ASTRINGENTS — ASTROLOGIE
on ne peut révoquer en doute ’immuable témoignage prouvent aujourd’hui d’une maniére incontestable que cette vieille erreur du genre humain existait en Egypte aux temps Jes plus reculés. Nous voulons parler des Tables du lever des constellations pour toutes les heures de chaque mois de Vannée, découvertes dans le tombeau de Rhamsés V, par Champollion jeune, et dans lesquelles on peut voir, comme dans l’astrologie moderne, V’influence exercée sur les diverses parties du corps par chaque constellation. Au reste, Diodore de Sicile avait déja dit qu’une table semblable du lever des constellations et de leur influence était gravée sur le fameux cercle d’or du tombeau d’Osymandias.
De Egypte V’astrologie passa en Gréce, et de 1A en Italie. Les Romains, chez lesquels la religion consacrait la science des augures, étaient nécessairement portés vers kes croyances astrologiques : ils s’y adonnérent avec ardeur ; mais i] parait que plus d’une fois les adeptes firent un abus scandaleux du pouvoir qu’ils exergaient sur l’esprit du yulgaire, puisque les empereurs, par des édits réitérés, crurent devoir bannir de Rome les astrologues ou les mathématiciens, comme on les appelait alors indistinctement. Aprés Ia chute de empire romain, lorsque les invasions des barbares eurent détruit en Europe toute puissance intellectuelle , les traditions astrologiques, comme toutes les sciences de méme nature , furent soigneusement recueillies et conservées par les Arabes, qui ne cessérent jamais de les confondre et de les cultiver simultanément. Ils les apportérent avec eux en Espagne, et lorsque, vers la fin du douziéme siécle, les ténébres de la barbarie dans laquelle était plongé le reste de ’Europe commencérent a se dissiper, ce fut surtout chez les Arabes espagnols qu’allérent étudier les hommes de génie qui youlaient renouer le fil des hautes connaissances humaines rompu depuis si longtemps. C’est ainsi qu’ils en rapportérent le godt de l’astrologie judiciaire, qui avec l’astronomie, la médecine et la science des nombres , formaient alors un tout pour ainsi dire inséparable. Si l’on s’étonnait que de tels hommes aien! pu sincérement ajouter foi a des théories dont ’absurdité nous est aujourd’hui si clairement démontrée; s’il fallait expliquer comment les vaines croyances de |’astrologie ont pu naitre et se perpétuer si longtemps dans |’esprit du genre humain, nous répondrions, avec Bailly, que les astres, et particuliérement le soleil et la lune, ont une influence si directe, si incontestable sur les saisons , la température et la fécondité de la terre , qu'il était naturel de penser que tous les astres avaient été créés seulement par rapport aux hommes et au globe qu’ils habitent, et que puisqu’ils avaient de V’influence sur la terre, ils devaient également en avoir sur les moeurs des hommes en général et des individus en particulier.
« D’ailleurs, dit Voltaire, Vastrologie s’appuie sur des bases bien meilleures que la magie. Car si personne n’a vu ni farfadets, ni dives, ni péris, ni démons, ni cacodémons, on a vu souvent des prédictions d’astrologues s’accomplir. Que de deux astrologues consultés sur la vie d’un enfant et sur la saison, l'un dise que l'enfant vivra Age d’homme, autre non; que ’'un annonce la pluie et l’autre le beau temps, il est bien clair qu’il y en aura un prophéte, et méme, indépendamment de cette alternative, ils ne pouvaient pas avoir le don de toujours se tromper, »
Nos lecteurs nous sauront gré sans doute de leur exposer succinctement quelques-uns des principes dune science 4 laquelle Crassus, Pompée, César et tant d’autres grands hommes, dans les temps anciens et modernes, ont accordé une entiére confiance. Les rdgles de Pastrologie , que l'on prétendait tirer de la nature des choses , étaient dans le fond absolument arbitraires ; ces régles, peu nombreused dans Vorigine, ne tardérent pas & se compliquer ; chacun des membres du corps humain fut gouverné par une planote. Le monde et les empires furent également sous lin