ASTRAKHAN
Astrakhan, \a capital, est située sur Vile de Seitza, a 50 kilométres de 'embouchure du Volga, sur la mer Caspienne, par 46° 20’ de latitude septentrionale et 45° 35’ de longitude onga’: Elle est le siége dun archevéché grec et d'un évéché arménien. On y compte trente-sept églises grecques, deux catholiques romaines, une protestante, deux arméniennes, quinze medjeds , un temple indien, un gymnase, un séminaire, un jardin botanique et beaucoup de fabriques. Elle a, y compris les faubourgs , 7 kilometres de circonférence. Le nombre de ses habitants , en comptant les Arméniens , les Tatars, les Perses et les Hindous, mais en laissant de cOté 20 A 25,000 étrangers, s’éléve 4 45,700. Les maisons, construites en bois, sont laides et incommodes. Les environs sont couverts de jardins et de vignes. La péche de lesturgeon est fort importante dans le Volga ; on le sale et on ’expédie dans presque toute la Russie. La préparation du caviar et la péche des veaux marins et du grand esturgeon forment une branche d@industrie considérable. De juillet en octobre la contrée est fréquemment ravagée par les sauterelles? Autrefois Astrakhan commergait avec Khiva et Boukhara ; aujourd’hui son commerce est restreint ala Perse et A l'intérieurde la Russie. Les exportations consistent en cuirs, toiles, lainages et autres marchandises européennes ; on importe de la Perse des rubans et des étoffes de soie tissues dor, des soieries, des étoffes de coton, du riz, du coton, de la soie grége, etc. Astrakhan a été inondé en 1856, et incendié en 1858. Les marins de Sébastopol y ont fondé un faubourg,qu’ils ont nommé Karabe/nuta. *
“ASTRAL, ce qui a rapport aux astres. Dans la religion des Parses, dans le gnosticisme et dans la théosophie de diverses nations, on donnait le nom d’espri¢ astral a une classe de génies composés d’air et de feu, et dont on peuplait Pimmensité de l’univers, Les 4mes des morts allaient sunir 4 ces esprits, et par la acquéraient la puissance de reyenir sur la terre. Paracelse, Jacques Barlime et quelques autres prétendaient méme que Vlumme est composé d’un corps, d’une dme et d'un esprit astral ou sidérique, constituant la nature relevée, le principe de vie et dintelligence , le siége de la sensibililé , des désirs et de la répugnance ; enfin que quelque temps aprés la mort, lorsque le corps est redevenu terre ef que l’dme est arrivée au séjour qui lui est assigné, cet esprit astralse dissout dans Yair et le feu, ses éléments constitutifs.
* ASTRANCE (en latin astrantia, du grec dotpov, astre), tuum que donnait Linné au genre radiaire, et qui lui vient de la forme de ses involucres, ouverts en étoile.
ASTREE (chez les Romains Justitia ), fille de Jupiter et de Thémis , et selon d’autres d’Astréus et de l’Aurore, est regardée comme la déesse de la justice; aussi l’appelaiton quelquefois Diké. Pendant lage d’or, qui a recu son nom, elle habita parmi les hommes ; durant le siécle d’argent elle se montra rarement, et retourna au ciel lorsque, aprés l’age dairain, dans le siecle de fer, les hommes apprirenta forger des armes et commencérent 4 exercer des violences. Depuis son retour dans le ciel elle brille sous le nom de la Vierge ‘parmi les constellations du zodiaque. On la représente ordinairement avec une balance a la main et une couronne d’étoiles sur le front.
ASTREE (Roman @’ ). Voyes Unré.
ASTREE (Astronomic ). Le 13 décembre 1845 M. Hencke de Driessen, astronome jusque alors peu connu, apercut une étoile de neuviéme grandeur dans un point du ciel ou elle n’existait point antérieurement. Cette étoile parut d’ailleurs animée d’un mouvement propre, tel qu’en ont les planétes. M. Encke, lecélébreastronome de Berlin, apercut le 14 décembre, c’est-a-dire vingt-quatre heures trop tard , le nouvel astre, qui, ressemblant fort aux étoiles voisines , s’en distingua bientét par sa mobilité. Dés lors ce ne pouyait étre une ¢toile fixe. Si elle edt été accompagnée d’une queue ou @une nébulosité, on-aurait pu croire que c’était
DICT. DE LA CONVERS, — T. Ul.
