant la guerre de la révolution française, le roi Ferdinand IV, ouvrirent la voie des hauts emplois. Nommé, en 1795, premier ministre en remplacement d’ A cton, ilrefusa ce poste. Après avoir assisté aux conférences d’Udine, il signa, en 1797, letraité de Campo-Formio. Vers la fin de 1809, il fut accrédité en qualité d’ambassadeur du roi des Deux-Siciles près de la république italienne, et bientôt après en France. Il assista au couronnement de Napuléon comme roi d’Italie, et signa en 1805, à Milan, le traité relatif à l'évacuation du territoire napolitain par les troupes françaises, traité qui fut

| rompu quelques mois après. Lors du débarquement des An-

glais et des Russes à Naples, il donna se démission.

Joseph Bonaparte, devenu roi de Naples, lui confia le portefeuille des affaires étrangères, qu’il conserva sous Murat. Le 11 janvier 1814, il signa en cette qualité avec l'Autriche le traité par lequel le beau-frère de Napoléon s’engageait à faire cause commune contre lui avec la sainte-alliance; et demeuré fidèle à Murat jusque après sa chute, il vécut ensuite en dehors des affaires publiques.

La révolution de Naples de 1820 confia le ministère des affaires étrangères au marquis de Gallo , qui plus tard accepta une mission conciliatrice près de la cour de Vienne. Mais arrivé à Klagenfurt, il y trouva un ordre de Metternich d’avoir à ne pas pousser plus loin son voyage, l’empereur ne pouvant pas lui accorder d’audience. Il accompagna ensuite le roi à Laybach, où il s’efforça vainement de modifier les projets arrêtés par les puissances à l’égard de Naples; puis il rentra de nouveau dans la vie privée. Il est mort à Naples, en 1833. s

GALLO-GRECE. Voyez GALATIE.

GALLOMANIE et GALLOPHOBIE (de Gallus, Gaulois, et pavia, manie, ou v660c, horreur). Ces deux termes servent à désigner deux excès contraires dans l’apprécialion que les peuples étrangers sont appelés à faire de nos mœurs, de nos institutions, de notre littérature et de notre influence politique. Par gallomanie on désigne cette prédilection exagérée pour tout ce qui est français, qui porte certains individus à n’estimer en fait d'hommes, d'idées, de systèmes et même de produits industriels, que ce qui leur vient directement ou indirectement de France. L'influence de Frédéric le Grand sur ses compatriotes, son goût exclusif pour ce qui avait le cachet français, contribuèrent beaucoup au siècle dernier à propager la gallomanie en Allemagne, au vif déplaisir des patriotes allemands, qui inventèrent le mot pour faire justice d’un ridicule à la destruction duquel ils regardaient l'honneur national comme engagé. La réaction en sens contraire produite de l’autre côté du Rhin par le joug de fer que Napoléon fit peser sur les populations allemandes donna ensuite naissance à une exagération non

DICT. DE LA CONVERS, — T, X

moins ridicule, la haine instinctive de tout ce qui avait une origine française : d'où le mot gallophobie, embwye pour désigner ce sentiment exagéré de patriotisme qui porte, de nos jours encore, certains Allemands à affecter pour la France, ses idées et ses tendances, une horreur dont leurs concitoyens eux-mêmes font justice en les affublant du sobriquet de Franzosenfresser (mangeurs de Français).

GALLON, mesure de capacité employée en Angleterre pour mesurer les matières sèches et liquides. Autrefois il y en avait de diverses contenances Mais, aux termes des dernières décisions légales, l’imperial gallon doit contenir 10 livres d’eau distillée à la température de 13° 1/3 R., ou 277,274 pouces cubes anglais (à peu près 4 litres 54 centilitres.), Quatre quarts ou huit pintes forment le gallon ; deux gallons égalent un pech, et huit gallons sont égaux à un bushel (boisseau).

GALLON DE PIEMONT'. Voyez GALLE.