ASTRINGENTS 145 une cométe ; mais en l’absence detels caractéres, MM. Henoke, Encke, Schumacher, Petersen et Arago ont unanimement opiné pour une nouvelle planete.
M. Hencke céda généreusement a son presque homonyme M. Encke Phonneur de baptiser sa planéte. M. Encke la nomma Astrée. On a calculé que la réyolution de cet astre doit s’accomplir en 1511 jours comme pour Junon. Cette lenteur, au reste, ne doit point élonner: on sait que, d’aprés Kepler et Newton, la vélocité centrifuge est en raison directe de lattraction solaire. La distance moyenne d’Astrée au soleil est de 39,512,000 myriamétres environ ; l’excentricité de son orbite, dont l’inclinaison est de 5° 19’ 25", est représentée par 0,1880861; enfin on a trouvé pour les longitudes du périhélie et du noeud ascendant 135° 34’ 41” et 141° 26/14".
ASTRES. On donne le nom d’astres fixes ou étviles d ceux qui conservent la méme position dans le ciel et le méme ordre entre eux : lenombre en est infini, et pour les reconnaitre on les a partagés en différents groupes qu’on aappelés constellations. Les astres errants ou planétes sont les corps célestes opaques qui changent de place par rapport aux groupes d’étoiles fixes qui les environnent, et qui s’éloignent ou se rapprochent entre eux. Quelques astres errants sont lumineux : on les appelle cométes. — Les astres lumineux sont ceux qui brillent d’un éclat qui leur est propre : on les reconnait 4 leur lumieére scintillante, et qui change de couleur a chaque instant : tels sont le soleil et les étoiles fixes. — Les astres opaques sont ceux, au contraire, qui ne réfléchissent qu’une lumiére empruntée; on les reconnatt 4 leur lumieére tranquille, uniforme, et qui n’offre aucun changement de couleur : telles sont les planétes et leurs satellites. — On appelle satellites des astres secondaires qui tournent autour des planétes et les accompagnent dans leurs mouvements,
On divise encore les astres en apparents et en télescopiques ; les premiers sont ceux qu’on peut apercevoir ala yue simple, tels que le soleil, la lune, quelques planétes et un nombre prodigieux d’étoiles ; les seconds ne peuvent étre vus qu’avec le secours des télescopes, et n’ont été découverts que depuis l’invention de ces instruments. — On a proposé dadmettre , en principe général, la distinction fondamentale des divers astres visibles en inéérieurs et extérieurs , selon qu’ils appartiennent au méme systéme solaire que notre propre planéte, ou qu’ils sont placés en dehors de ce systéme : on peut dire, en effet, que cette distinction est souvent représentée par le contraste qui existe entre Vidée du monde proprement dit et Pidée indéfinie d’univers.
Disons aussi qu’on appela d’abord, en Phonneur de Louis XIV, Astres de Louis les cinq satellites de Saturne qui furent les premiers découverts par Huygens et Cassini, alinstar de la dénomination d’astres de Médicis qui avait été primitivement donnée aux quatre satellites de Jupiter lors de leur découverte par Galilée.
ASTRES ( Culte des ). Voyes SaBéisME.
ASTRICTION. Voyez Astrincents.
ASTRINGENTS (de astringere , resserrer ). Ce sont des médicaments qui mis en contact avec des tissus vivants y déterminent une sorte de resserrement fibrillaire, en méme temps qu’ils exercent une action tonique passagére. Bien que la langue et le palais la pergoivent trés-facilement , l’action toute particuliére des astringents sur l’organe du gout ne doit pas étre désignée sous le nom de savewr, parce que la sensation produite, qui est appelée astriction, est commune 4 tous les tissus contractiles du corps : c’est ainsi que application d’une substance astringente sur les lévres, qui ne sout point aptes a la dégustation, leur fait néanmoins éprouver cette sensation. Quand on emploie les astringents 4 Pextérieur dans le but de produire une astriction qui arréte écoulement du sang fourni par les petits vaisseaux , ils prennent le nom de sfypligues. Le govt peut en général faire reconnaitre les substances qui jouissent de la proé
prieté aslringente : la sensation d’dpreté qu’elles laissent sur la langue est connue de tout le monde.
Les régnes végétal et minéral fournissent les astringents ; ceux que l’on tire du premier doivent ordinairement leur activilé ala présence de l’acide gallique et dutannin; quant aux astringents minéraux, ce sont des acides ou des sels avec exces d’acide.
En régle générale, on peut dire que ces agents médicinaux sont nuisibles toutes les fois qu'il existe une inflammation assez grave d’un organe important : cependant on peut en retirer parfois de nombreux avantages au début dune inflammation externe, comme dans les panaris, les brdlures, I'érysipéle déterminé par linsolation, et méme dans certaines phlegmasies commencantes des membranes muqueuses, tefles que |’angine tonsillaire. Mais c’est surtout lorsque les inflammations sont deyenues chroniques, quand elles ne sont plus accompagnées de douleur, et lorsque les sécrétions ne sont point revenues a leur état normal, comme dans certaines diarrhées chroniques et dans la derniére période des inflammations catarrhales du vagin et del’urétre , que les astringents convenablement administrés peuvent étre employés avec le plus grand succes. I] en est de méme dans la colique des peintres; mais alors il est nécessaire de les donner a assez hautes doses. Dans les hémorrhagies dites passives, telles que les ménorrhagies , les hématuries et quelques autres, ils réussissent assez souvent; mais dans Vhémoptysie et Phématémése, il n’est pas toujours prudent d’y recourir ; et si dans ces cas on les emploie, il faut toujours du moins ne faire usage que des astringents les plus faibles.
Les principaux médicaments astringents sont les acides minéraux étendus d’eau, l’alun, les sulfates de zine et de eadmium, l’acétate de plomb, Je tannin, le cachou, le kino, le moneesia, laracine de ratanhia, Ja noix de galle, l’écorce de chéne, la bistorte , les roses de Provins, les fleurs de grenadier, l’écorce de grenade, la tormentille, la bénoite, Vaigremoine, etc. D* Alex. Duckerr.
ASTROGNOSIE (du grec dotpov, astre, et yvaatc, connaissance ). On désigne par ce mot la connaissance des constellations et des étoiles isolées qui en font partie. On se sert pour acquérir cette connaissance du ciel stellaire de globes célestes ou de cartes sidérales, en s’aidant de la méthode des aligne ments.
ASTROLABE (du grec dotpov, astre, et Anp6dvw, je prends), instrument employé par les anciens pour mesurer les latitudes et les longitudes des astres. L’astrolabe, qui ressemblait beaucoup 4 notre sphére armillaire, perfectionnée par Tycho-Brahe, fut pourvue de deux télescopes, l’un fixe et l’autre mobile, qui remplacérent les trous a travers lesquels Ptolémée faisait ses observations. Cet instrument, appliqué 4 la navigation, servait 4 reconnaitre la position en mer sans le secours de V’aiguille aimantée. — Le nom d’astrolabe a aussi été donné a une sorte de planisphére employé par Ptolémée.
ASTROLOGIE (du grec dotpov, astre, étoile, et Aoyos, discours ). Ce mot devait signifier, suivant le sens de son étymologie, la connaissance du ciel et des astres, c'est aussi ce qu’il exprimait dans son origine ; mais dans lasuite on a donné le nom d’astronomie 4 la véritable science des astres, et sous le nom d’astrofogie, spécialement d’astrologie judiciaire, on n’a plus désigné que l'art mensonger de prédire Vavenir par les aspects, les positions et Jes influences des corps célestes.
L’origine de l’astrologie remonte a la plus haute antiquité ; elle se lie intimement A celle de Vastronomie, qui sans aucun doute lui est redevable de ses premiers progrés, Lopinion commune la fait naitre en Chaldée; quelques auteurs vependant la croient originaire d’Egypte : et en effet, grace aux infatigables recherches d’un homme dont les seicnces déplorent la perte prématurée, des monuments dont