GALLOPAGOS. Voyez GALAPAGOS.

GALLOWAY. Voyez GALWAY.

GALLOWAY (Henri, marquis DE RUMIGNY, comte pe), né en 1637, se fit naturaliser en Angleterre, à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, qui força plusieurs milliers de ses coréligionnaires à aller demander aux pays étrangers le libre exercice de leur culte, désormais proscrit en France. Choisi par les gentilshommes protestants réfugiés comme lui en Angleterre pour être leur représentant auprès du gouvernement qui leur accordait l’hospitalité, il ne tarda pas à être gratifié par le roi Guillaume III du titre de comte de Galloway, en récompense de la bravoure dont il avait fait preuve à la bataille de Nerwinde à la tête d’un régiment de cavalerie uniquement composé de réfugiés français. En 1696 il fut promu au grade de maréchal de camp et nommé commandant en chef du corps auxiliaire anglais envoyé par le cabinet de Saint-James en Piémont. Au moment où éclata la guerre de la succession d’Espagne, la reine Anne le nomma en 1704 généralissime de ses forces en Portugal. Blessé sous les murs de Badajoz en 1705, battu à Almanza en 1707, et dans les plaines de Gudina en 1709, il fut rappelé en Angleterre, et en 1715 il fut nommé lord grand-juge d’Irlande. 11 mourut en 1720, dans un domaine qu’il possédait dans le Hampshire.

GALLUS (Cneus ou Puszrus CÉkNecrus) naquit l’an 688 de l’ère romaine, les uns disent à Fréjus, d’autres dans le Frioul. Auguste, dont il était l’ami et à qui il avait rendu des services dans la guerre d'Alexandrie, lui confia la préfecture de l'Égypte; mais Gallus usa si mal desa haute fortune qu’il fut destitué, puis frappé par le sénat d’une amende considérable et de l’exil. N’osant survivre à sa honte, il se donna la mort, à l’âge de quarante ou quarante-trois ans. Auguste ne fit rien pour sauver l’accusé, parce que, soit légèreté, soit ingratitude, ce dernier avait tenu des discours peu mesurés sur le compte de l’empereur.

Gallus était poëte, et jouissait d’une assez grande célébrité, due à ses élégies amoureuses et à ses liaisons avec les esprits les plus distingués de son temps. Virgile était son ami, et lui a dédié sa dixième églogue. Il avait même, dit-on, rempli de son éloge une partie du quatrième livre des Géorgiques ; il y substitua par la suite l'épisode d’Aristée. Outre ses élégies, Gallus avait publié des traductions et des imitations d'Euphorion de Chalcis, poëte fort estimé à la cour d’Auguste, malgré l’obscurité de ses vers, chargés d’una érudition déplacée. Quintilien reproche à Gallus la dureté de son style. Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons en juger aujourd’hui, s’ilest vrai que les six élégies qui nous restent ne sont pas de lui, mais d’un certain Gallus Etruscus, qui vivait au sixième siècle. SAINT-PROSPER jeune.

GALLUS ( Cars Visius TREBONIANUS ). Né dans l’île de Meninx, aujourd’hui Gerbi, sur la côte d'Afrique, il avait un commandement dans l’armée de Mésie lorsqu'il fit périr par trahison l’empereur Decius, dans une expédition contre les Goths, et se fit proclamer lui-même empereur. Il s’associa Hostilien, puis son fils Volusien, acheta honteusement la

paix des Goths, et persécuta les chrétiens. Un de ses généraux , après une éclatante victoire sur les Goths, ayant été proclamé empereur par ses soldats, il se port: { à la rencontre de ce compétiteur lorsqu'il fut tué, en 253, par ses propres troupes, auprès de Rome.

GALLUS (Manrnw), chroniqueur polonais, qui écrivait de 1100 à 1110. Les anciens auteurs ne s’accordent pas sur son origine. Les uns le disent Français, à cause de son nom ; les autres Latin, parce qu’il a écrit en latin et à Rome, dans le cloître de Saint-Grégoire. Lengniet, qui a publié son ouvrage, dit que l’auteur était Polonais, qu’il porta d’abordle nom de Martin, et que plus tard ses camarades de noviciat lui donnèrent en polonais le sobriquet de Xur, coq, d’où l’étymologie du surnom de Gallus, Son livre est moins une histoire qu’un commentaire sur le règne de Boleslas KIT, surnommé Bouche de travers. Le principal mérite de Gallus est la précision de son style et l'exactitude de ses renseignements géographiques. Quand il nous raconte les guerres de Boleslas avec les empereurs d'Allemagne et les chevaliers de l’ordre teutonique, il place sous nos yeux un tableau topographique de la Silésie, de la Moravie et de la Prusse orientale encore plein de vérité aujourdhui. Quoiqu'il r’ait su comprendre ni le but de l’histoire ni sa philosophie, il a rendu cependant un grand service en frayant le premier la route de notre histoire nationale, et en donnant l’exemple à ses successeurs. Le manuscrit de son ouvrage se trouvait encore en 1830 à la bibliothèque de Pulawy, propriété du prince Czartoryiski. Zapix Pacha (Michel CzayxowsKi).

GALOCHE (Menton de). Voyez Denr, tome VII, p. 383.

GALON, nom que l’on donne à des tissus étroits comme lesrubans, mais croisés, fort épais, et fabriqués avec des fils d’or, d’argent, de cuivre ou d’argent doré, de soie, de coton, de laine ou de fil. Le galon est prodigué dans l’usage habituel de la plupart des conditions de la société : il est la marque distinctive de l'ambition et du pouvoir, de la servitude et de l’orgneil. Ainsi, le premier degré de l'ambition du soldat, c’est d’obtenir les galons de laine, et le dernier, c'est de voir briller à son chapeau le galon de maréchal de France : de là le proverbe ; Quand on prend du galon, on n'en saurait trop prendre. Mais tandis que la possession de ce genre de tissu excite une noble ambition, il est, d’un autre côté, la marque humilianfe de la servitude, car chaque jour le valet étale avec insolence dans l’antichambre de son maître ou derrière sa voiture la livrée dont les coutures sont chamarrées de galons. L'Église aussi emploie le galon dans ses ornements : l’étole, la dalmatique en sont couverts. Du reste, si les tailleurs et les chasubliers prodiguent ce tissu, il en est de même des tapissiers dans les ornements de nos babitations, et des carrossiers dans la doublure de toutesles voitures. Le galon a donc une importance bien plus grande qu’on ne semble généralement le penser. Autrefois les galons se fabriquaient à l’aide du métier à la tire; aujourd’hui ils se font presque partout avec le métier à la Jacquart. Lyon fournit les galons de soie, et Amiens ceux de laine. Quelquelois, pour les livrées, on fabrique des galons veloutés en laine où soie, de diverses couleurs; cependant ceux qu’on emploie le plus sont en laine et en fil ou en or, en argent ou en faux. Ces derniers se reconnaissent aisément ; car la loi, pour prévenir toutes les fraudes qui pourraient se commettre dans la vente des fils d’or et d'argent fins avec lesquels on fait les galons, a voulu que le fabricant, à moins d’encourir les plus fortes peines, fût obligé de filer l'or ou l’argent fin sur de la soie, et le faux sur des fils de chanvre ou de lin; il s’agit done, quand on veut vérifier la qualité d’un galon, de s'assurer de l'espèce de fil sur lequel le métal est roulé ; autrement, on a recours à la pierre de touche.

Les galons portent diversnoms, en raison de leurs variétés : ainsi, l'on connaît les galons pleins ou à dessins visibles des deux côtés, et qui n’ont point d'envers; les galons fiaurés, ou à dessins ne paraissant qu'à l'endroit, tout en ayant l'envers formé des mêmes matières; les galons systèmes, ne montrant à l'envers ni dessins ni or ni argent.

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